La Pause Lecture

08 juin 2022

Dune, essai de Nicolas Allard

dune

Présentation de l’éditeur

Oeuvre d’une ambition folle, Dune a ému et fasciné des générations de lecteurs et reste à ce jour le roman de science-fiction le plus vendu au monde. Lire (et relire) Frank Herbert, c’est se plonger dans un univers d’une richesse inégalée, qui a inspiré des artistes aussi différents que George Lucas, David Lynch ou Alejandro Jodorowsky. Un chef-d’oeuvre intemporel, dont les thématiques restent d’une actualité brûlante : politique, écologie, transhumanisme, féminisme… À l’heure où ce planet opera mythique fait son grand retour dans les salles obscures, Nicolas Allard nous guide dans une oeuvre complexe et foisonnante, et nous offre toutes les clés permettant de décrypter ce monument de la pop culture ! Les encres de Chine d’Emmanuel Brière Le Moan disséminées au fil de l’ouvrage complètent l’immersion dans les sables d’Arrakis.

Avis d’Emmanuelle

Dune, même s’il divise bon nombre de lecteurs, peut être considéré comme un chef-d’oeuvre. Frank Herbert a été un pilier du space opera, juste avant Star Trek, et a inspiré une quantité insoupçonnée de créateurs, comme Spielberg avec Starwars, le groupe de musique Pleasure Game avec son titre phare Le dormeur doit se réveiller, le jeu vidéo Crying Sun. Et qui n’a pas appris par cœur la litanie contre la peur pour affronter une séance de torture chez le dentiste ?

Nicolas Allard, après un essai sur Le Trône de Fer, a décidé de s’attaquer à un monstre de la SF, ou tout du moins au premier tome de la saga Dune. Il aborde plusieurs thèmes primordiaux dans le roman de Frank Herbert, et soumet son avis sur la difficulté de l’adapter au cinéma (l’essai est paru en même temps que le film de Denis Villeneuve, et Nicolas Allard n’a pas pu le voir avant la publication). Bien plus qu’une histoire d’amour et d’aventure, Dune parle d’écologie, de féminisme, de transhumanisme et de fatalité.

Si quelques chapitres éclairent particulièrement bien certains points restés obscures dans le roman (sans parler des films, qui ont dû faire l’impasse sur beaucoup de détails), d’autres peinent à être développés, l’auteur se répétant assez souvent, ou ne pousse pas sa réflexion bien loin, s’arrêtant à la lecture du roman, et aux essais précédemment publiés sur le sujet (comme par exemple, celui de Brian Herbert sur la saga de son père).

Comme beaucoup d’essayistes, chacun dans leur discipline, Nicolas Allard, ayant trouvé une piste d’exploration, tente de faire coller chaque élément du livre à sa théorie, et parfois, tombe dans le contre-sens (comme celui de la rédemption possible du baron Harkonen par l’amour filial, à l’instar de Dark Vador avec Luke Skywalker, là où ce personnage n’ayant absolument pas le même cheminement d’esprit n’envisagerait même pas de sacrifier sa vie pour qui que ce soit). Il n’étaye pas assez les indicateurs qu’il pense pourtant coller à sa théorie (l’aventure esthétique selon Jankélévitch), là où peut-être, il n’y a aucun lien...

L’essai est pauvre en matière de comparaison entre les inspirés et les inspirations. Il aborde les Jedi de Starwars avec les traits communs aux Bene Gesserit, mais fait l’impasse sur Arrakis et Tatooine... Il parle de du Trône de Fer qui reprend les guerres entre les diverses maisons, mais ce genre de conflits étant récurrent dans l’histoire humaine, on sait désormais que GRR Martin a bien plus emprunté à la saga des Rois Maudits qu’à Dune. Et il y a fort à parier que James Cameron s’est plutôt inspiré des romans d’Isaac Asimov que des quelques lignes dans Dune parlant du Jihad Butlérien, la guerre ayant opposé les humains et les robots. Il y a une source de confusion entre réelle inspiration et images récurrentes dans notre culture menant à la construction d’un univers dont les sources s’encrent dans le réel et le présent.

Pour conclure, l’essai peut être un point de départ pour aborder l’oeuvre de Frank Herbert, un bon rafraîchissement pour se remémorer la guerre de l’Epice, mais n’apporte pas grand chose de plus face à une lecture du premier tome, armé d’un crayon, avec le lexique offert par l’auteur en fin de volume.

