La Pause Lecture

20 septembre 2016

L'Etrange cas Deborah Logan

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Une étudiante veut consacrer sa thèse à la maladie d'Alzheimer. Elle va venir filmer le quotidien de Deborah Logan, une femme qui en est atteinte, et de sa fille. Plusieurs caméras installées dans toute la maison vont livrer des images d'abord inquiétantes, puis terrifiantes de la malade.

Bon, je ne sais pas trop comment une thèse peut être élaborée à partir de milliers d'heures de rush d'une vieille en perdition, mais il fallait bien trouver une raison à filmer les délires flippants d'une femme en phase terminale de la maladie d'Alzheimer. J'ai appris, à cette occasion, qu'on pouvait littéralement en mourir, puisque le corps va même jusqu'à oublier de vivre, de respirer (enfin ça, c'est d'après le film).
Donc Deborah Logan, pas de bol, est malade, et en plus de ne plus avoir de mémoire, elle n'aura bientôt plus d'intimité, le moindre de ses faits et gestes étant enregistrés par des caméras indiscrètes.
Alors au début, elle fait des blagues du genre "la nuit, je me balade en liquette dans la forêt". Les personnes présentes se marrent un peu, mais le manque d'heures de sommeil finit par les saouler, comme les crises d'hystérie de la vieille. Après, on a droit aux trucs vraiment glauques. Elle perd ses cheveux, s'auto-mutile, elle ne mange plus, elle hurle souvent... et les cameramen veulent se barrer.
Quand il ne reste plus que l'étudiante et la fille, Deborah entre à l'hosto, enlève une gamine cancéreuse et l'emmène dans une usine désaffectée. ça part en délire : il est alors question de rites sataniques qui incluent un serpent géant et des jeunes filles vierges. La vieille se démantibule la mâchoire, essaye d'avaler la petite cancéreuse (heureusement sans cheveux, sinon ça chatouille et c'est indigeste. Il ne faudrait pas régurgiter en plus une boule de poil, la scène est assez répugnante comme ça), et lui suçote le crâne.

Ce qui commence comme un banal film d'horreur classique, mélange de Blair Witch et Paranormal Activity, finit par virer au délire cauchemardesque. Il n'y a rien de plus dégueu d'un humain qui se déboîte la mâchoire ! Malheureusement cette dernière scène était peut-être la scène de trop. Après Alzheimer, la possession, les sectes secrètes et les transformations en serpent géant, on sait plus trop où on va, et si le film avait encore duré une dizaine de minutes de plus, on aurait sûrement appris que tout ça, c'était un coup des extra-terrestres. C'est connu, le mieux est l'ennemi du pire.

Le film sorti en DVD et Blu-ray le 24 juin dernier, est édité par Metropolitan Filmexport.

A retrouver sur Cinétrafic :

- http://www.cinetrafic.fr/meilleur-film-horreur-2016
- http://www.cinetrafic.fr/film-d-horreur


Je vous laisse ne compagnie de la bande-annonce du film :

 

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16 août 2016

Yaak Valley, Montana

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Dans le Montana, en 1980, Pete est assistant social et dévoué à son travail, tant sa vie personnelle est à chier. Tandis que son ex-femme alcoolique se barre avec sa fille au Texas, il essaie de sortir des gamins de la merde dans laquelle ils se trouvent : Cecil, un adolescent perturbé par les atouchements de sa mère, et Benjamin, dont le père, survivaliste illuminé, est rongé par la paranoïa.

Il y a certains bouquins qui te font passer un bon moment. Et d'autres qui te laissent KO, l'âme meurtrie. Yaak Valley, Montana, est de ceux-là. Smith Henderson exploite le filon de ses années d'assistant social dans un coin paumé des Etats-Unis, et jette sur les pages de son roman une écriture à deux doigts de te coller un direct du droit.
Je n'ai jamais vu une écriture avec une telle simplicité et qui pourtant dévoile autant de rage, d'incompréhension et d'abandon. Pas de clichés saupoudrés de politiquement correct, le tutoiement te mets directement au pas pour éprouver le quotidien de Pete.

