Si c'est un homme
Primo Levi a été déporté, en 1944, au camp d'Auschwitz. Si c'est un Homme est le témoignage des deux ans passés là-bas, à lutter contre le froid, la faim, et l'oubli...
La première fois que je l'avais lu, au lycée, j'avais été étonnée de la simplicité avec laquelle l'auteur s'exprimait. Il ne faisait pas dans le pathos, ne parlait que très rarement de ces sentiments, il exposait seulement des faits. C'est ce qui rend son récit bouleversant. Il explique l'organisation dans le camp, le système de distribution des rations (il ne faut jamais être le premier à se servir, on n'aurait que du bouillon), le troc pour des vêtements, le vol de cuillères, etc. Les déportés doivent se débrouiller comme ils peuvent pour survivre, oublier la morale, oublier ce qu'ils étaient. Une totale déshumanisation avant d'être exterminé. Primo Levi rapporte quelques exceptions qui l'ont marqué, mais surtout des simples faits qui l'ont fait douter de l'homme (comme ce SS qui essuit ses mains sales sur la veste du prisonnier).
A mon avis, c'est ce qui fait de Si c'est Un Homme l'un des meilleurs témoignages de la Shoa.
En ce qui concerne le livre audio en lui-même, le choix de l'acteur (Raphaël Enthoven) est parfait. Il a su parfaitement donner voix à ce récit clinique de la vie dans un camp de concentration. Il n'a pas une voix grave, profonde, mélodramatique, elle est à l'image de la simplicité de Primo Levi : sans trémolo, il lit le texte de manière dynamique et sobre.
Pour conclure, Si c'est un Homme est un texte à mettre entre toutes les mains (ou toutes les oreilles), afin de se rappeler de cette période de l'histoire, sans qu'elle soit totalement pervertie par un sentimentalisme tout ce qu'il y a de plus hollywoodien.
Je vous invite à aller sur le site d'Audiolib, qui a eu la gentillesse de m'envoyer Si c'est Un Homme, pour écouter un extrait du livre. Ouvrez les oreilles, ouvrez les yeux.
