La Pause Lecture

15 décembre 2018

Papillon

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Synopsis :


Henri Charrière, dit "Papillon", malfrat de petite envergure des bas-fonds du Paris des années 30, est condamné à la prison à vie pour un meurtre qu'il n'a pas commis. Il est envoyé sur l'île du Diable, en Guyane. Il va faire la connaissance de Louis Dega qui, en échange de sa protection, va aider Papillon à tenter de s'échapper...

 

Mon avis :

Gamine, mon regard était toujours attiré par l’énorme bouquin qui prenait de la place dans une des bibliothèques de mes parents. La première fois que j’ai voulu lire ce pavé au titre si féérique, mon père m’avait mis en garde... C’était violent et injuste (même si le héros était un voleur), mais c’était l’une des plus belle histoires d’évasion. 700 pages écrites avec des petits caractères, ça fait peur. Alors j’ai commencé par le film.

J’avais déjà vu La Grande Evasion (avec la moto de mes rêves), et je me suis dit que Steve McQueen avait le chic pour s’attirer des ennuis !

Bon, je ne vais pas parler pendant des lustres du petit bijou d’aventures des années 70, parce qu’il s’agit ici de la nouvelle adaptation de l’autobiographie d’Henri Charrière. Avec Charlie Hunnam dans le rôle titre et Rami Malek dans celui de son ami Louis, le réalisateur, Michael Noer, nous livre ici un film qui laisse la part belle aux rêves de Papillon, à son envie irrépressible de regagner la capitale française (lui qui ne voulait même pas vivre en province, c’est bien là le drame d’un parisien !). Rien à voir avec une chenille allemande obèse qui sort de sa chrysalide.

Il a besoin d’argent, car le moindre petit service se monnaye. Louis, quant à lui, a besoin de protection... il fera le banquier, Papillon sera ses muscles. Ce marché se transformera en profonde amitié.

Le choix des comédiens est judicieux. Hunnam en impose par son physique et la dureté qu’il arrive à faire passer dans les scènes de baston. Rami Malek, même si son jeu n’est pas encore à la hauteur de celui de Dustin Hoffman, incarne un Louis innocent, un peu fou mais sympathique. Je dirai que le problème principal vient du côté un peu lisse du film. S’il affiche quelques longueurs, on ne sent pas vraiment les sept années passées en isolement (Papillon perd un peu de ventre et de bronzage, c’est tout). C’est violent mais finalement moins cru que dans l’ancienne version. Si vivre dans un pénitentier n’est pas une partie de plaisir, la Guyanne n’est pas clairement pas le territoire hostile tant redouté.

Au final, Papillon est un bon film sur la force de ces bannis, mais il souffrira toujours d’une comparaison impossible avec son ancêtre.

Le DVD et le Bluray, édités par Metropolitan Filmexport (la page Facebook de l'éditeur), ainsi que la VOD seront disponibles le 15 décembre prochain.

A retrouver sur Cinétrafic :

-ne cédera jamais sous la pression psychologique

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13 décembre 2018

L'Espion qui m'a larguée

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Synopsis :

Audrey et Morgan, deux trentenaires vivant à Los Angeles, se retrouvent embarquées malgré elles dans une conspiration internationale lorsque l'ex-petit ami d'Audrey débarque à son appartement poursuivie par une équipe d'assassins. Les deux jeunes femmes sont contraintes d’échapper à leurs poursuivants à travers toute l’Europe, tout en tentant de sauver le monde avec l’aide d’un agent au charme « so british ».

Mon avis :

