La Pause Lecture

21 mai 2017

Je Te vois, de Clare Mackintosh

004697317

Présentation de l’Éditeur :

Le jour où Zoe Walker découvre son portrait dans les petites annonces d'un journal londonien, elle décide de mener sa propre enquête. L'image floue n'est accompagnée d'aucune explication, juste d'une adresse Internet et d'un numéro de téléphone.
Pour les proches de Zoe, c'est la photo d'une femme qui lui ressemble vaguement, rien de plus. Mais le lendemain et le surlendemain, d'autres visages féminins figurent dans l'encart publicitaire. S'agit-il d'une erreur ? D'une coïncidence ? Ou quelqu'un surveille-t-il leurs moindres faits et gestes ?


Les trajets quotidiens dans le métro peuvent donner lieu à des thrillers passionnants. Je Te Vois part d'une idée originale : une mère de famille voit sa photo paraître dans les petites annonces du journal gratuit, et elle découvre que d'autres femmes, dont la photo a été piratée comme elle, ont été victimes d'agressions et de meurtre. Il n'en faut pas plus pour que la peur et la paranoïa s'emparent d'elle.
Ce roman, malgré un cadre et une intrigue intéressants, souffre d'une écriture un peu trop banale, et d'un personnage principal ennuyant, voire horripilant.
La narration accuse une lenteur qui perd le lecteur, qui tourne en rond comme les protagonistes de l'histoire. De nombreux dialogues n'apportent rien au déroulement de l'enquête, et les quelques détails intéressants glissés ça et là sautent au yeux, gâchant tout le suspens.
Quant à Zoe, on en viendrait presque à comprendre son harceleur... Elle passe son temps à se plaindre, à pleurer, à soupçonner tout le monde. Elle est décrite la plupart du temps comme forte, mais sanglote et tombe évanouie régulièrement, au grand damne de ses proches, et de nous par la même occasion, qui aimeraient qu'elle se secoue un peu.
Seul le final réveille quelques instants le lecteur, perdu par cette absence d'empathie pour l'héroïne et cette torpeur stylistique.

Posté par Emma666 à 13:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]


10 mai 2017

Teen Wolf Saison 1

Teen-Wolf-Season-1-cast

Il m'arrive des fois de céder à un petit plaisir coupable. Celui de regarder des séries estampillées "pour ados". Et là, quand on m'a proposé de regarder les premières saisons de Teen Wolf, je me suis lancée. Je m'étais toujours demandée ce que donnerai en série le film que j'avais vu, gamine, avec Michael J. Fox, l'histoire d'un gringalet qui se lance dans la boxe en découvrant qu'il se transforme en loup-garou...

Pour la série, c'est à peu près le même topo : un ado ("teen") qui se transforme en loup-garou ("wolf"). Vous me direz, pas de quoi fouetter un chat ! J'ai commencé mon visionnage en ne m'attendant pas à grand chose, et j'ai été très agréablement surprise.

Scott est le lycéen passe-partout. Une nuit, il se fait attaquer et mordre par un loup. Il va devoir dès lors jongler avec ses transformations intempestives, ses études, et la nana pour laquelle il craque, qui s'avère être la fille d'un chasseur de loups-garous.

Cette série commence de façon mignonne, digne successeur de son grand-frère des années 80, mais prend rapidement un tour plus sombre. Les sujets typiques des films sur la jeunesse, comme l'acceptation de soi, etc., sont vite remplacés par une chasse aux loups assez angoissante.
Si les effets spéciaux ne sont pas encore tout à faire à la hauteur, c'est le jeu des acteurs et l'alchimie qui passe entre eux qui fait toute la différence. J'avoue avoir été moins charmée par le héros que par son mentor, Derek, dont le passé trouble et l'épisode final de la saison 1 laisse présager des épreuves des plus intéressantes !
Mais la palme va surtout au personnage de Stiles, le meilleur ami de Scott, sans qui toute la série aurait été bien trop ennuyante. Scott se voit plus d'une fois voler la vedette par le comique de service pour qui les scénaristes ont réservé des scènes plus sensibles, qui achèvent de le rendre charmant.

