La Pause Lecture

20 mars 2017

Dyke Hard, un film de Bitte Andersson

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Un groupe de rock lesbien sur le point de se séparer entame un road movie déjanté, avec au menu manoir hanté, un séjour en prison, sans oublier des ninjas mauves...

Bitte Andersson avait plusieurs idées de B-Movies en tête, mais faute de temps, et de budget, elle a décidé de toutes les regrouper en un seul film dont l'histoire se déroule dans les années 80. Vive le fluo, les épaulettes, les cheveux gonflés et laqués paillettes, place à tous ces éléments qui font que cette époque est chère à mon coeur.

Autant vous le dire tout de suite. A mon humble avis, Dyke Hard n'est franchement pas le chef-d'oeuvre dont tout le monde parle. Je ne décrie pas les choix scénaristiques à l'enchaîné plus que douteux, ni le design psychédélique du film. Non, ce que je déplore avant tout, c'est l'atroce médiocrité de l'ensemble. Les décors et les effets spéciaux sont miteux (bien au-delà des années 80), les costumes, n'en parlons pas... Vous avez sûrement vu sur Internet ce type qui adore se faire des cosplays avec des matériaux de récup et dans un timing de 3 minutes ? Et bien là, c'est le même genre de mise en scène navrante.
Que dire des acteurs... Vous vous faites un cours-métrage entre potes beurés sur des extra-terrestres qui attaquent la Terre à coup de piou-piou vocaux des plus "économiques" et vous obtiendrez à peu de chose près le même résultat.

J'ai eu l'impression de voir un nanar suédé, c'est pour vous dire...

Alors que l'on décide sciemment de réaliser un film qui veut être un OVNI, à la croisée de créations cultes du genre, comme This is Spinal Tap ou le Rocky Horror Picture Show, ok, mais souvenez-vous qu'à l'origine de ces petits bijoux, il y avait au moins un élément important digne de ce nom (Rob Reiner pour le premier et Tim Curry pour le second), et du pognon. Quant à Dyke Hard, faut pas déconner. Le fait d'assumer le statut de Jem et les Hologrammes lesbiens daubesque ne va me faire rentrer dans le club des bobos culturels nostalgiques qui le porte aux nues !

Le film, édité par Outplay, est sorti le 22 décembre dernier en DVD.

A retrouver sur Cinétrafic :
 - lesbianisme
- autres comédies sorties en 2017

Je vous laisse en compagnie de la bande-annonce :

 

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16 mars 2017

Ma Guerre, de G.P. Gautier et T. Oger

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Entre les films et les romans se glissent parfois quelques bulles. De celles qui vous éclatent à la tête.

Ma Guerre, de la Rochelle à Dachau fait partie de ces bades-dessinées qui vous marquent. Guy-Pierre Gautier, pendant la seconde guerre mondiale, a fait partie de la résistance. Son petit-fils, Tiburce Oger a voulu lui rendre hommage en lui prêtant son talent de dessinateur pour raconter son histoire.

D'adolescent insouciant à prisonnier de guerre dans un camp de travail, Guy-Pierre va être le témoin et acteur de ce qui fut l'une des plus importantes périodes de l'histoire. Attentats terroristes pour déjouer l'invasion allemande, tenir trois jours sous la torture pour laisser le temps à ses camarades de pouvoir trouver une planque, déportation... tous les éléments de l'occupation puis de la libération sont là pour nous rappeler qu'il y a eu un jour, des types qui ont offert leur vie pour la liberté.

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Tiburce Oger a magistralement illustré le récit de son grand-père. Des couleurs vives pour les temps de paix aux teintes froides des temps sombres pour des peintures qui servent des dessins regorgeant de détails à étudier. Chaque case est un tableau à elle seule. La finesse du trait est telle que l'on se prend à grimacer, à pleurer même, devant les scènes les plus dures.

Au final, Ma Guerre est de ces bandes-dessinées que l'on redoute de lire, que l'on dévore d'une traite (impossible d'abandonner Guy-Pierre en plein interrogatoire pour aller se préparer à dîner), et que l'on se refuse à prêter, de peur de perdre ce qui deviendra probablement l'un des joyaux de sa bibliothèque.

