La Pause Lecture

28 mars 2017

George, d'Alex Gino

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Beaucoup de gens aiment George. Maman est très fière de son petit garçon, elle pense qu’il deviendra « un jeune homme très bien ». Scott aime beaucoup son « frérot ».

Et Kelly le tient pour son « meilleur ami ». Mais George sait que les gens ne voient pas qui elle est vraiment. Car, George en a la certitude, elle est une fille.

Alors, quand sa maîtresse propose de jouer une pièce de théâtre à l’école, George veut plus que tout interpréter le personnage de Charlotte. Elle sera parfaite, et les gens verrons enfin qui elle est.

Comment leur faire comprendre que c’est le rôle de sa vie ?



J'avais peur de tomber sur un énième bouquin qui donne dans le pathos en ce qui concerne les enfants qui "se cherchent encore", vous savez, ceux qui vous font penser qu'ils sont victimes d'une déviance que l'amour des autres peut corriger...
Fort heureusement George a bénéficié du talent exceptionnel de son écrivain, Alex Gino.
Dès le début du roman, George est accordée au féminin. Aucun doute n'est possible dans la tête du lecteur, comme dans celle de George. C'est une fille. Le problème, ce sont les autres. Ses camarades d'école qui la harcèle tous les jours, les premiers probablement à avoir compris qu'elle était spéciale, sa mère qui ne veut pas d'un homo de "ce genre-là", son institutrice, qui, sous des dehors de "tout le monde fait ce qu'il veut dans la vie", ne souhaite pas qu'un garçon joue un rôle féminin, etc.
Seule sa meilleure amie et son grand frère ne voient rien à y redire. George est George. Peu importe son sexe. Peu importe si la nature s'est gourée en distribuant les chromosomes. Elle va traverser les épreuves une à une, sous notre oeil bienveillant.
Alex Gino a parfaitement su rendre ce combat, sans dénaturer le discours d'une fillette. Pas de dialogues dénaturé pour son âge, les réactions des autres personnages sont justes face à cette situation. C'est en cela que ce roman est exceptionnel.

George fut un vrai coup de coeur pour moi, et j'ai du mal à croire qu'elle n'est que le fruit de l'imagination de l'auteur(es), tant c'est réaliste !

Un immense merci à l'Ecole des Loisirs pour m'avoir fait découvrir ce livre, et Alex Gino.

 

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26 mars 2017

Marquée à Vie - Rencontre avec son auteur, Emelie Schepp

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Nörrkoping, l’hiver.
La procureure Jana Berzelius arrive sur la scène du meurtre d’un haut responsable de l'immigration en Suède, assassiné dans sa maison, au bord de la mer Baltique. Le tueur n’a laissé aucune trace. Étrangement, les seules empreintes que l’on retrouve sont celles d’un enfant – or, la victime n’en a pas… Quelques jours plus tard, le meurtrier est identifié. Mais il est mort. On retrouve son corps sur un rivage désolé, l’arme tout près de lui. Il s’agit bien d’un enfant. Signe particulier, il présente sur la nuque une scarification énigmatique.
Ce nom, gravé grossièrement à même la chair, provoque brutalement chez l’impénétrable Jana, pourtant réputée insensible et glaciale, un véritable séisme intérieur. Car elle porte la même scarification à la base du cou. La marque d’un passé qui ne lui revient que par flashes incontrôlables...


Le lecteur pourrait voir en Marquée à Vie un énième polar suédois comme on en voit maintenant un peu partout : ambiance froide, des protagonistes peu bavards, un livre où il ne se passe pas grand chose...
Ici, c'est tout l'inverse. On sent bien qu'Emelie Schepp a utilisé sa formation en écriture de scénario pour choisir des dialogues et des scènes d'action à des descriptions à rallonge et des personnages torturés dans leur silence.
Jana est une héroïne au passé trouble et on va avancer dans le dénouement de l'intrigue en même temps qu'elle.
Le choix d'une narration parallèle amène le lecteur a douter de ce qu'il croit au début, avant de finalement se prêter au jeu et essayer lui aussi de deviner ce qui a bien pu advenir de la petite fille aux parents assassinés.
Marquée à Vie se dévore en quelques heures et renouvelle le genre du thriller nordique en optant pour un style plus enlevé. Loin de rester sur sa faim, on attend pourtant la suite des aventures de Jana, dont le passé est loin d'avoir révélé tous ses mystères...

