La Pause Lecture

23 octobre 2018

Anna et l'Homme-Hirondelle, de Gavriel Savit

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Présentation de l’éditeur :

Cracovie, 1939. Que sait-on de la guerre, quand on n'a pas encore 8 ans ? Quelle langue peut dire à une petite fille que son père ne reviendra pas, sinon celle des oiseaux ?
Anna erre dans les rues de la ville lorsque l'Homme-Hirondelle la prend sous son aile. Cet étrange personnage, longiligne, sombre et mystérieux, sait parler aux oiseaux, éviter les soldats, connaît le secret des routes et les dangers des hommes. Un long voyage va commencer pour eux, à travers champs et forêts, pour échapper à la guerre.
Dans un monde qui a perdu la raison, seuls les fous savent les chemins qu'emprunte encore la vie...


Mon avis :

Ce roman, élu best-seller par le New York Times en 2016, est ce qui s'apparente à un conte de guerre, Anna est une petite fille laissée à son triste sort dans une ville à l'abandon. Un inconnu va littéralement la prendre sous son aile et lui apprendre à survivre dans un monde où l'humain n'a plus d'importance.

Une écriture de poète au service d'une histoire dure et triste. Voilà ce qui pourrait attirer le lecteur dans les serres de l'auteur, malheureusement la constance utilisation de situations métaphoriques nous perd un peu, voire nous laisse totalement de marbre lors que la lecture de passages qui se voudraient émotionnellement intense.

On se retrouve sur les bancs de l'école, à essayer de déchiffrer un texte que les grands qualifient de magistral, alors que l'on peine à relire plusieurs fois le même passage pour en comprendre le sens.
Au final, Anna et l'homme-hirondelle ne laissera, comme ses protagonistes, qu'un souvenir de battement d'ailes dans nos esprits...


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22 octobre 2018

La cité des Surhumains, de Jérémy Leroyer

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Présentation de l’éditeur :

Lorsqu’un surhumain est extrait vers Héropolis, sa vie bascule en un instant. Mais le quotidien au sein de la cité fondée par William Jarvis ne ressemble en rien aux films de superhéros. Si ses habitants possèdent bien des pouvoirs, leurs sentiments, leurs aspirations et leurs bassesses n’en sont pas moins humains.

La cité fait face à une crise : une partie des surhumains souhaite mettre fin au traité d'Alpharetta qui condamne la population au confinement. Au même moment, une menace extérieure, tapie dans l'ombre, grandit et met en cause la sécurité d'Héropolis.


Mon avis :

Lorsque l'on lit une histoire de supers-héros, le plus intéressant passage est le moment où le personnage perd son statut d'être humain normal, celui où il découvre ses pouvoirs pour la première fois.
La moitié du roman est consacré à ces instants étonnants. Les nouveaux "mutants" vont être extradés vers la cité fondée par William Jarvis, le plus puissant d'entre eux.

Science-fiction et complot gouvernemental s'alternent dans ce récit aux voix multiples. Les héros ne sont pas si gentils que cela, et le président est loin d'être exempt de tout soupçon.
Il pourrait être difficile de se retrouver dans ce gros volume à la police de caractère si petite, et aux points de vue si nombreux... mais c'est sans compter la dextérité de l'auteur à tisser une intrigue très intéressante, servie par une plume à la hauteur de la complexité qui l'attendait.
L'écriture très graphique, voire cinématographique de Jérémy Leroyer nous projette dans un monde réaliste et pourtant extraordinaire. On nous sert ce que l'on attend d'un vaste paysage de supers-héros : des pouvoirs classiques, d'autres beaucoup plus étranges, de la haute technologies, des combats épiques, de la sournoiserie, des grands enjeux, et d'autres, plus personnels, etc.
Les nombreux clins d'oeil à la pop-culture démontre une maîtrise des codes du genre, sans toutefois tomber dans le cliché facile des gentils contre les méchants.