Une comédie d'espionnage avec pour héroïnes deux trentenaires un peu paumées... Je n'en attendais pas grand chose et j'ai été agréablement surprise !
Le scénario est des plus classiques (protéger un objet convoité par plusieurs espions et vilains) certes, mais le choix humoristique est loin de l'être. Tour à tour comédie potache (avec testicules en gros plan), dialogues ahurissants de réparties (pour les fans de Kiss Kiss Bang Bang) et clichés détournés, on ne sait plus trop où donner de la tête.
Si les personnages masculins font le job dans leurs rôles d'espions charmeurs et viriles (Sam Heughan est bien loin de son Jacobite dans Outlander, un peu trop pâle à tous points de vue), ce sont les deux comédiennes Mila Kunis et Kate McKinnon qui sont les vraies perles de cette production. L'alchimie entre elles est totalement déjantée, et si la première confirme son statut d'actrice talentueuse dans la comédie, la deuxième est totalement hors normes. Issue du Stand-up, Kate McKinnon est un électron libre et dans L'espion qui m'a larguée, impossible de voir la frontière entre la fiction et la réalité en ce qui concerne sa loufoquerie.
Difficile de réaliser un film d'espionnage sans cascades, combats et explosions, et dans ce film, Susanna Fogel s'est payée les services d'un des meilleurs coordinateurs, Gary Powell (qui a travaillé notamment sur les derniers James Bond et sur Jason Bourne). Mêlant sauts impressionnants et baston musclée, les acteurs et leurs doublures ont eu fort à faire... Néanmoins, ma scène préférée reste la course-poursuite à deux kilomètres/heures entre les héroïnes et le couple de petits vieux à qui elles viennent d'emprunter la voiture !

Au final, L'Espion qui m'a larguée est un bon film d'action et une bonne comédie. Si j'adore Kate McKinnon depuis sa danse du tir dans Ghostbusters, je suivrai avec impatience la suite de sa carrière cinématographique.

Les Bonus du DVD :

- Making-of du film
- Une journée avec Hasan Minhaj (qui pense s'être fait plein d'amis pendant le tournage du film)
- Les cascades
- Les scènes coupées (qui valent le coup d'oeil, oui oui !)
- Les scènes ratées
- Les improvisations (où l'on se rend compte que les meilleures répliques ont été totalement improvisées par Mila Kunis et Kate McKinnon)


Le DVD et le Bluray, édités par Metropolitan Filmexport (la page Facebook de l'éditeur), ainsi que la VOD seront disponibles le 15 décembre prochain.

A retrouver sur Cinétrafic :

-rire un bon coup au cinéma
-les films les plus délirants

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05 décembre 2018

Love, Simon

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Synopsis :

On mérite tous une première grande histoire d’amour. Pourtant pour le jeune Simon, c’est compliqué. Il a une vie normale, dans une famille qu’il adore, et est entouré d’amis extraordinaires, mais il garde pour lui un grand secret : personne ne sait qu’il est gay et il ne connaît pas l’identité de son premier coup de coeur, avec qui il communique en ligne. Alors que son secret est menacé d’être révélé, la vie de Simon bascule dans une aventure aussi drôle que bouleversante... Ses amis prendront alors une place essentielle pour l’aider à changer sa vie et découvrir le premier amour.


Le thème du coming-out est toujours assez délicat à exploiter au cinéma (comme en littérature d'ailleurs). Il ne faut pas tomber dans le pathos, ni faire comme si ce n'était qu'un léger détail. Et le cap des premiers amours, c'est toujours important.

Le réalisateur ne s'écarte que très légèrement du roman de Becky Albertalli. L'introduction se fait plus en douceur, distillant un peu de suspense avant la révélation du gros secret de Simon. On ne s'attarde pas trop sur ses amis (dommage pour le personnage d'Abby, qui perd un peu de son paysage tourmenté,, et Léa n'a plus du tout ce côté rebel et à contre-courant), et choisit de nous faire apprécier à la place le sombre crétin qui fait du chantage au héros. Et personnellement, le directeur de l'école m'a arraché plus d'un fois un rire (au contraire de ses élèves). Quant à la prof de comédie musicale, elle est tout simplement génial, et ses dialogues hilarants.

Le film tire son épingle du jeu grâce aux scènes tirées de l'imagination de Simon : que ce soit les coming-out hétérosexuels de ses amis à leurs parents, son fantasme de comédie musicale à la fac ou simplement les mises en images de sa correspondance avec Blue, on visualise tout à fait son état d'esprit.

La musique, comme dans le roman, est judicieusement choisie : un peu de classique, beaucoup de bleuette adolescente, rien de mythique, mais de quoi donner une play-liste offrant de belles découvertes (en cette période de Noël, foncez écouter Someday at Christmas, des Jackson 5, histoire de vous mettre dans une ambiance toute enguirlandée).

