La Pause Lecture

15 avril 2021

Soeurs de Sang Tome 2 : Feu Sacré, de Nicki Pau Preto

Feu sacré

Présentation de l’éditeur

Elles étaient tels le jour et la nuit, et pourtant elles n’étaient rien l’une sans l’autre…

On ne choisit pas toujours son destin. Mon cœur me souffle que là où ma main a tremblé, la tienne sera ferme. Là où j’ai échoué, tu triompheras.

Au lendemain de sa première bataille contre les forces impériales, Véronyka voit enfin son rêve s’accomplir : une place d’Apprentie lui est offerte au sein de l’ordre très masculin des Dresseurs de phénix. Mais, bien loin de se satisfaire de son nouveau statut, elle ronge son frein face à la passivité du commandant, Cassian, qui refuse d’engager ses troupes dans une guerre ouverte. Or, pour la jeune fille et son ami Tristan, passé chef de patrouille, rien de pire que cette attente pesante.

De son côté, l’empire, que Sev a réintégré en qualité d’agent infiltré, multiplie les provocations pour attirer les rebelles aux oiseaux de feu hors de leur patrie, Pyra. Le comble ? Il se raconte que des Dresseurs de phénix auraient rejoint les armées impériales… Se pourrait-il que ce soit l’œuvre de Val ? Car, prête à tout pour faire perdurer l’héritage des reines Pyromaque d’antan, celle que Véronyka considérait autrefois comme sa sœur ne semble pas avoir dit son dernier mot.

Réincarnation, secrets oubliés, rivalités familiales et souffle de l’aventure… Sur fond de guerre imminente au sein de l’empire, de quel côté penchera l’équilibre des forces ?

Mon avis :

Le deuxième tome des aventure de Véronyka et Val prend une tournure bien différente du premier : les deux soeurs sont désormais ennemies. L'une veut faire sa place au sein des dresseurs de phénix grâce à son courage et sa persévérance, tandis que l'autre veut reconquérir son trône par le biais de complots, sacrifices odieux et chantages.
Tous les coups sont permis pour atteindre son but.

Les chapitres alternent les points de vue des rivales, mais également de Sev qui doit jongler avec son devoir et son coeur, au risque de tout perdre.

L'auteur, plonge un peu plus loin dans la psychologie de ses personnages. En effet, quelques uns sont doués du don d'animagie, voire d'ombre magie pour les deux soeurs, et ceci donne lieu à de longues plongées dans leurs pensées... peut-être un peu trop longues au point de voir s'enliser le lecteur. Nicki Pau Preto a un goût particulier pour le moindre détail qui traverse l'esprit, et c'est ainsi que ce volume dépasse les 750 pages.

Il pourrait être difficile d'enchaîner les chapitres, mais encore une fois, l'action est au rendez-vous, et on a hâte de voir ce que les dernières pages nous réserve.
L'ultime scène a de quoi faire frissonner et angoisser pour la suite de la série !

Bref, ce deuxième tome est long, émotionnellement trop à découvert, mais l'intrigue nous empêche d'interrompre notre lecture.

Posté par Emma666 à 16:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]


11 mars 2021

La Charge, expérience sonore créée par Dan Blank

La-Charge

Présentation de Sybel :

Quand le père de Raylene, transporteur routier, tombe mystérieusement malade, celle-ci accepte de conduire sa toute dernière cargaison à travers les États-Unis. Très vite, Raylene comprend que la charge qu’elle transporte n’est pas très nette...
Mais quel danger la guette vraiment ?
Matière dangereuse ? animaux sauvages ? ou pire... trafic d’humains ?
Et qui est l’ennemi à ses trousses ? La cargaison dont elle semble ne pouvoir se débarrasser ou l’opaque société qui l’emploie ?
Pour sauver sa peau et celle de sa famille, Raylene n’aura d’autre choix que de compter sur elle même, seule contre tous...


