La Pause Lecture

16 avril 2019

L'Exorcisme de Hannah Grace, réalisé par Diederik Van Rooijen

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Synopsis :

Une ex-policière déchue en désintoxication accepte un travail dans la morgue de l'hôpital où elle se soigne. Un jour, un corps sévèrement mutilé lui est confié. La jeune femme assiste alors à une série de meurtres qui la conduira à affronter une entité démoniaque.


La prossession démoniaque, ou un cadavre qui se ballade dans une morgue ne sont pas des thèmes très originaux. Le réalisateur, Diederik Van Rooijen, a donc dû’miser sur une ambiance et une héroïne particulièrement bien choisis.
Le personnage principal est une ancienne policière toxico qui veut trouver de quoi occuper ses nuits en obtenant le poste de gardienne de morgue. De par son passé, malgré un doute persistant de ses facultés émotionnelles, elle sait se maîtriser et est loin de subir ce qui lui arrive.
La morgue de l'hôpital de Boston a tout pour faire fuir ceux qui y travaillent ! Des murs bétonnés aux proportions dantesques, des néons froids et clignotants qui s'allument via un détecteur de mouvement ont tout pour donner du rêve aux jeunes recrues. Un vrai bonheur que d'y travailler. A croire que les architectes font exprès d'y mettre le plus d'éléments flippants possibles.

Après une introduction spectaculaire où l'on voit l'exorcisée mettre un coup de boule au prêtre et ensuite se tordre à des angles inhumains, l'attrait se laisse distancer. Malheureusement, les quelques prédispositions sont loin d'offrir un terreau suffisant à un bon film d'horreur. Le scénario est vite envoyé, les quelques personnages secondaires ne sont là que pour mourir.

Les prises de vues et l'éclairage sont classiques et même exempts de tous les spécificités propres aux productions angoissantes.
La jeune morte possédée peut être effrayante en se déplaçant de façon saccadée, mais c'était sans l'effet comique de ce cadavre se baladant dans les couloirs de la morgue en essayant à chaque fois d'échapper à la surveillance de l'héroïne.

A saluer toutefois, grâce au visionnage des bonus, le travail du maquilleur qui s'est occupé de rendre réalistes les blessures de la "mal exorcisée". Dans ces mêmes suppléments, vous apprendrez que les désarticulations du cadavre ne sont pas faits en trucage... l'actrice, qui est aussi danseuse est contorsionniste, n'en n'a pas eu besoin, elle arrive à se démettre les bras !

Le film, édité par Sony Pictures France (la page Facebook), est disponible En DVD, Blu-Ray et VOD depuis le 10 avril.

A retrouver sur Cinétrafic :

-les meilleurs films à voir et à vivre
-un film d'horreur sorti en salles en fin d'année dernière

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12 avril 2019

Le retour du jeune prince, d'A.G. Roemmers

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Présentation de l’éditeur :

Un jeune homme errant sur une route de Patagonie est recueilli par un automobiliste. L’adolescent est le prince d’une contrée lointaine qui explore l’univers. Dans les paysages désertiques et sauvages, les deux voyageurs, si différents, engagent un dialogue abordant avec simplicité les grandes questions de l’existence.

Au fil de leurs aventures, chacun apprend à écouter le cœur de l’autre et à tenter de trouver le vrai sens de la vie. Ce voyage se transforme peu à peu en une véritable quête spirituelle. Et, au bout de ce chemin, il y a le secret d’un mystère que nous passons parfois une vie entière à chercher : le bonheur…

Mon avis :

Le petit prince est certainement l'un des tout premiers livres que l'on vous a obligé à lire à l'école. Certains y ont vu une magnifique allégorie du passage à l'âge adulte, et d'autres comme moi, y ont plutôt vu un ramassis d'aberrations nées d'un esprit probablement sous l'emprise de substances illicites.
La métaphore était une notion qui m'était alors totalement inconnue...
Quelques années plus tard, j'ai retenté ma chance et j'ai relu ce minuscule volume. Si je comprenais désormais les leçons qu'il voulait inculquer, le mal était fait. Même les aquarelles qui l'accompagnaient n'avaient pas réussi à me le rendre sympathique.