Vendredi dernier, j'ai eu la chance d'avoir été conviée, avec d'autres blogueurs, à un petit déjeuner au Café Louise en compagnie d'Emelie Schepp, venue sur Paris pour le salon du livre. Elle s'est prêtée au jeu des questions/réponses avec beaucoup de détails...

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Son parcours

Emelie Schepp nous a parlé de son passé de chef de projet dans la publicité. Elle y rédigeait de cours articles de marketing, mais elle envisageait de rédiger des textes beaucoup plus long que de simples argumentaires. C’est ainsi qu’elle a suivi des cours d’écriture scénaristique. Vu la difficulté à produire des longs-métrages en Suède, elle s’est donc tournée vers l’écriture d’un roman, pour n’être freinée ni par l’argent, ni par le nombre de pages.

Pour trouver du temps pour écrire, en plus de son travail dans la publicité, elle a d’abord commencé par se lever à 4 heures du matin. "Mauvaise idée". Elle a vite laissé tomber. Elle a alors dédié ses soirées à la rédaction de son livre, éteignant sa télévision et son portable pour se couper des réseaux sociaux et se dégager du temps.

Six mois plus tard, elle a envoyé son manuscrit aux éditeurs. Elle a très vite reçu une réponse négative. Elle a relancé les autres éditeurs qui lui ont avoué ne pas avoir eu le temps de lire son roman. Encore six mois plus tard, elle décide de se débrouiller seule et opte pour l’autoédition.

Elle sort son roman en livre de poche, et à force d’actions marketing auprès des lecteurs et des distributeurs, elle atteint, quelques mois plus tard, le nombre de 40 000 exemplaires vendus.

Elle est persuadée qu’il y a énormément de romans qui attendent d’être publiés. Grâce à l’auto-édition qui est en plein essor, les écrivains parviennent à se faire remarquer. C’est ce qui lui est arrivé quand HarperCollins lui a voulu racheter Marquée à Vie. Son livre est aujourd’hui sorti dans 29 pays, à plus d’un million d’exemplaires.

Le personnage de Jana

Elle est tombée un jour sur un article parlant d’enfants soldats, le processus de lavage de cerveau par lequel ils sont passés avabt de les former à tuer. Cette idée de base a trouvé son point de départ grâce à un flash d’informations sur l’accident d’un camion transportant des sans-papiers dans des conteneurs. Elle avait besoin d’un enfant sans attaches, et elle a utilisé ce fait divers pour développer son personnage et pouvoir l’entraîner à devenir un assassin sans avoir de famille encombrante. "Difficile de pouvoir recruter un futur assassin en toute discrétion quand ses parents ont alerté la police et lancent des avis de recherche !"

Jana, quant à elle, a une double personnalité : procureur de talent et réputée pour son professionnalisme, elle n’hésite pas à enfreindre la loi et tomber dans la violence pour protéger son secret.

Le processus d’écriture et la promotion de ses livres

Emelie Schepp utilise toujours deux trames parallèles, l’une inspirée de la réalité, l’autre tout droit sortie de son imagination. L’environnement colle toujours au réel.

Deux amis policiers haut-gradés la conseillent et la corrigent en cas d’erreur. Elle fait des recherches sur le moindre détail. Plus à l’aise pour écrire de vrais dialogues que des discours intérieurs, elle préfère l’action à la description. Elle se dit être le fruit de la littérature suédoise, mais elle veut donner sa vision des choses, puisqu’il y a des lecteurs pour tous types de thrillers. Elle utilise de nombreux réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram) pour faire la promotion de ses livres. Une présence multiple est obligatoire si l’on veut toucher un maximum de monde. Elle s’est rendue compte que le public aimait apercevoir des instantanés de sa vie d’écrivain. Rencontrer ses lecteurs lui apporte un immense plaisir, et si eux l’apprécient en retour, le bouche à oreille n’en sera que meilleur.

