La Pause Lecture

04 août 2018

N'Oublie Rien En Chemin, d'Anne-Sophie Moszkowicz

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Présentation de l'éditeur :

Lyon, été 2017. À la mort de sa grand-mère qu'elle adorait, Sandra, 40 ans, reçoit des carnets de son aïeule. Rivka y décrit sa jeunesse sous l'Occupation, les rafles, la terreur, le chaos. Surtout, elle confie à sa petite-fille une mission qui la mènera tout droit au cœur de la capitale.  Mais pour Sandra, Paris est une ville de secrets, une cité maudite associée à un homme rencontré vingt ans plus tôt, hypnotique et manipulateur, et qu'elle pensait avoir rayé de ses souvenirs : son amour de jeunesse.  Elle n'aura pas le choix. En mémoire de sa grand-mère, elle devra, à son tour, affronter ses démons...

Mon avis :

Les récits à double ligne temporelle ont le vent en poupe depuis quelques années, tout spécialement ceux qui se déroulent à la fois maintenant et pendant la seconde guerre mondiale. N'Oublie Rien En Chemin avait tout pour plaire sur le papier : une grand-mère qui confie tous ses secrets à sa petite-fille grâce aux carnets qu'elle a tenu pendant l'occupation... Malheureusement, le contexte historique n'est qu'effleuré, et le témoignage de Mamie laisse à désirer.
Le plus gros de l'intrigue se concentre sur l'aventure extra-conjugale de la petite-fille, et n'a franchement rien de captivant, surtout si l'on compare la vie d'aujourd'hui avec celle d'hier.
Pour ce qui est de la plume de l'auteur, elle abuse des métaphores, rendant obscures les scènes les plus simples. Autre petit problème : l'histoire alterne récit de l'héroïne et journal intime de la grand-mère... en utilisant le même style. Hormis les titres et les situations, absolument rien ne différencie les deux textes, issus de personnages, certes intimes, mais à chaque génération son phrasé.

Au final, N'Oublie Rien En Chemin porte peut-être assez mal son titre...

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03 août 2018

# Infirmière, Ma Vie aux Urgences, de Caroline Estremo

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Présentation de l'éditeur :

Gaz du sang ! Chimie ! Iono ! Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la vie aux urgences sans jamais oser le demander, sur un ton humoristique et léger, par l'infirmière qui cartonne sur le web. " Les urgences, c'est pas du House, du George Clooney, du Grey's Anatomy ! "  De la pression permanente aux faux bobos, des habitués aux fous rires de fatigue, Caroline Estremo dresse la chronique de sa vie dans un service d'urgences " comme les autres ", dans la lignée de la video Youtube qui l'a fait connaître au grand public.  A l'heure où le malaise chez les infirmiers est un sujet brûlant (5 suicides rien qu'à l'été 2016), Caroline Estremo donne à voir sa propre réalité, et révèle les difficultés, les joies et parfois la drôlerie du métier.

Mon avis :

Des infirmières, on ne connaît le quotidien que sous l'œil des caméras de reportages ou de séries télé (qui donnent la plupart du temps dans les amourettes). On s'intéresse la plupart du temps aux médecins, mais pas aux petites mains de l'ombre... Et pourtant ce sont celles et ceux qui font la plupart des actes médicaux ou para-médicaux, ce sont eux qui sont au front, finalement.
On peut trouver cela pas très glamour, de porter une blouse informe et des crocs aux pieds. On nous a vendu du rêve grâce à Carol Hathaway, et Caroline Estremo nous en rajoute une couche. En effet, sous une plume enjouée, drôle et décalée, l'auteur nous fait partager sa décision de se lancer dans cette voie, ses questionnements quant au devenir de la profession, le jugement de ses collègues. Lorsque l'on n'a que l'humour comme arme face à l'adversité, peux nombreux sont les gens qui vous prennent au sérieux, et pourtant, quoi de meilleur pour relâcher la pression ?
Jamais Caroline Estremo ne remettra en doute sa vocation, mais elle soulignera sans détour les aberrations du système, l'encombrement des urgences, le ridicule des hypocondriaques venus pour un simple rhume. On a beau rire de certaines scènes, les urgences, c'est du sérieux, et beaucoup de dévouement. Si l'on s'en doutait avant, il est toujours bon d'avoir l'avis d'un médecin. Ou mieux, d'une infirmière.