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12 mars 2017

Syberia 3

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La Saga Syberia :

Syberia 1 :

Kate Walker, une jeune avocate new-yorkaise est dépêchée pour s’occuper de la vente d’une ancienne usine d’automates cachée dans les Alpes françaises. Elle est très vite embarquée dans un voyage jusqu’aux confins de l’Europe de l’Est, avec pour compagnie un automate très particulier nommé Oscar. Ensemble, ils découvrent des lieux incroyables, peuplés de personnages hauts en couleur, avant d’enfin rencontrer Hans Voralberg, l’inventeur de génie, parti sur les traces des derniers mammouths mythiques de l’île de Syberia.

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Syberia 2 :

Après avoir atteint le but ultime de son voyage, obtenir la signature de Hans Voralberg, concluant ainsi la vente de l’usine, Kate décide d’abandonner sa vie parfaite à New-York pour aider le vieil homme à réaliser son rêve de toujours. Formant une équipe très particulière, ils partent pour un nouveau voyage.

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Syberia 3 :

Quelques semaines se sont écoulées entre la fin de Syberia 2 et l’ouverture de Syberia 3. L’histoire débute alors que Kate est retrouvée mourante en pleine Sibérie par une caravane Youkole. Le peuple de nomades accompagne la transhumance séculaire des autruches des neiges vers les steppes sacrées, lieu de leur reproduction. Décidant de voyager à leurs côtés, Kate va découvrir la ville de Baranour, une ancienne cité modèle d’un régime industriel, dévastée suite à une explosion nucléaire...

 

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Mon avis :

Après avoir joué quelques temps sur l’ouverture de Syberia 3, le constat est clair : nous sommes bien loin d’un jeu vidéo classique. Benoît Sokal a voulu développer une aventure basée sur la résolution d’énigmes et l’exploration d’un univers incroyable. Le joueur n’avancera pas dans l’histoire sans avoir besoin de tuer. La violence n’est pas la solution, seule la réflexion débloque les situations auxquelles est confrontée Kate. Cela peut sembler ennuyeux, mais au final, c’est une histoire totalement interactive qui s’offre à nous. La jouabilité est telle que vous vous étonnerez à utiliser votre manette comme dans la réalité, comme dans l’une des premières scènes où l’on tourne le joystick dans le sens contraire des aiguilles d’une montre pour dévisser un couvercle.

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L’histoire en elle-même consiste en une exploration de paysages somptueux. L’auteur et illustrateur de bandes-dessinées a mis tout son art dans le développement de l’intrigue et dans la création des décors. La 3D est ici au service du dessin de Benoit Sokal. On perçoit le trait artistique de l’auteur, jusque dans les personnages des Youkoles.

Au final, Syberia est un jeu qui met l’intelligence au service de la découverte d’un univers aux confins de l’inconnu...

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Fiche Technique

Editeur : Microïds
Sortie : 20 avril 2017
Sur Playstation 4, X-box One, PC/Mac, Nintendo Switch

 

Un grand merci à Microïds pour m'avoir laissée tester en avant-première ce somptueux jeu vidéo !

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06 mars 2017

Good Morning, Midnight, de Lily Brooks-Dalton

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« Ainsi prend fin le monde, non dans une explosion, mais dans un murmure. » T. S. Eliot

Augustin, un brillant astronome, est en mission dans l'Arctique lorsque sa base est évacuée. Alors que les militaires rapatrient ses collègues, il refuse de quitter l'Observatoire. Quel que soit le danger, il veut finir ses jours ici, les yeux dans les étoiles. La rencontre avec une fillette de huit ans change ses plans : il doit reprendre contact avec le monde pour qu'elle soit sauvée. Mais toutes ses tentatives restent sans réponse...  Alors qu'une jeune astronaute, Sully, quitte Jupiter pour regagner la Terre avec son équipage, elle perd tout contact avec Houston.

