La Pause Lecture

29 mai 2019

Fucking Business, de Do Raze

 

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Présentation de l’éditeur

Bleu est ce qu'on appelle un tueur à gage corporate.
Bleu tue pour une organisation secrète qui a pour seul objectif de maintenir son pouvoir sur le monde. Trop talentueuses, trop avant-gardistes, trop dangereuses pour l'oligarchie, les victimes sont sacrifiées sur l'autel du capitalisme.
Mais alors qu'il se prépare à éliminer sa trente-cinquième victime, son monde si bien organisé se met à vaciller.


Mon avis :

Lorsque la mort d'un cadre supérieur, voire d'un PDG, arrange bien les affaires de son concurrent, n'y voyez pas une simple coïncidence. Peut-être que les dés ont été truqués et que cette mort est l'oeuvre d'un tueur à gage corporate.
La spécialité de Blue, le narrateur de l'histoire, n'est pas d'avoir un nom de code obscur. Tous ceux qui travaillent pour l'agence, après avoir fait un long apprentissage auprès de leur mentor, laissent derrière eux le statut de Shadow pour se choisir un nouveau nom.
Blue a choisit de ne pas tuer ses victimes. Il préfère la non-violence corporelle en les détruisant socialement, professionnellement, ou mentalement.

Quand son nouveau contrat arrive (une fervente écolo à descendre), Blue s'attaque à elle de la pire façon qui soit. Il la séduit pour mieux la briser par la suite.
Le héros peut alors passer pour ignoble aux yeux du lecteur, mais un rebondissement inattendu le frappe. La mort réelle de sa proie par une main extérieure le fait "disparaître" aux yeux de ses commanditaires.

Sous des dehors classiques, Fucking Business tente de renouveler le genre du tueur à gages. L'auteur, spécialiste de l'image publique sait de quoi elle parle quand elle écrit qu'il y a plusieurs façon de "tuer" quelqu'un.
Dans le roman, c'est la société politique et économique qui est mise à mal. Tous les travers les plus sombres de ces "grosses têtes" est mis au pilori.
Si Blue n'est pas un personnage vraiment attachant, c'est l'ambiance du récit qui attire le lecteur, une page après l'autre.

L'écriture est simple, nette, comme pourrait l'être le travail d'un tueur à gages.
Malgré cet esprit d'innovation, les descriptions organisationnelles de l'agence et le côté très graphique des personnages et de l'univers sont proches d'une production John Wick ou Kingsmen. L'humour en moins, par contre.
Le sérieux avec lequel le narrateur parle du choix de son nom de code ou du recrutement de son successeur peut par contre faire grimacer le lecteur pour cette espèce de naïveté qui s'en dégage.
La conclusion est précipité, on pourrait même dire bâclée et laisse interrogateur, mais l'ensemble du roman et l'univers développé laisse toutefois un bon ressenti.

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28 mai 2019

Chambord, 1519-2019 : l'utopie à l'œuvre

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Présentation de l’événement :

Dans le cadre des célébrations de son 500ème anniversaire, le Domaine national de Chambord propose au public une exposition exceptionnelle, la plus importante de son histoire, sur un sujet inédit : Chambord au passé et au futur.


Mon avis :

Le Château de Chambord fête ses 500 ans cette année. Vous y êtes peut-être allés avec votre école, quand vous étiez jeunes, ou avec vos parents, dans le cadre d'un périple à la découverte des Châteaux de la Loire. Et vous n'avez probablement retenu que deux choses alors : les pièces sont vides, et il y a un énorme escalier double au milieu.

Alors il est temps de profiter de cette incroyable longévité sans heurts ni réelles modifications pour replonger dans la grande aventure historique française.

Comme tout roi de France qui se respecte, François Ier voulait se construire un château qui serait à l'image de ce qu'il souhaite pour son royaume.
Passionné d'architecture, il a lui même dessiné de nombreuses planches qui allaient guider les bâtisseurs dans leur travail. Pour l'aider dans sa quête de la perfection, il a fait appel au plus grand génie de l'époque, Léonard de Vinci. Malheureusement, celui-ci est mort avant d'avoir commencé le chantier, ne laissant derrière que des croquis de construction elliptique, mouvement qui le fascinait à ce moment-là.
C'est ainsi que le donjon et son magistral escalier à double hélice est né.
Tout le reste a été construit autour, et les cheminées de Chambord se sont élevées vers le ciel.