Les gens peuvent trouver ennuyeux qu’elle parle tout le temps de son livre comme d’un produit, mais si elle veut continuer à écrire, elle doit vendre ses romans. Ce n’est pas dur d’imprimer un livre... le travail vient ensuite : rencontrer les diffuseurs en personne, toujours avoir un de ses romans avec soi pour le donner si l’occasion se présente (Lee Child l’a accepté en la serrant dans ses bras lors d’un festival policier). Le plus important est d’avoir une bonne histoire, et une bonne visibilité.

"En Suède, il y a un phénomène Schepp, et tout le monde reprend ma technique de marketing !"

Et le quotidien, dans tout ça ?

Elle lit, ou plutôt écoute (le livre audio est très répandu dans son pays) beaucoup de thrillers. Elle adore les block-busters comme La Mémoire dans la Peau et serait ravie qu’on lui propose d’adapter son roman, même si elle pense qu’une série télé serait un format plus adapté pour raconter l’histoire de Jana. Ses séries du moment sont The Fall, The Bridge, American Crime Story...

Son mari la suit souvent en tournée promotionnelle pendant que ses parents gardent ses enfants. Le couple se balade quotidiennement dans la forêt proche de chez eux, et ils échangent leur point de vue sur diverses questions criminelles (elle se sert d’ailleurs de son mari comme cobaye pour reproduire certaines scènes en réel), sous les regards médusés des promeneurs...

J'adresse un immense merci à HaperCollins pour m'avoir redonné goût à la littérature Suédoise et m'avoir permise de rencontrer Emelie Schepp !

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20 mars 2017

Dyke Hard, un film de Bitte Andersson

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Un groupe de rock lesbien sur le point de se séparer entame un road movie déjanté, avec au menu manoir hanté, un séjour en prison, sans oublier des ninjas mauves...

Bitte Andersson avait plusieurs idées de B-Movies en tête, mais faute de temps, et de budget, elle a décidé de toutes les regrouper en un seul film dont l'histoire se déroule dans les années 80. Vive le fluo, les épaulettes, les cheveux gonflés et laqués paillettes, place à tous ces éléments qui font que cette époque est chère à mon coeur.

Autant vous le dire tout de suite. A mon humble avis, Dyke Hard n'est franchement pas le chef-d'oeuvre dont tout le monde parle. Je ne décrie pas les choix scénaristiques à l'enchaîné plus que douteux, ni le design psychédélique du film. Non, ce que je déplore avant tout, c'est l'atroce médiocrité de l'ensemble. Les décors et les effets spéciaux sont miteux (bien au-delà des années 80), les costumes, n'en parlons pas... Vous avez sûrement vu sur Internet ce type qui adore se faire des cosplays avec des matériaux de récup et dans un timing de 3 minutes ? Et bien là, c'est le même genre de mise en scène navrante.
Que dire des acteurs... Vous vous faites un cours-métrage entre potes beurés sur des extra-terrestres qui attaquent la Terre à coup de piou-piou vocaux des plus "économiques" et vous obtiendrez à peu de chose près le même résultat.

J'ai eu l'impression de voir un nanar suédé, c'est pour vous dire...

Alors que l'on décide sciemment de réaliser un film qui veut être un OVNI, à la croisée de créations cultes du genre, comme This is Spinal Tap ou le Rocky Horror Picture Show, ok, mais souvenez-vous qu'à l'origine de ces petits bijoux, il y avait au moins un élément important digne de ce nom (Rob Reiner pour le premier et Tim Curry pour le second), et du pognon. Quant à Dyke Hard, faut pas déconner. Le fait d'assumer le statut de Jem et les Hologrammes lesbiens daubesque ne va me faire rentrer dans le club des bobos culturels nostalgiques qui le porte aux nues !

Le film, édité par Outplay, est sorti le 22 décembre dernier en DVD.

A retrouver sur Cinétrafic :
 - lesbianisme
- autres comédies sorties en 2017

Je vous laisse en compagnie de la bande-annonce :

 

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16 mars 2017

Ma Guerre, de G.P. Gautier et T. Oger

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Entre les films et les romans se glissent parfois quelques bulles. De celles qui vous éclatent à la tête.

Ma Guerre, de la Rochelle à Dachau fait partie de ces bades-dessinées qui vous marquent. Guy-Pierre Gautier, pendant la seconde guerre mondiale, a fait partie de la résistance. Son petit-fils, Tiburce Oger a voulu lui rendre hommage en lui prêtant son talent de dessinateur pour raconter son histoire.

