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La Pause Lecture

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28 mars 2026

Sex in Paris, d'Octavie Delvaux

Présentation de l'éditeur

 

10 ans après Sex in the Kitchen, best-seller de la Musardine, Octavie Delvaux reprend les aventures de ses héroïnes endiablées, dans une comédie érotique et romantique totalement débridée !

Charlotte, influenceuse culinaire star, pensait mener une vie bien rangée, consacrée à ses recettes véganes et son projet de bébé avec Benjamin. Raté. La voilà embarquée dans un projet de restaurant par Philippe Jimenez, chef étoilé grande gueule, et son fils, l'indomptable et irrésistible Vic.
Et quand ça chauffe en cuisine, ça déborde aussi dans les chambres : Charlotte devra jongler entre ses fourneaux, ses hormones et son couple à sauver. Heureusement, elle peut compter sur son duo d'amies explosives : Déborah, l'ex-dominatrice devenue maman, et Morgane, fausse bourgeoise mais vraie experte en frasques clandestines. Au menu ? Confidences trash, plans tordus et galipettes décoiffantes. Une comédie érotique aussi relevée qu'un piment oiseau, à savourer sans tablier.

 

Mon avis

 

Charlotte n'est plus à la recherche de l'amour, elle vit désormais en couple avec Benjamin. La case suivante à cocher dans sa to-do list de vie, c'est d'avoir un bébé. Et le sexe, qu'elle aimait par dessus tout (sauf la cuisine), devient mécanique, sans objectif autre que la procréation. Tests d'ovulation, positions acrobatique pour favoriser la fécondation, déprime post arrivée des règles, tout y est. Ses copines, elles, ont tout l'air d'être épanouies dans leur vie un peu plus rangée.

Même s'il est préférable d'avoir lu le premier opus, 10 ans après (et sa suite, Sex in TV), c'est compliqué de se souvenir de tout. Mais ce roman-là peut également se lire tout seul, tant l'ambiance ressemble beaucoup à la série Sex in the city en mode parisienne. Le sexe y est pluridisciplinaire, sans jugement. Les thèmes abordés sont universels et modernes. Ce n'est plus vraiment une comédie romantique, mais plutôt une comédie de moeurs débridés.

L'écriture d'Octavie Delvaux est légère et drôle. Les dialogues sont rapides et les personnages ont beaucoup de répondant. Les scènes de sexe sont originales, avec cette parfaite dose de crudité qui nous plonge directement dans la réalité d'une sexualité libérée. Peut-être serait-ce le coup de fouet qui nous manquait ?

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3 mars 2026

Le chant des géants, de David Bry

 

Présentation de l'éditeur

 

Asseyez-vous près du feu pour écouter un récit envoûtant d'amour et de sang, de songes de géants et de rêves de pouvoir..

" Je vais vous raconter une histoire. Celle de notre île d'Oestant où dorment trois géants : Baile, aux rêves de mort et de musique, Leborcham, mère du brouillard, des collines et des plaines, et enfin le puissant Fraech aux songes de gloire et de batailles. Je vais vous parler de guerres, d'amour et de trahisons ; de cris, de sang et de larmes. Je vais vous parler de grands espoirs, de ce qui est vain. De ce qui meurt.
Alors, fermez les yeux. Laissez-vous aller. Voilà.
Mon histoire commence sur la lande, en bord de mer, dans le château de l'étrange roi Lothar. "

 

Mon avis

 

Après les premiers chapitres un peu poussifs où l'auteur pose le paysage (une fantaisie médiévale classique), la bataille commence. D'abord entre deux seigneurs pour le pouvoir, puis entre deux frères pour une femme. L'un devient fou de pouvoir et l'autre d'amour. On se retrouve plongés alors dans l'ambiance des films médiévaux des années 80, où la violence côtoyait l'amour brut (comme dans La chair et le sang, réalisé par Paul Verhoeven, ou Excalibur, de John Boorman).

David Bry a posé son monde dans les songes de géants dont on n'apprendra que peu de chose, tout comme cette étrange noirceur qui se déploie sur les provinces en guerre, ce qui n'est pas sans rappeler L'histoire sans fin.

