La Pause Lecture

20 août 2019

Dernier amour, réalisé par Benoît Jacquot

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Synopsis : 

Au XVIIIe siècle, Casanova, connu pour son goût du plaisir et du jeu, arrive à Londres après avoir dû s’exiler. Dans cette ville dont il ignore tout, il rencontre à plusieurs reprises une jeune courtisane, la Charpillon, qui l’attire au point d’en oublier les autres femmes. Casanova est prêt à tout pour arriver à ses fins mais La Charpillon se dérobe toujours sous les prétextes les plus divers. Elle lui lance un défi, elle veut qu’il l’aime autant qu’il la désire.

Lorsqu'on lit les mémoires de Casanova, cet "échec" dans sa vie de libertin ne fait que passer. Le réalisateur Benoît Jacquot a décidé d'en faire le début de sa chute. Le héros est vieillissant, malgré ses 43 ans, et le regard hébété de Vincent Lindon est bien loin de nous offrir le fastueux virtuose de la séduction auquel on s'attend.
Le film laisse un arrière-goût de décors poussiéreux. L'éclairage est sombre, la musique quelleconque. Et que dire des figurants à l'accent français franchouillard alors qu'ils doivent camper des personnages anglais ?
Seule la magnifique Valéria Golino (à tout jamais Ramada dans Hot Shots ! pour moi) tire son épingle du jeu. Elle est sublime et elle seule peut tenir tête à Vincent Lindon, dans les quelques rares scènes qui resteront en tête.

Au final, Dernier Amour n'est clairement pas à la hauteur du mythe de Casanova, et l'on oubliera bien vite cette molle prestation du grand Lindon !

Le film, édité par Diaphana Edition Video (la page Facebook), sort en DVD et VOD le 20 août 2019.

A retrouver, sur Cinétrafic :

-les films les plus cultes
-autre genre : le meilleur de l'action en 2019

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12 août 2019

Les petites reines, de Clémentine Beauvais

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Présentation de l’éditeur :

A cause de leur physique ingrat, Mireille, Astrid et Hakima ont gagné le "concours de boudins" de leur collège de Bourg-en-Bresse. Distinction qui les rapproche et les décide à s'inviter à la garden-party de l'Elysée. Commence alors une odyssée à vélo, entre galères, disputes, rigolades et remises en question...
Les trois filles dévalent les routes de France, s'improvisent vendeuses de boudins et se régalent de fromages en tout genre...

Mon avis :

Le harcèlement scolaire est un fléau qui touche de nombreux enfants. Ce sujet a été abordé de bien des façons, mais Clémentine Beauvais a choisi de l'attaquer autrement.
Les trois jeunes héroïnes, menées par Mireille, la forte tête, ne veulent pas être des victimes. Elles transforment une humiliation en véritable défi. Elles ont été couronnées ? Eh bien, maintenant, elles vont s'inviter à l'Elysée !

L'écriture de Clémentine Beauvais allie franc-parlé et pétillements littéraires pour offrir un roman à l'opposé de tout ce qui a été vu auparavant.
Mireille est brute de décoffrage mais la justesse de ses observations soulève nombre de questions. L'auto-apitoiement n'est pas de mise, elle fonce dans le tas.
Ses amies ont aussi leur croix à porter, mais l'amitié, l'humour (et un peu l'amour aussi), sauve largement la mise. En fait, peu importe l'issu de leur aventure, le combat est déjà gagné !

En bref, Les petites reines est le livre que bon nombre d'adultes auraient aimé découvrir au collège, et trouver grâce à lui les armes pour se battre contre ce qui a pourri leurs années d'école...