D'adolescent insouciant à prisonnier de guerre dans un camp de travail, Guy-Pierre va être le témoin et acteur de ce qui fut l'une des plus importantes périodes de l'histoire. Attentats terroristes pour déjouer l'invasion allemande, tenir trois jours sous la torture pour laisser le temps à ses camarades de pouvoir trouver une planque, déportation... tous les éléments de l'occupation puis de la libération sont là pour nous rappeler qu'il y a eu un jour, des types qui ont offert leur vie pour la liberté.

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Tiburce Oger a magistralement illustré le récit de son grand-père. Des couleurs vives pour les temps de paix aux teintes froides des temps sombres pour des peintures qui servent des dessins regorgeant de détails à étudier. Chaque case est un tableau à elle seule. La finesse du trait est telle que l'on se prend à grimacer, à pleurer même, devant les scènes les plus dures.

Au final, Ma Guerre est de ces bandes-dessinées que l'on redoute de lire, que l'on dévore d'une traite (impossible d'abandonner Guy-Pierre en plein interrogatoire pour aller se préparer à dîner), et que l'on se refuse à prêter, de peur de perdre ce qui deviendra probablement l'un des joyaux de sa bibliothèque.

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12 mars 2017

Syberia 3

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La Saga Syberia :

Syberia 1 :

Kate Walker, une jeune avocate new-yorkaise est dépêchée pour s’occuper de la vente d’une ancienne usine d’automates cachée dans les Alpes françaises. Elle est très vite embarquée dans un voyage jusqu’aux confins de l’Europe de l’Est, avec pour compagnie un automate très particulier nommé Oscar. Ensemble, ils découvrent des lieux incroyables, peuplés de personnages hauts en couleur, avant d’enfin rencontrer Hans Voralberg, l’inventeur de génie, parti sur les traces des derniers mammouths mythiques de l’île de Syberia.

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Syberia 2 :

Après avoir atteint le but ultime de son voyage, obtenir la signature de Hans Voralberg, concluant ainsi la vente de l’usine, Kate décide d’abandonner sa vie parfaite à New-York pour aider le vieil homme à réaliser son rêve de toujours. Formant une équipe très particulière, ils partent pour un nouveau voyage.

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Syberia 3 :

Quelques semaines se sont écoulées entre la fin de Syberia 2 et l’ouverture de Syberia 3. L’histoire débute alors que Kate est retrouvée mourante en pleine Sibérie par une caravane Youkole. Le peuple de nomades accompagne la transhumance séculaire des autruches des neiges vers les steppes sacrées, lieu de leur reproduction. Décidant de voyager à leurs côtés, Kate va découvrir la ville de Baranour, une ancienne cité modèle d’un régime industriel, dévastée suite à une explosion nucléaire...

 

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Mon avis :

Après avoir joué quelques temps sur l’ouverture de Syberia 3, le constat est clair : nous sommes bien loin d’un jeu vidéo classique. Benoît Sokal a voulu développer une aventure basée sur la résolution d’énigmes et l’exploration d’un univers incroyable. Le joueur n’avancera pas dans l’histoire sans avoir besoin de tuer. La violence n’est pas la solution, seule la réflexion débloque les situations auxquelles est confrontée Kate. Cela peut sembler ennuyeux, mais au final, c’est une histoire totalement interactive qui s’offre à nous. La jouabilité est telle que vous vous étonnerez à utiliser votre manette comme dans la réalité, comme dans l’une des premières scènes où l’on tourne le joystick dans le sens contraire des aiguilles d’une montre pour dévisser un couvercle.

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L’histoire en elle-même consiste en une exploration de paysages somptueux. L’auteur et illustrateur de bandes-dessinées a mis tout son art dans le développement de l’intrigue et dans la création des décors. La 3D est ici au service du dessin de Benoit Sokal. On perçoit le trait artistique de l’auteur, jusque dans les personnages des Youkoles.

Au final, Syberia est un jeu qui met l’intelligence au service de la découverte d’un univers aux confins de l’inconnu...

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Fiche Technique

Editeur : Microïds
Sortie : 20 avril 2017
Sur Playstation 4, X-box One, PC/Mac, Nintendo Switch

 

Un grand merci à Microïds pour m'avoir laissée tester en avant-première ce somptueux jeu vidéo !