L'emballage a tout d'une fable mais l'histoire est loin d'être poétique. Les personnages ont une profondeur intéressante, comme la princesse, élevée pour gouverner mais qui manie bien mieux l'épée que les jeux politiques, qui peine à concilier ses sentiments et son devoir. Les scènes de bataille sont épiques jusqu'à tirer une larme au lecteur dans les dernières pages du roman.

Le livre aurait gagné à être plus long, avec un paysage plus fourni, notamment en ce qui concerne la mythologie de ces géants qui n'a été qu'esquissée. Mais c'est tout de même un bel hommage aux histoires d'amour et de trahison qui ont fait partie de l'âge d'or de la fantasy.

3 mars 2026

Dolly, film réalisé par Rod Blackhurst

Présentation officielle

 

Une jeune femme, Macy, lutte pour survivre après avoir été enlevée par une créature monstrueuse bien décidée à l’élever comme sa propre enfant.

 

Mon avis

 

On sait depuis des années maintenant que lorsqu'un couple aimant part en camping dans les forêts américaines perdues, ça finira mal...

Seann William Scott (Stifler dans American Pie qui a à peine vieilli depuis mais qui va prendre cher ici) est sur le point de demander sa compagne en mariage et ce ne sont pas des poupées flippantes accrochées aux arbres qui vont l'en empêcher. Ils entendent une petite musique et il va voir ce que c'est tout seul. Une affreuse géante fringuée comme une fillette avec un masque de poupée l'attaque et il ne bouge pas, ne fuit pas, ne crie même pas.

Le personnage de Dolly est l'atout charme de cette production. Incarnée par la catcheuse Max the Impaler, elle alterne câlins à la femme qu'elle a choisi comme bébé, défonçage de poitrine et coups de pelles. C'est un monstre intéressant que l'on aimerait mieux connaître, mais on ne nous offrira malheureusement rien de plus que sa gestuelle assez singulière.

Le grain de l'image rappelle les films terrifiants des années 60 où il ne faisait pas bon d'être jeunes et insouciants en ballade dans l'Amérique très très profonde, tout comme la mise en scène où les personnages ne font que fuir en se cassant la figure.

En fait, tout le film est réparti en deux types de scènes : celles où les héros prennent toutes les mauvaises décisions (pourquoi monter à l'étage quand une porte vitrée barrée par un cadenas devrait pourtant être assez simple à passer) et celles où ces mêmes "héros" subissent des tortures avilissantes et horribles (comme celle où la maman adoptive et possessive change la couche de sa fillette adulte).

Dolly est une avalanche de gore et on passe son temps à grimacer face à l'horreur, à sortir des "beurk !" toutes les deux minutes où à hurler aux héros comment s'en sortir. Bref, c'est la promesse d'un délicieux programme de soirée entre amis friands du genre.

 

Fiche technique

 

Sortie : 1er avril 2026
Durée : 83 minutes
Genre : horreur
Avec Fabienne Therese, Seann William Scott, Ethan Suplee

31 janvier 2026

Iron Prince, Tome 1, Bryce O'Connor et Luke Chmilenko

Présentation de l'éditeur

 

Au cœur d'une guerre sans fin, la galaxie brûle sous le feu des défaites. Le destin de l'espèce humaine repose entre les mains d'un orphelin.

Reidon Ward porte les stigmates d'une existence brutale. Abandonné par des parents incapables de supporter sa maladie dégénérative, il grandit en regardant les circuits de combat, s'entraînant sans relâche dans l'espoir d'un jour rejoindre ce monde et triompher de ses idoles.
Son acharnement ne passe pas inaperçu. Quand l'IA omnisciente qui gouverne l'humanité pose son regard sur lui, tout bascule. En obtenant un CAD – Contrôle d'Arsenal par Dispositif – au potentiel de croissance exceptionnel, Reidon se voit offrir une place à l'Institut Galens, l'une des académies militaires les plus prestigieuses du Collectif. Mais son corps défaillant et ses performances catastrophiques font de lui la cible de tous.
Dans cette académie où la violence simulée divertit les masses et où chaque combat peut briser une carrière, Reidon va découvrir que sa faiblesse cache un secret terrifiant.

 

Mon avis

 

Le personnage principal n'a que son courage, son intelligence et son audace pour lui. Cela va-t-il suffire pour qu'il se fasse sélectionner pour obtenir la chose qui pourrait corriger son problème physique ? Dans un futur éloigné, les humains ont mis au point une technologie en partie alien qui, en entrant en symbiose avec son propriétaire, lui offre une arme et un physique redoutable.