Il est à souhaiter qu'il y ait un deuxième tome après roman, car la fin, si elle ne consiste pas en un cliffangher, fait plutôt office d'introduction à une suite que le lecteur souhaite rapidement lire !

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21 octobre 2018

Les Polaroïds, d'Eric Neuhoff

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Présentation de l’éditeur :

Chez Éric Neuhoff, la vie ressemble à une dolce vita permanente : hôtels, plages et gins pamplemousse dégustés les pieds dans le sable. Mais la mélancolie et l'ironie ne sont jamais loin. Dans Les Polaroïds, son premier recueil de nouvelles, tout est imaginable. Jean Seberg et Patrick Dewaere sont toujours vivants. Un jeune homme, de retour dans la ville de son adolescence, s'ennuie. Jackie Kennedy et J. D. Salinger passent une journée ensemble. À Canet-Plage, les villas en bord de mer sont le théâtre de drames intimes. Les filles se prénomment Maud, Chloé ou Raphaëlle. Elles sont snobs, bronzées, parfois menteuses. Faut-il préférer l'Irlande ou la Costa Brava pour fuguer en leur compagnie ? Sur la route de Saint-Tropez à Paris, l'esprit divague à grande vitesse. Et, en sourdine, la petite musique du coeur se fait entendre.

Mon avis :

La thématique des vacances est parfaite pour une recueil de nouvelles. Avec un titre comme Les Polaroïds, il ne faut pas s'attendre à des histoires qui traînent dans la longueur. Ici, il s'agit plutôt d'instantanés.
La Côte d'Azur, le nord, les stars ou simplement la famille, tout passe sous l'objectif d'Eric Neuhoff qui se plaît à jouer à la vérité, la sienne.

La qualité de l'écriture touche de près à ce que l'on pourrait attendre d'une certaine nostalgie pour ce qui était les belles années de la France nouvelle vague.
L'auteur ressucite Patrick Dewaere le temps de quelques jours, et Salinger passe un délicieuse moment chez les Kennedy. Ce qui aurait pu être l'est l'espace de quelques pages, se déguste tel un cocktail au bord de la plage, à cette heure où le soleil tape, lâche ses derniers rayons chauds.

Pas de doute, après avoir refermer ce livre, le lecteur songera à ces derniers jours de vacances d'été, des vagues et des photos plein la tête...

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18 octobre 2018

The Predator

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Présentation officielle :

Les pires prédateurs de l'univers sont maintenant plus forts et plus intelligents que jamais, ils se sont génétiquement perfectionnés grâce à l'ADN d'autres espèces. Alors qu’un jeune garçon devient accidentellement leur cible, seul un équipage hétéroclite d'anciens soldats et un professeur de science contestataire peuvent empêcher l’extinction de la race humaine.

Mon avis :

Les fans de la première heure de Predator, ceux qui ont vu horrifiés, l'alien arracher la colonne vertébrale de leur personnage préféré (Billy Sole), ne pourront s'empêcher de comparer toutes les versions, remake, reboot et autres films de la franchise. Ils vont probablement râler pour de nombreuses raisons (comme le fait qu'un Predator, ça vient sur terre pour s'éclater à chasser du gibier), mais principalement parce que ça ne se passe pas dans la jungle.

Que retient-on du Predator ? Une silhouette sportive et massive, une gueule de porte-bonheur et des dreadlocks. Et c'est un bon chasseur. Dans cet opus, réalisé par Shane Black, on a tous ces ingrédients. Et même plus. Vous voulez de l'action ? Des vaisseaux qui explosent ? Du sang et des tripes ? De l'humour ? Un monstre de 3,30 m de haut ? Oui, on pourrait reprocher un manque de réalisme dans certaines scènes (une scientifique transformée en GI Jane) ou de cohérence dans le destin des personnages. On pourrait même lever les yeux au ciel quand Jacob Tremblay surjoue le gamin autiste (et qui est autiste quand ça l'arrange).
Mais l'humour politiquement incorrect, irrévérencieux (même s'il est souvent trop répétitif) dans les dialogues et les scènes d'action, le look des predators, l'intrigue, les nombreux clins d'œil au tout premier film, la voix rauque de Boyd Holbrook et le twist final en mettent plein les yeux au spectateur. Et pour une fois, la demoiselle en détresse a du répondant, et les mercenaires maladroits au grand cœur ne sont pas là pour la sauver, ce qui change des précédentes adaptations...