Mon avis :

Après une introduction à la manière d'Au-delà du réel ("nous contrôlons les horizontales et les verticales"...), nous voici plongés au coeur d'une expérience sonore éloignée des podcast ou des livres audios.
Comme nos parents avec les pièces radiophoniques d'autrefois (Les maîtres du mystère enchaînaient les auditeurs à deux pas de leur poste de radio), nous voici happés par une histoire mise en valeur par des comédiens talentueux et des bruitages réalistes.
Un huis-clos mêlant suspense et science-fiction au pays des routiers, c'était un pari risqué. D'autant plus sous un format feuilleton.

Prenez vos écouteurs, l'expérience le réclame. En effet, cette série audio bénéficie de la technologie du son 3D. Les voix, les sons et les musiques proviendront de la droite, de la gauche, ou tourneront autour de vous...
Quels sont ces bruits que l'on entend dans la remorque du camion ? Une femme dans un monde d'hommes se sent-elle en sécurité quand la nuit est tombée ? Seule dans la cabine de son poids-lourd, elle doit faire avec la propreté douteuse des aires d'autoroute, l'éloignement familial, les possibles agressions des hommes, et surtout la chose qui frappe contre les parois intérieurs du camion.

Cette précision, cette richesse sonore, couplées au travail d'acteur de Déborah Claude, la voix française de l'héroïne, donne à l'écoute une nouvelle dimension.
L'auditeur est immergé dans l'histoire. Impossible de perdre le fil de l'écoute comme ce serait le cas avec un livre audio classique, l'ambiance n'est pas à imaginer seulement les images.
Le réalisateur a pour cela piocher des bruitages dans une bibliothèque sonore, mais a également enregistré des sons, notamment ceux qui apportaient une certaine découverte de la personnalité de Raylene (sa manière de claquer la porte de son camion), ces petits éléments qui ne pouvaient pas être livrés par la prestation de la comédienne.

Le producteur, David Henning, a offert une totale liberté au créateur, que ce soit pour l'intrigue, qu'il souhaitait agrémenter de questions d'actualité (sur le racisme, le féminisme, et même l'écologie), la durée des épisodes ou le langage.

Ces choix éditoriaux ont conquis un public assez varié, les camionneurs eux-mêmes l'ont apprécié au vu de la justesse des situations décrites.
En effet, Dan Blank ayant précédemment travaillé pour l'animation, plus particulièrement dans les effets visuels, a tenu a produire une ambiance aussi détaillée que possible, et la technologie du son 3D a pu alors fournir un support à la hauteur du travail fourni. Il se peut même que, surprit dans votre écoute, vous tourniez la tête pour voir d'où venait ce bruit suspect...

La comédienne française, habituée au doublage, n'avait cette fois-ci pas de support visuel. Elle a pu aller beaucoup plus loin dans l'interprétation pour faire passer ses émotions.

Au final, La Charge est exceptionnel du point de vue technique et artistique. C'est une histoire extrêmement riche en suspens et réflexions post-écoute qui ne laisseront pas l'auditeur indemne.

La Charge est un feuilleton sonore, disponible sur la plateforme Sybel (abonnement mensuel à 3,99 €).

Posté par Emma666 à 18:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]

28 février 2021

Un crime étrange - écrit par Sir Athur Conan Doyle, raconté par Leeroy

un-crime-etrange-17

Présentation de l’éditeur :

Raconté par Leeroy, découvrez la toute première enquête du célèbre détective Sherlock Holmes, qui scella sa rencontre avec son non moins célèbre partenaire le docteur Watson. Tout juste revenu de la guerre d’Afghanistan, le docteur Watson se désespère de trouver un logement. Contraint à la colocation, sa route va croiser celle d’un brillant et excentrique détective : le célèbre et controversé Sherlock Holmes. Méfiant à l’égard de cet intriguant personnage, Watson l’accompagne cependant sur les lieux d’un crime étrange. Dans une maison non loin de Londres, un homme aux vêtements élégants est retrouvé sans vie. La pièce est maculée de sang. Et pourtant : le corps de la victime ne comporte aucune blessure. Au mur, un seul mot : « Rache » ! « Vengeance » en allemand. Qui est cet homme ? Que lui est-il arrivé ?