Alors quand l'annonce d'une suite m'est parvenue, après la grimace, une pointe d'espoir est née en moi. Peut-être que plus vieux, le prince arrêterait de voir des moutons dans des caisses, des roses et des renards parler, et un type bizarre allumer des lampadaires ?

A.G. Roemmers a tenté l'inverse du travail de Saint Exupéry. Là où l'aviateur a écrit un conte philosophique psychédélique charmeur pour les enfants, l'auteur argentin a décidé de ne pas prendre les lecteurs pour de doux rêveurs. Il aligne simplement des pages et des pages de dictons moraux ("ne te fie pas aux apparences", "aime ton prochain... offre-lui ton chiot", "on ne donne pas de l'argent à un homme dont tu viens d'écraser le chien",etc.), sous couvert d'une longue discussion entre le prince qui a grandit et un routier. Des dialogues à n'en plus finir, deux ou trois scènes pour illustrer des maximes trop complexes à asséner, et l'on pense avoir berné ses lecteurs quant à une suite "officielle" du Petit Prince.

Non, Le retour du jeune prince est bien loin d'égaler la poésie d'Antoine de Saint Exupéry (qu'on l'apprécie ou non, elle est remarquable, tant par son esthétisme que par la facilité avec laquelle l'auteur a réussi à camoufler des leçons de morale sous les aventures d'un ange à l'écharpe écarlate), et c'est au final un livre de développement personnel un peu trop mièvre, insipide, et aux dessins sans style que vous tenez entre les mains.
Restez-en au classique de la jeunesse, celui qui est rentré dans le panthéon littéraire au point de bénéficier de traductions en Elfique, Klingon, Kryptonien, Ewok, et autres obscures dialectes, et d'un voyage dans l'espace grâce à Thomas Pesquet.
Une suite à un tel exploit est inimaginable, et loin d'être aisé, impossible à réaliser...

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11 avril 2019

Vox, de Christina Dalcher

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Présentation de l’éditeur :

Jean McClellan est docteure en neurosciences. Elle a passé sa vie dans un laboratoire de recherches, loin des mouvements protestataires qui ont enflammé son pays. Mais, désormais, même si elle le voulait, impossible de s'exprimer : comme toutes les femmes, elle est condamnée à un silence forcé, limitée à un quota de 100 mots par jour. En effet, le nouveau gouvernement en place, constitué d'un groupe fondamentaliste, a décidé d'abattre la figure de la femme moderne.
Pourtant, quand le frère du Président fait une attaque, Jean est appelée à la rescousse. La récompense ? La possibilité de s'affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu'elle va découvrir alors qu'elle recouvre la parole pourrait bien la laisser définitivement sans voix...

Mon avis :

La première partie du roman n'est pas sans rappeler La servante écarlate, de Margaret Atwood, où des intégristes religieux qui ont la main mise sur le pouvoir ôtent toute liberté aux femmes.
Tout le monde est surveillé, des caméras filment les moindres manquements aux règles, et la sanction est immédiate et violente.

La force de cette histoire réside cette fois-ci dans les connaissances de son auteur, Christina Dalcher, docteur en neuro-linguistique. Les épisodes détaillant les travaux scientifiques de l'héroïne sont riches d'enseignement, et donne une certaine réalité au récit.
Les chapitres s'enchaînent à une vitesse folle, et l'on se prend à espérer un dénouement heureux, après une introduction des plus dures.
La lecture est immersive, même si les scènes ne s'enchaînent pas de manière très fluide. Il n'y a pas de transition entre deux paragraphes, les situations se suivent de manière abruptes... (peut-être ont-elles été écrites par morceaux, dans le désordre ?).

Le charme de l'héroïne tient à son franc-parlé (ou plutôt à son "franc-pensé"), qui donne la part belle aux expressions imagées, quelques fois vulgaires. Cela offre au lecteur la possibilité de s'identifier à cette femme qui est loin des clichés parfaits et insipides de beaucoup de livres de ce genre.

En conclusion, Vox est un très bon livre d'anticipation dystopique, même si les râleurs croiront y voir une pâle copie de La servante écarlate. La possibilité de dérive dictatoriale des gouvernements est telle qu'on est loin d'avoir exploré tout le potentiel littéraire qui s'en inspirerait...