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14 juillet 2018

Jusqu'au Bout, d'Alexandra Oliva

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Présentation de l’éditeur :

Ils sont 12 candidats à entrer dans l’arène pour une expérience de télé-réalité unique, un jeu de survie à une échelle inédite sur une côte reculée de l’est des États-Unis. Lâchés dans une nature hostile, sans cesse défiés, ils devront lutter contre la faim, la solitude, le danger, la peur, le noir, le froid, eux-mêmes et les autres, bien au-delà des limites du supportable. Le jeu continuera jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un, du moins officiellement.
Mais, très vite, le plan dérape. Le scénario semble échapper au jeu, la fiction littéralement dépassée par la réalité. Et la notion de survie, désormais, est à prendre au pied de la lettre…

Mon avis :

Si l'on ne peut s'empêcher de lever les yeux au ciel en tombant sur les Anges de la télé-réalité alors que l'on attendait que démarre la soirée des Simpson, on aime de temps en temps jouer les voyeurs en regardant quelques minutes, en se demandant, à chaque stupidité lâchée par l'un des candidats qui passent leurs journées à bronzer au bord de la piscine, comment certaines chaînes se sont retrouvées à produire ce genre de programme...
Jusqu'au Bout commence ainsi : Une aventure où 12 candidats, 12 clichés recrutés pour leur physique, leur facilité désarmante à se chamailler, à se perdre, à se retrouver dans la m..., doivent survivre dans une nature désertée par l'homme.
Après quelques épreuves afin de gagner le peu d'accessoires qui assureront leur autonomie, les voilà lâchés dans le grand bain. Ils vont devoir se débrouiller tous seuls pour atteindre la ligne d'arrivée. Ils ne savent pas quand, comment, ni où, mais ils ne devront compter que sur eux-même pour remporter la victoire.

Le récit alterne le présent, où l'on suit une des candidates dans sa lutte pour trouver nourriture, indices, et endroits pour dormir, des semaines après le début de l'émission, et le passé, avec les débuts rocambolesques des candidats.
Que s'est-il passé entre temps, pour que l'héroïne, malgré des kilomètres de marche, ne trouve âme qui vive et affronte ses pires cauchemars, se blesse, sans que quiconque intervienne ?

Les pages distillent au compte-goutte des informations au lecteur, ainsi qu'à cette candidate perdue, jusqu'à un final, s'il n'est pas surprenant, nous laisse essoufflés.
L'auteur, en partant d'une idée à l'originalité assez dérangeante, mêle horreur réelle et télévisuelle. On peine à discerner le réel du mis en scène, et l'on en vient à douter, comme l'héroïne de ce que l'on est en train de vivre et d'affronter. Tout n'est-il qu'effets spéciaux et maquillage ?


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13 juillet 2018

La Couleur du Mensonge, d'Erin Beaty

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Présentation de l'éditeur :

Sage Fowler, seize ans, est une bâtarde recueillie par un oncle riche et respecté. Sa seule chance de s’en sortir ? Faire un beau mariage. Elle se présente donc chez une des entremetteuses chargées de l’évaluation du potentiel de chaque candidat – des femmes qui font et défont les fortunes d’une famille, d’une région, d’un pays tout entier. Mais avec sa légendaire indiscipline et sa langue trop acérée, elle échoue lamentablement. Amusée par son cynisme et son sens aigu de l’observation, la marieuse fait toutefois d’elle son apprentie.