Et maintenant que l'on a parlé du scénario, des quelques libertés prises sur l'orginal et de la réalisation fantaisiste réussie de Greg Berlanti, qu'en est-il des acteurs ? Enfin, surtout Nick Robinson, qui joue le rôle de Simon Spier ? Et bien le choix était parfait. On n'est pas tombé dans la facilité de choisir un gars stéréotypé, efféminé. Voilà quelque chose qui pourrait faire réfléchir ceux qui regarderaient le film. Simon est un ado normal et gay. Et comme il le dit si bien, c'est injuste qu'il n'y ait que les gais à devoir faire leur coming-out.

Les comédies romantiques pour ados se sont déjà pas mal épanchés sur les cas hétéros. Love, Simon, ça se déguste comme ces plaisirs coupables : on sourit beaucoup, on pouffe parfois, on angoisse pour le héros, et notre petit coeur frétille de bonheur devant un happy-end tant attendu. Absolument tous les ingrédients qui assurent le succès sont là. Sauf que le héros est gay. Une histoire d'amour avec un inconnu par mail ou courrier interposé, c'est classique. Avec ce "petit plus", on ajoute du piment à l'intrigue.

Le film, sorti en DVD, Blu-Ray et VOD depuis le 31 octobre est édité par 20th Century Fox (vous pouvez aussi retrouver leurs nouveauté sur leur page Facebook).

A voir également sur Cinétrafic :

-l'homosexualité au cinéma
-les amours lesbiennes dans les films

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03 décembre 2018

The Shanghai Job

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Un agent de sécurité britannique, Danny Stratton, est chargé d'escorter une antiquité chinoise d'une valeur inestimable en dehors de Shanghaï. Humilié après avoir empêché le vol d'un tableau de Van Gogh, ce service est une opportunité de restaurer sa réputation. Mais, sur son chemin, Stratton est pris en embuscade et l’œuvre d'art est dérobée sous ses yeux. Il n'a pas d'autre choix que d'affronter la bande de voleurs pour la récupérer et sauver sa petite amie kidnappée.

Mon avis :

Orlando Bloom retrouve son blond peroxydé pour notre plus grand bonheur. Malgré l'absence d'arc, il arrive à mettre la plupart du temps ses adversaires à terre dans ce film d'action chinois. Si pour une fois, les acteurs ne sur-jouent pas dans ce type de film, les scènes d'action, quant à elles, n'ont pas du tout le même traitement. Les courses-poursuites se soldent systématiquement par un combat à mains nues (là où un flingue aurait clôt assez tôt l'intrigue), et voir l'une des comparses du héros assommer deux motards casqués avec un extincteur peut faire lever les yeux au ciel. Néanmoins, malgré le côté rocambolesque de l'intrigue et la coupe de cheveux totalement révoltante d'Orlando Bloom (va-t-il enfin faire un choix capillaire non contestable ?), l'humour tire son jeu de quelques plaisanteries loufoques (comme le bras droit de Danny, qui veut embarquer un méchant inconscient pour le torturer... juste pour le plaisir).

Si vous tenez jusqu'au générique de fin, vous pourrez constater que certaines scènes présentes au bêtisier ont finalement été conservées au montage final, que l'acteur principal a effectuer lui-même ses cascades et ses combats (au ralenti, d'accord), ce donne aux films asiatiques ce petit soupçon de réalisme musclé... En bref, Shanghai Job aurait tout pour réussir son pari, mais reste trop lisse pour marquer les esprits.

 

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21 novembre 2018

Un Collège très spatial, de Scott SEEGERT (Auteur) et John MARTIN (Illustrations)

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Le collège, même en apesanteur, ça reste le collège... Vous aussi, vivez au rythme délirant des aventures de Kelvin, un collégien très spatial !

Kelvin est le fils des deux plus grands scientifiques de la Terre. Lorsque sa famille débarque sur la station spatiale interplanétaire pour mener à bien leurs expériences, il fait sa rentrée quant à lui dans un collège très... spatial. Il y voudrait y mener une scolarité tranquille, mais c'est sans compté la pression qui pèse sur ses épaules : en effet, tout le monde pense qu'il a hérité du génie de ses parents ! Lorsque un génie aigri projette de semer la terreur et prendre le pouvoir dans la galaxie, Kelvin et ses amis vont devoir faire preuve d'astuce et de courage...

Sur une histoire qui n'est pas sans rappeler le film Sky High, l'Ecole Fantastique, Scott Seegert et John Martin ont su renouveler le genre, en mixant textes et illustrations pour nous livrer une belle aventure originale. Le héros est loin d'être parfait, et son cheminement tout au long du roman donne à réfléchir. Les trais d'humour, à la portée des plus jeunes, feront aussi sourire les adultes, qui comprendront, eux, tous les sous-entendus.