L'exposition Chambord, 1519-2019 : l'utopie à l'œuvre retrace cette épopée architecturale en offrant au public la possibilité d'admirer les plans initiaux du Château, les dessins de Léonard de Vinci, ainsi que des incunables échappés de la bibliothèque personnelle de François Ier, comme le livre Utopie, de Thomas More, ou un manuscrit de la Kabale.

Mais peut-on parler d'utopie sans aborder la question du futur ?
Chambord a lancé un défi aux laboratoires architecturaux d'université du monde entier. Versailles, Tokyo, Mexico (qui a d'ailleurs remporté le prix) et bien d'autres ont proposé un projet de innovation utopique du château. Écologie, politique, social, et même post-apocalyptique se mêlent pour offrir une vision nouvelle des lieux.

Et enfin, pour les plus jeunes visiteurs, des cabinets de découvertes jalonnent le parcours de l'exposition pour qu'ils puissent s'initier au métier de bâtisseur, découvrir leurs blasons de futur rois ou reines, ou les faits d'armes de François Ier.

Pour ses 500 ans, Chambord donne donc une belle leçon d'histoire... et de futur.


Informations pratiques

Exposition « Chambord, 1519-2019 : l’utopie à l’œuvre »
Du 26 mai au 1er septembre 2019
2ème étage du château de Chambord
Accès compris avec l’entrée du château et des jardins à la française
Gratuit jusqu’à 26 ans (ressortissants de l’Union européenne)  

Tarifs :
Plein tarif : 14,50 € (château + jardins)
Tarif réduit : 12 € (présentation d’un justificatif obligatoire)

Scénographie :
Agence Nathalie Crinière (Paris)
Commissariat : Dominique Perrault, Roland Schaer
Commissaires associés : Yannick Mercoyrol, Virginie Berda

Site Internet du château de Chambord : https://www.chambord.org/fr/

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20 mai 2019

Entretiens avec Pierre Bordage, d'Alexandre Sargos

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Présentation de l’éditeur :

Ecrivain majeur à l'influence immense, auteur de plus de soixante livres en près de trente ans, plusieurs fois lauréat de tous les prix de l'Imaginaire, Pierre Bordage est un formidable conteur qui, depuis ses premiers romans, interroge l'humanité et lui ouvre de nouvelles perspectives. Jusqu'à se faire visionnaire, écrivain chaman. Ecriture, inspiration, spiritualité, religions, amour, érotisme, mort, intelligence artificielle, transhumanisme, révolutions, guerre, violence, art... Pour la première fois, il se met à nu avec générosité et liberté de penser. Une philosophie de vie autant qu'un entretien captivant sur la littérature.


Mon avis :

Si l'on est captivé par la science-fiction, il est nécessaire de s'éloigner un peu de la production anglo-saxone pour découvrir les classiques francophones. Parmi les plus connus, il y a le regretté Ayerdhal, Gérard Klein (non, pas l'instit', Stefan Wul (à qui l'on doit le magistral Niourk), Roland C. Wagner, Pierre Boulle et ses singes. Et surtout, celui par qui tout a commencé pour la plupart d'entre nous... Jules Verne.
Face à l'absolutisme des américains ou la loufoquerie des Anglais, les français font office de gentils hippies. C'est pour cela qu'un recueil d'entretiens avec l'un des auteurs plus emblématiques est bienvenu pour découvrir son impressionnant travail et ce qui a fait l'écrivain qu'il est aujourd'hui.

Le lecteur plonge dans le quotidien de Pierre Bordage grâce à Alexandre Sargos qui l'a d'abord croisé lors de salons, en tant que fan, puis s'est invité chez lui plusieurs fois, cette fois-ci dans un cadre plus "journalistique".
On apprécie immédiatement le franc-parler et la convivialité de l'auteur qui se livre totalement, sans laisser son interlocuteur dans le flou, le mensonge ou le secret.

Alimenté par ses nombreux voyages, notamment un long séjour en Inde, la découverte, l'apprentissage et ensuite l'enseignement du yoga, c'est tout naturellement que la plupart de ses romans abordent la science-fiction dans le cadre d'un questionnement philosophique. Les héros sont pour la plupart à la recherche d'un "moi" idéal, au coeur d'un monde qui est encore loin de l'être...