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25 janvier 2022

Soeur de Sang Tome 3 - Les Ailes Ténébreuses

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Présentation de l’éditeur

La vérité a fini par éclater et l'identité de Véronyka, par être dévoilée : elle n'est autre que la fille de Phéronia Pyromaque, l'héritière du trône de l'empire aurain. Mais la jeune Dresseuse de phénix n'est pas encore prête à assumer cette lourde responsabilité. Entre la réunion du Grand Conseil qui approche à grands pas, la guerre civile sur le point d'éclater à Pyra et Tristan, tombé aux mains de l'ennemi, la princesse ne sait plus où donner de la tête.

Mais on n'échappe pas à son destin. Et Avalkyra Pyromaque, sa tante, l'a bien compris. Profondément meurtrie par la dernière bataille qui les a opposées, la reine ressuscitée prépare sa terrible vengeance et compte bien, quant à elle, revendiquer son titre. Car voilà qu'elle a enfin trouvé son âme sœur, une stryge du nom d'Onyx, née dans le gouffre fumant de la Flamme éternelle d'Aura. Or, alliée à cette puissante créature de Nox et à ses centaines de congénères aux ailes ténébreuses, elle ne reculera devant rien pour mettre à feu et à sang ce monde qui a osé la rejeter.

Mon avis

Nicki Pau Preto clôt sa trilogie avec un dernier tome de 756 pages.
Il faut s'armer d'un courage équivalent à celui des héros pour attaquer la lecture de ce véritable bottin, mais le voyage en vaut la peine.
Guerre fratricide, amour, sang, feu et larmes jalonnent le récit de cette jeune femme qui doute de sa légitimité en tant que meneuse de troupe et héritière du trône.

L'auteur a toujours le même travers : se perdre dans des dialogues sans fin sur les sentiments de ses personnages. Le premier tome a suffit pour que l'on s'attache à eux, et il n'est plus nécessaire de développer sur des dizaines de pages le syndrôme d'imposteur que chacun d'entre eux éprouve.
Les allés-retours sont nombreux dans l'histoire autant que sur les terres. Si une chronologie figure en fin de volume, il aurait été préférable d'avoir une liste des personnages de l'histoire plutôt que de la Grande Histoire, et peut-être une carte aussi, pour se retrouver dans tous les déplacements de nos personnages.

Mais ces quelques défauts sont vites éclipsés par la justesse de l'écrit. L'émotion, la peur, l'horreur sont au rendez-vous, et comme le souligne l'héroïne, la victoire n'est pas celle d'une seule personne. Chaque protagoniste a son lot d'aventures et on s'attache à chacun, que ce soit au plus insignifiant ou même à la pire qui soit, la Reine Sans Couronne.
On est proche d'une fantasy classique, avec le stéréotype de l'Elue, mais jamais on se s'est autant attacher au devenir de ses personnages.

Cette conclusion est à la hauteur de l'épaisseur du bouquin : énorme.
La bataille finale dure une centaine de pages qui se dévorent en une fin de soirée angoissante : qui va survivre ? qui va mourir dans un ultime sacrifice héroïque ? Pourquoi tremble-t-on autant pour des héros de papier ? D'où viennent ses gouttelettes d'eau qui tombent sur les dernières pages du roman ?
Bref, vous l'aurez compris, le final est magistral, à croire que l'auteur a étudié toutes les batailles mémorables (Les Spartiates, Waterloo, Alezia, La Lune Noire, Les Reliques de la Mort...) pour en garder l'essence même du récit épique.

Dès lors, les 756 pages sont finies presqu'à regret. Les héros sont entrés dans la légende.

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27 octobre 2021

Les Naufragés de la discorde, écrit par Jock Serong

Naufragés

Présentation de l’éditeur

1797. Sur une plage, près de Sydney, un bateau de pêche vient en aide à trois naufragés squelettiques et à bout de forces. Ils sont les seuls survivants du Sydney Cove.
L'un ne parle pas, les deux autres font le même récit : une terrible marche, des centaines de kilomètres dans les terres hostiles du bush australien.
Le lieutenant Joshua Grayling, chargé de recueillir leur témoignage, doit aussi enquêter sur les quatorze membres de l'équipage morts pendant leur périple... Rapidement, les failles de leur histoire vont éclater, une histoire cousue de silences troubles et d'arrangements avec la vérité. Le périple des marins se révèle progressivement dans toute son horreur.
Que s'est-il vraiment passé sur le Sydney Cove ?