Mon avis :

Après le succès de la série Lupin sur Netflix, Kobo a développé une série d'adaptation en version audio des histoires de détectives classiques.
Après les aventures du gentleman cambrioleur, racontées par Féfé, c'est désormais au tour de Sherlock Holmes et le docteur Watson de voir une de leurs plus célèbres enquêtes lues par un autre rappeur, Leeroy.

On pouvait douter de la qualité de l'interprétation de l'artiste, mais le récit de Conan Doyle vaut bien de s'y attarder un peu, non ?
Un meurtre violent a été commis, suivi d'un autre par empoisonnement. Est-ce le même assassin qui a oeuvré ? Et pourquoi, juste avant d'avoir le dénouement de l'histoire, l'intrigue nous emmène-t-elle à la conquête de l'Ouest Américain ?

De l'écriture de Sir Arthur Conan Doyle, on peut tirer de multiples enseignements : la science de la déduction, inspiré des méthodes du docteur Joseph Bell, la Terre tourne autour du Soleil (prouvé par Copernic, fait ignoré de Sherlock Holmes), l'écrivain n'aimaient particulièrement pas les Mormons, au point de voir son livre banni de beaucoup d'écoles américaines.
L'histoire pouvait être un peu trop classique, si ce n'est ce twist outre-atlantique qui nous emmène bien loin de la banale enquête policière.

Mais la bonne surprise de ce livre audio, c'est son interprète, Leeroy. On pourrait craindre une tonalité à l'opposé du contexte... un rappeur en train de lire un grand classique anglais ? Mais le résultat est bluffant. Malgré quelques liaisons douteuses à l'oral, la voix du narrateur adopte, sans tomber dans le cliché, un timbre aristocratique des plus plaisants.
Chaque personnage a droit à un phrasé particulier, un rythme renouvelé qui ne perd pas l'auditeur au milieu de l'intrigue et de ses protagonistes.

Le pari est réussi : un rappeur français peut incarner l'enquêteur British, cocaïnomane, apiculteur et violoniste. Un petit pas pour la musique des rues, un grand pas pour la littérature.

Fiche technique :

Format : audio
Durée de l’écoute : 4 heures et 10 minutes
Editeur : Kobo Editions
Sortie : 21 décembre 2020
Prix : 9,99 €

Posté par Emma666 à 17:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Arsène Lupin, gentleman cambrioleur - écrit par Maurice Leblanc, lu par Féfé

arsene-lupin-gentleman-cambrioleur-65

Présentation de l’éditeur :

Raconté par Féfé, découvrez ou redécouvrez les aventures d’Arsène Lupin. Maître du déguisement et séducteur hors-pair, Arsène Lupin est un cambrioleur de génie, et un gentleman accompli. Échappant sans cesse à la police, portant secours aux faibles et ridiculisant les bourgeois, le voleur flamboyant va vivre mille aventures, en Robin des Bois de la Belle Époque. Au fil de ces neuf nouvelles de Maurice Leblanc, Arsène Lupin est arrêté, jeté en prison, avant de s’échapper avec le panache et la fougue qui le caractérisent, et part sur la trace de fabuleux trésors. Bijoux royaux, coffre-fort inviolable ou encore mystérieux voyageur sont au programme de ces premières aventures.

Mon avis :

Arsène Lupin, malgré ses airs classiques est un héros moderne : voleur, de nombreuses identités, charmeur, fin limier à ses heures... Bref, c'est un personnage dont on aime suivre les aventures.
Alors quoi de plus normal de le retrouver en livre audio ?
Quelques unes des nouvelles de Maurice Leblanc sont lues par Féfé, un rappeur à la discographie régulièrement enrichie d'un nouvel album. Néanmoins, on ne va pas passer par quatre chemins : il n'est clairement pas un bon lecteur à haute voix.
La diction est peut-être claire, mais le ton n'est pas là, la vivacité du récit s'en trouve totalement éteinte. N'est pas comédien qui veut.

Dommage également que les nouvelles ne soient pas présentées comme telles. Il s'agit plutôt de chapitres légèrement discontinus et l'auditeur se perd dans les nombreuses identités non révélées de Lupin. Il est difficile de suivre une intrigue sans cesse renouvelée lorsque le lecteur n'adopte pas un ton élaboré. La monotonie laisse un souvenir diffus du récit.