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05 avril 2019

Simetierre, 2019

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Présentation officielle :

Le docteur Louis Creed, sa femme Rachel et leurs deux jeunes enfants quittent Boston pour s'installer dans une région rurale du Maine. Près de sa maison, le docteur découvre un mystérieux cimetière caché au fond des bois. Peu après, une tragédie s’abat sur lui. Creed sollicite alors l'aide d'un étrange voisin, Jud Crandall. Sans le savoir, il vient de déclencher une série d’événements tragiques qui vont donner naissance à de redoutables forces maléfiques.


Mon avis :

Les fans de Stephen King attendaient avec impatience cette nouvelle adaptation du roman icônique Simetierre. On nous avait vendu du cauchemar sous toutes ses formes : du sang, de l'angoisse et des gamins maléfiques.

Kevin Kölsch et Dennis Widmyer ont su choisir les points forts du roman, l'essence même de ce qui deviendra une plaisanterie récurrente dans les films d'horreurs : évitez de vous installer sur les anciens cimetières indiens.
Ils se offert un casting de choix pour incarner les rôles clés. Jason Clarke est époustouflant, à la fois touchant et inquiétant. John Lithgow, que l'on ne présente plus, a, pour une fois, le rôle du gentil papy. Et c'est la plus mignonne d'entre tous qui va devoir endosser le costume du mort... Au final, le spectateur ne sait plus à quoi se raccrocher.

De nombreux clins d'oeil sont disséminés tout au long du film, des références à d'autres oeuvres de Stephen King, ou des hommages aux précédentes adaptations.

La surprise principale de l'intrigue aurait pu marquer les esprits, si seulement la bande-annonce finale ne l'avait pas spoilé !

Simetierre est un film de fans, réalisé pour des fans, avec tous les avantages et les défauts que ça peut avoir. L'univers "Kingien" est parfaitement maîtrisé, mais là où ceux qui auront lu le livre comprendront tous les subtils détails de l'histoire, les autres devront extrapoler sur certains manques d'explication (notamment en ce qui concerne les anciens "retours à la vie" et le wendigo).

Tous les éléments d'un cinéma d'horreur classiques sont là, et si le travail y est remarquable, ses raccourcis et le manque de développement donneront un film qui n'a malheureusement pas su détrôner la version de 1989 (tournée entièrement dans le Maine, et particulièrement dans le cimetière de Bangor, qui a inspiré Stephen King pour son roman, et dans laquelle l'auteur fait un remarquable caméo).

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01 avril 2019

Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux, de Martha Hall Kelly

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Présentation de l’éditeur :

Septembre 1939 : les hordes nazies déferlent sur la Pologne. Commence alors, pour trois femmes que tout oppose, un terrible et rigoureux hiver...
Il y a Caroline, d'abord. L'ancienne actrice américaine vit dans l'opulence, mais la guerre en Europe va bouleverser tout son quotidien... Kasia ensuite, cette jeune Polonaise qui rentre en Résistance, au péril de sa vie et de celles des siens. Herta, enfin, que son ambition dévorante jettera parmi les monstres – au point de s'y conformer.
Toutes trois l'ignorent encore mais elles ont rendez-vous, au plus noir de l'hiver : au camp de Ravensbrück...
Un premier roman remarquable sur le pouvoir méconnu des femmes à changer l'Histoire à travers la quête de l'amour, de la liberté et des deuxièmes chances.


Mon avis :

Les lectures ayant pour cadre les camps de concentration pendant la seconde guerre mondiale laissent toujours un jour âcre et une boule dans la gorge...
La particularité du roman de Martha Hall Kelly est d'offrir les points de vue totalement différents de trois femmes qui ont vus, vécu et subi cette guerre.
Si Kasia est un personnage inventé, ce "lapin" de laboratoire, qui a subi d'atroces opérations à la jambe pour tester des soins expérimentaux, les deux autres ont réellement existé. Caroline, l'américaine qui s'est démenée pour offrir de quoi vêtir les enfants orphelins français, puis a offert de l'espoir aux rescapées mutilées de Ravensbrück, et Herta, la femme médecin qui a oeuvré dans le camp de concentration.

L'auteur a eu la tâche bien difficile de doser données historiques justes, biographies réelles et romancées, et tout cela sans tomber dans le pathos.
Tout est parti d'une double page dans le Victoria Magazine, parlant des incroyables Lilas fleurissant sur la propriété de Caroline Ferriday. Des années plus tard, après avoir visité la propriété de la grande dame américaine, Martha Hall Kelly se lance dans de monumentales recherches, qui vont la conduire en Allemagne, en Pologne et en France, afin de donner vie à son projet.