Evidemment, le gringalet de l'école, celui destiné à mourir jeune à cause de sa maladie, voudrait lui aussi ce dispositif qui pourrait lui sauver la vie. Ce qu'il n'a pas en force physique, il l'a acquis en force mentale. Sa passion et sa connaissance théorique du combat rend Reidon Ward aussi énervant qu'attachant, et sa particularité tape dans l'oeil de l'IA omnisciente.

Le roman allie paysage scolaire et techniques guerrières. Il reprend des éléments emblématiques de la pop-culture japonaise : des combats médiatisés où les adversaires sont "augmentés", l'arme qui choisit son héros, le malingre qui devient surpuissant, etc.

On aurait apprécié un peu plus d'explications au début du livre sur l'univers, les technologies et surtout un lexique des sigles, qui sont nombreux et difficiles à cerner. Ce livre est clairement un tome d'introduction. Il n'y a pas de fin, on reste juste en suspens après la fin d'un chapitre. Il n'y a pas d'intrigue autre que la prochaine évolution que subira Reidon. Et pourtant, on se prend d'affection pour ce héros destiné à mourir jeune, qui veut à la fois se faire des amis et réussir son école. Va-t-il devenir le meilleur combattant des concours médiatisés, ou va-t-il choisir la voie de la guerre, comme la célèbre combattante devenue professeur qui l'a pris sous son aile ?

Iron Prince est un bon enfant de la LitRPG, puisque l'on aime voir monter en compétence son héros tout comme ses statistiques, mais également un bal ajout à la littérature SF avec cette académie militaire et son futur incertain.

31 janvier 2026

Duel, de Frank Leduc

Présentation de l'éditeur

 

Cette disparition tient du prodige, de l'impossibilité pure et simple... Comment deux cars scolaires – 66 enfants en partance pour leur classe de neige – ont-ils pu se volatiliser de la sorte ? Les parents, la presse, la France entière demandent à savoir.
Le ravisseur n'en dit rien, évidemment. Mais sa première requête étonne. Il ne parlera, dit-il, qu'à Talia Sorel, toute nouvelle recrue du Raid. Commence alors, entre ce manipulateur hors pair et la jeune négociatrice, un bras de fer sous haute tension. Un duel où chaque mot, chaque souffle peut faire basculer le sort de ces enfants...

 

Mon avis

 

Le roman s'ouvre sur un premier chapitre qui donne le ton : un drame familial qui nécessite l'intervention d'une négociatrice du RAID. L'angoisse est rendue réelle par cet échange entre un père devenu fou et une femme qui éviter un carnage par le dialogue.

Après une introduction musclée, Talia Sorel est appelée en urgence sur un cas exceptionnel : la prise d'otage la plus spectaculaire qui soit. 66 enfants ont disparu, et on demande une rançon inimaginable pour chacun d'entre eux. La police doit jongler entre l'enquête, la négociation avec les criminels, les parents terrorisés et les médias. Il y a de l'affaire criminel comme de la gestion de l'humain, et ce des deux côtés de la barrière. Car, une fois n'est pas coutume, on explore également le point de vue des méchants, et notamment le passé plutôt original de leur chef, ancien employé émérite d'un centre d'appel.

Le livre alterne les lieux, les personnages et les temporalités. Les chapitres sont courts et le rythme soutenu. Les effets de surprise sont nombreux, et le final très musclé. Frank Leduc a voulu du sensationnel pour son roman, bien loin des histoires de meurtres habituels, des tueurs en série. Il est intéressant de se plonger dans les techniques de négociation et la plume de l'écrivain rend cela passionnant, tout autant que l'action insufflée à intervalle régulier. Jusqu'où ira-t-il pour sa prochaine histoire ?

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7 janvier 2026

System Universe tome 2 : Torith. De SunriseCV

Présentation de l'éditeur

 

Bienvenue à Torith !
Cité de tous les mystères, où l'aristocratie intrigue sans relâche. Où les alliances se nouent dans le plus grand secret. Où les serments sont plus redoutables que le fil d'une épée. Derek Hunt est sorti victorieux du donjon des immortels. Ses statistiques sont hors du commun. Dans cette ville où il voudrait se faire un nom, ses pouvoirs attisent toutes les convoitises. À qui accorder sa confiance, dans ce jeu dont il ignore les règles ?
Pour lui comme pour ceux qui ont juré sa perte, la partie ne fait que commencer.