Le film ne consiste pas en une simple partie de chasse, le scenario a vu plus grand cette fois-ci. On attend même une suite avec impatience. Vous sortirez de salle ébouriffés, avec une furieuse envie de vous laisser pousser les cheveux et vous remettre au sport pour vous transformer en supers guerriers.

Fiche technique :

Sortie : 17 octobre 2018
Avec :  Boyd Holbrook, Trevante Rhodes, Olivia Munn, Jacob Tremblay, Alfie Allen, Thomas Jane...
Genre : Action, horreur

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01 octobre 2018

Misery au Théâtre Hébertot

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Presque un an après avoir vu l'adaptation théâtre à Bangor, j'ai eu la chance de pouvoir assister à celle de Paris...

Du 19 septembre 2018 au 6 janvier 2019, retrouvez Myriam Boyer dans l’adaptation théâtrale du chef d’oeuvre de Stephen King, Misery au théâtre Hébertot.

Présentation officielle :

Le personnage de Paul, tel un double de Stephen King, est un écrivain à gros tirage. Il est à un tournant de sa vie, souhaitant changer de registre, de style, de propos et mettre un terme à l’interminable saga à laquelle il doit son succès. Pour cela il vient de terminer un roman où il fait mourir son héroïne : Misery.

Mais un accident de voiture le met à la merci d’Annie, une lectrice psychopathe qui l’admire plus que tout. Elle commence par le sauver, le recueillir, le soigner mais bientôt elle le séquestre avec une rare cruauté et l’oblige à réécrire son roman comme elle l’entend.

Mon avis :

Misery est probablement le roman le plus facilement adaptable de Stephen King au théâtre. Deux comédiens (voire trois si l’on fait le choix de montrer ce qu’il advient du shérif), une ou deux pièces... un lit, un fauteuil roulant, et surtout, la machine à écrire. Si le paysage est facile à mettre en place, le casting, lui, est primordial.

Pour Paul Sheldon, si l’on peut reprocher à Francis Lombrail sa tendance à surjouer les passages où il doit exprimer sa douleur, on saluera tout de même les moments quasi-comiques où il envoie des piques à Annie Wilkes.
Myriam Boyer, au physique très proche de celui de Kathy Bates dans le film, a su insuffler son propre style au personnage le plus redoutable à jouer. Après une ouverture un peu "plate", elle alterne joie délurée, folie furieuse et totale dépression en toute fluidité. Difficile alors de détacher ses yeux de son jeu ahurissant.

La scène ne se compose que de la chambre de Paul... le reste de la maison ne sera que suggéré, par le biais d’un second étage flouté, ou d’un écran divisé en quatre, façon caméra de surveillance, lorsque le séquestré tente de s’échapper.
Si certaines scènes plutôt gores dans le roman ou dans le film sont ici édulcorées, des images projetés sur un angle de la chambre rendront toute la folie et la violence de cette situation oppressante.

Au final, adapter Misery au théâtre est un pari risqué, mais totalement réussi. Les Fans de Stephen King apprécieront la fidélité apportée à la pièce, et les vieux bourgeois parisiens vont s’encanailler malgré eux en allant voir ce qu’ils jugent d’habitude comme de la littérature de gare.