Peut-être ce livre audio est-il à destination des fans de Lupin qui seront ravis d'expérimenter d'une nouvelle manière ses aventures, ou bien aux fans de Féfé qui y verront un nouvel album, bien différent de ses précédents !

Fiche technique :

Format : audio
Durée de l’écoute : 5 heures et 30 minutes
Editeur : Kobo Editions
Sortie : 15 janvier 2021
Prix : 9,99 €


Posté par Emma666 à 16:56 - Commentaires [0] - Permalien [#]

12 février 2021

La maison aux 36 clés, de Nadine Debertolis

Maison

Présentation de l’éditeur :

Dimitri et Tessa partent à l'improviste en vacances avec leur mère. Elle a décidé de retourner se changer les idées dans la maison d’un grand-oncle décédé. A peine arrivés, Dimitri et Tessa se retrouvent face à plein de portes fermées, un trousseau de 36 clés et autant de mystères à résoudre. Tandis que leur mère se plonge dans des rangements et des nettoyages insensés, et se mure dans un silence bougon, ensemble, ils décident d’ouvrir leurs premières serrures pour découvrir le secret de ce manoir démesuré.
Qui était vraiment ce grand-oncle mystérieux, mais surtout, que fabriquait-il dans sa grande maison ? De porte en porte, les enfants, bientôt rejoints par Daphné, une petite voisine, vont ouvrir les différentes pièces les unes après les autres et assembler les indices afin de reconstruire le puzzle. Grâce à leur perspicacité, la maison dévoile peu à peu son mystère si longtemps caché...

Mon avis :

Vous souvenez-vous de ces livres dont vous êtes le héros ? Chaque paragraphe offrait un choix et vous renvoyait à une nouvelle énigme. Vous faisiez des allers-retours dans les pages du romans aux multiples aventures, vous laissant guider par les indices disséminés.
La Maison aux 36 clés raconte les vacances de Dimitri et Tessa qui décident d'explorer le manoir hérité d'un vieil oncle excentrique...
De clé en clé, le frère et la soeur ouvrent chacune des portes de la bâtisse et découvrent des secrets soigneusement enfouis. Jeu de piste, chasse au trésor, casse-tête et messages cryptés sont les ingrédients de leur séjour dans la maison.

Destiné à un jeune lectorat, La maison aux 36 clés est riche en aventures et offre une palette de personnages intéressants : Dimitri est souvent perdu dans ses pensées, Tessa est vive et pétillante, prompte à se faire de nouveaux amis. Leur mère s'affère à remettre la maison en ordre, jonglant avec le chagrin, ses secrets et l'envie de voir ses enfants s'épanouir.

Si le jeu de piste n'a de parcours difficile que pour les protagonistes de l'histoire, la beauté de l'ouvrage, les illustrations d'Antonin Faure (notamment les cartes de la maison) donnent une expérience de lecture réussie.
Les enfants regarderont d'un oeil nouveau les trésors laissés par leurs ancêtres et verront de sombres secrets derrière chaque silence, chaque page laissée vierge dans l'histoire familiale...

Posté par Emma666 à 14:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]


18 décembre 2020

Le Dossier Arkham, d'Alex Nikolavitch

Arkham

Présentation de l’éditeur :

Arkham, 1941.
Le corps déchiqueté du détective Mike Danjer est retrouvé au milieu d'un monceau de papiers. Il pourrait s'agir à première vue d'un banal meurtre en chambre close. L'examen des feuillets souillés, un dossier qu'il avait constitué au fil d'une très longue enquête, démontre qu'il avait mis au jour un indicible complot.
Des forêts insalubres de Nouvelle-Angleterre aux plateaux du Tibet, des Contrées du Rêve au marché de Damas, de sinistres individus se préparent à un événement cosmique...
Danjer y a laissé la vie, d'autres y ont perdu la raison...
Saurez-vous démêler tous les fils du Dossier Arkham ?