En ce qui concerne les illustrations, loin d'être de simples dessins au détour d'une page, elles font partie intégrante de la narration, prenant la relève sur les descriptions, ou les scènes d'action. Là où des mots rendraient la compréhension laborieuse, l'image donne immédiatement une idée du résultat, et offre une dimension toute graphique au roman. Là encore, les plus vieux ne seront pas déçus, des clins d'œil sont disséminés tout au long des pages, comme la dame de la cantine, présentée sous les traits d'un alien !

Pour finir, on peut saluer le travail de l'éditeur, qui livre un volume attrayant pour un montant assez modeste, présente le roman en quatrième de couverture, par quelques mots-clés, et invite à lire un extrait choisi pour donner envie de dévorer le reste.

 

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23 octobre 2018

Anna et l'Homme-Hirondelle, de Gavriel Savit

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Présentation de l’éditeur :

Cracovie, 1939. Que sait-on de la guerre, quand on n'a pas encore 8 ans ? Quelle langue peut dire à une petite fille que son père ne reviendra pas, sinon celle des oiseaux ?
Anna erre dans les rues de la ville lorsque l'Homme-Hirondelle la prend sous son aile. Cet étrange personnage, longiligne, sombre et mystérieux, sait parler aux oiseaux, éviter les soldats, connaît le secret des routes et les dangers des hommes. Un long voyage va commencer pour eux, à travers champs et forêts, pour échapper à la guerre.
Dans un monde qui a perdu la raison, seuls les fous savent les chemins qu'emprunte encore la vie...


Mon avis :

Ce roman, élu best-seller par le New York Times en 2016, est ce qui s'apparente à un conte de guerre, Anna est une petite fille laissée à son triste sort dans une ville à l'abandon. Un inconnu va littéralement la prendre sous son aile et lui apprendre à survivre dans un monde où l'humain n'a plus d'importance.

Une écriture de poète au service d'une histoire dure et triste. Voilà ce qui pourrait attirer le lecteur dans les serres de l'auteur, malheureusement la constance utilisation de situations métaphoriques nous perd un peu, voire nous laisse totalement de marbre lors que la lecture de passages qui se voudraient émotionnellement intense.

On se retrouve sur les bancs de l'école, à essayer de déchiffrer un texte que les grands qualifient de magistral, alors que l'on peine à relire plusieurs fois le même passage pour en comprendre le sens.
Au final, Anna et l'homme-hirondelle ne laissera, comme ses protagonistes, qu'un souvenir de battement d'ailes dans nos esprits...


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22 octobre 2018

La cité des Surhumains, de Jérémy Leroyer

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Présentation de l’éditeur :

Lorsqu’un surhumain est extrait vers Héropolis, sa vie bascule en un instant. Mais le quotidien au sein de la cité fondée par William Jarvis ne ressemble en rien aux films de superhéros. Si ses habitants possèdent bien des pouvoirs, leurs sentiments, leurs aspirations et leurs bassesses n’en sont pas moins humains.

La cité fait face à une crise : une partie des surhumains souhaite mettre fin au traité d'Alpharetta qui condamne la population au confinement. Au même moment, une menace extérieure, tapie dans l'ombre, grandit et met en cause la sécurité d'Héropolis.


Mon avis :

Lorsque l'on lit une histoire de supers-héros, le plus intéressant passage est le moment où le personnage perd son statut d'être humain normal, celui où il découvre ses pouvoirs pour la première fois.
La moitié du roman est consacré à ces instants étonnants. Les nouveaux "mutants" vont être extradés vers la cité fondée par William Jarvis, le plus puissant d'entre eux.

Science-fiction et complot gouvernemental s'alternent dans ce récit aux voix multiples. Les héros ne sont pas si gentils que cela, et le président est loin d'être exempt de tout soupçon.
Il pourrait être difficile de se retrouver dans ce gros volume à la police de caractère si petite, et aux points de vue si nombreux... mais c'est sans compter la dextérité de l'auteur à tisser une intrigue très intéressante, servie par une plume à la hauteur de la complexité qui l'attendait.
L'écriture très graphique, voire cinématographique de Jérémy Leroyer nous projette dans un monde réaliste et pourtant extraordinaire. On nous sert ce que l'on attend d'un vaste paysage de supers-héros : des pouvoirs classiques, d'autres beaucoup plus étranges, de la haute technologies, des combats épiques, de la sournoiserie, des grands enjeux, et d'autres, plus personnels, etc.
Les nombreux clins d'oeil à la pop-culture démontre une maîtrise des codes du genre, sans toutefois tomber dans le cliché facile des gentils contre les méchants.