Si les chapitres consacrés à Caroline sont plutôt enjoués, émotifs et colorés, ceux qui montrent le point de vue de Herta sont froids et distants. Quant à Kasia, à l'instar de ce qu'elle a vécu, le mot d'ordre est la survie : pas de grandiloquence, pas d’apitoiement, il faut avance, coûte que coûte.
Après la période d'emprisonnement, la guerre est loin d'être finie pour elle. La Pologne est sous la dictature des Russes, elle a enfin épousé son amour de jeunesse, mais si elle reste forte, droite et dure, elle est brisée...

Peu à peu, au fil de la lecture se dessine le portrait du personnage qui était peut-être le plus difficile à cerner. D'ailleurs, l'auteur a passé sous silence bien des méfaits du médecin, elle s'est concentrée uniquement sur le cas des "lapins" de Ravensbrück.
Martha Hall Kelly a clairement choisi d'en faire un cas psychologique à part, guidé par une logique implacable, un tempérament totalement exempt d'humanité.
Là réside l'interrogation principale : est-ce un monstre ? Cette insensibilité sentimentale et émotionnelle ferait qu'elle n'éprouve ni empathie, ni remord... Mais était-ce vraiment son cas ?
Lorsque l'on regarde des photos de Herta Oberheuser, il y a clairement quelque chose qui cloche.

Au final, Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux a été un des livres les plus difficiles qu'il m'ait été donnée de lire. Plusieurs fois j'ai failli abandonné. Non pas à cause de l'écriture, qui est fluide et efficace, remarquable même, mais parce que ce qui est décrit est insoutenable.
Vous ressortirez de cette lecture, bouleversés, émus, mais surtout en colère.
Une lecture nécessaire, donc.

Pour information, je vous déconseille d'aller voir ce qu'il est advenu des médecins maudits de la seconde guerre mondiale, vous pourriez, vous aussi, avoir des envies de meurtre.
Si quelques uns ont été condamnés à mort, d'autres ont fait des peines d'emprisonnement ridicules (5 ans, dans le cas de Herta Oberheuser). Et ceux qui étaient spécialisés dans les armes biologiques ? Je vous laisse deviner ce qu'on a fait d'eux...

Pour finir sur une note un peu plus joyeuse, allez faire un petit tour sur le site de l'auteur, vous y trouverez toute son aventure littéraire, des cartes des lieux marquants du roman, et des recettes de cuisine pour les séances de club de lecture.
http://www.marthahallkelly.com/

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20 mars 2019

Ce qui ne me tue pas, de Fede Alvarez

Millenium

Synopsis :

Frans Balder, éminent chercheur suédois en intelligence artificielle fait appel à Lisbeth Salander afin de récupérer un logiciel qu'il a créé et permettant de prendre le contrôle d'armes nucléaires. Mais la NSA ainsi qu'un groupe de terroristes mené par Jan Holster sont également sur la piste du logiciel. Traquée, Lisbeth va faire appel à son ami le journaliste Mikael Blomkvist qu'elle n'a pas vu depuis 3 ans.

 

Après le succès de la triloge Millenium et la mort de son auteur, Stieg Larsson, il n'en fallait pas beaucoup plus à la maison d'édition suédoise pour commander un quatrième opus à un autre écrivain. Dénoncé par la veuve du créateur et le milieu littéraire nordique, ce nouveau roman a pourtant été vendu à des millions d'exemplaires...
Ce changement d'écriture explique peut-être le manque d'originalité de l'intrigue et l'absence de cette ambiance si particulière dans les affaires du duo.

Fort heureusement, la réalisation de cette "suite" a été confiée à Fede Alvarez, à qui l'on doit le somptueux remake de Evil Dead. En consultant sa filmographie, on remarque qu'il aime en faire baver à ses héroïnes (la fin de Don't Breathe, notamment, est répugnante), de toutes les manières qu'il soit. Pourtant, le choix qu'il apporte au casting de ses têtes d'affiches est loin d'en faire des victimes.
La Suède en hiver lui a offert l'opportunité d'avoir une image et des décors iconiques. A l'instar de la dernière scène de Evil Dead, certains plans resteront gravé en mémoire.