La sexualité, la religion, la politique, ses amis écrivains, même le féminisme ont droit à un chapitre. Si certains propos pourraient choquer, d'autres sont d'un réalisme dérangeant.
Un tel cheminement de pensée ne pouvait donner que des romans marquants, parfois cyniques, mais laissant toujours à réfléchir.

Au final, Entretiens avec Pierre Bordage, à défaut d'être un manuel du parfait écrivain, est un voyage au coeur de ce qui constitué une collection impressionnante de romans visionnaires...

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The Dead don't die, de Jim Jarmusch

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Présentation officielle :

Dans la sereine petite ville de Centerville, quelque chose cloche. La lune est omniprésente dans le ciel, la lumière du jour se manifeste à des horaires imprévisibles et les animaux commencent à avoir des comportements inhabituels. Personne ne sait vraiment pourquoi. Les nouvelles sont effrayantes et les scientifiques sont inquiets. Mais personne ne pouvait prévoir l’évènement le plus étrange et dangereux qui allait s’abattre sur Centerville : THE DEAD DON’T DIE – les morts sortent de leurs tombes et s’attaquent sauvagement aux vivants pour s’en nourrir. La bataille pour la survie commence pour les habitants de la ville.   


Mon avis :

La mode est aux films de genre en ce moment. Beaucoup parlent, sous couvert de l'horreur, de sujets de société, comme Get Out, avec le racisme, ou Grave, sur les questions de véganisme.

Jim Jarmusch, lui, a décidé de prendre le contre-courant de ce nouveau mouvement. Il a voulu rendre hommage aux classiques, que ce soit dans l'épouvante, la science-fiction ou le cinéma d'auteur.

Pour mettre en scène un scénario loin d'être original, il s'est entouré des acteurs les plus appréciés dans leur cercles respectifs : Bill Murray, toute génération confondu, Adam Driver, vu dans Starwars, apprécié dans Girls, Chloé Sévigny, qui a fait peur aux spectateurs plus d'une fois, Selena Gomez, pour les plus jeunes fans, Tilda Swinton, qui a déjà tourné avec le réalisateur et qui n'a pas peur de choisir des projets novateurs...

Malheureusement, On ne peut pas dire que le résultat soit à la hauteur de l'aventure promise. L'histoire et son dénouement est tout à fait digne des nanars les plus hilarants possibles. Jim Jarmusch en a créé le rendu rocambolesque et absurde, c'est un choix particulier, mais c'était totalement délibéré.

La direction d'acteur est floue, voire totalement inexistante dans certaines scènes. Bill Murray et Adam Driver se sont lancé dans de nombreuses improvisations, mais visiblement, ce n'est pas un exercice à la portée de tous. Les dialogues donnent alors dans le comique de répétition ("ça va mal se finir", répété une dizaine de fois).
A l'instar du réussi Deadpool, le scénario brise le quatrième mur, mais ne se concentre finalement que sur deux légers détails (la musique du film et le script succinct remis aux comédiens).
Que dire de la prestation des acteurs ? Eh bien, croyez-le ou nom, mis à part Tilda Swinton (qui est parfaite dans tout ce qu'elle incarne), c'est Selena Gomez qui a rendu le meilleur travail !
Bill Murray et Adam Driver sont totalement amorphes là où Chloé Sévigny surjoue les pleureuses paniquées.

La déception aurait pu s'arrêter là, si Jim Jarmusch ne nous avait pas pris pour des simplets à qui l'on fait une démonstration.
Certains clins d'oeil ressemblent plutôt à des hurlements à l'oreille des spectateurs (comme le porte-clefs starwars d'Adam Driver, remarqué, montré du doigt et commenté par Tilda Swinton), les leçons de morale sont dignes d'un livre d'apprentissage (l'alcool c'est mal, les téléphones portables nous transforment en zombies, le raciste mourra dans d'atroces souffrance).

En bref The dead don't die est un réel gâchis de compétences et un investissement démesuré honteux pour un tel résultat.
Mais le film plaira sans doute aux hipsters affamés de contre-culture "indie" qui y verront un chef d’œuvre incompris...