Bien loin des romans apocalyptiques habituels, on a ici affaire à un roman sur le silence. Le black-out lié à une catastrophe dont on ne sait rien, le mutisme d'une fillette, seul ancrage pour un scientifique perdu dans les étoiles, et le vide absolu de l'espace infini pour des astronautes sur le chemin du retour. La grande inconnue n'est pas de savoir ce qu'il s'est passé ni comment on va s'en sortir. Les personnages ne veulent simplement pas perdre le contact.
Près de 300 pages sur ce thème, ça pourrait paraître long, mais Lily Brooks-Dalton a un don certain pour développer une ambiance particulière dans son roman. Nous sommes dans l'attente. Elle ne fait pas patienter le lecteur avec des aventures à rebondissement, elle le met dans le même état que ses protagonistes.
Augustin et Sully sont tous deux passionnés par les étoiles, et chacun va s'interroger sur les choix qu'il a fait, de mettre de côté leur famille pour consacrer toute sa vie à la science. Tandis que l'un assiste au lever de soleil le plus court qui soit dans l'immensité du cercle arctique, l'autre, malgré l'omniprésence des étoiles, ne peut que subir le vide et le noir sidéral. Les descriptions de paysage principalement pour Augie, et de la vie dans l'espace, pour Sully, sont magnifiques et empreintes d'une réelle poésie. Il faut bien cela pour faire passer le silence absolu qui règne.
Tout est fait pour que le final trouve sa juste conclusion. Le lecteur n'en ressort pourtant pas déçu, il a simplement vécu une expérience étrange en lisant un ovni littéraire.

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26 février 2017

New Earth Project

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Présentation de l’éditeur

En 2125, la majorité de la population est pauvre et parquée dans des bidonvilles, tandis que l’élite profite d’une vie confortable sous le Dôme. Sur Terre, les meilleurs élèves côtoient la même école. C’est ainsi qu’Isis rencontre Orion, le fils du dirigeant du NEP et qu’elle lui ouvre les yeux sur son monde. Le jour où Isis est tirée au sort avec sa famille pour partir sur la Nouvelle Terre, Orion va mener son enquête sur le fonctionnement du NEP... et faire de terribles découvertes.

Mon avis :

Derrière une magnifique couverture se cache un roman d’anticipation à faire pâlir les lecteurs. En effet, on est bien loin d’une simple histoire de voyage dans l’espace vers une nouvelle planète habitable. Tour à tour, on aborde le sujet de la ségrégation, de la pauvreté humaine, de la pollution pour aboutir à l’inimaginable...

Isis est issue d’une famille qui vit sur un village flottant, au pied de ce qui fût la grande New York. L’apocalypse s’est déchaînée sous la forme de fonte des glaces, augmentant le niveau de l’eau jusqu’à couler des villes entières et atteindre les cités les plus riches. Isis met tous les atouts de son côté pour s’élever au-delà de son rang de "grise". Elle enchaîne les bonnes notes, éduque des enfants perdus, développe une agriculture impossible à concevoir pour les nantis.

Orion, quant à lui, vit sous le Dôme, où l’air est sain, la nourriture abondante et la vie facile. Il cherchera pourtant à en savoir plus sur la situation à l’extérieur, notamment sur cette promesse faite aux pauvres d’un monde meilleur. Son amour pour Isis le poussera à remettre en doute tout ce qu’on lui a appris.

New Earth Project pourrait être un énième livre sur deux adolescents que tout opposent et qui vont développer un amour sans barrières... Mais Isis et Orion ne passent finalement qu’au second plan. C’est la société toute entière qui se retrouve sous les feux des projecteurs. Pauvreté, racisme, pollution, Monsanto, élites abjectes, tout y passe quand il s’agit de dénoncer les maux actuels et pourtant sans cesse renouvelés de notre monde.

Voici un livre qui fait réfléchir à la situation actuelle qui risque d’aboutir à un renouvellement des erreurs et horreurs passées.

La soirée de lancement du livre :

Le 22 février dernier, j'ai été invitée à participer à la soirée de lancement du roman.

Le rendez-vous avait été donné à la Cité des Sciences et de l'Industrie, à la Géode plus précisément, pour assister à la projection du film Beautiful Planet.