Mon avis

Ahhh... L'Australie, ses contrées inexplorées, la chaleur ambiante, les plages de sable blanc... ça a de quoi faire rêver, non ?
Au 18ème siècle, c'est loin d'être le cas. Les colons anglais peinent à faire régner l'ordre parmi les indigènes, et ce n'est pas les bagnards, premiers arrivés sur ces terres inhospitalières, qui forment le summum de la classe tant attendue par les gouverneurs de ce nouveau continent.
Trois hommes sont retrouvés, quasiment morts de faim et souffrant de blessures multiples sur une plage près de Sydney. Ce sont les rescapés du naufrage du Sydney Cove. Après avoir abandonné le bateau, tous les marins ont pris une chaloupe pour rejoindre la terre. Leur frêle embarcation s'est elle-même échouée, et tandis qu'une partie de l'équipage reste sur place pour attendre des secours venant de la mer, l'autre partie est envoyée longer la côte pour rejoindre la civilisation.
La marche sera longue et éprouvante... près de 800 km de rivières, de marécages, de rochers et de jungle à traverser. Les peuples autochtones seront-ils aussi terribles qu'on le prétend, voire cannibales ?

Le roman est une superbe illustration de la colonisation de l'Australie. Les indigènes ne sont pas ces monstres tant redoutés, et l'esclavage a encore de beaux jours devant lui.
Après la découverte de ces 3 rescapés, on suit le récit de leur horrible aventure par le biais du journal du subrécargue du Sydney Cove, et grâce à la narration de Mr Figge (un personnage malsain et terrifiant qui a pris l'identité d'un marchand de thé), et à celle d'un lascar (indien engagé comme mousse ou serviteur à bord du bateau).
Pourquoi ne sont-ils que 3 à avoir réussi à atteindre la civilisation alors que des dizaines étaient partis à pieds ?
Qui est ce Mr Figge, quel est son véritable dessein, pourquoi le jeune lascar n'avoue-t-il pas qu'il parle parfaitement anglais ?
Il y a autant de mystères qu'il y a de contrées étrangères à explorer. Personne n'est épargné, sauf peut-être la bienséance britannique légendaire...

Les apparences sont trompeuses et les sauvages ne sont pas ceux que l'on pense.
L'écriture est mesurée, les descriptions sont riches en détails : horribles pour Mr Figge qui aime le sadisme, tronquées pour le subrécargue qui protéger l'image du colon anglais, et magnifiques d'humanité et de beauté pour le lascar.

Les naufragés de la discorde est bien plus qu'un récit d'aventure, c'est un roman sombre et éprouvant, qui donnera à plus d'un l'envie d'ouvrir un atlas pour suivre le périple de ces trois hommes que tout oppose.

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21 octobre 2021

Purgatoire des innocents, de Karine Giebel

Purgatoire-des-innocents

Présentation de l’éditeur

Je m'appelle Raphaël, j'ai passé quatorze ans de ma vie derrière les barreaux. Avec mon frère, William, nous venons de dérober trente millions d'euros de bijoux. Ç'aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang. Deux morts, un blessé grave. Le blessé, c'est mon frère. Alors, je dois chercher une planque sûre où il pourra reprendre des forces.

Je m'appelle Sandra. Je suis morte, il y a longtemps, dans une chambre sordide. Ou plutôt, quelque chose est né ce jour-là...

Je croyais avoir trouvé le refuge idéal. Je viens de mettre les pieds en enfer.

Quelque chose qui marche et qui parle à ma place. Et son sourire est le plus abominable qui soit...


Mon avis

"Vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir". Cette inscription qui ornait la porte de l'enfer accueillant les damnés dans le livre de Dante Alighieri, a trouvé sa place au cœur du roman de Karine Giebel.
Un groupe de braqueurs trouve refuge chez une vétérinaire qui a bien plus que des médicaments à cacher.
Elle joue un double jeu avec ceux qui la retiennent en otage, effrayée et effrayante à la fois, elle redoute et espère l'arrivée de son mari...

Le roman offre un huis-clos éprouvant tant pour le lecteur que ses protagonistes. Chaque personnage est épluché à l'extrême, ses peurs, ses espoirs, ses côtés sombres. Chaque pièce a ici son revers. Le plus infâme des malfrats peut faire preuve d'un courage inouï.
La torture mentale aussi bien que physique peut en choquer plus d'un. Mais la force de l'écriture de Karine Giebel, c'est de rendre le lecteur juge et bourreau. Est-ce l'envie de voir le dénouement arriver où le plaisir que l'on prend à dévorer les scènes gores qui nous poussent à continuer notre lecture ?