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19 mai 2019

C'est lundi aujourd'hui, de Sytske Van Koeveringe

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Présentation de l’éditeur :

Julia, trente ans à peine, est une jeune femme solitaire qui gagne sa vie en faisant des ménages. En pénétrant dans leurs maisons, leurs appartements, elle se confronte à une galerie de personnages singuliers dont elle va observer les habitudes et les âmes à mesure qu'elle nettoie leurs intérieurs. Mais elle va aussi perdre pied. Pourquoi ne pas prendre possession de la baignoire de l'appartement 61, du salon de la 122-D, se nourrir quasi exclusivement de chips chipées ou déguster une bouteille de rosé sur une terrasse qui ne lui appartient pas ?


Mon avis :

Julia était aspirant écrivain. Elle suivait même des cours de création littéraire, quand elle a tout laissé tomber du jour au lendemain après une rupture. Elle prend alors un travail de femme de ménage pour subvenir à ses besoins.
Rien ne laisse transparaître dans son comportement, rien ne peut expliquer pourquoi elle ne dort que deux ou trois heures par nuit, boit beaucoup trop de vin, et joue les pickpockets chez ses clients. Elle est aussi aseptisée que les surfaces qu'elle nettoie tous les jours.

Les portraits de nombreux personnages, établis par des chapitres courts et rythmés par ses journées de travail, titrés selon les adresses des appartements qu'elle visite, sont ciselés et directs. Pas de fioriture ni d'attachement à la personne. C'est l'intérieur qui importe, le reflet de ce qu'ils sont à l'intérieur.

C'est lundi aujourd'hui est une chronique de notre siècle à travers les yeux d'une femme de ménage au bord du burn-out, celle qui voit tout, celle qui soigne parfois, celle qui tente de trouver son chez-soi quelque part.
Julia est de ceux qui ont besoin d'envahir l'espace des autres pour se trouver. Elle le fait par le ménage (nettoyer, jeter des choses et réarranger), mais également par l'écriture, la création. Mais elle est épuisée physiquement, et n'a pas encore réussi à se construire émotionnellement.

Voici un roman de cheminement psychologique dont on ne sortira pas indemne, qui nous interrogera sur notre rapport au travail, à notre décoration et à la manière dont on perçoit notre maison : cocon, havre de paix, capharnaüm où l'on aime se perdre ? Notre univers ne se définit-il qu'à ça ?

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13 mai 2019

Du Sang sur les Mains, de Matt Kindt

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Présentation officielle :

À Diablerouge, à la frontière avec le Canada, dans les années 1960, le célèbre Inspecteur Gould se trouve confronté à une vague de criminels singuliers sévissant dans sa ville : une voleuse de chaises proustiennes, un pickpocket amnésique, un Don Juan aux mille visages… Saura-t-il résoudre toutes ces affaires ? Décèlera-t-il les liens entre elles ? Comprendra-t-il que, dans l’ombre, un être diabolique arme patiemment un piège destiné à l’anéantir, lui et ses idéaux?

Mon avis :

Dans la sélection du prix SNCF Polar 2019, cette bande-dessinée peut faire figure d'ovni.
C'est un concept à sketches, où l'on suit les diverses affaires aussi différentes et spectaculaires les unes que les autres. Les aboutissants sont incompréhensibles jusqu'à ce que la toile finale, la manipulation dont est victime le héros se dévoile...

Lorsque un scénario est aussi alambiqué, le choix artistique est difficile. Ici, le trait de construction est souvent visible, les premiers plans sont saturés alors que la scène à décrypter est diffuse.
Les mises en pages à vignette laissent de temps en temps la place à des en-cars de journaux ou des illustrations pleine page.
Le dessin, à l'instar du classique polar noir, se veut aussi vintage que ses personnages et le décor dans lequel ils évoluent. On se prend à reconnaître, le temps d'une image une ambiance à la Edward Hopper.

Au final, Du sang sur les mains est un bel hommage aux vieux detective comics, où l'humeur est sombre, mais l'intrigue colorée.

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11 mai 2019

Suspicious Minds, de Gwenda Bond

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Présentation de l’éditeur :

1969. Étudiante sur le petit campus d'une université de l'Indiana, Terry est bien loin des soubresauts qui secouent le pays, profondément divisé par la guerre du Vietnam. Mais quand elle apprend qu'on recherche de jeunes cobayes pour une étude gouvernementale menée dans la petite ville de Hawkins, elle se retrouve embarquée dans un projet inquiétant – nom de code MKUltra. Camionnettes aux couleurs sombres, laboratoire caché au fond des bois, substances hallucinogènes administrées par des chercheurs muets comme des tombes... Terry, jeune et idéaliste, est bien décidée à lever le voile sur les manigances de l'inquiétant Dr Brenner.