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Loin de s'endormir sur les fauteuils inclinés du cinéma sphérique, le spectateur est aspiré à travers le vide intersidéral pour rejoindre les astronautes à bord de la Station Spatiale Internationale.
Vos camarades de vol vous expliquent leur quotidien en apesanteur zéro : de la difficulté à se laver les cheveux dans un espace restreint où la plus fine gouttelette d'eau s'envolera jusqu'à vous asticoter pendant votre sommeil, au petit expresso conçu par la seule machine (italienne, bien sûr) qui peut fonctionner dans l'espace.
Mais les astronautes ne sont pas seulement là pour jouer aux space-cowboys. Ils bombardent de photos et de vidéos la planète bleue, afin de rendre compte de sa beauté, mais aussi de sa déchéance.
De là-haut, les ravages du réchauffement climatique ne peuvent plus être ignorés...

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Après cette prise de conscience des plus impressionnantes, nous avons été conviés à un apéritif dans le pub Park Avenue.
Là, nous avons pu discuter avec l'auteur de New Earth Project David Moitet, devant des frites, des beignets d'oignons et des piments jalapenos farcis au fromages des plus appétissants !
Il nous a parlé des difficultés à écrire spécialement pour la jeunesse (l'éditeur était sceptique quant aux descriptions assez dures pour certaines scènes du roman), mais également de ses goûts pour d'autres écrivains, comme par exemple Maxime Chattam. Il na pas écrit New Earth Project pour en faire un pamphlet sur le racisme ou l'écologie. Il voulait simplement écrire une histoire dans laquelle ces questions se sont finalement posées.
Il nous a parlé de son métier de professeur qui lui laisse la liberté d'écrire au rythme qu'il veut, il n'est pas enchaîné par des lignes à rendre, un thème de prédilection ou un éditeur qui ne croit qu'à un public conquis d'avance.

Un grand merci à l'équipe de Didier Jeunesse  et Onirik pour m'avoir, le temps d'une soirée, plongée la tête dans les étoiles et permis de rencontrer David Moitet !

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12 février 2017

Crash, Contes du Soleil Noir, d'Alex Jestaire

Au diable vauvert Contes du Soleil Noir Crash Alex Jestaire

Malika est une jeune mère célibataire débordée. Elle peine à joindre les deux bouts, le père de son fils ne lui verse plus de pension alimentaire, et elle enchaîne les heures de route pour aller faire le ménage pour une paye misérable.
AVC au volant et la voilà dans un état végétatif à l'hôpital.

Un hackeur enquête sur la présence d'une femme mystérieuse, équipée d'une valise à roulettes, dans des vidéos amateurs de catastrophes, qu'elles soient naturelles, comme le tsunami en Asie du Sud-Est, ou la cause d'attentats terroristes. Qui est-elle ? Pourquoi a-t-elle l'air épanoui alors que tout s'écroule autour d'elle ? Est-elle responsable de ces désastres ?

Dans une première partie dédiée au quotidien de cette femme oubliée par sa famille, l'état et la chance, Alex Jestaire nous dépeint un constat bien triste de la situation d'une partie de la population. Des petits boulots précaires, des heures de travail épuisantes physiquement et psychologiquement mènent à un black-out total.
Malika s'éteint dans le monde réel pour réapparaître dans celui qu'elle affectionne tant, la télévision. Mais exit les séries devant lesquelles elle passait des nuits blanches, la voilà en voyage dans les catastrophes mondiales.

En un peu plus de 100 pages, difficile de s'attarder sur Malika et ses problèmes personnels, quand on veut donner dans l'exploration visuelle fantastique.
Une trentaine de pages sur une vie acharnée et triste, et on découvre l'écriture simple et acérée d'Alex Jestaire :

"La matinée, c'est repassage - quatre chemises pour M. Perone de Puteaux, payées au black, enlevées et rendues au parking - colonne crédits. Une heure aussi pour le cours par correspondance "comptabilité et administration" - pourquoi a-t-elle raté le dernier concours ? Pourquoi a-t-elle autant de mal à se concentrer là-dessus maintenant ? A la télé un couple-candidat des Z'amours s'écharpe - l'animateur s'interpose, c'est assez drôle. Elle mâchonne sans appétit un taboulé en barquette (1,04 €) en épluchant le courrier : lettre de rappel de la cantine (débit), relevé de prestations ASF (crédit), mise en demeure de Cofinoga (débit) - elle établit le bilan médian de la journée pendant la séquence "la Bourse" du journal de 13h. Tout compte fait elle est toujours autant dans le rouge. Elle sue en préparant son sac."