 

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30 juillet 2019

Qui a tué Archimède ? , de Sophie Séronie-Vivien

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Présentation de l’éditeur :

Après de longs mois de siège, la cité de Syracuse vient de tomber aux mains des armées romaines commandées par le consul Marcellus. Alors qu'il a donné l'ordre absolu d'épargner Archimède, physicien, mathématicien et inventeur de génie, Marcellus apprend qu'un légionnaire a assassiné le grand homme. Fou de rage, il suspecte immédiatement un complot organisé par un personnage haut placé.
Il charge son fils Publius de mener l'enquête et autorise Myrrha, l'élève préférée d'Archimède, à le seconder. En échange, elle devra expliquer à Publius la science et les découvertes du savant assassiné.
Ce que Publius et Myrrha ne savent pas, c'est qu'Archimède les observe avec attention, impatient de les voir résoudre l'énigme de sa mort... Une plongée dans l'Antiquité, à la rencontre d'un savant hors normes.

Mon avis :

Allier histoire, sciences, avec une enquête policière, le tout dans un roman à destination des plus jeunes, n'est pas chose aisée.
Sophie Séronie-Vivien, enseignante-chercheuse et biologiste médicale relève le défi en offrant une intrigue passionnante, qui soulève encore nombre de questions depuis des siècles : la mort d'Archimède n'était-elle qu'un simple "incident", une exécution par un soldat trop zélé pendant le siège de Syracuse ?

L'auteur dénoue les fils entremêlés de ce mystère grâce à l'introductions de personnages imaginaires, un adolescent romain attachant et une jeune fille savante, qui vont livrer aux lecteurs un peu de science et beaucoup d'aventures.
L'écriture fluide riche en éléments historiques et techniques fait facilement oublier le seul petit bémol du roman : depuis quand confie-t-on une enquête à des enfants que l'on prend difficilement au sérieux ?

Au final, Qui a tué Archimède est une belle introduction au travail de ce savant qui a laissé bien plus qu'un héritage de levier et de la célèbre exclamation "Eureka !".

A découvrir, dans le reste de la collection des Savantissimes :

- Darwin et sa théorie de l’évolution (encore controversée aujourd’hui par bon nombre d’ignares, comme par exemple les platistes)
- Le boulot formidable de Marie Curie (exceptionnel pour une femme, polonaise en plus de ça... dixit les ignares précédemment cités)
- Alexander Fleming qui a sauvé bien des vies en demandant aux gens de se laver les mains (à lire en période de gastro-entérite, merci)
- Ada Lovelace et les prémices du langage informatique (qui a détrôné le poinçonneur des Lilas)

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03 juillet 2019

Celle que vous croyez, réalisé par Safy Nebbou

 

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Synopsis :

Pour épier son amant Ludo, Claire Millaud, 50 ans, crée un faux profil sur les réseaux sociaux et devient Clara une magnifique jeune femme de 24 ans. Alex, l’ami de Ludo, est immédiatement séduit. Claire, prisonnière de son avatar, tombe éperdument amoureuse de lui. Si tout se joue dans le virtuel, les sentiments sont bien réels. Une histoire vertigineuse où réalité et mensonge se confondent.


J'avais été charmée par le précédent film de Safy Nebbou, Dans les forêts de Sibérie. Peut-être était-ce grâce à Raphaël Personnaz, peut-être était-ce à cause du paysage et de sa musique.

Ici, le scénario est tout autre, exit la poésie de vivre en solitaire dans le blanc absolu, on plonge dans un Paris non "carte-postalesque" pour suivre le faux parcours amoureux d'une quinquagénaire larguée.
De Juliette Binoche, on se rappelle Le Chocolat ou Le Patient Anglais, et plus tard, on reste charmés par sa classe et sa prestance. Et bien, pour Celle que vous croyez, elle bouscule toute l'image d'elle que l'on a laissé sur un piédestal. Elle fait peine à voir, mal coiffée, pas maquillée, mal fringuée, larguée par son mari, son jeune amant, par tout ce qui l'entoure.
Quant à François Civil, on entend d'abord sa voix (son casting s'est d'ailleurs basé sur cela, le réalisateur ne le regardant pas pendant qu'il lisait son texte), et il faudra attendre la dernière partie du film pour le voir.