Sage s’embarque donc avec un groupe de beaux partis triés sur le carreau dans un périple vers la capitale. Cette précieuse cargaison est escortée par un bataillon de soldats d’élite qui ne tardent pas à réaliser qu’ils sont sur le point de se jeter dans la gueule du loup : le pays voisin, qui prépare une invasion, s’est allié avec certains des seigneurs locaux, et chaque étape du voyage pourrait bien être la dernière. Spécialiste des missions de reconnaissance, l’un des membres de la troupe recrute alors l’aide de Sage. Mais plus elle avance dans sa mission, plus elle découvre, horrifiée, que tout le monde joue double jeu… à commencer par son recruteur lui-même ! Et, doucement, le piège se referme sur elle…

Mon avis :

Ce qui commence comme un banal livre d'heroïc fantasy young adult comme on en voit tant ces dernières années, s'avère être une surprenante aventure de cape et d'épée.
Quelques grammes du Trône de Fer, un soupçon de La Chair et le Sang (film de Cronenberg), laissez reposer sur quelques centaines de kilomètres semés d'embuches, et vous obtiendrez une histoire prenante, avec des rebondissements (certains prévisibles), des trahisons, un peu d'amour, et beaucoup de combats.

Sage est une héroïne des temps modernes dans une histoire au classicisme déroutant dans la littérature fantasy d'aujourd'hui. De nombreuses fois, au cours de la lecture, on peut se demander de ce qu'il va advenir de cette jouvencelle au cœur revêche, mais jamais on ne doutera de son courage ni de son audace.
Pour ce qui est des autres personnages, on s'attache à certains (pour notre plus grand malheur) tandis que l'on voudrait voir les autres humiliés ou pendus en place publique, gage d'un casting de qualité.
Rares sont ces romans d'aventure à nous tenir en haleine jusqu'à la dernière page, et pour un premier tome, le lecteur de La Couleur du Mensonge en viendra à regretter l'âge d'or de ces films de cape et d'épée, où l'on craint pour la vie du héros autant que pour la virginité de la demoiselle.

Si le début de l'intrigue nous laisse présager une aventure mignonne et sans saveur, le bain de sang final nous fait écarquiller les yeux, souffler enfin, et espérer que la suite arrive bientôt...

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14 juin 2018

Sans Un Bruit

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Présentation officielle :

Une famille tente de survivre sous la menace de mystérieuses créatures qui attaquent au moindre bruit. S’ils vous entendent, il est déjà trop tard.

Mon avis :

Sans un bruit bénéficie d'un scénario a la simplicité extrême : Ne faites aucun bruit si vous voulez survivre.
A partir de là, tenir une heure et demie pourrait s'avérer difficile, n'est-ce pas ?
Pourtant, John Kravinski, qui tient ici le rôle du père, a su se démarquer des autres films de genre, en nous livrant une réalisation parfaitement maîtrisée, et une direction d'acteurs loin de tomber dans les clichés des films d'horreur (et oui, pas de hurlements de terreur).

Parier sur un film sans paroles, sans musique, sans sons (enfin, si peu), c'est s'attaquer à un chantier assez compliqué. Les acteurs vont devoir éviter, à l'inverse des comédiens des vieux films muets, de surjouer les émotions, mais réussir à se faire comprendre par leurs partenaires.
En cela, la famille dont on suit les aventures part avec un point d'avance. La fille aînée étant sourde de naissance, ses parents et ses frères maîtrisent le langage des signes, ce sont les rois de la communication non verbale. Mais cette particularité n'est pas qu'un détail dans l'intrigue (comme la grosse facilité vue dans Signes avec l'asthme d'un des personnages). Elle devient même un atout non négligeable.

Si le postulat de départ ainsi que la bande-annonce nous vend de la peur viscérale, vous ne passerez votre séance à sursauter et à crier d'effroi, mais vous ne pourrez vous empêcher d'angoisser pour ces personnages si attachants, à avoir mal pour eux, et tout ça dans un silence quasi total.

Au final, Sans Un Bruit est bien loin d'être un film d'horreur. C'est une histoire de fin du monde, de famille aux problèmes des fois banals, d'amour indéfectible, tout ça saupoudré d'effets spéciaux pas dégueux, et une bande son totalement maîtrisée.