On se prend d'amour autant que de répulsion pour ses personnages. Les pages se tournent à une vitesse folle, le suspens autant que les épisodes violents sont insoutenables. Comment tout cela va-t-il se finir ? De rebondissements en plongées dans les abîmes les plus noires de l'âme humaine, on avance coûte que coûte dans la lecture jusqu'à un final (peut-être un peu "too much") qui laisse le cerveau vidé de toute substance optimiste et lumineuse.

Bref, âmes sensibles, s'abstenir. Vous n'en sortirez pas indemnes.

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20 août 2021

Le tournesol suit toujours la lumière du soleil, de Martha Hall Kelly

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Présentation de l’éditeur :

Au printemps 1861, les États-Unis sont au bord de la guerre civile. En ces temps troubles où chacun joue sa liberté dans un pays sur le point de s’effondrer, les destins de trois femmes que tout oppose se croisent et se rejoignent.

À New York, Georgeanna Woolsey va à l’encontre de toutes les attentes de la société mondaine et s’engage comme infirmière sur les champs de bataille.

Jemma, jeune esclave d’une propriété du Maryland, se retrouve face à un choix cruel : saisir l’occasion inespérée de s’échapper ou demeurer auprès des siens.

Quant à Anne-May, qui mène d’une main de fer la plantation familiale depuis que les hommes ont rejoint les troupes confédérées, son ambition dévorante ne tarde pas à l’exposer à un sort terrible…


Mon avis :

Après Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux et Un parfum de rose et d'oubli, Martha Hall Kelly remonte un peu plus loin dans l'histoire de la famille Ferriday.
Cette fois-ci, le roman a pour décor la Guerre de Sécession américaine. Encore une fois, l'auteur a choisi d'écrire sur le destin de trois femmes que tout oppose : une abolitionniste, une propriétaire de plantation et une esclave pour qui tout va peut-être changer si le Nord l'emporte face au Sud...

Si Georgeanna Woolsey, l'arrière-grand-tante de Carolin Ferriday, a réellement existé, ce n'est pas le cas des deux autres personnages principaux. Mais un énorme travail de recherche leur a donné vie. La Guerre de Sécession, la mode de l'époque, les us et coutumes des femmes riches comme esclaves, la médecine de guerre, la gastronomie... le moindre petit détail n'a pas été laissé au hasard, et la plume de Martha Hall Kelly a fini de donner de la texture, de la cohérence et de l'éclat à la montagne d'informations emmagasinées pendant ses recherches.
La chaleur de la Caroline du Sud vient contrer l'hiver new-yorkais au plus dur de la guerre, lorsque les familles et les amis se déchirent sur le devenir de toute une nation.
Il restait tant de choses à apprendre et à ressentir après avoir lu et vu Autant en emporte le vent autant de fois que le film repassait à la télévision !

Lors de la lecture, on est tour à tour effrayé, indigné, en colère, ému jusqu'aux larmes et parfois on éclate de rire. Rares sont les romans a avoir un tel impact émotionnel.
Peut-être est-ce la véracité des faits racontés, ou bien la création si parfaite de ces personnages qui les rend aussi attachants (même la sadique Anne-May) ?
A l'instar de ses prédécesseurs, Le tournesol suit toujours la lumière du soleil ne laissera pas ses lecteurs indemnes. Longtemps on se souviendra de ces femmes au destin universel et pourtant hors du commun.

Et dire que tout cela est parti d'un magazine parlant des lilas incroyables (fleurs préférées de l'auteur) plantées autour de la demeure familiale des Ferriday...

Si vous souhaitez en savoir plus sur la genèse des romans de Martha Hall Kelly, trouver des sujets de discussion pour des clubs de lectures ou tester les recettes des plats, cocktails et pâtisseries mentionnées dans les livres, allez faire un tour sur le site officiel de Martha Hall Kelly, un véritable cocon de douceur : https://marthahallkelly.com/

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15 juillet 2021

Bloody milkshake, réalisé par Navot Papushado

Bloody_Milkshake

Présentation officielle :

Sam n'est encore qu'une adolescente lorsque sa mère Scarlet, tueuse à gages, est contrainte de l’abandonner pour la protéger. Bien des années plus tard, Sam a suivi les traces de sa mère disparue et est elle-même devenue une tueuse à gages hors pair, travaillant pour la Firme. Un soir, lors d’une mission à haut risque, Sam se retrouve face à un dilemme : rester loyale à la Firme, ou sauver la vie d’une petite fille de huit ans. Commence alors une cavale survoltée qui conduira Sam à retrouver sa mère et ses anciennes associées. Mère et fille unies de nouveau, Sam et Scarlet se lanceront alors dans une lutte sans merci contre un ennemi commun redoutable.