Au final, Teen Wolf est une de ses séries dont on a du mal à se détacher, et qui je pense va évoluer avec l'âge de ses personnages.

Maintenant, place à la saison 2 !

Posté par Emma666 à 13:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 mai 2017

Les Gens Heureux Lisent et Boivent du Café, d'Agnès Martin-Lugand

9782266243537

Présentation de l'éditeur :

« Ils étaient partis en chahutant. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. »

Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son coeur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. Afin d’échapper à son entourage qui l’enjoint à reprendre pied, elle décide de s’exiler en Irlande, seule.
Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper…


Malgré une introduction des plus déprimantes, Les Gens Heureux lisent et boivent du Café est un roman qui mêle optimisme et réalisme du chagrin. Difficile pour notre héroïne de pouvoir refermer la page sur sa tristesse, et c'est l'Irlande et ses habitants qui vont la tirer de son désespoir.
Dès lors que le postulat de départ est mis en place, le lecteur pourrait être baladé de questionnement existentiel en séances de chialage, mais c'est finalement l'écriture d'Agnès Martin-Lugand qui impose une finesse et une justesse des sentiments. Pas de faux-semblants ni d'exagération, on ressent totalement le désespoir de Diane à travers les nombreux dialogues, des phrases simples et touchent droit au but. Comment vivre après une telle perte ?
L'Irlande. Même si le livre ne se lance pas dans des descriptions détaillées et majestueuses de l'île verte, on ressent tout à fait la sérénité et le renouveau qui peuvent y naître. L'océan, les pub, les cottages et la gentillesse des voisins, tous les ingrédients sont là pour que Diane puisse se relever et grimper cette montagne.
Tout ne se fera pas en une nuit, et la conclusion du roman, en demi-teinte, est honnête.
Bien plus qu'un livre "feel-good", Les Gens Heureux Lisent et Boivent du Café est un roman qui se dévore et nous faire sentir vivant et chanceux...


Posté par Emma666 à 20:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]

27 avril 2017

Arbre, d'Alex Jestaire

contes-du-soleil-noir-arbre-alex-jestaire

Présentation de l'éditeur :

Une journaliste use du pouvoir du Soleil Noir pour obtenir le matériau de ses articles, tandis qu’en Inde, l’ascension d’un Soleil Noir au-dessus d’un arbre sacré connecte un couple d’éleveurs, un riche philanthrope et un temple hindouiste.

Monsieur Geek réapparaît. Cette fois-ci, il va nous parler de l'Inde, de Londres, d'un arbre, d'un prophète et d'une journaliste douée du verbe.

Contrairement au premier conte du Soleil Noir, Crash où l'héroïne Malika, subi avant de maîtriser et voyager dans son environnement, Janaan maîtrise d'abord, avant de se retrouver punie à son tour... Quant à l'arbre inversé, il jongle presque avec le monolithe mystérieux de 2001, l'Odyssée de l'Espace. On ne sait pas pourquoi il est là, ni pourquoi il est le témoin de l'avènement du Soleil Noir. En quoi est-il lié à la journaliste ?

Utiliser un pouvoir inconnu que l'on pense maîtriser, c'est risqué. Avis aux âmes sensibles, la fin du roman peut vous donner la nausée, vous poussez à prier pour le salut de Janaan.

Il arrive que certains livres vous font douter de ce que vous avez lu. J'avoue qu'à la fin du bouquin, j'étais un peu paumée, étourdie. Avec ses histoires, Monsieur Geek m'a rappeler cette introduction, si connue :

« Ce n’est pas une défaillance de votre téléviseur. N’essayez donc pas de régler l’image. Nous maîtrisons, à présent, toute retransmission. Nous contrôlons les horizontales et les verticales. Nous pouvons vous noyer sous un millier de chaînes ou dilater une simple image jusqu'à lui donner la clarté du cristal, et même au-delà ... Nous pouvons modeler votre vision et lui fournir tout ce que votre imagination peut concevoir. Pendant l'heure qui vient, nous contrôlerons tout ce que vous allez voir et entendre. Nous partagerons les angoisses et les mystères qui gisent dans les plus profonds abysses... au-delà du réel. »

Au final, Arbre est un de ces OVNI qui traversent votre vie littéraire et vous laisse légèrement perturbée, interdit. Mais qu'est-ce qui nous attend encore ? (Alex Jestaire a prévu de mettre à jour une trentaine d'histoires).