Je comprends pourquoi ce roman a fait l'objet d'une telle mise aux enchères auprès des éditeurs ! Il dépeint une Amérique pas jolie du tout, avec ses habitants perdus au fin fond d'une zone oubliée.

Voilà un livre qui m'a laissée complètement sonnée. Moi qui voyait le Montana comme un état de cow-boys tous plus sexy les uns que les autres, de montagnes et de lacs désertés de toute population... Maintenant, le roman m'a ouvert les yeux sur ces Etats bien éloignés de la carte postale qu'on s'imagine...

Un grand merci aux Editions Belfond pour m'avoir fait découvrir ce sublime bouquin !

PS : le roman sort dans deux jours, alors préparez-vous au choc...

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09 août 2016

La Fille du Papillon, d'Anne Mulpas

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Résumé :

Et voilà comment Solveig a décidé de débuter un journal intime. Mais attention : le " girly ", les ragots et les jérémiades, c'est pas son style. Alors, pourquoi s'y mettre ? Entre autres choses, à cause d'un garçon si spécial qu'elle l'a surnommé " le Monde ", de son père, veuf et volage - papillon, donc ; de son amitié trouble avec la Ni... Non, Solveig ne manque pas de bonnes raisons de commencer un journal... ni de fantaisie pour le remplir !

Mon avis :

Solveig est une adolescente qui a quoi... dans les 16 ans ? Et même si elle annonce dès le départ vouloir faire hypokhâgne et compagnie, ne pas vouloir remplir un journal avec des coeurs et des envolées lyriques de jeune boutonneuse,  j'avoue avoir vraiment eu du mal à croire à son écriture. Soit l'auteur tombait dans le délire verbal d'une gamine qui se prend pour un grand poète, avec toutes les maladresses que l'on peut croiser dans les cahiers des gamines de 3ème (ce que justement, elle voulait éviter), soit carrément, la manière de parler de Solveig partait dans les hautes sphères des belles lettres, jusqu'à friser le totalement absurde et dénué de sens. Le ton était tout sauf juste.
L'écriture et les réaction de l'héroïne me l'ont rendue antipathique, et la couverture sublime du livre ne m'a malheureusement fait apprécier sa lecture.

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01 août 2016

Charmer, s'égarer et mourir, de Christine Orban

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Marie-Antoinette (dénommée MA la majeure partie du livre) monte les marches qui vont la mener jusqu'à la guillotine. Elle trébuche, perd un de ses souliers, et Christine Orban se lance dans le récit de sa vie.

L'auteur n'utilisera pas la linéarité de l'histoire pour conter le destin de l'autrichienne tant détestée, elle le fera à la manière d'une patiente dans le cabinet d'un psychanaliste : en s'accrochant à des détails pour dénouer ensuite toute la dentelle de son existence. Elle creusera les quelques rares pistes laissées par l'Histoire pour en savoir plus sur Marie Antoinette
De son arrivée en France, sous l'autorité matriarchale qui fait d'elle une espionne à la cour du roi, Dauphine, au couronnement de son mari, elle ne sera que rarement maîtresse de son destin, de son intimité même, jusqu'au moment de sa mort.
Christine Orban prend clairement le parti de cette reine enfant. Elle la décrira comme perdue et manipulée au début, puis comme amante éperdue et mère courage sur la fin de ses jours.

Même si la lecture a été agréable, et instructive (étayée par de nombreux témoignages, fictifs ou non), j'ai trouvé la narration assez... bordélique. On fait des allers-retours dans le temps, on revient plusieurs fois sur les mêmes anecdotes (comme la difficulté à consommer le mariage pour le couple royal), pour au final avoir un livre qui peut-être manque de substance et d'objectivité.
J'ai eu comme l'impression que l'auteur brodait pas mal sur de minuscules détails (sûrement la faute à sa formation de psychanalyste) pour délaisser certains points essentiels de l'Histoire.