Entourée d'une distribution nordique, c'est Claire Foy (la magistrale Reine en devenir dans The Crown), qui endosse le rôle de Lisbeth Salander. L'actrice avoue dans les bonus du DVD être une fan de la trilogie et après l'avoir lu à sa sortie, voulait s'identifier à la hackeuse suédoise rebelle. C'est d'ailleurs elle qui a pensé le look de son personnage, jusqu'au choix des tatouages qui parsèment son corps.
Elle incarne  à la perfection l'héroïne torturée par un passé des plus glauques. les prises de vue soulignent une beauté naturelle aux expressions si réalistes. Ses "collègues" la trouvent criante de vérité lorsque la caméra tourne, et annoncent que sitôt la caméra éteinte, elle retrouve toute sa classe "so british" quand il s'agit de se plaindre du froid polaire !

Même si Claire Foy a eu une longue préparation physique en vue des scènes d'action du film, Fede Alvarez a choisi d'en faire une héroïne réaliste : même si elle sait se battre, en face d'armoires à glace surentraînées, elle ne fait pas le poids. Les combats sont donc orchestrés pour rendre désespérées ses contre-attaques, utilisant tout se qui se trouve à sa portée pour se défendre.

Au final, Ce qui ne me tue pas est une très bonne adaptation de ce qui s'avère être une trahison de la trilogie Millenium. Malgré un scénario classique, la comédienne britannique et les sublimes prises de vue du réalisateur sont à la hauteur du mythe.

 

Ce qui ne me tue pas, édité par Sony Pictures France (par ici la page Facebook ), est disponible en DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K Ultra HD, coffrets Millenium (en duo avec la version Fincher) et VOD depuis le 14 mars.

A retrouver sur Cinetrafic :

-tous les films que vous avez vus récemment ou allez voir bientôt
-envie d'un film à voir ?

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19 mars 2019

Vicious Tome 1, de V.E. Schwab

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Présentation de l’éditeur : 

Le combat du mal contre le mal absolu.
Autrefois, Eli et Victor étaient les meilleurs amis du monde. Mais cette époque est bien finie. Elle est même... morte et enterrée.

À la fac, Eli le brun et Victor le blond partagent la même chambre. Ils sont inséparables et pourtant absolument aux antipodes l'un de l'autre. Victor, c'est l'ombre : complexe et torturé, il passe ses journées à noircir les ouvrages de développement personnel de ses parents pour laisser apparaître des slogans d'un pessimisme saisissant. Eli, c'est la lumière – un garçon fascinant, doté de toutes les qualités, charismatique et solaire. Pourtant, sous la surface lisse du visage parfait de son ami, Victor entrevoit des démons inavouables. Et il n'est pas au bout de ses surprises...

Car un jour, Eli fait la découverte du siècle : des pouvoirs surhumains semblent se manifester chez ceux qui ont subi une expérience de mort imminente. On les appelle des EO – pour " ExtraOrdinaires ". Aveuglés par l'ambition et la curiosité, les deux amis se lancent un défi insensé : celui de frôler la mort pour percer ce mystère. Malheureusement, leur tentative tourne au désastre. Dix ans plus tard, Victor croupit en prison, tandis qu'Eli est acclamé en héros. Mais ce que le monde entier ignore, c'est que le véritable monstre rôde dehors, en toute liberté...

Mon avis :

Le postulat de départ - l'affrontement de deux amis qui ont développé des pouvoirs surnaturels après une mort médicalement assistée - a de quoi faire rêver.
Eli, aux cheveux blonds angéliques, a décidé de tuer tous les "mutants" revenus à la vie, ces monstres contre-nature, après avoir perdu sa petite-amie, victime de la renaissance de son compagnon de chambrée, Victor, brun taciturne.

Malheureusement, cette idée qui avait tout pour plaire, n'a pas été vraiment exploitée. Si l'envie de vengeance de Victor semble compréhensible, les motivations d'Eli sont surréalistes et floues. Il est sensé être le mal incarné, mais c'est plus une folie d'épuration génétique qui le prend, sans que l'on en saisisse réellement la cause (il n'avait pas l'air fou d'amour pour sa copine).
Ce sont plutôt aux personnages secondaires que l'on s'attacherait.