 

Sur ce, je vous laisse, je dois mettre la main sur un film des plus bizarres, Kali Yuga, et j'espère ne pas tomber dans l'horreur des productions bollywoodiennes...

 

Posté par Emma666 à 14:04 - Commentaires [1] - Permalien [#]

14 avril 2017

Shadow House - La Rencontre, de Dan Poblocki

004667236

Présentation de l'éditeur :

Toc-Toc… Qui est mort ?

Le manoir Larkspur. Ils sont tous venus y chercher quelque chose.

Pour Poppy, une famille. Pour Azuma, un pensionnat. Pour Marcus, une école de musique. Pour les jumeaux Dash et Dylan, un plateau de tournage.

Mais rien de tout cela ne les attendait. Le manoir Larkspur n’est pas la maison de leurs rêves. C’est la prison où leurs pires cauchemars deviennent réalité.

ENTRE DANS LA MAISON DES OMBRES… SI TU L’OSES.

 

En recevant le roman, j'ai été agréablement surprise par sa beauté. Doté d'une couverture semi-rigide avec un jeu de superposition holographique, il est truffé de photos assez flippantes (bien plus que celles de Miss Peregrine !) et ses pages noircies aux coins pour donner un effet vieilli au livre. Tous les éléments sont là pour plonger le lecteur dans les méandres du manoir Larkspur...

Pour ce qui est de l'histoire, les personnages ont chacun un passé assombri que l'on découvre au fur et à mesure de leur exploration du manoir. Chacun à sa croix à porter. L'écriture de Dan Poblocki ne nous assomme pas de descriptions sentimentales insipide, c'est plus dans l'action que nous arrivons à ressentir les émotions. On attend avec impatience de savoir comment les enfants vont combattre leur propres fantômes ainsi que ceux du manoir.

Larkspur est construite dans le plus pur style maison hantée. Elle est elle même le personnage central du roman, et sa géographie sans cesse changeante et dérangeante n'est pas sans rappeler la Rose Red de Stephen King, ou le Manoir Winchester, situé à San José en Californie.
Je vous avoue que si les héros de l'histoire sont pressés de sortir de là, j'y passerai bien quelques jours quant à moi ! J'ai toujours rêvé de me perdre dans un lieu à l'histoire si... chargée.

Le seul petit bémol à mon goût, sur ce premier tome, c'est qu'il n'est pas assez long. Ok, son titre annonce la couleur, on n'y parle que de la rencontre entre les personnages, et la suite n'est qu'à peine esquissée. Les bases sont bien posées, mais on s'arrête là. L'aventure ne fait finalement que commencer. Ce roman est là pour développer l'angoisse chez le lecteur, et le pari est réussi.

Maintenant, j'espère que la suite sera aussi passionnante et j'attends sa sortie avec imaptience !

Posté par Emma666 à 17:55 - Commentaires [2] - Permalien [#]


10 avril 2017

Les Loups à leur porte, de Jérémy Fel

9782743637897

Présentation de l'éditeur :

Une maison qui brûle à l'horizon ; un homme, Duane, qui se met en danger pour venir en aide à un petit garçon qu'il connaît à peine ; une femme, Mary Beth, serveuse dans un diner perdu en plein milieu de l'Indiana, forcée de faire à nouveau face à un passé qu'elle avait tenté de fuir ; et un couple, Paul et Martha, pourtant sans histoires, qui laisseront un soir de tempête, entrer chez eux un mal bien plus dévastateur.  Qu'est-ce ce qui unit tous ces personnages ? Quel secret inavoué les lie ? Jérémy Fel nous livre ici un grand puzzle feuilletonesque à l’atmosphère énigmatique et troublante entre Twin Peaks, Stephen King et Joyce Carol Oates. Un premier roman magistral qui mène, de rebondissement en rebondissement, à explorer le mal sous toutes ses facettes.