Au final, le livre aurait pu être beaucoup plus court, si l'auteur n'avait pas tergiversé, ou largement plus long, si elle ne s'était pas arrêtée pour s'extasier sur son soulier. Malheureusement, le manque d'archives ne nous permet de faire qu'une interprétation toute personnelle de la vie de la souveraine...

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26 juillet 2016

Le Coma des Mortels, de Maxime Chattam

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Un roman de Maxime Chattam, c'est toujours une nouveauté que j'attends avec impatience, malgré les dernières déceptions que j'ai eues... Il faut dire que cet auteur français a démarré sa carrière sur les chapeaux de roues, mais il fini par s'essouffler. Il a fait dans le gore inutile, puis s'est un peu trop assagi.

Là, avec Le Coma des Mortels, il a encore changé radicalement de style. Ce n'est pas un policier, ce n'est pas un thriller, ce n'est pas un roman qui abouti à un soufflé manqué. Maxime Chattam se livre à un tout autre genre d'exercice...

Pierre (mais il ne s'appelle peut-être pas Pierre en fait), est un gros looser qui décide de changer de vie après une rupture. On ne sait pas du tout ce qu'était sa vie avant, et d'ailleurs, à quoi bon ? Le fait est qu'il pense être maudit parce que tous ceux qui l'entourent tombent comme des mouches.

La structure du bouquin est assez bizarre. Le narrateur dit que l'on commence par la fin, quand le héro est sur une île paradisiaque. Mais au lieu d'avoir une histoire à rebours, c'est un peu en vrac que les chapitres arrivent, et on fait des allez-retours dans le temps. J'avoue avoir été pas mal perturbée par ce début chaotique, d'autant plus que Chattam reprenait ses mauvaises habitudes de métaphoriste en délire. Mais une fois qu'on a pigé le truc (quand je me suis dit : "oublie que tu lis un Maxime Chattam", ce qui était plutôt dur), on se laisse absorbé par sa lecture.
Pierre a l'air d'être profondément perturbé, à ne plus vouloir subir son ancienne vie, il prend les choses comme elles viennent sans trop se poser de questions, jusqu'à tomber parfois dans l'absurdité la plus totale.
J'ai eu comme l'impression de me retrouver devant un roman de Chuck Palahniuk, où tout est possible... Mais j'ai trouvé que Chattam n'allait pas encore assez loin. Les dialogues sont là, les situations, même sans être trop rocambolesques, sont là, le style, tout y est. Sauf que l'audace est encore un peu frileuse. Je ne lui demande pas de me sortir une scène trash porno ou gore, simplement d'aller jusqu'au bout de son fantasme, de ne pas avoir peur de choquer, de ne pas laisser le soin au lecteur de choisir la fin qui l'arrange...

Le Coma des Mortels n'est peut-être pas mon Chattam préféré, mais il m'a fait remonté d'un bon la pente de la déception !

Un immense merci aux Editions Albin Michel pour m'avoir redonné confiance dans mon auteur français chouchou !

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28 juin 2016

The Boy, de William Brent Bell

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Greta fuit les Etats-Unis et un ex violent pour venir s'échouer au Royaume-Uni et devenir jeune femme au pair dans un manoir isolé, au service d'un couple de retraités. Ils veulent qu'elle s'occupe d'un enfant bien particulier, Brams, qui se révèle être une poupée de porcelaine.

The Boy nous met dans l'ambiance froide, humide et glauque de la campagne anglaise dès les premières minutes. Les parents de Brams, que l'on pense être de vieux excentriques qui ne tournent plus très rond, ont en fait une bonne raison de quitter la maison après quelques recommandations et laisser seule Greta avec Brams...
Evidemment, comme dans tout bon film d'horreur qui se respectent, l'héroïne est terrorisée par des bruits nocturnes et les déplacements discrets de la poupée. On aurait pu facilement tomber dans l'habituelle cascade de clichés horrifiques, mais très vite, l'histoire prend un nouveau tournant quand Greta choisit de rester avec Brams et de s'occuper de lui comme elle l'aurait fait de son propre enfant. Elle n'a plus peur de lui (évidemment, quand on passe ses vacances à dézinguer du Zombie à Atlanta, ce n'est pas un Nénuco farceur qui va la faire fuir), et se découvre l'âme d'une mère.
On en viendrait presque à trouver cela mignon ! Sauf que voilà, l'ex débarque et fout la merde dans sa nouvelle idylle avec l'épicier du coin et sa relation un peu tordue avec la poupée... Et on se retrouve à nouveau dans le bon vieux film d'horreur.