 

Mon avis

 

L'homme solitaire le plus fort de l'univers fait équipe désormais avec un enfant dont il est le mentor et son familier, une lapine à corne affamée de bonne bouffe et de massacre. Il va devoir négocier avec une sirène pour devenir membre d'un club très fermé, inventer le café et faire fortune, et surtout éviter de se mettre à dos l'intégralité de l'aristocratie.

L'univers développé est intéressant. On a les codes de la fantasy classique, avec un personnage moderne perdu au milieu d'un monde médiéval magique. L'auteur, par le biais de son personnage principal, explore ses possibilités, sans tomber dans le didactique souvent indigeste. Il a même allégé les données statistiques inhérentes à la LittRPG.

Ce deuxième tome est toujours aussi rapide à lire, grâce à l'écriture dynamique , qui alterne combats, discutions autour d'un contrat, et touches d'humour. Le seul bémol, c'est le héros en lui-même. Peut-on dire qu'il est héroïque s'il n'a aucune difficulté à gagner ? Son pouvoir lui permet de tuer d'un seul coup de poing, il peut se téléporter, courir à une vitesse inimaginable et il se sort donc sans aucun problème de n'importe quelle situation, et arrive toujours à temps pour sauver ses amis. Et bien sûr, comme il est imbattable, il est sûr de lui et faisant souvent preuve d'arrogance. Ses attaques sont toujours une punition envers tous ceux qui l'ont sous-estimé.

Heureusement qu'il y a Silvi, la lapine à corne, pour donner pour donner un ton un peu plus humain à toute cette histoire, avec ses réactions musclées et ses réparties hilarantes, et offrir un peu de chaos à la perfection de Derek Hunt, l'homme le plus puissant de tout l'univers.

11 novembre 2025

Running Man, réalisé par Edgar Wright

 

Présentation officielle

 

Dans un futur proche, The Running Man est l’émission numéro un à la télévision : un jeu de survie impitoyable où des candidats, appelés les Runners, doivent échapper pendant 30 jours à des tueurs professionnels, sous l'œil avide d’un public captivé. Chaque jour passé augmente la récompense à la clé — et procure une dose d’adrénaline toujours plus intense. Ben Richards, ouvrier désespéré prêt à tout pour sauver sa fille gravement malade, accepte l’impensable : participer à ce show mortel, poussé par Dan Killian, son producteur aussi charismatique que cruel. Mais personne n’avait prévu que Ben, par sa rage de vivre, son instinct et sa détermination, devienne un véritable héros du peuple… et une menace pour tout le système. Alors que les audiences explosent, le danger monte d’un cran. Ben devra affronter bien plus que les Hunters : il devra faire face à un pays entier accro à le voir tomber.

 

Mon avis

 

Avec The life of Chuck, Marche ou crève et la série Welcome to Derry, 2025 a été riche en adaptations d'œuvres de Stephen King. Et on peut dire que l'année finit en beauté avec Running Man, réalisé par Edgar Wright. Après la vision colorée d'Arnorld Schwarzenegger en combinaison moulante jaune, c'est un Ben Richards plus sombre, sale et énervé qui nous a été servi.

Le scénario a suivi de près le roman publié sous le pseudonyme de Richard Bachman, excepté pour quelques séquences, dont le final. Mais la saveur du livre est là : la télé poubelle suivie par une population miséreuse au cerveau lavé par une manipulation de l'image. "Servez-leur du pain et des jeux et le peuple sera content et suivra aveuglément les lois". Le réalisateur insiste beaucoup sur la perfidie des producteurs et l'attrait pour le sang de ceux qui regardent. Les Chasseurs sont des stars, les meurtres sont diffusés en prime time et le public peut même participer à la traque et gagner des primes. N'est-ce pas du grand spectacle ?