 

Ce roman est constitué d'une multitude de chapitres dédiés à des personnages bien différents des uns des autres. L'histoire se passe à différentes époques, en Amérique, en France, en Angleterre. Ce qui pourrait passer pour un joyeux bordel se révèle être en fait un puzzle diaboliquement orchestré. Le mal tisse sa toile au fur et à mesure que l'on avance dans notre lecture. Les liens se devinent peu à peu, jusqu'à un final des plus perturbant.

Et pourtant le lecteur n'est pas perdu en cours de route, et ce grâce à l'écriture de Jérémy Fel. Difficile de croire que Les Loups à Leur Porte est son premier roman. La rédaction comme l'intrigue est parfaitement maîtrisée. Les éditeurs comparent son style aux plus grands écrivains du genre, et c'est mérité. On pense d'abord à un rassemblement de scénettes, des nouvelles presque, mais on se rend peu à peu compte de toutes les implications. Chaque personnage mériterait à lui seul un volume entier, mais en quelques pages, Jérémy Fel parvient à brosser un portrait marquant des protagonistes. Par contre, attendez-vous à être pas mal choqués par ce qu'il se passe dans le roman. De la violence physique et psychologique, des meurtres, tout cela dans la plus grande injustice. Certaines scènes vous font toucher du doigt l'horreur humaine, et vous n'en sortirez pas indemne.

En conclusion, Les Loups à leur Porte est bien plus qu'un thriller, très éloigné d'un roman policier, beaucoup terrifiant qu'un livre d'horreur. On goûte à ce qu'il y a de pire dans l'âme d'un monstre... pour notre plus grand plaisir.

Posté par Emma666 à 18:28 - Commentaires [4] - Permalien [#]

06 avril 2017

Jack Kirby en Moselle, la bande-dessinée au service de l'histoire

DSC05048

Debout à 6 heures du matin, j'ai failli raté mon train pour Metz. A 8h30, essouflée, je grimpe dans le TGV... On m'avait fait la surprise, en plus de m'offrir le voyage, d'une place en première classe !
Pour la petite histoire, grâce à Onirik, je me suis retrouvée invitée à aller découvrir des expositions consacrées aux super-héros...

Le Département de la Moselle a préparé, en partenariat avec l’association de mémoire patriotique Thanks GIs (de Corny-sur-Moselle) une rétrospective consacrée à Jacob Kurtzberg, dit Jack Kirby (1917-1994), à l’occasion du centième anniversaire de sa naissance.

De nombreux spectacles, des expositions, un festival de la bande-dessinée mais aussi des créations sur les territoires attendent le public de Cabanes 2017.

Le Conseil Départemental de la Moselle organise deux expositions traitant des sujets de la guerre et de la bande-dessinée. Elles se tiendront au Musée départemental de la Guerre de 1870 et de l’Annexion à Gravelotte et au Château de Malbrouck à Manderen.

 

DSC05073

DSC05054

Quand on vous propose une exposition sur les super-héros, vous vous attendez à quoi ? Des types en collants, des batailles épiques, de nombreuses bandes-dessinées exposées... Et bien, vous en aurez à foison. Bien sûr, c’est le thème proposé. Le fan de comics va trouver son bonheur au milieu des planches originales de grands dessinateurs comme Kirby ou Jacques Martin. Il pourra en savoir un peu plus sur la vie du King of Comics avant qu’il ne devienne aussi "hollywoodien". Mais la Moselle a décidé de donner une dimension supérieure à ces deux expositions en utilisant justement cette passion pour le dessin et les bulles. Sous le couvert d’une manifestation bon enfant, le promeneur profitera d’une grande leçon d’histoire. Que ce soit des guerres antiques jusqu’à celles qui font encore rage aujourd’hui, les héros ne sont peut-être pas ceux dont l’on voit les capes flotter au vent...