Au final, The Boy, c'est un mix assez étrange de Chucky, Halloween et Les Maternelles. On apprend plein de trucs sur la gestion des mômes difficiles, on flippe un peu, et on se sent mal à l'aise avec l'idée d'un grand garçon défiguré qui a encore besoin d'une baby sitter. On ne sait pas trop sur quel pied danser. On a un peu peur au début, et arpès, on se retrouverait presque dans une comédie familiale.
Maintenant, la prochaine fois que l'on vous propose une paye indécente pour vous occuper d'une poupée, acceptez l'argent et embarquez le gamin, et en route pour faire bronzette sur une plage de la Méditerranée. Au pire, on vous prendra pour une excentrique. Au mieux, la poupée butera quelques morveux turbulents !

Le film, sorti en Blu-ray le 27 mai dernier, est édité par Metropolitan Filmexport.

A voir sur Cinétrafic :

- des bons films d'horreur sortis en 2016
- tous les films de 2016

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26 juin 2016

Randonneurs Amateurs, de Ken Kwapis

L'été dernier, j'avais emmené dans ma PAL de vacances Promenons-nous dans les bois, de Bill Bryson. L'auteur, décide un peu sur un coup de tête, de faire la randonnée des Appalaches, en suivant le sentier de 3500 km qui va de la Georgie jusqu'au Maine (et là, vous vous doutez de la raison pour laquelle j'ai lu le bouquin...). Sa femme refuse qu'il parte seul, et après avoir téléphoné à tous ses amis, seul Stephen Katz, un vieux pote un brin encombrant se joint à lui. Ces deux compères partent à l'assaut de l'Appalachian Trail, l'un bien équipé et préparé pour la marche, l'autre totalement inconscient des difficultés qui les attendent.

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Le récit de Bill Bryson était plutôt comique et rafraîchissant, et je me demandais ce qu'allait donner un film avec Robert Redford en vedette. J'avais peur que le ton du roman soit mis de côté pour mettre à profit le jeu d'acteur magnifiquement dramatique de l'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux.
Le film commence et Robert Redford a l'air de se demander ce qu'il fout là. Il faut dire qu'il n'est plus tout à fait à son avantage, et l'association rides de vieillard + cheveux colorés a tout pour me faire fuir. Mais c'était sans compter la prestation de Nick Nolt (qui a sérieusement morflé, j'ai mis au moins cinq minutes pour le reconnaître). Ces deux-là sont faits pour jouer ensemble ! On ne sait plus où s'arrête le jeu d'acteur et où commence la franche camaraderie entre eux.
L'état d'esprit du bouquin est parfaitement respecté, que ce soit du côté de l'humour sarcastique de l'auteur ou dans les situations cauchemardesques dans lesquelles ils se retrouvent (la palme revient à l'emmerdeuse de première qu'ils doivent se coltiner une partie du chemin, et qu'ils finissent par fuir en cachette).

Et les paysages avec ça... les Appalaches, les forêts du Maines, la nature laissée presque tranquille. ça donne envie d'enfiler ses chaussures de randonnée, d'investir dans une Quechua et une popote !
Avec Wild, on assistait à la libération d'une jeune paumée. Ici, il s'agit de s'éclater et d'opérer un retour aux sources de la franche amitié.

Avec tout ça, moi, je vais encore rajouter une petite ligne à mon planning pour le voyage en Nouvelle Angleterre : "emprunter, le temps de quelques heures, le sentier des Appalaches".

Le film, sorti le 27 mai dernier, est édité par Metropolitan Filmexport.