Le suspense est amené par un compte à rebours qui donne plus au lecteur une idée du temps vraiment long qui passe, parce que dans le roman, les péripéties ne sont pas légion, et la mise en place pourtant sommaire de l'intrigue prend les deux tiers du livre.

Alors parfois, on peut se dire : "Oh qu'il est méchant ! Il l'a tué alors que c'est censé être le gentil !", mais au final, la narration s'apparente plutôt au fantasme du vilain garçon, digne d'une adolescente en mal de sensations fortes, qu'à un véritable affrontement du mal contre le moins pire.

En bref, si vous avez adoré la précédente trilogie de V.E. Schwab, Shades of Magic, il y a de fortes chances que la déception s'empare de vous à la lecture de celui-ci...

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18 mars 2019

Les derniers jours du nouveau Paris, de China Miéville

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Présentation de l’éditeur :

1950. Dans Paris occupé, les œuvres surréalistes ont pris vie et combattent les démons et leurs maîtres nazis aux côtés de la Résistance. 1941. A Marseille, André Breton et ses pairs s'apprêtent à fuir la France quand débarque un ingénieur américain bien décidé à stopper Hitler par tous les moyens, y compris occultes.

Mon avis :

S'attaquer à une uchronie en utilisant l'originalité du surréalisme est un pari ambitieux...
Ici, il s'agit d'un Paris encore occupé par les Allemands, où certains artistes et écrivains se sont offert les services du célèbre occultiste Aleister Crowley pour essayer de contrer les envahisseurs.
Suite à une explosion cosmique, de nombreuses œuvres surréalistes, telles que le loup-table de Victor Braumer ou les textes d'André Breton, prennent vie dans les rues de la capitale française, et font des attentats suicide pour renverser le pouvoir en place.
Les allemands, quant à eux, arrivent à invoquer des démons aussi incompréhensibles que ceux de leurs ennemis. La résistance est désormais le seul rempart, maintenant que les alliés ont déserté la place.

Les successions d’apparitions complexes difformes et les longues descriptions qui s'ensuivent forment la quasi-totalité du roman. L'histoire (la petite et celle avec un grand H) est devenue aussi bordélique que les œuvres d'art montrées. A part ces dernières qui foncent dans le tas, il ne se passe pas grand chose.
A la fin du livre, les passionnés de surréalisme pourront consulter un récapitulatif des sculptures, et peintures citées., ce qui n'aidera pas vraiment le lecteur à trouver une quelle conque logique à tout cela, ni à comprendre l'intrigue.
Bref, Les derniers jours du nouveau Paris est un roman réservé plutôt aux fans du mouvement. surréaliste..

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12 mars 2019

Les Enquêtes du Département V : Dossier 64, réalisé par Christoffer Boe

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Présentation officielle :

Alors que le Département V est sous tension avant le départ annoncé d'Assad, partenaire de l'inspecteur Carl Mørck, ces derniers se lancent dans une nouvelle enquête qui pourrait bien être leur dernière.
Suite à la découverte de trois squelettes cachés derrière la tapisserie d'un vieil appartement, les deux enquêteurs et leur assistante Rose doivent exhumer une macabre affaire datant des années 1950 : sur la petite île de Sprogø, des femmes étaient internées et stérilisées de force sous la direction du docteur Curt Wad...


Mon avis :

Les instituts, couvents, ou maisons pour jeunes filles "dépravées", ont été monnaie courante, à une époque où les droits des femmes n'étaient qu'un embryon de mouvement d'opinion...
Après la réalisation magistrale de Peter Mullan, The Magdalen Sisters, le téléfilm Les filles du Plessis, ou le plus récent Philomena, c'est au tour des Danois de s'attaquer à ce sujet sensible, sous couvert, cette fois-ci, d'une enquête policière.

Le duo Assad / Carl fonctionne toujours aussi bien : tandis que le premier est sympathique et démêle des situations délicates, le second, taciturne, ignoble parfois, agité de tremblements, va presque malgré lui, dérouler le fil de l'intrigue.
Les comédiens dépassent largement les profils habituels gentil / méchant flics, et c'est avec un plaisir coupable qu'on rempile pour cette affaire.

Les prises de vue sont, à l'instar des films "nordiques", légèrement saccadées, en gros plan, et bleutées, renfonçant la froideur des protagonistes ou celle, horrible, du passé.