La deuxième partie quant à elle, alterne entre les descriptions de la vie de légume de Malika et celles de sa vie de voyageuse inter-catastrophes. Elle s'éteint dans le quotidien et se réveille au son des hurlements... A voir, ce que cela aurait donné si l'auteur avait choisi de la faire se perdre dans ses séries fétiches ou dans les jeux télé qui laissent un fond sonore des plus horripilants...
Rien que pour voir cela, j'attends une suite (si Alex Jestaire en décide ainsi, et si les infirmières choisissent une autre chaîne que celle des infos) !

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21 janvier 2017

L'Effet Aquatique

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Samir, grutier à Montreuil, tombe fou amoureux d'Agathe Maitre-nageur à la piscine de Saint-Denis. Pour pouvoir l'approcher, il lui fait croire qu'il ne sait pas nager. Dès leur première soirée ensemble, elle découvre la supercherie...

Réalisé par Solveig Anspach, le film jongle entre poésie et humour absurde. Je suis tombée sous le charme naïf de Samir, qui pense reconquérir sa belle en la suivant jusqu'en Islande, où se tient le 10ème congrès annuel des maîtres-nageurs. J'ai pouffé comme une jeune fille pendant les scènes où elle lui apprend à aimer l'eau, où elle lui touche innocemment le ventre, tandis que lui est tout maladroit à essayer de faire semblant.
On passe de la morosité de la banlieue, sa piscine désertée et des personnages gris au paysage somptueux nordistes avec ses habitants et leurs moeurs hauts en couleurs, d'un bleu terne au bleu flamboyant des mers d'Islande.

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Les deux comédiens, Samir Guesmi et Florence Loiret-Caille, savent nous faire ressentir cette fragilité en eux, et l'on reste suspendu dans l'attente d'un happy end. J'ai eu un gros coup de coeur pour eux et j'espère bien regarder le reste de leur filmographie !

Après le final, on sourit, on se sent bien, on a envie de faire quelques longueurs...


Le film, édité par Le Pacte (sa page Facebook), est sorti le 9 novembre dernier en DVD.

A retrouver, sur Cinétrafic :

- toutes les idées de films
- les dernières sorties DVD et VOD

Je vous laisse en compagnie de la bande-annonce du film :

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18 janvier 2017

Concours pour Un Sac de Billes

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Dans la France occupée, Maurice et Joseph, deux jeunes frères juifs livrés à eux-mêmes, font preuve d’une incroyable dose de malice, de courage et d’ingéniosité pour échapper à l’invasion ennemie et tenter de réunir leur famille à nouveau.

 

A l'occasion de la sortie du film, je vous propose de gagner 6 exemplaires du roman de Joseph Joffo et 5 x 2 places de cinéma pour aller le voir...

Pour participer, dites-moi en commentaire de ce billet comment vous vous seriez débrouillés, pendant la guerre, pour passer en zone libre. Et donnez-moi une adresse mail valide pour que je puisse vous contacter si vous avez gagné.

Vous avez jusqu'à vendredi 20 janvier 20 heures pour jouer !

 

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20 décembre 2016

Quelques Minutes après Minuit

 

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Résumé :
Depuis que sa mère a commencé son traitement, Conor, treize ans, redoute la nuit et ses cauchemars. A minuit sept, un monstre vient le voir, qui a l'apparence d'un if gigantesque, quelque chose de très ancien et de sauvage. Mais pour Conor, le vrai cauchemar recommence chaque jour: sa mère lutte en vain contre un cancer, son père est devenu un étranger, et il est harcelé à l’école. Au fil des visites du monstre, l’adolescent comprend que son vrai démon est la vérité, une vérité qui se cache au plus profond de lui, terrifiante.