 

 

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04 juin 2018

Le Boucher de Chicago, de Robert Bloch

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Présentation de l'éditeur

Chicago, 1893. l'Exposition Universelle abrite une monstrueuse curiosité : H.H. Holmes, le premier serial-killer de l'histoire des États-Unis...

Le château : il surgit, menaçant, dans les rues d'un Chicago livré aux grands travaux de l'Expo Universelle, la fameuse " ville blanche ". Les épais murs en pierre de cette bâtisse lugubre abritent un labyrinthe de passages secrets et de pièces cachées, d'un crématorium et d'une table de dissection, de pièges et de chausse-trappes. Le château est la demeure de G. Gordon Gregg (nom du personnage incarnant H.H. Holmes, et en tout point conforme à la réalité), pharmacien et meurtrier à ses heures. Ses victimes sont jeunes et belles. Ses méthodes rapides, scientifiques et sans douleur. Ses crimes parfaits et impunis. Jusqu'au jour où une journaliste commence à avoir des doutes sur ce citoyen, en apparence bien sous tous rapports...


Mon avis

Le nom de H.H. Holmes (rien à voir avec Sherlock) ne vous dit peut-être rien, mais il a pourtant marqué l'histoire meurtrière des Etats-Unis. Il fut l'un des premiers tueurs en série reconnus comme tel sur le territoire américain. Ses quelques deux cents meurtres ont inspiré des auteurs, comme Philip K. Dick, avec l'invasion Divine, et même des scénaristes de séries télé, comme Supernatural, ou American Horror Story (et Sherlock, oui, également).
Alors quand un des plus effrayants romanciers s'attaque au mythe de Holmes, on s'attend à passer une nuit blanche à se perdre dans le labyrinthe du manoir aux milles tortures...

Robert Bloch use d'une écriture très classique pour s'adapter à un Chicago accueillant l'Exposition Universelle. Si le déroulement de l'intrigue suit un schéma convenu, les personnages eux, sont loin des stéréotypes de l'époque. L'héroïne est journaliste et féministe. Elle refuse que son fiancé lui dicte ce qu'elle doit faire. Ce qui serait attendu dans une narration actuelle peut surprendre sous la plume d'un homme pour un roman paru dans les années 70.
La montée en puissance du suspense rend justice au genre, et laisse le lecteur agréablement surpris par le livre.

Loin de dater, Le Boucher de Chicago donne au final envie de se plonger dans la sombre et sanglante histoire des tueurs en série...

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03 juin 2018

Écolière, suivi de La Boîte de Pandore, Nouvelles d'Osamu Dazai

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Présentation de l’éditeur

Dans l'évocation de la journée d'une adolescente à la veille de la Seconde Guerre mondiale comme dans la description d'un hospice durant le conflit, Dazai fait preuve de toute sa drôlerie, sa délicatesse et son cynisme.

Mon avis

Les romans japonais sont connus pour attacher un soin tout particulier à la description de la vie quotidienne. Dans la première nouvelle, Ecolière, la narratrice est une jeune fille qui vit une journée normale, dans un pays en guerre. On suit ses pensées sur la féminité, ce qu'il faut faire et ne pas faire, tout est sujet à jugement, jusqu'au maquillage ou aux vêtements qui doivent être à la mode, sans tomber dans le vulgaire. Elle rentre chez elle quand la nuit tombe, l'histoire est finie.

Pour La Boîte de Pandore, cette fois-ci, l'immobilisme est de rigueur. Un malade chronique passe quelque temps dans un sanatorium, et observe les interactions entre les patients et les infirmières.

Les deux nouvelles sont sensées se passer pendant la seconde guerre mondiale, mais le conflit y est à peine effleuré. Seuls les deux protagonistes ont la part belle, et rien ne vient, dans leur univers, corroborer la situation dans laquelle se trouve le Japon.
Le manque d'action, d'intrigue, d'enjeu même, donne comme un résultat un livre qui n'a pas vraiment tenu ses promesses.
Même l'écriture est totalement passive : les participes présents y sont quasi systématiques (peut-être est-ce dû seulement à la traduction), donnant un air de rédaction académique au tout.