Si le réalisateur abuse des plans en drône, il varie avec des gros plans sublimés par une lumière qui affirme l'âge de l'héroïne, tout en lui donnant une beauté diaphane saisissante. A nouveau, Safy Nebbou a embauché Ibrahim Maalouf pour la bande-originale de Celle que vous croyez, une musique qui a ce je-ne-sais-quoi qui vous laisse le goût d'y revenir, vous savez, quand vous vous dites : "elle est superbe, cette musique !". Après, quand vous apprenez que c'est Ibrahim Maalouf qui l'a composée, vous comprenez votre coup de coeur !

Au final, le thème du film est bien loin d'une comédie romantique et flirte plutôt avec le thriller, malgré quelques scènes pourtant hilarantes. Le résultat est troublant, et le visionnage devient addictif, malgré une fin bizarre. On a l'impression que l'auteur du roman ne savait pas comment conclure et a balancé sur le papier les trois possibiltés ("nan, ça c'est trop facile... ça c'est trop tragique...").

Dans le making of du film, vous pourrez voir que l'ambiance du tournage est à l'opposée du film, bon enfant et drôle pour tourner un drame. Juliette Binoche avait déjà eu comme partenaire, il y a quelques années, François Civil, cette fois-ci dans le rôle de son fils. Pour rehausser cette impression d'anonymat, les deux acteurs ne se sont pas vus avant de tourner leur toute première scène (in real life) ensemble. Celui qui jouait désormais son amant avait dû se cacher pendant toute la première partie du tournage pour échapper au regard de sa partenaire.

Celle que vous croyez confirme le travail minutieux et magnifique de Safy Nebbou, qui a offert à Juliette Binoche l'un de ses plus beaux rôles...

Le film, édité par Diaphana Edition Video (la page Facebook),  est sorti en DVD, Blu-Ray et VOD le 2 juillet.

A retrouver sur Cinétrafic :

-les meilleurs films récents déjà cultes
-dans un autre genre, les films d'angoisse adorés du public

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Le roman de Chambord, de Xavier Patier

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Présentation de l’éditeur :

Chambord, dont la première pierre a été posée il y a 500 ans, est un lieu hors du temps, familier et pourtant inconnu. Depuis cinq siècles, le château de Chambord est le personnage principal d'une histoire tour à tour tumultueuse ou discrète.
De la « petite bande » de François Ier aux battues présidentielles de Giscard d'Estaing, en passant par les folies du maréchal de Saxe et les séjours de Louis XIV et de Molière, l'endroit a accueilli de grands noms et de grands moments. Il reste, de manière souterraine, à travers les générations et les régimes, un carrefour des passions françaises, et l'illustration d'étranges continuités.


Mon avis :

Chambord fête cette année ses 500 ans. Bâti par François Ier, les travaux ont commencé en 1519.
Le roman de Chambord ne se contente pas de narrer uniquement sa naissance, ni le seul château. Xavier Patier poursuit le récit, à travers l'histoire de France, de la bâtisse et des jardins et forêts qui l'entourent. Les rois se sont succédés, ne sachant que faire de cette prouesse architecturale.
Les amoureux de la chasse y ont d'abord vu un paradis, puis la gestion du gibier, des bois et du mur qui les enfermaient a transformé le rêve en cauchemar.

Malgré le gouffre financier qu'il représentait et le calvaire que représentaient ses régulières rénovations, le château n'a pas été abandonné, ou saccagé (légèrement pillé lors de la révolution ou de l'occupation allemande, à la rigueur).

Le livre de Xavier Patier est un roman de l'histoire de France, de ses rois et présidents, et surtout celle, beaucoup plus discrète, de la chasse.
Chambord est une demeure qui ne s'est pas éteinte avec François Ier et qui revit les heures les plus sombres comme les plus belles de l'histoire car à une écriture précise, lyrique, souvent humoristique de celui qui l'a administré ces dernières années.