Mon avis :

Un détective privé a été découvert éventré au milieu de papiers éparpillés. Il travaillait sur la disparition d'un jeune étudiant de l'université d'Arkham...

Le roman est un ovni littéraire, composé de coupures de journaux, d'extraits de compte-rendus médicaux ou judiciaires, de lettres, de journaux intimes et même de publicités.

On essaye de retracer le travail du détective à l'aide de ces indices, de suivre comme lui les quelques traces laissées par une obscure secte dont on peine à découvrir le but (on soupçonne un soutien à Hitler).
Il est difficile de faire le lien entre tous les documents (certains illustrés en noir et blanc, d'autres en couleur), et la conclusion est loin d'être une révélation. A l'instar de la plupart des écrits de Lovecraft, la fin est laissée en suspens, mais là où l'auteur mythique savait doser savamment l'obscur et le doute, Le Dossier Arkham peut laisser le lecteur dans l'incompréhension la plus totale.

Par contre, ce qui est bien clair, voire un peu trop, ce sont les multiples clins d'oeil qui parsèment le récit. Certains font penser à une erreur orthographique doublée d'une faute d'histoire (Isadora Duncanny, danseuse morte étranglée par son écharpe prise dans la roue de sa voiture, en 1937, en Nouvelle Angleterre). D'autres empruntent carrément le nom de certaines vedettes de l'horreur (la journaliste Annie Wilkes, de Castle Rock, devenue folle, soignée par le docteur King), des chansons de Michel Sardou ou des répliques des Tontons Flingueurs.
Et comment ne pas penser à Indiana Jones en faisant la connaissance de l'archéologue Dakota Williams et du gamin qui le suit dans son aventure, Dee Mi-Lun ?
Les quelques rares références un peu plus subtiles (le cube d'Hellraiser, ou le livre du Nom de la Rose, par exemple) ne relèvent pas vraiment le niveau, et ces détournements coupent sans arrêt une narration déjà chaotique.

En conclusion, le dossier Arkham est plutôt un ouvrage au travail indéniable toutefois, à consulter en pointillés, histoire de voir si on n'a pas perdu nos connaissances en pop-culture...

Posté par Emma666 à 13:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]

26 novembre 2020

Delicious Foods, de James Hannaham

Delicious

Présentation de l’éditeur

Aucune enquête, aucun chiffre, aucun reportage ne saura nous faire prendre en haine l’esclavage contemporain comme l’image des moignons maculés de sang d’Eddie, 17 ans, conduisant sa Subaru dans la scène d’ouverture, hallucinée, de ce roman.

Il vient de s’évader de la ferme Delicious Foods, exploitation géante - et pas seulement agricole -, au cœur de la Louisiane où Darlene, sa mère, a été recrutée six ans plus tôt, comme d’autres toxicomanes. Productrice de fruits et légumes, Delicious Foods maltraite ses ouvriers et les maintient prisonniers grâce à la triple contrainte de la terreur physique, d’un endettement perpétuel à l’entreprise et d’une addiction à la drogue qui leur est continuellement fournie. Abandonné à son sort, le tout jeune Eddie fera tout pour retrouver la trace de sa mère, la rejoindre et l’aider à se libérer de ce piège.

Dans ce prodigieux roman qui a valu à Hannaham tous les honneurs Outre-Atlantique (Pen/Faulkner Prize – roman), trois voix se succèdent pour raconter la spirale infernale : une mère prisonnière, un fils révolté et puis... la drogue, pour une fois présentée sous son jour le plus troublant : elle est un bateleur, un séducteur, un amant jaloux.

Mon avis

Nul ne sortira indemne de cette ferme...
L'esclavage existe encore. Sous couvert d'un lieu paradisiaque où travailler, des sans-abris, des drogués, les oubliés de la société, sont emmenés chez Delicious Food. Les photos superbes de la brochure qu'on leur a présentée sont vites remplacées par la réalité : les esclaves vont dormir dans un dortoir insalubre, installé dans une grange, surveillé par des chiens de garde.
Les esclaves devront gagné de quoi manger, se droguer, s'habiller, se laver, et peut-être même un jour de quoi partir, en enchaînant les heures au soleil pour quelques dollars, dont le cours est dicté de façon aléatoire par la direction.
Vous ne pourrez sortir de là que les pieds devant, à moins peut-être de pouvoir vous échapper, à condition de vouloir encore le faire.