DSC05082

DSC05094

DSC05097

DSC05116

DSC05117

DSC05131

Le Château de Malbrouck, magnifiquement rénové, offre un labyrinthe dont les multiples salles nous font voyager dans le temps. Vous apprendrez ainsi la signification des paroles de la chanson "Malbrouck s’en va-t’en guerre", vous pourrez admirer la reconstitution d’une classe d’école des années 1940, mais surtout, vous voudrez en découvrir un peu plus, grâce à ces lectures "défendues". Les plus jeunes se jetteront sur les aventures des Enfants de la Résistance, tandis que les fans de comics de la première se délecteront des aventures des Loosers, de Jack Kirby, enfin publiées en français.

Plus proche de Metz, j'ai eu le plaisir de visiter le tout jeune Musée de la Guerre de 1870 et de l’Annexion à Gravelotte. L'inauguration de l'exposition dédiée à Kirby et plus précisément des jours sombres qu'il a passé en tant que soldat en Moselle s'est déroulée sous des cieux bien cléments, et des GIs nous attendaient en rang devant la porte du musée. Doté d’un hall d’accueil colossal, il offre une collection impressionnante de trésors historiques rescapés de la guerre franco-allemande, cette guerre si ignorée, témoin des dernières charges de la cavalerie. Dans la salle d’exposition temporaire, on découvre la période "GI" de Kirby, et plus globalement la vie des soldats américains en pleine seconde guerre mondiale.

DSC05136

DSC05143

DSC05146

DSC05148

DSC05153

DSC05157

DSC05170

 

Cette journée dans l'Est de la France a été vraiment idyllique pour moi. Un beau château, des guerres, des soldats en uniforme, des expositions aussi impressionnantes qu'intéressantes, tout cela offert par le département de la Moselle (sauf le soleil, ça c'était le bonus non négligeable qui m'a fait passé toute la journée en t-shirt).

Pour conclure, quand la bande-dessinée se met au service de la connaissance, et inversement, quand elle en est le témoin et le porte-parole de l’ombre, cela donne plusieurs univers, intimement liés, à découvrir ou à re-découvrir, pour le plaisir de tous.

On en ressort ravis, surpris, et étonnamment grandis.

PS : Un de mes plus petits rêves a été exaucés lors de cette journée : on m'attendait à la sortie de la gare avec mon nom écrit sur une pancarte (ouai, j'avoue, j'ai des souhaits plus ou moins faciles à réaliser).

Informations pratiques :

Exposition Les Héros Oubliés Dornot-Corny, A Small Place in Hell Musée de la Guerre de 1870 et de l’Annexion à Gravelotte Du 1er avril au 15 décembre 2017 Tarif plein : 5 € ; Tarif réduit : 3,50 € Gratuit pour les moins de 16 ans Renseignements : Musée de la Guerre de 1870 et de l’Annexion 11, rue de Metz à GRAVELOTTE Tél. 03 87 33 69 40

Exposition les Héros Dessinés, de la Guerre de Troie à la Guerre des Etoiles Château de Malbrouck à Manderen Du 1er avril au 29 octobre 2017 Tarif plein : 5 € ; Tarif réduit : 3,50 € Gratuit pour les moins de 16 ans Renseignements : Château de Malbrouck à Manderen Tél. 03 87 35 03 87 malbrouck@moselle.fr www.chateau-malbrouck.com

Festival de la BD à Manderen "La BD s’en va-t-à Malbrouck" les 3,4 et 5 juin 2017 Tarif plein : 5 € ; Tarif réduit : 3,50 € Gratuit pour les moins de 16 ans Renseignements : Château de Malbrouck à Manderen Tél. 03 87 35 03 87 malbrouck@moselle.fr www.chateau-malbrouck.com

Retrouvez toutes les dates, informations des différentes manifestations sur le site : kirbysuperheros.fr

Posté par Emma666 à 21:15 - Commentaires [3] - Permalien [#]

28 mars 2017

George, d'Alex Gino

9782211227452

 

Beaucoup de gens aiment George. Maman est très fière de son petit garçon, elle pense qu’il deviendra « un jeune homme très bien ». Scott aime beaucoup son « frérot ».