Les amoureux d'histoire, les fervents royalistes comme les simples curieux y trouveront une mine d'informations sur ses murs, ses arbres et sa faune (aristocratique ou non).

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02 juillet 2019

Les Mystères du Trône de Fer, par Thierry Soulard

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Présentation de l’éditeur :

"Les mots sont du vent"
C'est une phrase qui peu à peu s'installe entre les pages de la saga de George R.R. Martin, Le Trône de Fer. On la retrouve aussi bien dans la bouche de Tyrion Lannister que de Daenerys Targaryen ou de Jon Snow, dans des contextes très différents. Mais sous la plume de George R.R. Martin, cette expression devient indice. Les mots sont du vent, c'est le rappel que les mots sont magiques, car polysémiques. Chargés de sens, mais de sens multiples et changeants.
Avant d'être un monde de dragons, de complots et de trahisons, l'univers de Trône de Fer est un monde de mots. Décrypter ces mots, et les multiples indices littéraires laissés par George R.R. Martin, permet de mieux comprendre les intrigues du livre et la portée de l'oeuvre.
George R.R. Martin est-il vraiment un écrivain à l'imagination fertile mais au style basique, comme on le croit trop souvent? Comment a-t-il fait pour captiver autant de lecteurs avec des mots d'apparence si simples?
Des procédés littéraires de l'auteur culte aux différentes théories qui en découlent, Les Mystères du Trône de Fer est un ouvrage incontournable pour comprendre pourquoi et comment George R.R. Martin a révolutionné l'écriture et la littérature de fantasy.


Mon avis :

Comme le titre l'indique, {Les mystères du trône de fer} est avant tout un essai sur les phrases de la saga de G.R.R. Martin, et leur sens caché.
Les mots aux multiples significations (l'insulte peut se révéler être en fait un compliment) sont ici décortiqués. Les chants, les descriptions, les légendes et les prophéties, tout est passé au crible par Thierry Soulard.

Le travail de recherche est énorme, et ce n'est ni à la première lecture de cette oeuvre de fantasy, ni même à la deuxième que l'on peut envisager de tout comprendre. Dès lors, le néophyte comprend l'étendue de son ignorance, et peut être totalement perdu face à l'ampleur de cette aventure.

Ce choix d'approcher Le Trône de Fer par ce gigantesque commentaire composé est peut-être à destination des passionnés des romans, aux fans "hardcore" qui aiment se délecter des énigmes littéraires denses, même si de nombreux encarts font référence à la série télé.
Le personnage principal de ce livre est le mot avant tout et l'ouvrage de Thierry Soulard se concentre essentiellement dessus, livrant de nombreuses théories (certaines étant désormais avérées, d'autres pas encore) sur les personnages de la saga. Il s'est concentré sur des détails anodins pour beaucoup de lecteurs et a mis en lumière ce qui était jusqu'à présent sous nos yeux et pourtant caché...

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29 mai 2019

Fucking Business, de Do Raze

 

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Présentation de l’éditeur

Bleu est ce qu'on appelle un tueur à gage corporate.
Bleu tue pour une organisation secrète qui a pour seul objectif de maintenir son pouvoir sur le monde. Trop talentueuses, trop avant-gardistes, trop dangereuses pour l'oligarchie, les victimes sont sacrifiées sur l'autel du capitalisme.
Mais alors qu'il se prépare à éliminer sa trente-cinquième victime, son monde si bien organisé se met à vaciller.


Mon avis :

Lorsque la mort d'un cadre supérieur, voire d'un PDG, arrange bien les affaires de son concurrent, n'y voyez pas une simple coïncidence. Peut-être que les dés ont été truqués et que cette mort est l'oeuvre d'un tueur à gage corporate.
La spécialité de Blue, le narrateur de l'histoire, n'est pas d'avoir un nom de code obscur. Tous ceux qui travaillent pour l'agence, après avoir fait un long apprentissage auprès de leur mentor, laissent derrière eux le statut de Shadow pour se choisir un nouveau nom.
Blue a choisit de ne pas tuer ses victimes. Il préfère la non-violence corporelle en les détruisant socialement, professionnellement, ou mentalement.