Et pendant ce temps-là, sur Cinétrafic :

une comédie
découvrez le top des films comiques sur Cinetrafic

 Je vous laisse en compagnie de la bande-annonce :

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12 juin 2016

Trucs et adresses pour l'Ecosse

Voilà quelques informations qui pourraient peut-être vous servir pour un futur voyage en Ecosse...

 

 

La préparation de l'itinéraire :

1ère question essentielle : Sur place, aurez-vous une voiture, ou vous déplacerez-vous en transports en commun ?
En effet, le fin fond de l'Ecosse n'est pas aussi bien desservi que les grosses villes... à moins que vous ne leviez le pouce, il va vous être difficile de visiter les endroits les plus reculés de l'île.
Si vous avez une voiture (louée ou prêtée), tout vous est possible.

Pour ma part, je me suis enfilée des tonnes de guides dédiés à l'Ecosse, et je me suis baladée sur pas mal de blogs pour tout savoir sur l'île. Je voulais faire un voyage dédié aux grands espaces. Mon guide favori, pour ce thème, a été le Lonely Planet, qui laisse la part belle aux randonnées et à la nature.
Pour ce qui est des sites internet, j'ai eu un gros coup de coeur pour Les Pérégrinations d'une Nana (française expatriée en Ecosse). Et l'incontournable, si vous prévoyez de marcher un peu, c'est Walk Highlands (si on avait un tel site pour la France, ce serait génial), qui répertorie, cartographie et détaille toutes les parcours de randonnées d'Ecosse.

Il y a également le site de l'office du tourisme, ainsi que celui du National Trust for Scotland, sur lequel vous pourrez vous procurer des pass vous permettant de visiter la plupart des sites historiques. ça peut valoir le coup si vous voulez visiter les principaux châteaux (environ 32.50 € pour 3 jours de visites), dont les droits d'entrée sont assez chers.
Pour ce deuxième voyage, j'ai fait l'impasse dessus car mes visites payantes étaient trop espacées et pas assez nombreuses pour que ça vaille le coup.

Une fois que vous avez une vision d'ensemble de ce que vous voulez voir, il est temps de pointer les trucs que vous voulez voir sur une carte. Vous aurez alors une bonne idée de ce que pourrait donner votre itinéraire.

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Les réservations :

L'Ecosse a beau être sauvage, il faudra vous y prendre tôt pour faire vos réservations ! En effet, si dans les grandes villes, les hôtels et les B&B ne manquent pas, pour le reste de la carte, les chambres se font rares. La location chez l'habitant a beau être très répendu, il n'y aura que deux ou trois places disponibles à chaque fois.
Je m'y suis prise 6 mois à l'avance, et la moitié des B&B étaient déjà complets !

J'ai eu la chance de pouvoir dormir dans des B&B franchement cools. Il y a le Golden Larches, à Lochearnhead, assez central par rapport aux coins sympas (Callander, Loch Lomond, Strathyre, etc), vraiment pas cher par rapport à la taille et aux equipements des chambres. Il y a en outre un restaurant en bas, bon marché lui aussi, avec de délicieux produits locaux.
Au Loch Ness Guest House (à Fort Augustus), on vous accueille avec des pâtisseries qui sortent tout juste du four, et un bon feu de cheminée. Vous pourrez également profiter d'une cuisine totalement équipée dans le lounge...
Mais le must, pour moi, a été le B&B de Kilmaluag Bay. Il coûte un bras (85 livres par nuit pour une personne, 110 pour deux), mais il est somptueux. Tout l'étage de la maison vous est réservé, avec un grand salon, une immense chambre et une salle de bain avec douche à l'italienne, le tout donnant sur la mer... Les propriétaires sont adorables et le petit déjeuner gargantuesque !

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Pour l'avion, j'ai opté cette fois-ci pour Air France. Le billet était certes plus cher qu'avec Easy Jet (230 € contre 190 €), mais le coût du bagage en cabine est beaucoup moins élevé (20 € contre 45 €), la limite de poids est fixée à 23 Kg au lieu de 20 Kg, et les rafraîchissements à bord sont gratuits...