Et Kelly le tient pour son « meilleur ami ». Mais George sait que les gens ne voient pas qui elle est vraiment. Car, George en a la certitude, elle est une fille.

Alors, quand sa maîtresse propose de jouer une pièce de théâtre à l’école, George veut plus que tout interpréter le personnage de Charlotte. Elle sera parfaite, et les gens verrons enfin qui elle est.

Comment leur faire comprendre que c’est le rôle de sa vie ?



J'avais peur de tomber sur un énième bouquin qui donne dans le pathos en ce qui concerne les enfants qui "se cherchent encore", vous savez, ceux qui vous font penser qu'ils sont victimes d'une déviance que l'amour des autres peut corriger...
Fort heureusement George a bénéficié du talent exceptionnel de son écrivain, Alex Gino.
Dès le début du roman, George est accordée au féminin. Aucun doute n'est possible dans la tête du lecteur, comme dans celle de George. C'est une fille. Le problème, ce sont les autres. Ses camarades d'école qui la harcèle tous les jours, les premiers probablement à avoir compris qu'elle était spéciale, sa mère qui ne veut pas d'un homo de "ce genre-là", son institutrice, qui, sous des dehors de "tout le monde fait ce qu'il veut dans la vie", ne souhaite pas qu'un garçon joue un rôle féminin, etc.
Seule sa meilleure amie et son grand frère ne voient rien à y redire. George est George. Peu importe son sexe. Peu importe si la nature s'est gourée en distribuant les chromosomes. Elle va traverser les épreuves une à une, sous notre oeil bienveillant.
Alex Gino a parfaitement su rendre ce combat, sans dénaturer le discours d'une fillette. Pas de dialogues dénaturé pour son âge, les réactions des autres personnages sont justes face à cette situation. C'est en cela que ce roman est exceptionnel.

George fut un vrai coup de coeur pour moi, et j'ai du mal à croire qu'elle n'est que le fruit de l'imagination de l'auteur(es), tant c'est réaliste !

Un immense merci à l'Ecole des Loisirs pour m'avoir fait découvrir ce livre, et Alex Gino.

 

Posté par Emma666 à 17:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]

26 mars 2017

Marquée à Vie - Rencontre avec son auteur, Emelie Schepp

41StU4xe2uL

Nörrkoping, l’hiver.
La procureure Jana Berzelius arrive sur la scène du meurtre d’un haut responsable de l'immigration en Suède, assassiné dans sa maison, au bord de la mer Baltique. Le tueur n’a laissé aucune trace. Étrangement, les seules empreintes que l’on retrouve sont celles d’un enfant – or, la victime n’en a pas… Quelques jours plus tard, le meurtrier est identifié. Mais il est mort. On retrouve son corps sur un rivage désolé, l’arme tout près de lui. Il s’agit bien d’un enfant. Signe particulier, il présente sur la nuque une scarification énigmatique.
Ce nom, gravé grossièrement à même la chair, provoque brutalement chez l’impénétrable Jana, pourtant réputée insensible et glaciale, un véritable séisme intérieur. Car elle porte la même scarification à la base du cou. La marque d’un passé qui ne lui revient que par flashes incontrôlables...


Le lecteur pourrait voir en Marquée à Vie un énième polar suédois comme on en voit maintenant un peu partout : ambiance froide, des protagonistes peu bavards, un livre où il ne se passe pas grand chose...
Ici, c'est tout l'inverse. On sent bien qu'Emelie Schepp a utilisé sa formation en écriture de scénario pour choisir des dialogues et des scènes d'action à des descriptions à rallonge et des personnages torturés dans leur silence.
Jana est une héroïne au passé trouble et on va avancer dans le dénouement de l'intrigue en même temps qu'elle.
Le choix d'une narration parallèle amène le lecteur a douter de ce qu'il croit au début, avant de finalement se prêter au jeu et essayer lui aussi de deviner ce qui a bien pu advenir de la petite fille aux parents assassinés.
Marquée à Vie se dévore en quelques heures et renouvelle le genre du thriller nordique en optant pour un style plus enlevé. Loin de rester sur sa faim, on attend pourtant la suite des aventures de Jana, dont le passé est loin d'avoir révélé tous ses mystères...