 

Mon avis :

Après Doctor Who, Jumanji, ou Les gardiens de la galaxie, Karen Gillan se voit enfin offrir le premier rôle dans un film d'action.
Une bonne dose de John Wick version féminine, une bonne rasade de Kill Bill, un soupçon de blouson iconique à la mode Drive... le réalisateur Navot Papushado a su choisir ce qui était intéressant dans une filmographie musclée pour créer Bloody milshake.

L'univers façon comics du film est mis en valeur par des décors aux couleurs assez tranchées (le dinner 50's, le bowling, l'hôpital, la somptueuse bibliothèque), et un montage très graphique des scènes de combat (beaucoup de ralentis ou d'arrêts sur image), ou des transitions entre chaque plan.

Un peu moins gore que ses grands frères, Bloody milkshake a su pourtant offrir une bonne dose de violence jubilatoire. Les femmes ont la part belle, mais le féminisme n'y est pourtant pas omniprésent. On remerciera le réalisateur d'avoir choisi des actrices à la carrière florissante, sans toutefois ni les transformer en castratrices, ni en doux agneaux. Et c'est sans compter la bande originale du film qui offre du Janis Joplin pour la baston finale, jusqu'à faire pousser des petits cris de joie aux téléspectateurs friands de bon vieux rock n' roll.

Alors oui, les rageux diront que c'est une pâle copie de John Wick, trop féminine, mais enfin les films d'action offrent un peu plus que des types bodybuildés, des immeubles qui explosent ou des courses poursuites en voiture. On veut de l'esthétique, de l'humour et de beaux combats.
Ici, on a de l'action, certes, mais avec du style, des milkshakes et des bouquins : des ingrédients rêvés pour un blockbuster d'une toute nouvelle génération.

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04 juillet 2021

Stranger Things - Colo de sciences

Stranger-Things-Colo-de-sciences

Présentation de l’éditeur :

Dustin passe ses vacances d'été dans une colonie scientifique au milieu des bois, et pour la première fois depuis longtemps, il est loin d'Hawkins et de ses amis. Tout en étant confronté à une bande de petits intellos despotiques qui cherche à l'intimider, il doit faire face à une menace bien plus importante : une sinistre silhouette masquée vient perturber le camp. Quand les moniteurs commencent à disparaître les uns après les autres, Dustin comprend qu'il ne pourra pas résoudre ce mystère seul. Mais arrivera-t-il à se mettre sur la même longueur d'onde que Suzie et les autres adolescents ?


Mon avis :

Que s'est-il passé entre la deuxième et la troisième saison de Stranger Things ? Cette bande-dessinée répondra à cette question pour Dustin.
Lorsqu'on est passionné de science, quoi de plus merveilleux que d'y consacrer ses vacances en compagnie d'adolescents de son âge ?

Un tueur au masque d'Einstein s'en prend aux moniteurs de la colonie, un cadre qui n'est pas sans rappeler évidemment le premier Vendredi 13. Les clins d'oeil sont nombreux à la pop-culture de l'époque : les débuts des slashers, les camps de vacances où les adultes n'ont que faire des problèmes des résidents,Donjons et Dragons, L'Histoire sans fin.

Celui qui a regardé la série Stranger Things se demande sûrement comment Dustin va s'en sortir sans ses amis, mais on ne va pas se le cacher. Ce personnage est le préféré de bon nombre d'entre nous ?
Et après tout ce qui s'est passé à Hawkins, ce n'est pas un vulgaire tueur en série qui va lui faire peur, non ?

L'un des thèmes principaux de cette BD, c'est le harcèlement et la difficulté de s'intégrer à un groupe, même parmi les laissés pour compte.
Les dessins manquent peut-être de détails, mais les quelques traits esquissés donnent tout de suite les bases pour reconnaître les personnages vus dans la série. Certaines scènes mythiques sont d'ailleurs très bien rendues en bande-dessinée.
Les flash-back sont nombreux et s'il n'est pas nécessaire d'avoir vu la série avant, il est préférable d'avoir fini la saison 2 pour ne pas se faire spoiler.