Car derrière les murs du Laboratoire National de Hawkins, l'ampleur de la conspiration dépasse tout ce qu'elle aurait pu imaginer. Pour relever le défi, il lui faudra l'aide des autres cobayes, devenus ses compagnons d'armes... à commencer par une fillette aux pouvoirs sidérants dont le nom est un simple chiffre, Huit. Terry et le Dr Brenner vont dès lors se livrer une guerre d'un genre nouveau, dont le champ de bataille n'est autre que le cerveau humain...

Vous aimeriez savoir comment Onze a bien pu venir au monde ? Stranger Things – Suspicious Minds lève le voile sur les événements qui précèdent la célèbre série des frères Duffer, et suit les péripéties de la mère de la jeune héroïne, embrigadée dans un effrayant programme de manipulation mentale.

Mon avis :

Quel était le passé d'Eleven avant qu'elle rencontre Mike, Dustin, Lucas et Will ? Comment avait-elle acquis de tels pouvoirs ? Et pourquoi l'avait-on séquestrée dans ce laboratoire où elle ne connaissait rien de la vie normale ?

Suspicious Minds explore le destin d'un groupe d'étudiants participant à des expériences scientifiques gouvernemental.
Loin d'être la préquelle "commerciale" à laquelle on s'attendait après le carton de la série Stranger Things. En effet, il est devenu habituel de croiser des produits dérivés des succès du moment : Funko Pop, mugs, t-shirts, Cluedo, Monopoly, etc. Alors pourquoi pas des romans ?
Mais c'était sans compter la maîtrise de l'auteur, Gwenda Bond, à développer une intrigue passionnante, dans un paysage américain encré dans la fin des années 60, début des années 70.
Les Etats-Unis sont enlisé dans une guerre absurde au Vietnam, Woodstock déchaîne les hippies, et le féminisme a encore tout à construire.

La mère de 11 a choisi de rejoindre un programme de tests en laboratoire par nécessité d'abord, par choix patriotique ensuite, et pour finir, elle fera tout pour en sortir lorsqu'elle découvrira la terrifiante personnalité du docteur Brenner.

Mais l'histoire de Suspicious Minds ne se concentre pas uniquement sur le personnage de Terry. Le groupe de "rats" de laboratoire est composé d'amis tout aussi attachants les uns que les autres. Et c'est par leur biais que le lecteur ouvrira les yeux sur le rêve américain de l'époque : homosexualité brimée, une femme de couleur luttant pour pouvoir suivre des études de médecine, les étudiants luttant pour stopper la guerre au Vietnam, alors qu'un renvoi de l'université leur offrait un vol direct pour le pacifique.

Au final, cette préquelle de Stranger Things n'est pas qu'un simple accessoire, c'est un roman à part entière, une excellent incursion dans cette époque qui a vu trembler la première puissance mondiale...

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27 avril 2019

La Malédiction de la dame blanche, réalisé par Michael Chaves

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Présentation officielle :

La Dame Blanche. Spectre terrifiant, pris en étau entre le paradis et l'enfer, piégé par un terrible destin dont elle est elle-même l'artisan. La seule évocation de son nom sème la terreur dans le monde depuis des siècles. Quand elle était en vie, elle a noyé ses enfants dans un accès de folle jalousie, puis, dévastée par le chagrin, elle s'est jetée dans le fleuve déchaîné.
Désormais, ses larmes sont devenues éternelles. Elles sont même mortelles et tous ceux qui entendent ses appels sinistres la nuit sont maudits. Tapie dans l'ombre, la Dame Blanche s'attaque aux enfants, cherchant désespérément à remplacer les siens. Au fil des siècles, elle est devenue de plus en plus prédatrice… et ses méthodes de plus en plus terrifiantes.
Los Angeles, années 1970. La Dame Blanche hante la nuit… et les enfants.
Ignorant les avertissements d'une mère soupçonnée de violence sur mineurs, une assistante sociale et ses enfants sont projetés dans un monde surnaturel des plus effrayants. Pour espérer survivre à la fureur mortelle de la Dame Blanche, leur seul recours est un prêtre désabusé et ses pratiques mystiques destinées à repousser les forces du mal… à la frontière où la peur et la foi se rencontrent…
Méfiez-vous de ses pleurs glaçants… Elle est prête à tout pour vous entraîner vers les ténèbres. Car sa douleur ne connaît pas de répit – son âme tourmentée n'a pas droit au repos. Et il n'existe aucun moyen d'échapper à la malédiction de la Dame Blanche.