Delicious Food est un roman dont on ne ressort pas indemne. On s'endurci comme les personnages à sa lecture. Dès le premier chapitre, le ton est donné : la fin ne sera pas joyeuse.
Séquestration, racisme, torture, drogue, prostitution, etc. Rien ne leur est épargné.
A l'instar de l'histoire, l'écriture est dure, la construction un peu bordélique (surtout lorsque c'est l'héroïne qui prend la parole, oui oui !), comme la vie des protagonistes, on s'en sort comme on peut.

Posté par Emma666 à 16:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Quand les astres s'emmêlent, écrit par Minnie Darke (audio livre)

astres

 

Présentation de l'éditeur :

Une comédie romantique, cosmique et drôle. Les fans de Love Actually vont être ravis !Comme tous les Verseau, Nick croit à sa bonne étoile : un jour, il deviendra un comédien célèbre. Il lui suffit, pour cela, de suivre à la lettre les recommandations de son horoscope.
Ce qu'il ignore, en revanche, c'est que Justine, son amour d'enfance depuis longtemps perdue de vue, œuvre comme stagiaire au journal L'Étoile. Et qu'en bon Sagittaire cartésien, celle-ci ne recule devant rien pour obtenir ce qu'elle veut : réaligner pour de bon leurs deux planètes. Autrement dit : en réécrivant à sa sauce les prédictions des astres... Un coup de pouce au destin qui risque fort de révolutionner la galaxie...


Mon avis :

Ecouter un livre audio nécessite une certaine concentration, un peu de calme, et de temps en temps, un peu de patience pour rentrer dans l'histoire.
La voix du comédien chargé de lire le roman est un atout crucial pour ne pas subir une expérience des plus soporifiques.

Marcha Van Boven a été choisie par l'éditeur pour raconter l'histoire rocambolesque de Justine, qui rêve de devenir journaliste et de Nick qui peine à percer au théâtre. Un timbre de voix dynamique nous plonge immédiatement dans l'action. La quantité impressionnante de personnages dont la vie va se voir chambouler par des prédictions hasardeuses est vite oubliée, on peut enfin se détendre et savourer les péripéties de l'héroïne.

La fraîcheur du roman donne matière à quelques remises en question pour les personnages, en alternant chapitres focalisés sur Justine et Nick, et chapitres dédiés aux lecteurs de la rubrique astrologique.
Au final, les lignes tracées se recoupent, tout est lié.
Evidemment, une telle comédie romantique offre un happy-end attendue, mais très apprécié.

Posté par Emma666 à 16:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]

23 octobre 2020

Phénix

Présentation de l’éditeur :

Les phénix ne sont pas les seuls à pouvoir renaître de leurs cendres...

Autrefois, j'avais une sœur, que j'aimais de toutes mes forces. Pourtant, si j'avais su, je l'aurais haïe. Mais qui a jamais pu contrôler les mouvements de son cœur ?

Véronika regarde brûler dans l'âtre deux œufs de phénix sur le point d'éclore... Dire qu'il y a quelques années à peine, de puissantes reines sillonnaient encore le ciel sur le dos de ces bêtes légendaires ! Avec sa sœur Val, elle ne veut qu'une chose : chevaucher ces animaux mythiques, comme ses parents avant elles. Mais c'est puni de mort, désormais, et tous ceux qui pratiquent la magie sont traqués sans merci. Toutes deux vivent donc dans la clandestinité...

Si seulement l'un de ces phénix pouvait venir au monde, leur vie en serait bouleversée ! Mais qui, de Val ou de Véronika, l'oiseau de feu choisirait-il ? Et ce n'est pas tout : ce que la jeune fille l'ignore, c'est que tous les dresseurs de phénix ne sont pas morts ou emprisonnés. Un petit groupe, retranché dans une forteresse au sommet des montages, poursuit la résistance. Le seul problème ? Ils refusent, désormais, d'entraîner des femmes.