Quand son nouveau contrat arrive (une fervente écolo à descendre), Blue s'attaque à elle de la pire façon qui soit. Il la séduit pour mieux la briser par la suite.
Le héros peut alors passer pour ignoble aux yeux du lecteur, mais un rebondissement inattendu le frappe. La mort réelle de sa proie par une main extérieure le fait "disparaître" aux yeux de ses commanditaires.

Sous des dehors classiques, Fucking Business tente de renouveler le genre du tueur à gages. L'auteur, spécialiste de l'image publique sait de quoi elle parle quand elle écrit qu'il y a plusieurs façon de "tuer" quelqu'un.
Dans le roman, c'est la société politique et économique qui est mise à mal. Tous les travers les plus sombres de ces "grosses têtes" est mis au pilori.
Si Blue n'est pas un personnage vraiment attachant, c'est l'ambiance du récit qui attire le lecteur, une page après l'autre.

L'écriture est simple, nette, comme pourrait l'être le travail d'un tueur à gages.
Malgré cet esprit d'innovation, les descriptions organisationnelles de l'agence et le côté très graphique des personnages et de l'univers sont proches d'une production John Wick ou Kingsmen. L'humour en moins, par contre.
Le sérieux avec lequel le narrateur parle du choix de son nom de code ou du recrutement de son successeur peut par contre faire grimacer le lecteur pour cette espèce de naïveté qui s'en dégage.
La conclusion est précipité, on pourrait même dire bâclée et laisse interrogateur, mais l'ensemble du roman et l'univers développé laisse toutefois un bon ressenti.

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28 mai 2019

Chambord, 1519-2019 : l'utopie à l'œuvre

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Présentation de l’événement :

Dans le cadre des célébrations de son 500ème anniversaire, le Domaine national de Chambord propose au public une exposition exceptionnelle, la plus importante de son histoire, sur un sujet inédit : Chambord au passé et au futur.


Mon avis :

Le Château de Chambord fête ses 500 ans cette année. Vous y êtes peut-être allés avec votre école, quand vous étiez jeunes, ou avec vos parents, dans le cadre d'un périple à la découverte des Châteaux de la Loire. Et vous n'avez probablement retenu que deux choses alors : les pièces sont vides, et il y a un énorme escalier double au milieu.

Alors il est temps de profiter de cette incroyable longévité sans heurts ni réelles modifications pour replonger dans la grande aventure historique française.

Comme tout roi de France qui se respecte, François Ier voulait se construire un château qui serait à l'image de ce qu'il souhaite pour son royaume.
Passionné d'architecture, il a lui même dessiné de nombreuses planches qui allaient guider les bâtisseurs dans leur travail. Pour l'aider dans sa quête de la perfection, il a fait appel au plus grand génie de l'époque, Léonard de Vinci. Malheureusement, celui-ci est mort avant d'avoir commencé le chantier, ne laissant derrière que des croquis de construction elliptique, mouvement qui le fascinait à ce moment-là.
C'est ainsi que le donjon et son magistral escalier à double hélice est né.
Tout le reste a été construit autour, et les cheminées de Chambord se sont élevées vers le ciel.

L'exposition Chambord, 1519-2019 : l'utopie à l'œuvre retrace cette épopée architecturale en offrant au public la possibilité d'admirer les plans initiaux du Château, les dessins de Léonard de Vinci, ainsi que des incunables échappés de la bibliothèque personnelle de François Ier, comme le livre Utopie, de Thomas More, ou un manuscrit de la Kabale.