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06 mars 2017

Good Morning, Midnight, de Lily Brooks-Dalton

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« Ainsi prend fin le monde, non dans une explosion, mais dans un murmure. » T. S. Eliot

Augustin, un brillant astronome, est en mission dans l'Arctique lorsque sa base est évacuée. Alors que les militaires rapatrient ses collègues, il refuse de quitter l'Observatoire. Quel que soit le danger, il veut finir ses jours ici, les yeux dans les étoiles. La rencontre avec une fillette de huit ans change ses plans : il doit reprendre contact avec le monde pour qu'elle soit sauvée. Mais toutes ses tentatives restent sans réponse...  Alors qu'une jeune astronaute, Sully, quitte Jupiter pour regagner la Terre avec son équipage, elle perd tout contact avec Houston.

Bien loin des romans apocalyptiques habituels, on a ici affaire à un roman sur le silence. Le black-out lié à une catastrophe dont on ne sait rien, le mutisme d'une fillette, seul ancrage pour un scientifique perdu dans les étoiles, et le vide absolu de l'espace infini pour des astronautes sur le chemin du retour. La grande inconnue n'est pas de savoir ce qu'il s'est passé ni comment on va s'en sortir. Les personnages ne veulent simplement pas perdre le contact.
Près de 300 pages sur ce thème, ça pourrait paraître long, mais Lily Brooks-Dalton a un don certain pour développer une ambiance particulière dans son roman. Nous sommes dans l'attente. Elle ne fait pas patienter le lecteur avec des aventures à rebondissement, elle le met dans le même état que ses protagonistes.
Augustin et Sully sont tous deux passionnés par les étoiles, et chacun va s'interroger sur les choix qu'il a fait, de mettre de côté leur famille pour consacrer toute sa vie à la science. Tandis que l'un assiste au lever de soleil le plus court qui soit dans l'immensité du cercle arctique, l'autre, malgré l'omniprésence des étoiles, ne peut que subir le vide et le noir sidéral. Les descriptions de paysage principalement pour Augie, et de la vie dans l'espace, pour Sully, sont magnifiques et empreintes d'une réelle poésie. Il faut bien cela pour faire passer le silence absolu qui règne.
Tout est fait pour que le final trouve sa juste conclusion. Le lecteur n'en ressort pourtant pas déçu, il a simplement vécu une expérience étrange en lisant un ovni littéraire.

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26 février 2017

New Earth Project

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Présentation de l’éditeur

En 2125, la majorité de la population est pauvre et parquée dans des bidonvilles, tandis que l’élite profite d’une vie confortable sous le Dôme. Sur Terre, les meilleurs élèves côtoient la même école. C’est ainsi qu’Isis rencontre Orion, le fils du dirigeant du NEP et qu’elle lui ouvre les yeux sur son monde. Le jour où Isis est tirée au sort avec sa famille pour partir sur la Nouvelle Terre, Orion va mener son enquête sur le fonctionnement du NEP... et faire de terribles découvertes.

Mon avis :

Derrière une magnifique couverture se cache un roman d’anticipation à faire pâlir les lecteurs. En effet, on est bien loin d’une simple histoire de voyage dans l’espace vers une nouvelle planète habitable. Tour à tour, on aborde le sujet de la ségrégation, de la pauvreté humaine, de la pollution pour aboutir à l’inimaginable...

Isis est issue d’une famille qui vit sur un village flottant, au pied de ce qui fût la grande New York. L’apocalypse s’est déchaînée sous la forme de fonte des glaces, augmentant le niveau de l’eau jusqu’à couler des villes entières et atteindre les cités les plus riches. Isis met tous les atouts de son côté pour s’élever au-delà de son rang de "grise". Elle enchaîne les bonnes notes, éduque des enfants perdus, développe une agriculture impossible à concevoir pour les nantis.

Orion, quant à lui, vit sous le Dôme, où l’air est sain, la nourriture abondante et la vie facile. Il cherchera pourtant à en savoir plus sur la situation à l’extérieur, notamment sur cette promesse faite aux pauvres d’un monde meilleur. Son amour pour Isis le poussera à remettre en doute tout ce qu’on lui a appris.

