nuit

Quand j'ai appris qu'un livre de zombies ferait partie de la rentrée littéraire, et qu'en plus, il serait français, je n'ai pas patienté très longtemps avant de me ruer l'acheter dans une librairie. Coup de bol pour les recherches, il était dans le rayon SF, là où je campe le plus souvent.

Antoine Verney en est le narrateur. Jeune auteur de livres de romance, il se réveille, au lendemain d'une soirée bien arrosée, dans un grand appartement parisien vide. Il y a du sang partout, et un cadavre décapité. Au dehors, des humains bouffent leur congénères. Pas de doute possible, on a là une sacrée invasion de zombies. Alors le héros va se terrer dans cet appart, sans autre but que de survivre. Il se cache... il joue au baltrap avec les morts-vivants... il s'en fait des potes à qui il va faire la lecture de son nouveau bouquin.

Avant toute chose, j'aimerai bien mettre une tarte monumentale dans la tronche de ceux qui le compare à Je Suis une Légende, de Richard Matheson. Un homme seul au monde, face à l'adversité... Ce n'est pas forcément un remake universel de ce génialissime bouquin. Par contre, j'ai autant chialé à la mort du chien dans Je Suis Une Légende, qu'au naufrage du ballon de volley Wilson. Je suis une grande sentimentale.

Ici, on va plutôt avoir droit à des pages et des pages de réflexions philosophiques, de nombrilisme légèrement énervant, de triturage de ménages. Si ça n'avait pas été omniprésent partout, peut-être que je me serai un peu plus amusée. Non pas que je n'apprécie pas les belles lettres, mais là, ça relevait plutôt de la branlette intellectuelle. Je me serai attendue à mieux d'un narrateur qui écrit des Harlequins. Mais bon, il reste un looser. Le dernier homme vivant est un bon à rien.

Même si quelques trouvailles étaient vraiment très intéressantes (comme la rencontre avec le gentil toutou qui n'aura pas trop le temps de faire ami - ami avec le héros), la coupeuse de cheveux de zombies que je suis n'a pu s'empêcher de grimacer, voire hurler à certains passages : Non. On ne peut pas planquer le cadavre d'un type dans la pièce d'à côté pour ne plus le voir, sans que l'odeur de chair pourrie finisse par suinter des murs. On ne peut pas oublier un petit détail comme ça qui vous empêche de déjeuner sans manquer de tout dégueuler. Et non, on ne peut pas non plus perdre un tiers de son poids habituel en une semaine. Même les héros de Koh Lanta n'ont pas réussi cet exploit en si peu de temps, et pourtant, ils avaient bien moins de trucs à bouffer que le narrateur.

Alors oui, faire dans le voyage intérieur quand les zombies attaquent, ça peut valoir le coup, mais ne pas faire dans le superficiel, ni dans l'indigeste !