Pour conclure, ce livre, malgré sa magnifique couverture et ses pages à la texture agréable, reste beaucoup trop en surface pour faire apprécier le contexte dans lequel les histoires se déroulent.

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09 mai 2018

La Malédiction Winchester

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Synopsis :

Proche de San Francisco se situe la maison la plus hantée au monde : construite par Sarah Winchester, riche héritière de l’entreprise d’armes Winchester, elle est en perpétuelle construction et contient des centaines de pièces. Sarah y construit une prison, un asile pour les centaines d’esprits vengeurs tués par ses armes, et le plus terrifiant d’entre eux veut en découdre avec sa famille…

Mon avis :

Réalisé dans le style classique de l'horreur Gothique, La Malédiction Winchester a pour décor une maison bien particulière... Ce manoir existe, il est situé à San José, en Californie. Il a inspiré des écrivains comme Stephen King, avec Rose Red, ou même des jeux vidéos, comme Resident Evil. La légende dit que la propriétaire, harcelée par les esprits des personnes mortes des tirs des célèbres armes à feu Winchester, faisait construire des pièces pour chacune de ces victimes, de jour comme de nuit. Bien sûr, vu le succès de la marque, vous pouvez vous imaginer à quoi ressemble le manoir ! Malgré quelques images de synthèse maladroites montrant l'extérieur de la maison, le film colle à la réalité. On va découvrir une architecture labyrinthique, où des escaliers mènent jusqu'au plafond, où des portes donnent dans le vide, où l'on trouve des fenêtres horizontales en intérieur. Plans en plongée et contre-plongée renforcent le malaise que l'on peut y ressentir.

Cette maison est-elle le reflet de la folie de Sarah Winchester ? Quoi de mieux qu'un psychiatre sous dépendance médicamenteuse pour faire un diagnostique ? Ce choix n'est pas sans raison, et le scénario dévoile au compte goutte ses indices, par le biais de rebondissements savamment dosés et judicieux. L'utilisation de jump scares à répétition rend oppressant l'atmosphère du film et il devient aussi difficile aux personnages qu'au spectateur de s'échapper de la maison.

Sarah Winchester, interprétée par Helen Mirren, est forte et intelligente, parfois terrifiante. Les plans la mettant en scène sont des plus réussis. Elle est systématiquement au centre de l'image, habillée de noir, les cheveux blancs se détachant de sa capuche. Elle est magistrale, et dès les premières scènes, il est impossible au spectateur de la croire folle.

Au final, La Malédiction Winchester, sans renouveler le genre de l'épouvante, au contraire, est un hommage au cinéma gothique. A défaut de vous donner l'envie de refaire la décoration de votre appartement, il vous poussera probablement à faire un petit détour par San José, le jour où vous irez à San Francisco...

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D'après vous, est-elle folle ?

 

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07 mai 2018

Shades Of Magic, de V.E. Schwab

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Présentation de l’éditeur :

Un autre monde vous attend, là, de l'autre côté du mur... Kell est le dernier des magiciens de sang, des sorciers capables de voyager d'un monde à l'autre. Des mondes, il y en a quatre, dont Londres est, à chaque fois, le cœur et l'âme. Le nôtre est gris, sans magie d'aucune sorte. Celui de Kell, rouge – on y respire le merveilleux à chaque bouffée d'air. Le troisième est blanc : là, les sortilèges se font si rares qu'on s'y tranche la gorge pour une simple incantation. Le dernier est noir, noir comme la mort qui l'a envahi quand la magie a dévoré tout ce qui s'y trouvait, obligeant les trois autres à couper tout lien avec lui.