Mon avis :

De la dame blanche, on connaît surtout la légende urbaine disant que si on la croise sur la route, on mourra au prochain virage...
Le film de Michael Chaves s'attaque à l'origine du mal, et s'éloigne beaucoup de l'image que l'on a de ce fantôme tout de blanc vêtu.
La malédiction naît au Mexique, lorsqu'une épouse bafouée par son mari tue ce qu'il y a de plus cher à ses yeux, ses enfants. Elle se suicide ensuite, plongeant les générations futures dans une terreur sans fond à chaque fois qu'ils entendront une femme pleurer.

Les années 70 ne sont qu'un clin d'oeil ici, servant à croiser au détour d'une réplique la diabolique Annabelle. Les détails d'époque sont dispersés et peu mis en valeur (pantalons pattes d'éléphant, vieilles voitures et papier peint encore plus affreux que la méchante de l'histoire).
C'est plutôt dans le style de prise de vue, le scénario et le choix des acteurs que La malédiction de la dame blanche tire son épingle du jeu et s'éloigne des classiques du genre.
La caméra offre souvent un angle "de travers", plongeant le spectateur dans un malaise, à l'instar du personnage principal (campée par Linda Cardellini, abonnée aux rôles de mère courage depuis la série Urgence) qui a du mal à redresser la barre quand il s'agit de gérer les tracas quotidiens et l'horreur qui frappe sa famille.

Les enfants, pour une fois, ont des réactions normales. Ils ne passent pas leur temps à hurler, et sitôt leur voix cassée, ils essaient d'agir au mieux face à un fantôme qui passe son temps à les terroriser.
Le seul bémol, inhérent à beaucoup de film de genre, ce sont ces temps d'attente où les héros marchent au ralenti vers la source de bruit suspect. Le film perdrait un tiers de sa durée si les personnages finissaient par en avoir marre d'avoir peur et sommerait la dame blanche d'en finir une bonne fois pour toute. A croire que contrairement à la boucherie, la viande humaine est plus savoureuse quand elle a eu très peur avant de mourir...

Au final, malgré une idée de base peu originale, Michael Chaves a réussi à créer une ambiance angoissante, un monstre et des héros attachants (oui, même la dame blanche) au sein d'une saga très appréciée.
On espère retrouver de tout coeur le prêtre défroqué de cette aventure, Rafael Olvera, et ses tours de magie plutôt réussis !

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16 avril 2019

L'Exorcisme de Hannah Grace, réalisé par Diederik Van Rooijen

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Synopsis :

Une ex-policière déchue en désintoxication accepte un travail dans la morgue de l'hôpital où elle se soigne. Un jour, un corps sévèrement mutilé lui est confié. La jeune femme assiste alors à une série de meurtres qui la conduira à affronter une entité démoniaque.


La prossession démoniaque, ou un cadavre qui se ballade dans une morgue ne sont pas des thèmes très originaux. Le réalisateur, Diederik Van Rooijen, a donc dû’miser sur une ambiance et une héroïne particulièrement bien choisis.
Le personnage principal est une ancienne policière toxico qui veut trouver de quoi occuper ses nuits en obtenant le poste de gardienne de morgue. De par son passé, malgré un doute persistant de ses facultés émotionnelles, elle sait se maîtriser et est loin de subir ce qui lui arrive.
La morgue de l'hôpital de Boston a tout pour faire fuir ceux qui y travaillent ! Des murs bétonnés aux proportions dantesques, des néons froids et clignotants qui s'allument via un détecteur de mouvement ont tout pour donner du rêve aux jeunes recrues. Un vrai bonheur que d'y travailler. A croire que les architectes font exprès d'y mettre le plus d'éléments flippants possibles.

Après une introduction spectaculaire où l'on voit l'exorcisée mettre un coup de boule au prêtre et ensuite se tordre à des angles inhumains, l'attrait se laisse distancer. Malheureusement, les quelques prédispositions sont loin d'offrir un terreau suffisant à un bon film d'horreur. Le scénario est vite envoyé, les quelques personnages secondaires ne sont là que pour mourir.