Il est à souhaiter qu'il y ait un deuxième tome après roman, car la fin, si elle ne consiste pas en un cliffangher, fait plutôt office d'introduction à une suite que le lecteur souhaite rapidement lire !

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21 octobre 2018

Les Polaroïds, d'Eric Neuhoff

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Présentation de l’éditeur :

Chez Éric Neuhoff, la vie ressemble à une dolce vita permanente : hôtels, plages et gins pamplemousse dégustés les pieds dans le sable. Mais la mélancolie et l'ironie ne sont jamais loin. Dans Les Polaroïds, son premier recueil de nouvelles, tout est imaginable. Jean Seberg et Patrick Dewaere sont toujours vivants. Un jeune homme, de retour dans la ville de son adolescence, s'ennuie. Jackie Kennedy et J. D. Salinger passent une journée ensemble. À Canet-Plage, les villas en bord de mer sont le théâtre de drames intimes. Les filles se prénomment Maud, Chloé ou Raphaëlle. Elles sont snobs, bronzées, parfois menteuses. Faut-il préférer l'Irlande ou la Costa Brava pour fuguer en leur compagnie ? Sur la route de Saint-Tropez à Paris, l'esprit divague à grande vitesse. Et, en sourdine, la petite musique du coeur se fait entendre.

Mon avis :

La thématique des vacances est parfaite pour une recueil de nouvelles. Avec un titre comme Les Polaroïds, il ne faut pas s'attendre à des histoires qui traînent dans la longueur. Ici, il s'agit plutôt d'instantanés.
La Côte d'Azur, le nord, les stars ou simplement la famille, tout passe sous l'objectif d'Eric Neuhoff qui se plaît à jouer à la vérité, la sienne.

La qualité de l'écriture touche de près à ce que l'on pourrait attendre d'une certaine nostalgie pour ce qui était les belles années de la France nouvelle vague.
L'auteur ressucite Patrick Dewaere le temps de quelques jours, et Salinger passe un délicieuse moment chez les Kennedy. Ce qui aurait pu être l'est l'espace de quelques pages, se déguste tel un cocktail au bord de la plage, à cette heure où le soleil tape, lâche ses derniers rayons chauds.

Pas de doute, après avoir refermer ce livre, le lecteur songera à ces derniers jours de vacances d'été, des vagues et des photos plein la tête...

Posté par Emma666 à 16:48 - Commentaires [0] - Permalien [#]

18 octobre 2018

The Predator

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Présentation officielle :

Les pires prédateurs de l'univers sont maintenant plus forts et plus intelligents que jamais, ils se sont génétiquement perfectionnés grâce à l'ADN d'autres espèces. Alors qu’un jeune garçon devient accidentellement leur cible, seul un équipage hétéroclite d'anciens soldats et un professeur de science contestataire peuvent empêcher l’extinction de la race humaine.

Mon avis :

Les fans de la première heure de Predator, ceux qui ont vu horrifiés, l'alien arracher la colonne vertébrale de leur personnage préféré (Billy Sole), ne pourront s'empêcher de comparer toutes les versions, remake, reboot et autres films de la franchise. Ils vont probablement râler pour de nombreuses raisons (comme le fait qu'un Predator, ça vient sur terre pour s'éclater à chasser du gibier), mais principalement parce que ça ne se passe pas dans la jungle.