Glen Powell, la nouvelle coqueluche d'Hollywood avec sa mâchoire carrée texane éclipse totalement l'héritage d'Arnold Schwarzenegger. On a un héros enragé, intelligent, prêt à tout, sauf à perdre son humanité. L'acteur, qui a révélé s'être inspiré du travail de Tom Cruise, enchaîne les scènes d'actions, et offre un personnage de plus en plus abîmé et désespéré. Côté méchants, le sourire ultra brite de Josh Brolin et le visage ravagé de Lee Pace sont les autres atouts du film : sympathique pour l'un, terrifiant de froideur pour l'autre, encore une fois, l'écriture des personnages, le choix des acteurs et leur direction sont impeccables.

Le montage est très dynamique, ne laisse aucun temps mort à la narration en jonglant entre explosions, cascades, fusillades et humour. Edgar Wright a réussi l'exploit de combiner à la perfection film d'action et critique d'une Amérique au bord du chaos. Il s'est emparé avec brio d'une histoire pourtant ancienne, mais qui a tout de la prophétie...

7 novembre 2025

Comment vaincre un roi démon en dix étapes, d'Andrew Rowe

Présentation de l'éditeur

 

Depuis des milliers d'années, dès qu’un Roi Démon surgit pour conquérir le monde, un Héros renaît cent ans plus tard pour le vaincre.
Bon, OK, au passage, des civilisations sont réduites en poussière...
Mais cette fois, il y a un petit problème : en 23 ans à peine, le Roi Démon a déjà conquis plus de la moitié du monde, et pas la moindre trace de héros légendaire à l'horizon. Si on se contente d’attendre son retour, il n’aura bientôt plus rien à sauver.

Alors Yui Shaw a un plan. En 10 étapes.
Elle n’a pas réussi à débloquer la classe Héros, mais elle ne va pas s’arrêter à ce léger détail.
Déjà, elle doit obtenir l'épée légendaire.

 

Mon avis

 

Pour vaincre un roi démon, il faut un héros mythique. Celui qui aura obtenu une classe rare, tirera l'épée sacrée de son socle, saura jouer de l'harmonica pour endormir le monstre, aura une fée comme marraine et bien sûr, une tenue verte. Yui n'a réussi aucun des prérequis, sauf celui du costume. Elle n'a pour elle que son intelligence, sa persévérance, sa gentillesse et son partenaire, Ken, prêtre guerrier fashionista.

L'atout majeur du roman c'est l'humour. La LittRPG, fraîchement débarquée en France, compte scrupuleusement les points des personnages, leur attribue victoires et récompenses. Ici, le ton est donné : rien à faire des règles ! C'est ainsi que l'on va directement au boss du donjon, que l'on force une fée à bénir ses sous-vêtements et que l'on vole des pièges pour affronter ses adversaires.

La quête, les pièges, les dragons, les donjons à explorer. On a là tous les ingrédients du jeu de rôle, démystifiés par son personnage principal lui-même. Qui ne s'est pas dit, en regardant Le Seigneur des Anneaux, "les aigles auraient pu transporter Frodon jusqu'au Mordor, ça aurait été plus rapide, non ?". Et bien l'héroïne (qui n'en est pas une) du roman choisit elle aussi l'ingéniosité au lieu de la patience, la force et le courage. La fuite a souvent du bon, la triche aussi, quand il s'agit de parvenir à ses fins.

Andrew Rowe n'en est pas à son premier roman, et il est même concepteur de jeux vidéos pour des grosses compagnies comme Blizzard Entertainment. Et c'est pourtant avec cette toute petite histoire qu'il a réussi à nous faire comprendre que l'on a pas besoin d'être un héros pour en devenir un. Il suffit juste de ne pas toujours suivre les règles.

27 octobre 2025

La librairie ambulante, de Christopher Morley

Présentation de l'éditeur :

 

1907. Après 39 ans d'une vie morne et contraignante, Helen McGill décide sur un coup de tête d'acquérir une librairie ambulante.
Un grand classique de la littérature américaine traduit pour la première fois en France.

1907. Roger Mifflin, vendeur charismatique, sage et farceur, traverse la Nouvelle-Angleterre à bord de sa célèbre librairie ambulante, chariot de fortune renfermant un immense trésor : des livres de toutes sortes, allant de Shakespeare au livre de cuisine. Avec sa philosophie singulière et ses yeux brillants, le petit homme à la barbe rousse parvient à transmettre le cœur et l'âme du monde du livre sans limite d'âge ni de culture.