Mais peut-on parler d'utopie sans aborder la question du futur ?
Chambord a lancé un défi aux laboratoires architecturaux d'université du monde entier. Versailles, Tokyo, Mexico (qui a d'ailleurs remporté le prix) et bien d'autres ont proposé un projet de innovation utopique du château. Écologie, politique, social, et même post-apocalyptique se mêlent pour offrir une vision nouvelle des lieux.

Et enfin, pour les plus jeunes visiteurs, des cabinets de découvertes jalonnent le parcours de l'exposition pour qu'ils puissent s'initier au métier de bâtisseur, découvrir leurs blasons de futur rois ou reines, ou les faits d'armes de François Ier.

Pour ses 500 ans, Chambord donne donc une belle leçon d'histoire... et de futur.


Informations pratiques

Exposition « Chambord, 1519-2019 : l’utopie à l’œuvre »
Du 26 mai au 1er septembre 2019
2ème étage du château de Chambord
Accès compris avec l’entrée du château et des jardins à la française
Gratuit jusqu’à 26 ans (ressortissants de l’Union européenne)  

Tarifs :
Plein tarif : 14,50 € (château + jardins)
Tarif réduit : 12 € (présentation d’un justificatif obligatoire)

Scénographie :
Agence Nathalie Crinière (Paris)
Commissariat : Dominique Perrault, Roland Schaer
Commissaires associés : Yannick Mercoyrol, Virginie Berda

Site Internet du château de Chambord : https://www.chambord.org/fr/

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20 mai 2019

Entretiens avec Pierre Bordage, d'Alexandre Sargos

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Présentation de l’éditeur :

Ecrivain majeur à l'influence immense, auteur de plus de soixante livres en près de trente ans, plusieurs fois lauréat de tous les prix de l'Imaginaire, Pierre Bordage est un formidable conteur qui, depuis ses premiers romans, interroge l'humanité et lui ouvre de nouvelles perspectives. Jusqu'à se faire visionnaire, écrivain chaman. Ecriture, inspiration, spiritualité, religions, amour, érotisme, mort, intelligence artificielle, transhumanisme, révolutions, guerre, violence, art... Pour la première fois, il se met à nu avec générosité et liberté de penser. Une philosophie de vie autant qu'un entretien captivant sur la littérature.


Mon avis :

Si l'on est captivé par la science-fiction, il est nécessaire de s'éloigner un peu de la production anglo-saxone pour découvrir les classiques francophones. Parmi les plus connus, il y a le regretté Ayerdhal, Gérard Klein (non, pas l'instit', Stefan Wul (à qui l'on doit le magistral Niourk), Roland C. Wagner, Pierre Boulle et ses singes. Et surtout, celui par qui tout a commencé pour la plupart d'entre nous... Jules Verne.
Face à l'absolutisme des américains ou la loufoquerie des Anglais, les français font office de gentils hippies. C'est pour cela qu'un recueil d'entretiens avec l'un des auteurs plus emblématiques est bienvenu pour découvrir son impressionnant travail et ce qui a fait l'écrivain qu'il est aujourd'hui.

Le lecteur plonge dans le quotidien de Pierre Bordage grâce à Alexandre Sargos qui l'a d'abord croisé lors de salons, en tant que fan, puis s'est invité chez lui plusieurs fois, cette fois-ci dans un cadre plus "journalistique".
On apprécie immédiatement le franc-parler et la convivialité de l'auteur qui se livre totalement, sans laisser son interlocuteur dans le flou, le mensonge ou le secret.

Alimenté par ses nombreux voyages, notamment un long séjour en Inde, la découverte, l'apprentissage et ensuite l'enseignement du yoga, c'est tout naturellement que la plupart de ses romans abordent la science-fiction dans le cadre d'un questionnement philosophique. Les héros sont pour la plupart à la recherche d'un "moi" idéal, au coeur d'un monde qui est encore loin de l'être...

La sexualité, la religion, la politique, ses amis écrivains, même le féminisme ont droit à un chapitre. Si certains propos pourraient choquer, d'autres sont d'un réalisme dérangeant.
Un tel cheminement de pensée ne pouvait donner que des romans marquants, parfois cyniques, mais laissant toujours à réfléchir.