A l'instar des illustrations, la grande révélation est très simpliste, voire bâclée. Le public visé n'est clairement pas du même âge que celui de la série télé...

Pour conclure, Stranger Things - Colo de sciences, c'est comme les vacances d'été : on glande, c'est trop court, on s'y est fait quelques amis, une petite copine et on repart chez soi affronter la rentrée et les ennuis qui ne vont pas tarder à se pointer.

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30 mai 2021

Sorcière – Cinq jours en Enfer, réalisé par Neil Marshall

Sorciere

Synopsis :

Angleterre, 1665, la chasse aux sorcières et la Grande Peste font rage en Europe. Une jeune veuve, Evelyn Haverstock, est hantée par le suicide récent de son mari, Jospeh. Après avoir refusé les avances de Pendleton, le notable du comté, celui-ci fou de rage et de jalousie l'accuse d'être une sorcière.

Sorcière  Cinq jours en Enfer est une production aux allures de thriller, à la façon de Dans les angles morts ou Deadly illusions, que l'on peut retrouver dans la liste des meilleurs films Netflix.

 

Les sorcières, en ce moment, c'est à la mode. Tout le monde se rue vers les boutiques de cristaux et pierres précieuses pour s'adonner à la lithothérapie, on voit pousser dans les coins de quasiment tous les salons des autels à la gloire de divinités protectrice ou à la mémoire d'ancêtres disparus et encore chéris, on parle de féminin et de masculin sacrés, on cause numérologie, botanique et astrologie. On en viendrait presque à se poser la question ultime : un chat noir ou Bubulle le poisson rouge comme familier ? Est-ce mal de sacrifier un animal quand on est vegan ? Est-ce que je vais trouver des herbes médicinales au parc des Buttes Chaumons ou dois-je attendre la pleine lune et les vacances chez les beaux-parents à Thonons-les-Bains pour aller cueillir mes offrandes de Mabon ?

Bref, au  21ème siècle, t'es une paria si tu n'explores pas au moins une des facettes de l'ésotérisme. Mais, au 17ème siècle, c'était franchement pas une bonne idée de crier sur tous les toits qu'on utilisait son balai à d'autres fins que le ménage, et son chaudron autrement que pour faire cuire le ragoût du mari.

Evelyn possède la beauté du diable, mais est très loin de succomber à ses charmes. Elle aime son mari, s'occupe bien de son bébé et du potager, et fait sa prière tous les soirs. Alors quand, après avoir attraper la peste, son conjoint opte pour le suicide plutôt de contaminer sa famille, la descente aux enfers commence.

Parce qu'elle est belle, qu'elle quémande de l'argent et refuse de coucher avec le boss du patelin, Evelyn est désignée comme SORCIERE !!!! (à crier comme les bouseux de l'époque). Oui, la condamnation est vite expédiée, on va pas se mentir, mais on est déjà à la moitié du film, alors on hâte le pas. On fait venir l'inquisiteur, celui qui, à défaut de savoir déceler le vrai du faux, préfére arracher des aveux foireux à coup de torture. Mais non... il n'aime pas la violence, il fait ça pour sauver l'âme de la pauvre femme.

Sorcière – Cinq jours en Enfer est bien loin des histoires sur les sorcières auxquels on s'attend maintenant : il ne s'agit pas d'une jeune adolescente qui découvre ses pouvoirs magiques surpuissants (qui a hâte de voir la suite de Dangereuse Alliance ? Moi !), ni de la malédiction d'une femme qui revient vous hanter, des siècles après sa mort. Pour ce dernier thème, les intrigues fleurissent depuis des années sous plusieures formes, mais la plus surprenante et terrifiante est peut-être le roman de Thomas Olde Heuvelt, Hex (bientôt adapté en série télé d'ailleurs). Mais là, il s'agit plutôt d'un film au look qui peine à se préciser, entre le moyen-âge de La Chair et le Sang, en version ultra-clean, et le western spaguetti. Il a même des airs du Jean d'Arc de Luc Besson par certains côtés, sans égaler la meilleure prestation de Mila Jojovich à ce jour.

L'héroïne va subir une à une les tortures réservées aux sorcières de l'époque, de la plus humiliante à la plus douloureuse. Cela aurait pu être intéressant et riche en enseignements sur la barbarie masculine, si les séquelles n'étaient pas aussi dérisoires suite à ses tortures. Les pieds transpercés la veille, l'héroïne marche sans problème le lendemain. Elle perd des litres de sang à chaque séance, se fait déchirer les entrailles avec un intrument qui s'ouvre comme une fleure, mais ça vaaaa... La haine et le besoin de retrouver son bébé lui font tenir le coup magistralement. Après, comment voulez-vous que l'on croit à son innocence ?

