Dans ta face, Neil Armstrong !
Hier soir, j'ai eu l'immense joie de pouvoir aller voir, en avant-première, Seul sur Mars, le nouveau film de Ridley Scott, avec Matt Damon, Sean Bean, Kate Mara, Jessica Chastain, Kristen Wiig, et tout plein d'autres têtes d'affiche dont j'ai oublié le nom (il y a même Dumber, de Dumb et Dumber). A l'entrée du cinéma, des malabars nous ont confisqué nos téléphones portables, tandis que de gentilles nanas nous offraient le roman d'Andy Weir, dont le film était l'adaptation.
Mark Watney est l'ingénieur mécanicien et botaniste de la mission Hermès 4, mission qui vise à envoyer des astronautes sur Mars pendant 1 mois. Malheureusement, au début de leur séjour, lui et ses équipiers essuient une monstrueuse tempête. Ils doivent rejoindre le vaisseau mère au plus vite avant que leur véhicule d'ascention martienne (VAM) ne bascule à cause du vent. Mark se prend l'antenne de communication dans le bide et ne donne plus signe de vie. Les autres se cassent.
Sauf que voilà, Mark Watney est toujours en vie, le système de communications est HS et il y a assez de vivres que pour tenir grosso modo 100 jours sur Mars. Autant vous dire qu'il est mal barré. D'ailleurs, il ne peut pas se barrer de là, à moins d'attendre patiemment l'arrivée de Hermès 5, 4 ans plus tard, 3500 km plus loin...
J'avais acheté le bouquin en prévision du film, en me laissant une marge de 30 jours pour le lire avant d'aller le voir. Je l'ai commencé un samedi matin, et l'ai fini dans la soirée.
Le roman d'Andy Weir alterne le journal de bord de Mark Watney, ce qui se passe à bord d'Hermès avec ses équipiers qui ne savent pas qu'ils l'ont abandonné, et les réunions de crise qui ont lieu à la Nasa. L'auteur ne nous fait pas grâce des détails techniques pour son récit, et bien lui en a pris, on n'a pas l'impression qu'on nous prend pour des andouilles quand il arrive à se sortir de toutes ses embûches. Un mécanicien peut venir à bout de pas mal de problèmes, certes, mais ici, on ne reste pas dans le flou artistique : on a droit à ses calculs, ses hypothèses, ses essais et ses échecs, en détail. Bon, j'ai dû relire plusieurs fois certains passages pour comprendre comment il se démerdait, et j'ai eu l'impression de gagner un neurone à chaque ligne ingurgitée, mais c'est ça le pouvoir de ce bouquin : il met la science au service du récit (le roman a d'ailleur été lu et recommandé par le chef actuel de l'ISS).
Mis à part les faits incroyablement détaillés, Seul sur Mars offre une sacrée leçon : un type tout seul, qui nous rejoue Seul au Monde, avec plus de moyens techniques, ok, mais une situation bien plus compliquée (et sans même avoir un ballon de volley comme meilleur pote), arrive à garder le moral, malgré toutes les emmerdes qu'il subit (littéralement, quand il doit faire pousser des patates avec des excréments, quand il n'a plus de ketchup, quand il se blesse au dos, etc.). Et tout ça, avec humour !
Ridley Scott a d'ailleurs parfaitement conservé le style d'Andy Weir, il a même ajouté un peu de comique chez les terriens (comme cette discussion mythique où des ingénieurs parlent du Seigneur des Anneaux, et où Sean Bean met son grain de sel).
Les détails apportés à la réalisation sont spectaculaires, du fait que la NASA a été impliquée dans le projet (les astronautes à bord de l'ISS, après avoir été consultants pour le film, se sont vu offrir une petite avant-première en orbite). Et il fallait bien ça, car 90 % du film repose sur les épaules de Matt Damon (qui doit en avoir marre qu'on l'abandonne sur une planète, comme dans Interstellar).
Finalement, au-delà du casting irréprochable, Ridley Scott donne dans l'inattendu, car pour une fois, ce n'est pas une hécatombe (même Sean Bean a été épargné, ce qui n'est pas peu dire !). On sent qu'il a voulu réaliser le film d'aventures de ses rêves, poussant la perfection jusqu'aux patates (cultivées par le chef décorateur lui-même, et offertes en cadeaux de fin de tournage aux membres de l'équipe). Il nous offre même la conclusion qui faisait peut-être défaut au roman, nous révélant ce que deviennent par la suite les différents protagonistes de l'affaire.
Un immense merci à Constance, de chez Cartel, pour m'avoir invitée à cette projection, et à l'éditeur Milady pour nous avoir offert le roman !
Je vous laisse en compagnie de la bande-annonce du film :