Vendredi dernier, j'ai eu la chance d'avoir été conviée, avec d'autres blogueurs, à un petit déjeuner au Café Louise en compagnie d'Emelie Schepp, venue sur Paris pour le salon du livre. Elle s'est prêtée au jeu des questions/réponses avec beaucoup de détails...

IMG_0574

Son parcours

Emelie Schepp nous a parlé de son passé de chef de projet dans la publicité. Elle y rédigeait de cours articles de marketing, mais elle envisageait de rédiger des textes beaucoup plus long que de simples argumentaires. C’est ainsi qu’elle a suivi des cours d’écriture scénaristique. Vu la difficulté à produire des longs-métrages en Suède, elle s’est donc tournée vers l’écriture d’un roman, pour n’être freinée ni par l’argent, ni par le nombre de pages.

Pour trouver du temps pour écrire, en plus de son travail dans la publicité, elle a d’abord commencé par se lever à 4 heures du matin. "Mauvaise idée". Elle a vite laissé tomber. Elle a alors dédié ses soirées à la rédaction de son livre, éteignant sa télévision et son portable pour se couper des réseaux sociaux et se dégager du temps.

Six mois plus tard, elle a envoyé son manuscrit aux éditeurs. Elle a très vite reçu une réponse négative. Elle a relancé les autres éditeurs qui lui ont avoué ne pas avoir eu le temps de lire son roman. Encore six mois plus tard, elle décide de se débrouiller seule et opte pour l’autoédition.

Elle sort son roman en livre de poche, et à force d’actions marketing auprès des lecteurs et des distributeurs, elle atteint, quelques mois plus tard, le nombre de 40 000 exemplaires vendus.

Elle est persuadée qu’il y a énormément de romans qui attendent d’être publiés. Grâce à l’auto-édition qui est en plein essor, les écrivains parviennent à se faire remarquer. C’est ce qui lui est arrivé quand HarperCollins lui a voulu racheter Marquée à Vie. Son livre est aujourd’hui sorti dans 29 pays, à plus d’un million d’exemplaires.

Le personnage de Jana

Elle est tombée un jour sur un article parlant d’enfants soldats, le processus de lavage de cerveau par lequel ils sont passés avabt de les former à tuer. Cette idée de base a trouvé son point de départ grâce à un flash d’informations sur l’accident d’un camion transportant des sans-papiers dans des conteneurs. Elle avait besoin d’un enfant sans attaches, et elle a utilisé ce fait divers pour développer son personnage et pouvoir l’entraîner à devenir un assassin sans avoir de famille encombrante. "Difficile de pouvoir recruter un futur assassin en toute discrétion quand ses parents ont alerté la police et lancent des avis de recherche !"

Jana, quant à elle, a une double personnalité : procureur de talent et réputée pour son professionnalisme, elle n’hésite pas à enfreindre la loi et tomber dans la violence pour protéger son secret.

Le processus d’écriture et la promotion de ses livres

Emelie Schepp utilise toujours deux trames parallèles, l’une inspirée de la réalité, l’autre tout droit sortie de son imagination. L’environnement colle toujours au réel.

Deux amis policiers haut-gradés la conseillent et la corrigent en cas d’erreur. Elle fait des recherches sur le moindre détail. Plus à l’aise pour écrire de vrais dialogues que des discours intérieurs, elle préfère l’action à la description. Elle se dit être le fruit de la littérature suédoise, mais elle veut donner sa vision des choses, puisqu’il y a des lecteurs pour tous types de thrillers. Elle utilise de nombreux réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram) pour faire la promotion de ses livres. Une présence multiple est obligatoire si l’on veut toucher un maximum de monde. Elle s’est rendue compte que le public aimait apercevoir des instantanés de sa vie d’écrivain. Rencontrer ses lecteurs lui apporte un immense plaisir, et si eux l’apprécient en retour, le bouche à oreille n’en sera que meilleur.