Nous suivons deux lignes temporelles, celle du présent, suite à la découverte d'une pièce murée, peuplée de cadavres, et celle d'une nouvelle arrivée sur l'île de Sprogø, qui va subir plus d'un outrage...
Et finalement, on se rend très vite compte que la fermeture de ces instituts où l'on envoyait se cacher les jeunes filles enceintes n'a pas réglé le problème des droits humains. Il est encore question de la situation de la femme, et même d'épuration génétique (11 000 danoises ont été stérilisées de force entre 1934 et 1967).

Au final, Dossier 64 est bien plus qu'un simple film policier. Il aborde une page bien sombre de l'histoire du Danemark, et l'on finira en colère, écoeuré, et bien plus attaché à l'antipathique Carl...

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11 mars 2019

Chair de Poule 2 : Les Fantômes d'Halloween

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Synopsis du film :

Sonny Quinn et son meilleur ami au collège, Sam, se font un peu d’argent en récupérant les objets dont les gens ne veulent plus. C’est ainsi qu’ils vont découvrir Slappy, une étrange marionnette de ventriloque tout droit sortie d’un livre Chair de poule jamais publié…
Slappy a très envie de faire partie de la famille Quinn auprès de Sonny, sa sœur Sarah et leur mère Kathy, mais ses exploits malfaisants vont beaucoup trop loin. Les enfants réalisent vite qu’ils doivent à tout prix arrêter ce pantin diabolique. Slappy décide alors de se fabriquer la famille dont il rêve… en enlevant madame Quinn et en ramenant à la vie tous ses horribles complices d’Halloween.
Alors que leur petite ville tranquille se transforme en enfer peuplé d’une armada de monstres en tous genres, des plus terrifiants aux plus hilarants, les enfants et leur voisin, M. Chu, vont tout faire pour sauver leur mère et la ville des plans machiavéliques de l’épouvantable marionnette déchaînée…

 

La très nombreuse collection de romans horrifiques pour la jeunesse, écrite par R.L. Stine a eu droit à plusieurs adaptations. D'abord en série télé, puis en film, nous retrouvons dans ce nouvel opus Slappy, le pantin échappé de cet univers littéraire bien particulier...
Qui aime les marionnettes aux yeux globuleux et à la voix stridente ? Si l'épisode spécial de Buffy ne vous avait pas guéri de cet amour assez glauque, le personnage central des Fantômes d'Halloween saura probablement enfoncer le clou.

En cette nuit où les frontières entre monde humain et au-delà sont bannies, les créatures surnaturelles prennent vie. Les masques de loup-garou, troll et  yétis se font pousser des corps, tandis que les oursons gélatineux menacent de vous étouffer façon blob.
Si l'on se reconnaît facilement en ce voisin accro à cette fête et ses décorations monstrueusement titanesques, et en ces enfants chercheurs de trésor, il nous est difficile de passer au-delà du côté superficiel de cette suite.

Les personnages, clichés pour la plupart  (le meilleur ami un peu bête, mais fonceur et marrant, la mère infirmière débordée, la racaille du collège), dont on ne fait qu'effleurer la personnalité, sont pourtant attachants par les quelques subtilités apportées.
C'est finalement Slappy qui leur vole la vedette. Au début sympathique, il devient au fur et à mesure de l'histoire, inquiétant, puis flippant. Fort heureusement, il parvient à faire retomber la pression dans les bonus du DVD, on il vous invite à faire un karaoké avec lui, ou même vous donne un cours de science assez dérangeant...

A ne pas rater : le caméo de l'auteur R.L. Stine (dont le visage est resté anonyme pendant des années), qui remet à Sonny un prix pour sa maquette de la tour Tesla.

Au final, Chair de Poule 2 est bien plus pâle que son prédécesseur, la faute peut-être à la quasi-absence de Jack Black (et de sa leçon de parfumage hilarante), qui avait largement volé la vedette aux autres comédiens.

Le film, édité par Sony Pictures France (leur page Facebook) est disponible En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K Ultra HD, coffret Chair de poule 1 & 2 et VOD depuis le 6 mars.

A retrouver sur CINETRAFIC :

-les films que les gens préfèrent en 2019
-le meilleur du fantastique

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