Fiche technique :

Une pièce de William Goldman d’après le roman de Stephen King
Adaptation française : Viktor Lazlo
Mise en scène : Daniel Benoin
Assistante à la mise en scène : Alice-Anne Filippi Monroché
Avec : Myriam Boyer et Francis Lombrail
Scénographie : Jean-Pierre Laporte
Costumes : Nathalie Bérard-Benoin
Lumières : Daniel Benoin
Vidéo : Paolo Correia

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30 septembre 2018

La Vie Sexuelle des Soeurs Siamoises, d'Irvine Welsh

 

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Présentation de l’éditeur :

Lucy, coach de fitness narcissique, méprise les gros, les faibles, les ratés. Or elle va se trouver mise au défi de transformer Léna, le genre de fille qu'elle n'aurait même jamais pensé croiser. Dans une Floride décadente obsédée par le corps, s'engage entre les deux femmes une amitié ambivalente et extrême qui va les métamorphoser.

Mon avis :

Après Trainspotting, Irvine Welsh s'attaque désormais à un autre genre de drogue, le fitness. L'héroïne, détestable à souhait, passe son temps à calculer les calories qu'elle ingurgite, et celles qu'elle brûle. Pas de pitié envers ses clientes ou même les gens qu'elle croise dans la rue, la graisse de tout le monde est passée au crible.
De l'auteur écossais, on se souvient du style direct et ordurier de ses dialogues autant que de son récit. Pas question de se voiler la face sur les personnages... il en fait les nouveaux méchants du siècle.
Et quoi de mieux qu'un méchant bien construit ?
Après une première partie dont on peine à voir le bout, où tout finit par tourner en rond, un rebondissement assez extrême nous lance dans une situation des plus tordues. On ne regrette pas alors d'avoir tenu jusque là, jusqu'à un dénouement aussi imprévisible que souhaité.
La vie sexuelle des soeurs siamoises est peut-être réservée à un public averti... ou non. Un peu de violence verbale et beaucoup de sport, ça fait du bien !

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24 septembre 2018

La Mythologie Viking, de Neil Gaiman

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Présentation de l’éditeur :

La légende raconte qu'il existerait neuf mondes, reliés par Yggdrasil, le frêne puissant et parfait. C'est là le théâtre des aventures d'Odin, le plus grand et ancien dieu, Père de tout ; de son fils aîné Thor, fort et tumultueux, armé de Mjollnir, son légendaire marteau ; et de Loki, séduisant, rusé et manipulateur inégalable. Dieux trop humains, parfois sages, souvent impétueux, quelquefois tricheurs, ils guerroient, se défient et se trahissent. Jusqu'à Ragnarok, la fin de toutes choses.

Mon avis :

Il y a bien un auteur qui vous met en joie dès que sort un de ses livres ? Vous foncez en librairie et mettez automatiquement le roman dans votre panier de courses, sans même en lire le résumé ? Si cet auteur venait à écrire les aventures de Oui-Oui au Far West, vous vous jetteriez dessus les yeux fermés, en toute confiance ?
Neil Gaiman pourrait vous faire cocher toutes ces cases.
Il a écrit d'épais volumes de fantasy (De Bons Présages, adapté en série télé sur Amazon, Neverwhere, après la lecture duquel vous ne verrez plus Londres de la même manière), des livres pour enfants pas si enfantins que cela (L'Etrange Vie de Nobody Owens, Coraline). Il a même écrit de la poésie (M is For Magic).
Alors quand vous apprenez qu'il a décidé de nous donner un cours de mythologie Nordique en s'attaquant aux légendes de ces dieux que l'on connaît la plupart du temps seulement à travers les bulles d'un comic ou au cinéma, et bien... vous vous plongez dans cette lecture. Plus rien ne peut nous étonner venant de lui.

Les mythes nordiques : le thème est aussi vaste que les cours d'histoire en sixième, et pourtant, tout est resté flou dans notre tête, probablement à cause de toute cette neige qui les recouvre.
On sait que Thor est plus fort de Ty Pennington, et Loki aussi intelligent que méchant. Odin est vieux et borgne.
Neil Gaiman nous ouvre les portes du royaume d'Asgard et, ne tombe pas dans l'écueil des précédents ouvrages traitant du genre en alignant des pages et des pages de noms imprononçables et de résumer en ligne ce qu'il arrive.

