Green Inferno
Un groupe d'étudiants militants vont en Amazonie défendre des gentils autochtones contre les vilains démolisseurs de forêt. Leur avion se crashe en pleine jungle et ils vont faire connaissance avec une tribu particulièrement accueillante...
Pendant le visionnage, j'ai été assaillie de questions. Comme le père de la gentille ingénue est joué par Richard Burgi (qui a magnifiquement vieilli, soit dit en passant), le héros de The Sentinel, peut-être qu'elle aussi va se retrouver avec des sens surdéveloppés après avoir végété dans la forêt amazonienne ? Pourquoi vouloir fumer de la viande, si c'est pour la dévorer tout de suite ? Pourquoi vouloir droguer la tribu avec de la weed péruvienne alors qu'ils ont déjà l'air totalement défonsé ? Pourquoi les vieilles sorcières ont-elles toujours un oeil mort ? Pourquoi j'ai eu la merveilleuse idée de manger du carpaccio devant le film ?
D'Eli Roth, j'avais déjà vu Hostel. J'en avais gardé un souvenir traumatisant, alors j'ai été ravie de rempiler avec Green Inferno. Je ne suis pas spécialement fana du gore gratuit et glauque, mais j'aime voir des activistes se faire donner une belle leçon (j'attends la revanche des carottes pour les végétariens).
Je m'attendais à avoir envie de gerber durant la plus grande partie du film, et j'ai été plutôt surprise.
En effet, le réalisateur prend tout son temps pour mettre en place l'histoire : il va falloir attendre la seconde partie du film avant que les hostilités commencent. Et là, après quelques giclures lors du crash d'avion et une scène de dépeçage ignoble, l'horreur passe en sourdine sans que la pression retombe.
Eli Roth a même réussi à instiller un peu d'humour, non par des dialogues ou des situations comiques, mais plutôt par un jeu de réalisation assez subtile : il a osé filmer la scène de préparation du repas cannibale à la façon d'un documentaire !
Le seul petit bémol, c'est la réaction de certains personnages. Le salaud du groupe refuse de s'enfuir, ou alors se masturbe devant ses camarades pour garder la tête froide... Mais qu'est-ce que... hein ??? Et celle de l'héroïne, à la fin du film. Quand tu vois tes potes se faire bouffer, briser les os et énucléer, la volonté de donner dans l'humanitaire n'est plus de rigueur. A moins que tu tiennes vraiment à ce que personne ne vienne secourir l'enflure que tu as abandonnée là-bas.
Petite surprise de dernière minute : les comptes twitter des acteurs sont affichés à côté de leurs noms pendant le générique, histoire que l'on puisse leur écrire un petit mot gentil : "Je t'ai trouvé génial dans la scène où tu te fais énucléer et démembrer vivant. Ton jeu était criant de sincérité !"
Au final, avec une réalisation parfaite et une bande-originale aux petits oignons, Green Inferno est un bon petit film d'horreur à visionner en dégustant une énorme côte de boeuf.
Un immense merci à Wild Bunch, Wilde Side et Way To Blue pour m'avoir offert la possibilité de le voir !
Je vous laisse en compagnie de la bande-annonce :