Et que dire de la fascination du réalisateur pour le physique de son actrice principale, au point de son montrer, à intervalles réguliers, ses fesses dénudées ?

Bref, Sorcière – Cinq jours en Enfer se donne peut-être comme objectif de dénoncer les ignominies faites aux femmes accusées de sorcellerie, mais cela offre plutôt un déluge de tortures sans efficacité et une héroïne un peu trop propre, lisse et loin d'être réaliste, ce qui tend à ridiculiser les bourreaux plus qu'à rendre justice aux innocentes massacrées.

Le film, édité par Metropolitan Films Vidéo (sa page Facebook et sa page Twitter), est sorti en DVD, Blu-Ray, et VOD le 20 mai.

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21 mai 2021

Shadow in the cloud

Shadow

Synopsis :

Pendant la Seconde Guerre mondiale, une jeune mécanicienne voyageant avec des documents top secret à bord d’un bombardier B-17 est confrontée à une présence maléfique qui risque de compromettre sa périlleuse mission.

Vous souvenez-vous de l'épisode des Histoires Fantastiques, La Mascotte, réalisé par Steven Spielberg lui-même ? C'était l'histoire d'un jeune soldat bloqué dans la tourelle d'un bombardier qui va être sauvé in extremis par une "force" surnaturelle... 

Eh bien, pour faire de Shadow in the cloud un long-métrage, changez le sauvetage cartoonesque par le harcèlement violent d'une créature légendaire, ajoutez-y une grosse dose de féminisme, secouez bien le tout dans un avion qui se fait canarder par des tirs ennemis et vous obtiendrez un bon petit film d'action sans grandes ambitions.

Saviez-vous que le Gremlin n'était pas, à ses débuts, le fruit d'un Mogwaï nourri après minuit ? Il n'a pas vu le jour avec le film réalisé par Joe Dante en 1984. Le Gremlin est une légende parmi les pilotes et les mécaniciens de la RAF, dont les premiers forfaits ont vu le jour pendant la Seconde Guerre Mondiale. C'est à cause de ses farces répétées que les avions et autres véhicules militaires avaient des pannes imprévues... Alors pourquoi pas en faire un film de guerre un peu spécial ?

La production a dû faire face à un challenge de taille à la vue du scénario : faire rentrer la quasi-totalité de l'histoire, l'actrice principale et la caméra dans la tourelle d'un bombardier. Le film se concentre principalement sur Maud Gardner, qui cache un mystère bien à l'abris dans sa malette, les mââââââles peuplant le reste de l'avion ne sont qu'entre-aperçus via une introduction vite envoyée, ou sur fond noir quand l'héroïne les entend dans la radio. Au passage, les fans de Hartley coeurs à Vif seront ravis de retrouver Drazic pour les quelques secondes qu'il passe à l'écran.

Chloë Grace Moretz porte littéralement Shadow in the Cloud sur ses épaules. Elle parvient à nous faire oublier ses interprétations précédentes (parfois inconiques, comme dans Kick-Ass, ou décevantes, comme dans Carrie) grâce à un jeu d'abord subtil lors des échanges tendus entre les personnages, puis carrément démentiel lors des scènes d'action. Et on éprouve un grand respect pour l'actrice elle-même en apprenant qu'elle a passé plusieurs semaines dans cette tourelle avec une caméra alors qu'elle souffre de claustrophobie (elle avoue d'ailleurs dans les bonus du Blu-ray que c'est la dernière fois qu'elle se pliera à ce genre d'exercice).

Malgré quelques longueurs et lourdeurs féministes (surtout la dernière image du film qui fera lever les yeux au ciel à beaucoups d'entre nous), le réalisateur nous livre un film qui a le mérite d'avoir su, avec peu de moyens, renouveler le genre du film d'action. La mise en scène est maîtrisée face à un monstre en images de synthèse un peu raté, les cascades sont spectaculaires et absolument pas réalistes (mais on s'en fiche, parce que c'est Chloë Grace Moretz qui les accomplit).