 

GPS ou carte ?

Pour préparer l'itinéraire, rien ne vaut la bonne vieille carte papier. On visualise beaucoup plus facilement les distances (pour les USA, il faut bien comprendre l'échelle, sinon, vous vous collez 1000 bornes à faire en une journée !), et il ne faut pas se voiler la face, ça fait toujours un effet boeuf sur les photos instagram !
Mais pour la route, j'ai pris mon GPS. J'entends déjà les vieux réac gueuler au fond de la salle...
Je suis partie toute seule. Vous me voyez déployer la carte en conduisant, ou en m'arrêtant toutes les cinq minutes pour vérifier la route ? Et vu l'état de certaines routes Ecossaises, on a vite fait de se croire perdu en ayant pris un chemin tout pourri, alors que non, on est sur la bonne route. De plus, ça m'a permis de me perdre joyeusement en me disant : "tiens ! Ce coin a l'air cool, j'y vais !", parce que je sais que le GPS allait me remettre sur les rails au moment où je voudrais retourner à la civilisation.

 

Et la bagnole alors ?

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Oui, j'ai loué une voiture. Oui, je flippais un max de me retrouver seule responsable du véhicule dans un pays où l'on roule à gauche.
Mais certains trucs jouaient en ma faveur :
- J'ai déjà conduit de nombreuses voitures (et non, je n'en changeais pas parce qu'elles étaient foutues à cause d'un accident), et je m'adapte très vite à un nouveau véhicule.
- Pour ce qui est de la sécurité routière, tout est super bien indiqué en Ecosse (marquage au sol, panneaux signalant les vitesses à adopter à 150, 100 et 50 yards avant d'arriver en ville).
- Les Ecossais sont cools en voiture. Ils ne vont pas vous harceler comme en France !

Mais attention aux Single Track Roads ! Énormément de routes secondaires sont en fait à une voie, avec des passing places (micro-parkings) à intervalles réguliers pour permettre le croisement de deux véhicules. Même si là, la vitesse est limitée à environ 100 km/ heure, ce serait une hérésie que d'essayer de monter jusque-là !

Pour la location, je suis passée par le site Rental Cars, un comparateur de loueurs de voitures. Je me suis dégotée, pour 2 semaines, une C4 cactus à 250 €, via Budget.
A partir de là, je vous conseille d'avoir un bon niveau d'anglais, ou de faire preuve de patience...
Une fois arrivée à l'aéroport d'Edimbourg, le type de l'agence de location a essayé de me vendre tout plein d'options. Méfiez-vous... Il m'a proposé le kilométrage illimité à 90 livres, alors qu'il était compris dans le contrat de location ! Il a voulu ensuite me rajouter une assurance 0 franchise... qui s'élevait à 500 livres pour une franchise de 1000 ! Pour finir, l'option carburant "comme ça vous pourrez la rendre vide" (oui, ça m'arrive très souvent de rouler aux vapeurs d'essence), qui coûte évidemment plus chère que de faire le plein vous même.
Ce qui ne devait prendre que 5 minutes pour récupérer les clés de la voiture s'est transformé en 3/4 d'heure, parce qu'il a fallu argumenter chaque point, avec un type qui faisait semblant de ne pas comprendre ce que je disais. (Après menace de me casser sans la bagnole, bizarrement, il a finit par tout comprendre)
Je n'ai pas pris d'assurance. Je ne le conseille pas forcément à tout le monde. Mais vu que c'était au nombre de jours, ça revenait beaucoup trop cher. J'étais prête à payer 1000 livres en cas d'accident (quoique je me serais débrouillée pour changer les vitres pour moins cher, faut pas déconner), mais je n'étais pas prête à payer 500 livres au cas où...