Histoire, philosophie se conjuguent avec humour lorsqu'il s'agit de raconter les aventures de ces dieux aussi fourbes que loufoques. Certains détails se retrouvent chez les latins, comme les pommes d'or ou les Parques, d'autres perdurent encore aujourd'hui sous forme de contes de fée, comme les aventures de Thor au pays des Géants.
Les descriptions sont aussi poétiques que les dialogues contemporains (certains même hilarants), ce qui ôte toute sensation d'ennui à la lecture.

Neil Gaiman nous régale d'un fantastique cours et, sans trop s'éloigner du ton utilisé dans les films qui ont fait la renommée actuelle du dieu du tonnerre, rétablit la vérité sur certains mythes, comme Hel et Fenrir, qui sont les enfants de Loki, et non sa sœur et le gigantesque loup de celle-ci. Hel mi-vivante, mi-morte, est maîtresse des enfers, et récupère dans sa halle les braves morts en défenseurs à l'aide de ses valkyries. Et Le Ragnarok ne sera pas déclenché pour la détruire.

On sort de notre lecture ravi d'en avoir tant appris sans voir les pages défiler, et encore une fois, l'auteur nous prouve que la plume est plus forte que l'épée (et que chez les Nordiques, la bonne poésie sort d'une cuve d'hydromel).

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23 septembre 2018

Maman... Cet Océan Entre Nous, de Gabrielle Lazure

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Présentation de l’éditeur :

« Je n’ai jamais ressenti de ta part un amour absolu. Les termes affectueux que tu emploies à mon égard sonnent faux. Pourtant je t’aime, comme chaque enfant aime sa maman.
2009. Deux ans déjà que tu te bats contre ce satané crabe et la fin approche. C’est la première fois que je te vois si démunie. Tu me demandes inlassablement de te pardonner.
Sois tranquille, maman, je te pardonne enfin. Tu es absoute. Grâce à tout ce que j’ai appris à tes côtés, je sais transformer l’ombre en lumière. »

Dans ce récit en forme de lettre à une mère fantasque et distante, Gabrielle Lazure raconte son enfance au Québec, ses parents séparés, la drogue qui faillit lui être fatale, son départ vers la France pour exercer le métier de mannequin, puis d’actrice, ses rencontres dans le milieu du cinéma... et son envie d’être mère à son tour. Différemment.


Mon avis :

Dans cette autobiographie, Gabrielle Lazure nous parle de sa mère, des années de vie commune avec son père sur quelques pages, puis de son quotidien de fille d'une femme divorcée.
Difficile de qualifier de maternelle cette relation avec celle qui fera passer la plupart du temps sa vie spirituelle en priorité. La mère ne voit rien (sa fille se fait agresser sexuellement à plusieurs reprises par son  demi-frère), n'impose aucune règle, se tripote même devant elle, et la future actrice testera donc la plupart des aventures illicites, dangereuses ou simplement stupides. Et tout cela à un âge bien trop précoce...
Deuxième partie du livre : Gabrielle Lazure traverse l'Atlantique pour lancer sa carrière de comédienne et de mannequin. Si la mère est physiquement absente, son ombre plane sur les déboires de sa filles.

Sous couvert d'une lettre adressée à sa génitrice mourante, l'auteur nous livre un parfait exemple de "name dropping" (un lâché de noms célèbres). Chaque chapitre a son lot d'aventures amoureuses avec telle ou telle star (une nuit avec Jack Nicholson, Richard Gere est trop intense avec son bouddhisme, Martin Sheen trop traditionaliste, etc.). Elle devient l'amie des plus grands, passe son temps à boire du Champagne et à galérer toutefois à payer ses factures.
Elle râle sur les Français trop coincés, sur Paris qui manque de restaurants végétariens (et on la lit en train de cuisiner une dinde quelques pages après), le mannequina qui traite les femmes comme des objets, alors que le cinéma est un art noble.

En bref, Gabrielle Lazure déballe tout, et au bout de 284 pages, le lecteur finit par se lasser de ce "moi je", de ce déluge de plaintes, et a plutôt l'impression de consulter le bottin mondain...