Mon avis :

Deux sœurs diamétralement opposées. L'une un peu naïve, très attachante, dont on suit le périple pour devenir dresseuse de phénix. L'autre reste un mystère, use largement de son pouvoir d'ombremage pour manipuler les humains et fait preuve d'une cruauté sans limite...

Le roman alterne les points de vue de la douce Veronyka, du soldat malgré lui Sev, et des extraits d'écrits historiques sur la guerre qui a mené à la persécution des dresseurs de phénix.
Pourquoi doivent-ils désormais se cacher du gouvernement ? Comment les trouver, rejoindre leurs rangs et enfin pouvoir monter un oiseau de feu ?

Le livre est dense à lire : des points historiques incontournables si l'on veut pouvoir appréhender la pleine mesure du conflit, des explications sur la physiologie, le légendaire des Phénix et leurs rapports avec les humains, plus particulièrement avec leur âme soeur.
Au cœur de cette saga d'heroic fantasy l'histoire de cette jeune fille qui s'oppose à un destin sorti de la fange, qui prend enfin son envol (que ce soit au sens propre comme au figuré) vis à vis de sa sœur qui a tout de la pervers narcissique (mais est-ce réellement le cas ?).

Un peu poussive au début, le temps de rentrer dans l'intrigue, la narration prend peu à peu de l'ampleur, jusqu'à nous offrir une bataille finale épique, extraordinaire, qui donne des frissons, fait pousser des cris de guerre, tire des larmes... On en sort ébahis et ravis par tant de maîtrise littéraire dans l'écriture de combats en trois dimensions.
Il y a des trahisons, des sacrifices inutiles, d'autres héroïques, bref, c'est un régal.

Le twist final que l'on devine assez tôt, mais qui fait plaisir à découvrir en détail, laisse présager une suite aussi spectaculaire que le premier tome...

Posté par Emma666 à 17:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]

06 octobre 2020

Le meilleur coiffeur de Hararé, de Tendai Huchu

Le-meilleur-coiffeur-de-harare

Présentation de l'éditeur :

Vimbai règne sur le salon de coiffure de Mme Khumala, jusqu'au jour où débarque le génial Dumi. Jalousie, colère, et bientôt attirance se succèdent dans cette comédie de classe extraordinairement vivante. Tendai Huchu réussit un portrait magistral et énergique d'un Zimbabwe rongé par la corruption et l'inflation.

« Pour être une coiffeuse prisée, il n'y a qu'un secret : lorsqu'elle quitte le salon, votre cliente doit avoir la sensation d'être Blanche. »

Mon avis :

Quoi de mieux qu'un salon de coiffure pour avoir un ressenti sur un pays africain ?
Ses clientes y ont la langue déliée, les femmes sont entre elles, les ragots vont bon train, même la première dame vient s'y faire coiffer.
Mais dans ce temple du paraître, l'image n'est qu'illusion. La meilleure coiffeuse, celle dont la liste d'attente ne fait que grandir, dont le rêve secret est d'ouvrir son propre salon, réservé uniquement à la crème de la crème, est une mère célibataire, reniée par sa famille.

Dès lors, c'est un pays appauvri par une inflation galopante que l'on découvre. La liberté est un vain mot lorsque l'on se borne à survivre.
Le roman donne quelques fois dans l'humour, mais sous couvert d'une écriture incisive, aborde des questions délicates, comme l'avenir des femmes maltraitées par les hommes, l'homosexualité, la rivalité dans les affaires comme dans l'amour.

Le quotidien y est décrit simplement, sans comparaison avec le reste du monde, ce sont des constatations, les personnages font avec. La chance, autre celle de la naissance, est celle que l'on se construit.
La narratrice parle franchement dans le privé, là où elle n'est que courbettes et compliments dans le salon. C'est un régal de réalisme à lire.

Le meilleur coiffeur de Hararé est une petite pépite à découvrir, tant d'un point de vue littéraire que sociologique, économique, géographique. Il constitue une belle entrée en matière pour les romans africains contemporains.

Posté par Emma666 à 14:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]