 

Pour les randonnées (quand on est en sur-poids, comme moi) :

 

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Mon équipement était assez...
C'est à dire que je voulais être très à l'aise pour faire les randonnées que j'avais prévues (certaines nécessitaient de faire pas mal de grimpette), ne pas subir d'échauffement ou de frottement (laissez-tomber les jeans). Je ne supporte pas de mettre des leggings (qui deviennent un peu trop transparents à certains endroits). Je n'ai pas trouvé de pantalon de randonnée à ma taille (on dit aux gros de faire du sport, mais l'équipement adapté est quasiment introuvable), alors j'ai pris un truc léger, fluide, qui pouvait morfler sans problème en cas de chute... j'ai marché dans un bon vieux pantalon de jogging. L'équivalent sportif du pyjama !
Par contre, pour les chaussures, j'ai pris de vraies chaussures de randonnée, pas des baskets (qui glissent, qui ne tiennent pas assez le pied, et qui ne sont pas étanches).
J'y suis allée à mon rythme (l'avantage de voyager seule). Comme je suis en sur-poids, il fallait que je hisse tous mes kilos au sommet. Abandonner était une solution possible, mais finalement, je ne l'ai fait qu'une fois (pour le Old Man of Storr, j'avais trop chaud, je venais de conduire 3 heures et ça grimpait sec dès le début). J'ai fait de très nombreuses pauses, histoire de reprendre mon souffle, et faire quelques photos était l'excuse toute trouvée.
J'ai mis 4h45 pour faire la randonnée de la Vallée Perdue, soit presque deux heures de plus que le temps estimé sur Walk Highlands. Mais je m'en fous, je l'ai fait. Et même si j'en ai chié, j'y suis allée cool, ce qui fait que je n'ai pas souffert de courbatures au point de ne pas pouvoir bouger le lendemain. il ne s'agirait pas de pourrir le reste de vos vacances à cause d'un accident ou de fatigue musculaire extrême...

 

Voilà, j'espère que ces quelques conseils vous seront utiles, que ce soit pour l'Ecosse ou pour une autre destination qui vous fait rêver !

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10 juin 2016

Dans les Forêts de Sibérie, du livre au film

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Mardi dernier, j'ai eu la chance de voir en avant-première Dans Les Forêts de Sibérie, réalisé par Safy Nebbou, d'après le livre de Sylvain Tesson.
La projection avait lieu dans les locaux encore humides de Canal+, et elle était suivie par un échange de questions / réponses avec le réalisateur, le scénariste, l'acteur principal (le génialissime Raphaël Personnaz), et le compositeur, Ibrahim Maalouf.

A la base, le bouquin, c'est le journal qu'a tenu Sylvain Tesson quand il est parti s'isoler 6 mois dans une cabane, au bord du lac Baïkal. A cinq heures de marche de son plus proche voisin, il va vivre en ermite et se passer d'électricité pour goûter à la philosophie de la cabane. Ses journées sont ponctuées de randonnées sur la glace du lac, dans les montagnes et les forêts avoisinantes. Il coupe du bois, se bourre régulièrement la gueule à la vodka, apprécié de fumer le cigare dans des moments de pure détente, il pêche et lit des récits de voyage, des recueils de poème, des polars et du Nietschze.

J'ai voulu lire le bouquin avant d'aller voir le film. J'aime faire ça, comparer, tout en considérant le film comme une oeuvre à part. Mais je n'avais pas compté avec l'écriture de Sylvain Tesson, douce, compliquée et magnifique. J'en suis venue à prendre mon temps pour lire les presque 300 pages du journal. Parce qu'il doit se déguster, voire être lu au rythme de l'ermite. J'ai finalement achevé ma lecture après la soirée, avec comme un arrière-goût d'y revenir...

Pour le film, il n'a pas fallu me prier deux fois pour aller le voir. J'aime les histoires de types qui apprécient la solitude. Après, j'ai vu le nom de Raphaël Personnaz sur l'affiche, et j'ai eu comme un petit couinement. Ce comédien, je ne l'ai vu que dans deux ou trois films, la première fois c'était dans Forces Spéciales. Ses yeux si bleus m'avaient arraché un bout de coeur, mais c'est avec son jeu d'acteur que j'ai été conquise. Parce qu'on finit carrément par oublier le comédien pour ne voir plus que le personnage.
C'est ce qui s'est passé pour Dans Les Forêts de Sibérie. Il y est grandiose. Bon, après, pendant la rencontre, il m'a paru totalement quelconque. Ce type est passe-partout. Il peut jouer n'importe quoi et disparaître ensuite !