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06 septembre 2018

Le Cri, de Nicolas Beuglet

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L’un des quatre romans nommés pour le prix Nouvelles voix du polar de l’éditeur Pocket, une plume française à suivre de très près...

Présentation de l’éditeur :

À quelques kilomètres d'Oslo, l'hôpital psychiatrique de Gaustad dresse sa masse sombre parmi les pins enneigés. Appelée sur place pour un suicide, l'inspectrice Sarah Geringën pressent d'emblée que rien ne concorde. Le patient 488, ainsi surnommé suivant les chiffres cicatrisés qu'il porte sur le front, s'est figé dans la mort, un cri muet aux lèvres – un cri de peur primale. Soumise à un compte à rebours implacable, Sarah va découvrir une vérité vertigineuse sur l'une des questions qui hante chacun d'entre nous : la vie après la mort...

Mon avis :

Des années que j'attendais de tomber à nouveau sur un thriller qui allait me faire tourner les pages sans interrompre ma lecture, quitte à passer une nuit blanche à écarquiller les yeux et ouvrir grande la bouche d'effroi... Digne héritier des Arcanes du Chaos, de Maxime Chattam, Le Cri a ce rare talent de compiler des héros attachants par leur réalisme, une intrigue à rebondissement multiples, de l'action, de la violence (mais sans jamais tomber dans le gore gratuit), des décors où l'on rêve de pouvoir se perdre (enfin... de mon point de vue).
De par son parcours très audiovisuel, Nicolas Beuglet a une écriture visuelle et rythmée. Les personnages sont décrits par leurs dialogues et leurs actions, plongeant le lecteur immédiatement dans l'histoire. Peu ou pas d'introduction, et l'enquête est lancée.
Au programme du voyage : la Norvège, la France, les Etats-Unis, d'un suicide douteux à une découverte magistrale en passant par deux ou trois complots gouvernementaux.
Si le lecteur pourrait grimacer quand le hasard fait un peu trop bien les choses, les héros le soulignent au même moment... Et la suite des évènements montrent que l'on ne peut se fier à rien ni à quiconque. Au final, Le Cri vous laissera probablement... sans voix.

Je tiens à vous présenter ses excuses pour ce jeu de mot des plus ridicules (mais j'aurai pu faire bien pire, avec le nom de l'auteur).

 

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31 août 2018

Chacun Sa Vérité, de Sara Lövestam

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Chacun Sa Vérité est un polar Suédois qui n'est pas vraiment un polar, avec un héros qui n'est pas vraiment suédois.

Kouplan est un réfugié Iranien en attente de régularisation, obligé de se cacher des autorités pour rester sur le sol nordiste. Il monnaye ses talents de limier pour aider ceux qui ne peuvent faire appel à la police. C'est ainsi qu'il va jouer les détectives privés amateurs pour une mère dont la fille a été kidnappée.

Le personnage principal a l'air d'avoir 15 ans, se sert de l'équivalent d'un minitel pour faire ses recherches sur Internet, utilise un mobile qui date de l'époque ou les Iphones n'existaient pas, et pose des questions naïves pour certaines, indécentes pour d'autres. Et c'est sa cliente qui le nourrit. Autant vous dire que pour résoudre l'énigme de cette disparition, ce n'était pas gagné. Et pourtant, Kouplan avance dans son enquête comme le lecteur dans ce livre qui ressemble plus à un roman psychologique ou de société.

Le héros est bien loin de l'image d'alcoolique divorcé que l'on se fait des détectives classiques, et c'est cette originalité, en plus de son statut de clandestin qui nous font tomber sous son charme.

Trafic d'humain ? Pédophilie ? Kidnapping d'un parent ? Le dénouement surprend un peu, et la dernière page, si elle n'apporte absolument rien à l'intrigue, voire, si elle tombe comme un cheveu dans la soupe, donne envie de lire la suite des aventures de Kouplan.

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