Au final, Entretiens avec Pierre Bordage, à défaut d'être un manuel du parfait écrivain, est un voyage au coeur de ce qui constitué une collection impressionnante de romans visionnaires...

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The Dead don't die, de Jim Jarmusch

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Présentation officielle :

Dans la sereine petite ville de Centerville, quelque chose cloche. La lune est omniprésente dans le ciel, la lumière du jour se manifeste à des horaires imprévisibles et les animaux commencent à avoir des comportements inhabituels. Personne ne sait vraiment pourquoi. Les nouvelles sont effrayantes et les scientifiques sont inquiets. Mais personne ne pouvait prévoir l’évènement le plus étrange et dangereux qui allait s’abattre sur Centerville : THE DEAD DON’T DIE – les morts sortent de leurs tombes et s’attaquent sauvagement aux vivants pour s’en nourrir. La bataille pour la survie commence pour les habitants de la ville.   


Mon avis :

La mode est aux films de genre en ce moment. Beaucoup parlent, sous couvert de l'horreur, de sujets de société, comme Get Out, avec le racisme, ou Grave, sur les questions de véganisme.

Jim Jarmusch, lui, a décidé de prendre le contre-courant de ce nouveau mouvement. Il a voulu rendre hommage aux classiques, que ce soit dans l'épouvante, la science-fiction ou le cinéma d'auteur.

Pour mettre en scène un scénario loin d'être original, il s'est entouré des acteurs les plus appréciés dans leur cercles respectifs : Bill Murray, toute génération confondu, Adam Driver, vu dans Starwars, apprécié dans Girls, Chloé Sévigny, qui a fait peur aux spectateurs plus d'une fois, Selena Gomez, pour les plus jeunes fans, Tilda Swinton, qui a déjà tourné avec le réalisateur et qui n'a pas peur de choisir des projets novateurs...

Malheureusement, On ne peut pas dire que le résultat soit à la hauteur de l'aventure promise. L'histoire et son dénouement est tout à fait digne des nanars les plus hilarants possibles. Jim Jarmusch en a créé le rendu rocambolesque et absurde, c'est un choix particulier, mais c'était totalement délibéré.

La direction d'acteur est floue, voire totalement inexistante dans certaines scènes. Bill Murray et Adam Driver se sont lancé dans de nombreuses improvisations, mais visiblement, ce n'est pas un exercice à la portée de tous. Les dialogues donnent alors dans le comique de répétition ("ça va mal se finir", répété une dizaine de fois).
A l'instar du réussi Deadpool, le scénario brise le quatrième mur, mais ne se concentre finalement que sur deux légers détails (la musique du film et le script succinct remis aux comédiens).
Que dire de la prestation des acteurs ? Eh bien, croyez-le ou nom, mis à part Tilda Swinton (qui est parfaite dans tout ce qu'elle incarne), c'est Selena Gomez qui a rendu le meilleur travail !
Bill Murray et Adam Driver sont totalement amorphes là où Chloé Sévigny surjoue les pleureuses paniquées.

La déception aurait pu s'arrêter là, si Jim Jarmusch ne nous avait pas pris pour des simplets à qui l'on fait une démonstration.
Certains clins d'oeil ressemblent plutôt à des hurlements à l'oreille des spectateurs (comme le porte-clefs starwars d'Adam Driver, remarqué, montré du doigt et commenté par Tilda Swinton), les leçons de morale sont dignes d'un livre d'apprentissage (l'alcool c'est mal, les téléphones portables nous transforment en zombies, le raciste mourra dans d'atroces souffrance).

En bref The dead don't die est un réel gâchis de compétences et un investissement démesuré honteux pour un tel résultat.
Mais le film plaira sans doute aux hipsters affamés de contre-culture "indie" qui y verront un chef d’œuvre incompris...

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