Les prises de vues et l'éclairage sont classiques et même exempts de tous les spécificités propres aux productions angoissantes.
La jeune morte possédée peut être effrayante en se déplaçant de façon saccadée, mais c'était sans l'effet comique de ce cadavre se baladant dans les couloirs de la morgue en essayant à chaque fois d'échapper à la surveillance de l'héroïne.

A saluer toutefois, grâce au visionnage des bonus, le travail du maquilleur qui s'est occupé de rendre réalistes les blessures de la "mal exorcisée". Dans ces mêmes suppléments, vous apprendrez que les désarticulations du cadavre ne sont pas faits en trucage... l'actrice, qui est aussi danseuse est contorsionniste, n'en n'a pas eu besoin, elle arrive à se démettre les bras !

Le film, édité par Sony Pictures France (la page Facebook), est disponible En DVD, Blu-Ray et VOD depuis le 10 avril.

A retrouver sur Cinétrafic :

-les meilleurs films à voir et à vivre
-un film d'horreur sorti en salles en fin d'année dernière

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12 avril 2019

Le retour du jeune prince, d'A.G. Roemmers

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Présentation de l’éditeur :

Un jeune homme errant sur une route de Patagonie est recueilli par un automobiliste. L’adolescent est le prince d’une contrée lointaine qui explore l’univers. Dans les paysages désertiques et sauvages, les deux voyageurs, si différents, engagent un dialogue abordant avec simplicité les grandes questions de l’existence.

Au fil de leurs aventures, chacun apprend à écouter le cœur de l’autre et à tenter de trouver le vrai sens de la vie. Ce voyage se transforme peu à peu en une véritable quête spirituelle. Et, au bout de ce chemin, il y a le secret d’un mystère que nous passons parfois une vie entière à chercher : le bonheur…

Mon avis :

Le petit prince est certainement l'un des tout premiers livres que l'on vous a obligé à lire à l'école. Certains y ont vu une magnifique allégorie du passage à l'âge adulte, et d'autres comme moi, y ont plutôt vu un ramassis d'aberrations nées d'un esprit probablement sous l'emprise de substances illicites.
La métaphore était une notion qui m'était alors totalement inconnue...
Quelques années plus tard, j'ai retenté ma chance et j'ai relu ce minuscule volume. Si je comprenais désormais les leçons qu'il voulait inculquer, le mal était fait. Même les aquarelles qui l'accompagnaient n'avaient pas réussi à me le rendre sympathique.

Alors quand l'annonce d'une suite m'est parvenue, après la grimace, une pointe d'espoir est née en moi. Peut-être que plus vieux, le prince arrêterait de voir des moutons dans des caisses, des roses et des renards parler, et un type bizarre allumer des lampadaires ?

A.G. Roemmers a tenté l'inverse du travail de Saint Exupéry. Là où l'aviateur a écrit un conte philosophique psychédélique charmeur pour les enfants, l'auteur argentin a décidé de ne pas prendre les lecteurs pour de doux rêveurs. Il aligne simplement des pages et des pages de dictons moraux ("ne te fie pas aux apparences", "aime ton prochain... offre-lui ton chiot", "on ne donne pas de l'argent à un homme dont tu viens d'écraser le chien",etc.), sous couvert d'une longue discussion entre le prince qui a grandit et un routier. Des dialogues à n'en plus finir, deux ou trois scènes pour illustrer des maximes trop complexes à asséner, et l'on pense avoir berné ses lecteurs quant à une suite "officielle" du Petit Prince.

Non, Le retour du jeune prince est bien loin d'égaler la poésie d'Antoine de Saint Exupéry (qu'on l'apprécie ou non, elle est remarquable, tant par son esthétisme que par la facilité avec laquelle l'auteur a réussi à camoufler des leçons de morale sous les aventures d'un ange à l'écharpe écarlate), et c'est au final un livre de développement personnel un peu trop mièvre, insipide, et aux dessins sans style que vous tenez entre les mains.
Restez-en au classique de la jeunesse, celui qui est rentré dans le panthéon littéraire au point de bénéficier de traductions en Elfique, Klingon, Kryptonien, Ewok, et autres obscures dialectes, et d'un voyage dans l'espace grâce à Thomas Pesquet.
Une suite à un tel exploit est inimaginable, et loin d'être aisé, impossible à réaliser...

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