Depuis cette contagion, il est interdit de transporter le moindre objet entre les univers. C'est malgré tout ce que Kell va prendre le risque de faire, histoire de défier la famille royale qui l'a pourtant adopté comme son fils, à commencer par le prince Rhy, son frère, pour qui il donnerait par ailleurs sa vie sans hésiter. Mais, à force de jouer avec le feu, il finit par commettre l'irréparable : il emporte jusque dans le Londres gris une pierre noire comme la nuit, qu'une jeune fille du nom de Lila décide, sur un coup de tête, de lui subtiliser. Pour elle comme pour lui – pour leurs deux mondes, à vrai dire – le compte à rebours est lancé.


Mon avis :

Quatre Londres qui n'ont de commun que le nom, des personnages hauts en couleur, des héros que tout oppose, de la magie, de la piraterie, des voleurs et des intrigues politiques... Shades of Magic est un roman de Haute Fantasy, où les mondes parallèles sont les éléments clés de l'histoire. Chaque dimension a ses particularités propres à la magie, sa linguistique peut varier, sa géographie même peut différer. Seules quelques rares personnes peuvent passer d'un monde à l'autre, les Antari, parmi les magiciens les plus puissants.

L'histoire est vécue à un rythme enlevée, servie par de courts chapitres et une écriture rythmée. Dans des mondes où la magie se gagne et se contrôle par le sang, il n'est pas étonnant de tomber sur de nombreux morts au détour des pages. En cela, Shades of Magic se démarque des autres romans de sa catégorie. Sous une couverture à l'illustration magnifique se cachent des rebondissements nombreux et des scènes souvent violentes. Les deux personnages principaux sont loin d'être des héros immaculés. Kell joue les contrebandiers quand il passe d'une dimension à une autre, et Lila détrousse les passants à longueur de journée. C'est ainsi que le lecteur se prend d'affection pour eux, car leur passif rend réalistes leurs réactions. La froide vengeance pour l'un, la fuite pour l'autre. L'auteur ne triche pas, et ne fait pas de cadeau. L'issue est souvent sanglante...

Dès lors, si vous mélangez un univers riche, une narration dense et rapide, des protagonistes aux personnalités bien travaillées, tout cela dans un livre superbement illustré (tant au niveau de la couverture que de l'intérieur), vous ne pouvez qu'obtenir un premier tome dont on attend de lire la suite avec impatience !

Pour le côté financier, il est agréable de tomber sur un magnifique travail d'édition offrant une histoire passionnante dans un livre grand format, épais, riche en illustrations, le tout pour seulement 15 €...

 

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27 avril 2018

La Chambre des Merveilles, de Julien Sandrel

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Présentation de l’éditeur :

Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère,  Thelma, qu’il est  amoureux pour la première fois, il voit bien  qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part,  fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion  le percute de plein fouet. Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas  d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis.  En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet  sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de  toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait  vivre au cours de sa vie. Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles,  elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures,  il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à  revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers  elle il aura vécu la vie dont il rêvait. Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on  a presque quarante ans…

Thelma et Louis sont loin de former le couple mère / fils idéal. Thelma est accaparée par un travail passionnant, mais un patron envahissant. Elle ne trouve que rarement le temps d'avoir des moments privilégiés avec Louis. Au malheur de voir son fils renversé par une voiture et plongé dans le coma, elle va transformer cette attente qui lui brise le cœur en aventure incroyable.

On ferme les yeux sur le fait qu'elle a lu ce que l'on pourrait considérer comme le journal intime de son fils, et qu'elle va réaliser ses rêves à sa place, alors qu'il est cloué au lit.

Passé ce postulat de départ tragique, l'histoire va se transformer en quête comique du lâcher-prise. Thelma, coincée dans sa vie si remplie, va envoyer tout balader. Elle va cocher une à une les cases de la liste des envies de son fils, et après chacune d'entre elles, elle espère le voir se réveiller.

La Chambre des Merveilles est un de ses livres qui, même si l'on devine assez aisément le dénouement, arrive à faire enchaîner les rires et pleurs du lecteur.

 

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