Un jour pourtant, il décide de vendre sa librairie ambulante à une certaine Helen McGill qui, du haut de ses trente-neuf ans, est plus que lasse de s'occuper de son frère Andrew et de leur ferme, particulièrement depuis qu'Andrew est devenu écrivain à succès. Lorsque Roger apparaît avec sa librairie ambulante, il ne faut pas longtemps à Helen pour en faire l'acquisition et préparer son bagage. Après tout, ne mérite-t-elle pas enfin de vivre sa propre aventure ?

 

Mon avis :

 

Avez-vous passé de longues heures à regarder les rediffusions de La petite maison dans la prairie ? Regrettez-vous la simplicité de la vie d'antan ? Avez-vous eu la chance de pouvoir emprunter des livres dans un bibliobus ? Si vous répondez oui à au moins de ces questions, vous serez probablement charmés par la lecteur de ce court roman de Christopher Morley.

L'histoire est racontée par Helen, qui reprend sur un coup de tête l'échoppe ambulante d'un libraire. Elle voudrait se libérer de l'ombre de son frère qui la relègue à des tâches ménagères tandis que lui vit des aventures sur le papier comme dans la vie réelle. Ce qui commençait comme un pied de nez à son frère, elle va se découvrir une passion pour ce magasin nomade, pour les conseils littéraires qu'elle offre à des inconnus, mais surtout pour son précédent propriétaire qui aura bien du mal à abandonner sa roulotte...

Le roman est peut-être aussi court que ce bonbon que l'on aimerait faire durer en bouche mais le livre a la même fugacité que le passage de la librairie. Il laisse un sourire aux lèvres, de bonnes recommandations de lectures, et surtout l'envie d'en discuter.

27 octobre 2025

La voie des Immortels, de Georges Biaux

Présentation de l'éditeur :

 

Qui étaient vraiment les Nécromanciens ? Les gardiens immortels de la mémoire des défunts ? Ou bien des voleurs d’âmes, tuant pour renforcer leur obscure magie ?

Après deux siècles d’errance, Lanig est peut-être le dernier à savoir la vérité. Haï et pourchassé, il ne lui reste plus que le papier à qui confier les secrets de son ordre depuis longtemps disparu.

Je suis né il y a deux cents ans dans un empire au sommet de sa gloire. Je l’ai aidé à s’étendre. J’ai été témoin de ses derniers jours et du chaos qui lui a succédé. J’ai vu la paix partir en lambeaux, alors que les mensonges du Culte faisaient de nous des parias.

Véritable révélation, ce premier roman d’un auteur français renoue avec la Fantasy initiatique où l’apprentissage d’un jeune héros résonne avec la destinée de tout un monde.

À tous ceux qui veulent comprendre le poids de l’immortalité et connaître la vraie nature de la magie, j’offre mon histoire.

 

Mon avis :

 

L'exercice de la fantasy est toujours compliqué à appréhender pour un premier roman. Enjeux politiques, système de magie, quête initiatique ou aventure épique... nombreux sont les écrivains qui ont perdu les lecteurs en cours de route en faisant trop ou pas assez, ou en se perdant eux-mêmes dans un récit chaotique et une trop grosse dose d'informations à fournir.

Il serait bien difficile de croire que La voie des immortels n'est que le premier roman de Georges Biaux. Le décor est assez simple (une contrée qu'une rébellion a plongée dans la pauvreté et mise à l'écart) et le héros est loin d'en être un : c'est un adolescent souffreteux promis à une très courte vie. Mais c'est justement l'envie de plus qui va élargir le champ des possibles. Lanis s'embarque dans un long voyage qui doit faire de lui un héros s'il veut survivre à sa maladie et obtenir l'immortalité.

Son apprentissage sera difficile et il aura du mal à se faire accepter. Il devra faire preuve de détermination, mais ce n'est pas son courage qui le rend attachant, mais plutôt cette volonté de vivre longtemps, peut-être un peu trop longtemps, quitte à recourir à des subterfuges ou même au chantage. Et c'est grâce à ce côté très humain qu'il va devenir exceptionnel...

La voie des Immortels est une réussite littéraire, une belle entrée dans l'univers de la Fantasy pour son auteur et tous les nouveaux lecteurs qui voudraient se lancer dans le genre.

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