New Earth Project pourrait être un énième livre sur deux adolescents que tout opposent et qui vont développer un amour sans barrières... Mais Isis et Orion ne passent finalement qu’au second plan. C’est la société toute entière qui se retrouve sous les feux des projecteurs. Pauvreté, racisme, pollution, Monsanto, élites abjectes, tout y passe quand il s’agit de dénoncer les maux actuels et pourtant sans cesse renouvelés de notre monde.

Voici un livre qui fait réfléchir à la situation actuelle qui risque d’aboutir à un renouvellement des erreurs et horreurs passées.

La soirée de lancement du livre :

Le 22 février dernier, j'ai été invitée à participer à la soirée de lancement du roman.

Le rendez-vous avait été donné à la Cité des Sciences et de l'Industrie, à la Géode plus précisément, pour assister à la projection du film Beautiful Planet.

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Loin de s'endormir sur les fauteuils inclinés du cinéma sphérique, le spectateur est aspiré à travers le vide intersidéral pour rejoindre les astronautes à bord de la Station Spatiale Internationale.
Vos camarades de vol vous expliquent leur quotidien en apesanteur zéro : de la difficulté à se laver les cheveux dans un espace restreint où la plus fine gouttelette d'eau s'envolera jusqu'à vous asticoter pendant votre sommeil, au petit expresso conçu par la seule machine (italienne, bien sûr) qui peut fonctionner dans l'espace.
Mais les astronautes ne sont pas seulement là pour jouer aux space-cowboys. Ils bombardent de photos et de vidéos la planète bleue, afin de rendre compte de sa beauté, mais aussi de sa déchéance.
De là-haut, les ravages du réchauffement climatique ne peuvent plus être ignorés...

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Après cette prise de conscience des plus impressionnantes, nous avons été conviés à un apéritif dans le pub Park Avenue.
Là, nous avons pu discuter avec l'auteur de New Earth Project David Moitet, devant des frites, des beignets d'oignons et des piments jalapenos farcis au fromages des plus appétissants !
Il nous a parlé des difficultés à écrire spécialement pour la jeunesse (l'éditeur était sceptique quant aux descriptions assez dures pour certaines scènes du roman), mais également de ses goûts pour d'autres écrivains, comme par exemple Maxime Chattam. Il na pas écrit New Earth Project pour en faire un pamphlet sur le racisme ou l'écologie. Il voulait simplement écrire une histoire dans laquelle ces questions se sont finalement posées.
Il nous a parlé de son métier de professeur qui lui laisse la liberté d'écrire au rythme qu'il veut, il n'est pas enchaîné par des lignes à rendre, un thème de prédilection ou un éditeur qui ne croit qu'à un public conquis d'avance.

Un grand merci à l'équipe de Didier Jeunesse  et Onirik pour m'avoir, le temps d'une soirée, plongée la tête dans les étoiles et permis de rencontrer David Moitet !

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12 février 2017

Crash, Contes du Soleil Noir, d'Alex Jestaire

Au diable vauvert Contes du Soleil Noir Crash Alex Jestaire

Malika est une jeune mère célibataire débordée. Elle peine à joindre les deux bouts, le père de son fils ne lui verse plus de pension alimentaire, et elle enchaîne les heures de route pour aller faire le ménage pour une paye misérable.
AVC au volant et la voilà dans un état végétatif à l'hôpital.

Un hackeur enquête sur la présence d'une femme mystérieuse, équipée d'une valise à roulettes, dans des vidéos amateurs de catastrophes, qu'elles soient naturelles, comme le tsunami en Asie du Sud-Est, ou la cause d'attentats terroristes. Qui est-elle ? Pourquoi a-t-elle l'air épanoui alors que tout s'écroule autour d'elle ? Est-elle responsable de ces désastres ?

Dans une première partie dédiée au quotidien de cette femme oubliée par sa famille, l'état et la chance, Alex Jestaire nous dépeint un constat bien triste de la situation d'une partie de la population. Des petits boulots précaires, des heures de travail épuisantes physiquement et psychologiquement mènent à un black-out total.
Malika s'éteint dans le monde réel pour réapparaître dans celui qu'elle affectionne tant, la télévision. Mais exit les séries devant lesquelles elle passait des nuits blanches, la voilà en voyage dans les catastrophes mondiales.