Il ne faudra pas attendre longtemps avant que Shadow in the Cloud figure dans le top des meilleurs films 2021 sur la guerre, un classement dans lequel on trouve aussi Zone hostilequi est à retrouver parmi les meilleurs films Netflix également.

pour la petite histoire, si jamais vous passez par la Nouvelle-Zélande, les décors du film ont été conservés et sont désormais visibles au musée de l'air.

Le film, édité par Metropolitan Films Vidéo (sa page Facebook et sa page Twitterest disponible en DVD, Blu-Ray, et VOD depuis le 15 avril.

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09 mai 2021

Songbird, film d'Adam Mason

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Synopsis :

Cela fait maintenant quatre ans que le monde vit en confinement. Désormais, les personnes infectées du Covid-23 sont envoyées de force en quarantaine dans des camps devenus peu à peu d’inquiétants ghettos. A Los Angeles, Nico est un coursier immunisé au virus qui arpente la ville lors de ses livraisons. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Sara, une jeune femme confinée chez elle. Malgré les impératifs sanitaires qui les empêchent de s’approcher, Sara et Nico tombent amoureux. Mais lorsque Sara est suspectée d’être contaminée, elle est contrainte de rejoindre les camps de quarantaine. Nico tente alors l’impossible pour la sauver.

 

Faire un film sur le Covid, pendant le Covid... Est-ce une bonne idée ? Adam Mason et Michael Bay ont-il parié sur le buzz que provoquerait leur production osée, ou bien ont-ils rêvé d'un confinement bien plus drastique qu'au début de la pandémie ?

Songbird trouvera-t-il un jour sa place parmi les meilleurs films de science-fiction ? Il peint une situation extrême due à un virus, et il est pour cela à rapprocher de #Alive qui figure dans le classement des meilleurs films Netflix.

Dans un futur dystopique, le Covid a muté plusieurs fois jusqu'à devenir mortel en 48 heures pour la plupart des humains. le confinement est drastique : les infectés sont vite découverts par une prise de température quotidienne et sont immédiatement emmenés dans une zone qui a tout d'un bidonville pour y mourir.

Peu d'acteurs, un scénario qui tient sur un post-it, et pourtant le film est une petite réussite. Le propos est clair : reste-t-il encore assez d'humanité lorsque tout s'effondre ? Lequel des trois vaincra : l'amour, la dictature ou le capitalisme ?
La ville de Los Angeles porte les stigmates de l'effondrement : les rues sont vides (évidemment), plus rien n'est entretenu, les soldats patrouillent pour empêcher les gens de circuler et les pillards de se faire plaisir. Même la coiffure de K. J. Apa est la preuve que les coiffeurs ont mis la clé sous la porte.

Adam Mason et Michael Bay ont réussi l'exploit de développer la préproduction, le tournage et la post-production jusqu'à la sortie du film en un an à peine, au pire de la pandémie, en gérant des normes sanitaires drastiques. Les comédiens sont peu nombreux et tournent la plupart de leurs scènes en solo. C'est là que l'on peut saluer le travail de l'acteur principal qui porte quasiment à lui tout seul les temps forts de l'histoire (même si j'ai ma petite préférence pour le vétérant de guerre cloué sur un fauteuil roulant amoureux d'une jeune chanteuse obligée de se prostituer pour survivre).

Si Danny Boyle avait bénéficié d'un créneau très réduit pour tourner les scènes de Londres déserte pour 28 jours plus tard (entre la sortie de boîte et les départs au boulot, seules quelques rues ont vu leur circulation coupée), le vrai confinement a permis à Adam Mason de faire des plans larges de la ville vidée de ses habitants. Pour le reste des scènes, caméra à l'épaule et montage de visio-conférences entre les personnages donnent un certain dynamisme à l'intrigue. Le Blu-ray met en exergue cette dualité entre netteté des images de paysage et le grain des plans rapprochés, tout comme le silence de cette vision post-apocalyptique qui tranche avec le bruit assourdissant de la moto du héros.

Bref, Songbird a eu beau semer la polémique, on sent clairement l'envie d'offrir une vision plutôt intimiste de la catastrophe, sans tomber dans le spectaculaire ni dans le pathos. C'est un petit film qui ne restera pas longtemps dans les mémoires si ce n'est pour avoir posé les jalons d'une nouvelle forme de cinéma, où les règles sanitaires ne sont plus une barrière mais un nouvel espace de création.

Le film, édité par Metropolitan Films Vidéo (sa page Facebook et sa page Twitter), est disponible en DVD et Blu-Ray depuis le 15 avril et en VOD depuis le 16 décembre 2020

Posté par Emma666 à 14:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]