J'ai lu le bouquin quasiment d'une traite, j'en ai terminé les dernières pages en avançant dans la queue du cinéma pour aller justement voir le film...

Le livre m'a bouleversée à tel point que, n'ayant pourtant pas la larme facile, j'ai eu beaucoup de mal à me retenir de chialer en public. Mais finalement, au sortir de la salle de projection, je n'étais pas toute seule à prétexter une poussière dans l'oeil. Avant même la fin du film, on pouvait entendre des dizaines de personnes renifler dans le noir !

Je n'ai jamais lu un livre aussi fantastique et juste pour ce qui est de l'épreuve que traverse le garçon et sa famille. Sa mère qui refuse de lui révéler la fin qu'elle sent venir, et lui qui cache au plus profond de ses cauchemars ce qu'il ressent à propos de tout cela...

J'avais un peu peur de voir comment le réalisateur allait bien pouvoir montrer à l'écran l'arbre qui se déploie pour devenir un immense monstre, et mettre en scène les histoires qu'il raconte à Conor.
Et franchement, ce fut de toute beauté. Le monstre est puissant (grâce en partie, je suppose, à la voix de Liam Neeson. Fuyez la VF, le rendu n'est pas du tout à la hauteur !), un peu flippant aussi.
La magnifique, la somptueuse, l'époustouflante Sigourney Weaver incarne le personnage de la grand-mère. Certes, n'importe qui aurait pu jouer le rôle, mais elle a tellement été spéciale... Sans voler la vedette aux autres comédiens, je me souviendrais encore longtemps de sa prestation !

La palme revient sans nul doute à Lewis McDougall. Ce gamin de 14 ans est tout simplement génial. Il m'a tellement rappelé Barret Oliver dans l'Histoire sans fin que j'ai adhéré sans réserve aucune à son jeu. Les scènes de harcèlement à l'école sont d'une justesse, et il y a ce moment, particulièrement dur, qui nous fait tirer une larme, quand on comprend qu'il souhaite recevoir les coups de son tortionnaire, juste pour qu'on arrête de le mettre de côté, de le protéger.

Quelques Minutes après Minuit est l'une des histoires les plus dures et en même temps les plus belles que j'ai jamais lues. Et le réalisateur, Juan Antonio Bayona, a largement réussi son pari de l'adapter au cinéma.

Je vous laisse en compagnie de la bande-annonce :

 

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18 décembre 2016

Un bruit étrange et beau

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William a changé de nom et de vie il y a 25 ans. Don Marcus est un moine chartreux qui a fait voeu de silence en plus de tout le reste. Il doit pourtant abandonner quelques jours durant son monastère de Valsaintes pour rejoindre Paris. Sa tante vient de mourir et lui a légué quelque chose.

J'ai été totalement charmée par la lecture de cette bande-dessinée. Tout est magnifiquement dessiné, et l'auteur a adopté des tons monochromes bleutés pour figurer le paysage et les inconnus, les éloignant par la couleur de la blancheur de la robe de moine de William. Cela renforce ce sentiment de déconnexion totale.

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Cette lecture a été une parenthèse bienvenue. J'ai ri quelque fois, j'ai réfléchi... et non, je ne crois pas que le voeu de silence sera un jour fait pour moi ! J'ai tellement aimé le clin de la tante vis à vis de son neveu "hors sentier tout tracé", que cette plaisanterie restera pour moi ce qui fait le petit plus de ce livre : de l'humour, malgré une gravité dans le ton, les pages et l'histoire.

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Pour la petite histoire, ZEP, ça me disait quelque chose. Je crois que je ne suis pas néée à la bonne époque. Et quand j'ai vu, en fin de l'ouvrage, que c'était le créateur de Titeuf, je vous laisse imaginer ma stupeur ! Je ne m'attendais pas du tout à ça !
Bon, ok. Ce n'est pas pour autant que je vais me jeter sur les histoires du gamin à la banane un peu tordue, mais si ça m'a bien appris une chose, c'est que l'habit ne fait pas le moine...

Un immense merci à Rue de Sèvres pour m'avoir envoyée ce petit bijou !

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