En un peu plus de 100 pages, difficile de s'attarder sur Malika et ses problèmes personnels, quand on veut donner dans l'exploration visuelle fantastique.
Une trentaine de pages sur une vie acharnée et triste, et on découvre l'écriture simple et acérée d'Alex Jestaire :

"La matinée, c'est repassage - quatre chemises pour M. Perone de Puteaux, payées au black, enlevées et rendues au parking - colonne crédits. Une heure aussi pour le cours par correspondance "comptabilité et administration" - pourquoi a-t-elle raté le dernier concours ? Pourquoi a-t-elle autant de mal à se concentrer là-dessus maintenant ? A la télé un couple-candidat des Z'amours s'écharpe - l'animateur s'interpose, c'est assez drôle. Elle mâchonne sans appétit un taboulé en barquette (1,04 €) en épluchant le courrier : lettre de rappel de la cantine (débit), relevé de prestations ASF (crédit), mise en demeure de Cofinoga (débit) - elle établit le bilan médian de la journée pendant la séquence "la Bourse" du journal de 13h. Tout compte fait elle est toujours autant dans le rouge. Elle sue en préparant son sac."

La deuxième partie quant à elle, alterne entre les descriptions de la vie de légume de Malika et celles de sa vie de voyageuse inter-catastrophes. Elle s'éteint dans le quotidien et se réveille au son des hurlements... A voir, ce que cela aurait donné si l'auteur avait choisi de la faire se perdre dans ses séries fétiches ou dans les jeux télé qui laissent un fond sonore des plus horripilants...
Rien que pour voir cela, j'attends une suite (si Alex Jestaire en décide ainsi, et si les infirmières choisissent une autre chaîne que celle des infos) !

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21 janvier 2017

L'Effet Aquatique

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Samir, grutier à Montreuil, tombe fou amoureux d'Agathe Maitre-nageur à la piscine de Saint-Denis. Pour pouvoir l'approcher, il lui fait croire qu'il ne sait pas nager. Dès leur première soirée ensemble, elle découvre la supercherie...

Réalisé par Solveig Anspach, le film jongle entre poésie et humour absurde. Je suis tombée sous le charme naïf de Samir, qui pense reconquérir sa belle en la suivant jusqu'en Islande, où se tient le 10ème congrès annuel des maîtres-nageurs. J'ai pouffé comme une jeune fille pendant les scènes où elle lui apprend à aimer l'eau, où elle lui touche innocemment le ventre, tandis que lui est tout maladroit à essayer de faire semblant.
On passe de la morosité de la banlieue, sa piscine désertée et des personnages gris au paysage somptueux nordistes avec ses habitants et leurs moeurs hauts en couleurs, d'un bleu terne au bleu flamboyant des mers d'Islande.

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Les deux comédiens, Samir Guesmi et Florence Loiret-Caille, savent nous faire ressentir cette fragilité en eux, et l'on reste suspendu dans l'attente d'un happy end. J'ai eu un gros coup de coeur pour eux et j'espère bien regarder le reste de leur filmographie !

Après le final, on sourit, on se sent bien, on a envie de faire quelques longueurs...


Le film, édité par Le Pacte (sa page Facebook), est sorti le 9 novembre dernier en DVD.

A retrouver, sur Cinétrafic :

- toutes les idées de films
- les dernières sorties DVD et VOD

Je vous laisse en compagnie de la bande-annonce du film :

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18 janvier 2017

Concours pour Un Sac de Billes

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Dans la France occupée, Maurice et Joseph, deux jeunes frères juifs livrés à eux-mêmes, font preuve d’une incroyable dose de malice, de courage et d’ingéniosité pour échapper à l’invasion ennemie et tenter de réunir leur famille à nouveau.

 

A l'occasion de la sortie du film, je vous propose de gagner 6 exemplaires du roman de Joseph Joffo et 5 x 2 places de cinéma pour aller le voir...

Pour participer, dites-moi en commentaire de ce billet comment vous vous seriez débrouillés, pendant la guerre, pour passer en zone libre. Et donnez-moi une adresse mail valide pour que je puisse vous contacter si vous avez gagné.

Vous avez jusqu'à vendredi 20 janvier 20 heures pour jouer !

 

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