Fort heureusement, le film s'est détaché du bouquin... Parce que dans ce dernier, l'auteur s'extasie sur le temps qui passe, la glace qui cache les profondeurs angoissantes du lac. Autant vous dire que s'il n'y avait pas eu plus que ça dans le film, on se serait royalement emmerdé ! (C'est Sylvain Tesson lui-même qui l'a dit au réalisateur)
Alors Safy Nebbou y a modifié légèrement l'idée de départ (c'est un type lambda pour qui la vie en ville ne signifie plus rien qui décide de partir définitivement en Sibérie), et a ajouté une intrigue supplémentaire (une histoire d'amitié avec un fugitif ermite), pour notre plus grand bonheur.

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1h45 de somptueux paysages (mais ne comptez pas sur moi pour aller m'exiler là-bas plus de 2 semaines), quelques personnages (pour certains, qui ne sont même pas acteurs) attachants, une paire de fesses qui se les gèlent face à un ours et une trompette. Voilà Dans Les Forêts de Sibérie.

Pour la rencontre post-projection, les invités ont échangé quelques plaisanteries sur la rudesse du tournage (Raphaël Personnaz, à poils devant un ours de cirque qui était difficile à diriger, pour une scène qu'ils ont mis toute une journée à tourner), les choix de réalisation (presque un documentaire avec la classe d'un film de cinéma), ils ont longuement discuté de la folie de Sylvain Tesson, et de la difficulté à revenir à la réalité après une telle aventure. Bref, on a beaucoup rit, pendant et après la séance !

Je vous laisse en compagnie de la bande-annonce du film :

 

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08 juin 2016

La Peur

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Gabriel va s'engager, tout guilleret, dans la guerre des tranchées. Mais il va y vivre les heures les plus horribles et les plus effrayantes de l'histoire française...

Bon, je ne vais pas vous raconter en détail combien de membres ont perdus les soldats lors des séquences de bataille, ni qui ne va pas s'en sortir. Je vais juste vous donner mon ressenti quant à ce film.
Le réalisateur n'aurait pas dû laisser les acteurs parler, ni même jouer aussi près de la caméra. Il y a de magnifiques images du champ de bataille et des tranchées, ces instantanés que l'on redoute de voir mais que l'on attend en même temps. S'il n'y avait pas eu ces plans, nous aurions été déçu de tout le travail de reconstitution apporté au film. Les décors et les scènes sont terrifiantes de réalisme.

Ce qui pêche vraiment, ce sont les comédiens. Imaginez-vous au premier rang d'une pièce de théâtre avant-gardiste où les personnages récitent leur texte sur un ton monocorde, les yeux écarquillés, et vous aurez une petite idée du malaise que j'ai éprouvé en regardant La Peur. Et de temps en temps, pire que tout, vous avez une réplique balancée avec l'accent des racailles d'aujourd'hui. Argh.
Pourtant, certains tirent royalement leurs épingles du jeu. Les seconds rôles, voire les figurants. Ceux qui jouent les personnages démolis par la guerre, les estropiés, les devenus tarés. Je pense à celui qui crie "Vive la France" avec les yeux qui roulent dans leurs orbites. Je me demande même si le réalisateur n'a pas recruté dans des institutions spécialisées...

En définitive, peut-être que le film est à voir sans les dialogues.

Un immense merci à Nico et son travail sur l'opération DVD Trafic, qui a su me fournir de l'horreur, à plusieurs degrés cette fois-ci !

Le DVD, édité par Blaq Out (son site, sa page Facebook) est sorti le 26 avril dernier.

Et sur Cinétrafic :

- guerres et batailles
- les meilleurs films de l'année 2016

Je vous laisse en compagnie de la bande-annonce :

 

Posté par Emma666 à 18:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]