Que retient-on du Predator ? Une silhouette sportive et massive, une gueule de porte-bonheur et des dreadlocks. Et c'est un bon chasseur. Dans cet opus, réalisé par Shane Black, on a tous ces ingrédients. Et même plus. Vous voulez de l'action ? Des vaisseaux qui explosent ? Du sang et des tripes ? De l'humour ? Un monstre de 3,30 m de haut ? Oui, on pourrait reprocher un manque de réalisme dans certaines scènes (une scientifique transformée en GI Jane) ou de cohérence dans le destin des personnages. On pourrait même lever les yeux au ciel quand Jacob Tremblay surjoue le gamin autiste (et qui est autiste quand ça l'arrange).
Mais l'humour politiquement incorrect, irrévérencieux (même s'il est souvent trop répétitif) dans les dialogues et les scènes d'action, le look des predators, l'intrigue, les nombreux clins d'œil au tout premier film, la voix rauque de Boyd Holbrook et le twist final en mettent plein les yeux au spectateur. Et pour une fois, la demoiselle en détresse a du répondant, et les mercenaires maladroits au grand cœur ne sont pas là pour la sauver, ce qui change des précédentes adaptations...

Le film ne consiste pas en une simple partie de chasse, le scenario a vu plus grand cette fois-ci. On attend même une suite avec impatience. Vous sortirez de salle ébouriffés, avec une furieuse envie de vous laisser pousser les cheveux et vous remettre au sport pour vous transformer en supers guerriers.

Fiche technique :

Sortie : 17 octobre 2018
Avec :  Boyd Holbrook, Trevante Rhodes, Olivia Munn, Jacob Tremblay, Alfie Allen, Thomas Jane...
Genre : Action, horreur

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01 octobre 2018

Misery au Théâtre Hébertot

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Presque un an après avoir vu l'adaptation théâtre à Bangor, j'ai eu la chance de pouvoir assister à celle de Paris...

Du 19 septembre 2018 au 6 janvier 2019, retrouvez Myriam Boyer dans l’adaptation théâtrale du chef d’oeuvre de Stephen King, Misery au théâtre Hébertot.

Présentation officielle :

Le personnage de Paul, tel un double de Stephen King, est un écrivain à gros tirage. Il est à un tournant de sa vie, souhaitant changer de registre, de style, de propos et mettre un terme à l’interminable saga à laquelle il doit son succès. Pour cela il vient de terminer un roman où il fait mourir son héroïne : Misery.

Mais un accident de voiture le met à la merci d’Annie, une lectrice psychopathe qui l’admire plus que tout. Elle commence par le sauver, le recueillir, le soigner mais bientôt elle le séquestre avec une rare cruauté et l’oblige à réécrire son roman comme elle l’entend.

Mon avis :

Misery est probablement le roman le plus facilement adaptable de Stephen King au théâtre. Deux comédiens (voire trois si l’on fait le choix de montrer ce qu’il advient du shérif), une ou deux pièces... un lit, un fauteuil roulant, et surtout, la machine à écrire. Si le paysage est facile à mettre en place, le casting, lui, est primordial.

Pour Paul Sheldon, si l’on peut reprocher à Francis Lombrail sa tendance à surjouer les passages où il doit exprimer sa douleur, on saluera tout de même les moments quasi-comiques où il envoie des piques à Annie Wilkes.
Myriam Boyer, au physique très proche de celui de Kathy Bates dans le film, a su insuffler son propre style au personnage le plus redoutable à jouer. Après une ouverture un peu "plate", elle alterne joie délurée, folie furieuse et totale dépression en toute fluidité. Difficile alors de détacher ses yeux de son jeu ahurissant.

La scène ne se compose que de la chambre de Paul... le reste de la maison ne sera que suggéré, par le biais d’un second étage flouté, ou d’un écran divisé en quatre, façon caméra de surveillance, lorsque le séquestré tente de s’échapper.
Si certaines scènes plutôt gores dans le roman ou dans le film sont ici édulcorées, des images projetés sur un angle de la chambre rendront toute la folie et la violence de cette situation oppressante.

Au final, adapter Misery au théâtre est un pari risqué, mais totalement réussi. Les Fans de Stephen King apprécieront la fidélité apportée à la pièce, et les vieux bourgeois parisiens vont s’encanailler malgré eux en allant voir ce qu’ils jugent d’habitude comme de la littérature de gare.

Fiche technique :

Une pièce de William Goldman d’après le roman de Stephen King
Adaptation française : Viktor Lazlo
Mise en scène : Daniel Benoin
Assistante à la mise en scène : Alice-Anne Filippi Monroché
Avec : Myriam Boyer et Francis Lombrail
Scénographie : Jean-Pierre Laporte
Costumes : Nathalie Bérard-Benoin
Lumières : Daniel Benoin
Vidéo : Paolo Correia

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