Les gens peuvent trouver ennuyeux qu’elle parle tout le temps de son livre comme d’un produit, mais si elle veut continuer à écrire, elle doit vendre ses romans. Ce n’est pas dur d’imprimer un livre... le travail vient ensuite : rencontrer les diffuseurs en personne, toujours avoir un de ses romans avec soi pour le donner si l’occasion se présente (Lee Child l’a accepté en la serrant dans ses bras lors d’un festival policier). Le plus important est d’avoir une bonne histoire, et une bonne visibilité.

"En Suède, il y a un phénomène Schepp, et tout le monde reprend ma technique de marketing !"

Et le quotidien, dans tout ça ?

Elle lit, ou plutôt écoute (le livre audio est très répandu dans son pays) beaucoup de thrillers. Elle adore les block-busters comme La Mémoire dans la Peau et serait ravie qu’on lui propose d’adapter son roman, même si elle pense qu’une série télé serait un format plus adapté pour raconter l’histoire de Jana. Ses séries du moment sont The Fall, The Bridge, American Crime Story...

Son mari la suit souvent en tournée promotionnelle pendant que ses parents gardent ses enfants. Le couple se balade quotidiennement dans la forêt proche de chez eux, et ils échangent leur point de vue sur diverses questions criminelles (elle se sert d’ailleurs de son mari comme cobaye pour reproduire certaines scènes en réel), sous les regards médusés des promeneurs...

J'adresse un immense merci à HaperCollins pour m'avoir redonné goût à la littérature Suédoise et m'avoir permise de rencontrer Emelie Schepp !

Posté par Emma666 à 21:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]

20 mars 2017

Dyke Hard, un film de Bitte Andersson

hard dyke

Un groupe de rock lesbien sur le point de se séparer entame un road movie déjanté, avec au menu manoir hanté, un séjour en prison, sans oublier des ninjas mauves...

Bitte Andersson avait plusieurs idées de B-Movies en tête, mais faute de temps, et de budget, elle a décidé de toutes les regrouper en un seul film dont l'histoire se déroule dans les années 80. Vive le fluo, les épaulettes, les cheveux gonflés et laqués paillettes, place à tous ces éléments qui font que cette époque est chère à mon coeur.

Autant vous le dire tout de suite. A mon humble avis, Dyke Hard n'est franchement pas le chef-d'oeuvre dont tout le monde parle. Je ne décrie pas les choix scénaristiques à l'enchaîné plus que douteux, ni le design psychédélique du film. Non, ce que je déplore avant tout, c'est l'atroce médiocrité de l'ensemble. Les décors et les effets spéciaux sont miteux (bien au-delà des années 80), les costumes, n'en parlons pas... Vous avez sûrement vu sur Internet ce type qui adore se faire des cosplays avec des matériaux de récup et dans un timing de 3 minutes ? Et bien là, c'est le même genre de mise en scène navrante.
Que dire des acteurs... Vous vous faites un cours-métrage entre potes beurés sur des extra-terrestres qui attaquent la Terre à coup de piou-piou vocaux des plus "économiques" et vous obtiendrez à peu de chose près le même résultat.

J'ai eu l'impression de voir un nanar suédé, c'est pour vous dire...

Alors que l'on décide sciemment de réaliser un film qui veut être un OVNI, à la croisée de créations cultes du genre, comme This is Spinal Tap ou le Rocky Horror Picture Show, ok, mais souvenez-vous qu'à l'origine de ces petits bijoux, il y avait au moins un élément important digne de ce nom (Rob Reiner pour le premier et Tim Curry pour le second), et du pognon. Quant à Dyke Hard, faut pas déconner. Le fait d'assumer le statut de Jem et les Hologrammes lesbiens daubesque ne va me faire rentrer dans le club des bobos culturels nostalgiques qui le porte aux nues !

Le film, édité par Outplay, est sorti le 22 décembre dernier en DVD.

A retrouver sur Cinétrafic :
 - lesbianisme
- autres comédies sorties en 2017

Je vous laisse en compagnie de la bande-annonce :

 

Posté par Emma666 à 14:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]