Petite Anglaise
Catherine est une anglaise qui a toujours rêvé de vivre à Paris. Après ses études, elle s'y installe, et fait la connaissance de Mr Frog, qui deviendra le père de sa fille Tadpole (je vous rassure tout de suite, ce sont des surnoms !). Seulement voilà. Elle a pas mal idéalisé la vie parisienne, son frenchie, le boulot de maman... bref, ça commence à la gonfler sérieusement. Alors elle en parle dans son tout récent blog, Petite Anglaise. C'est par ce biais qu'elle va faire la connaissance d'un autre anglais expatrié, James.
Ce livre, écrit par Catherine Sanderson (et oui ! la blogueuse herself !), est inspiré de la chronique qu'elle a tenue régulièrement sur http://www.petiteanglaise.com/.
La narration est assez bien construite, et je trouve que l'auteur a une écriture bien loin de l'idée que j'avais des blogueuses (après ma lecture de Julie & Julia qui regorgeait de parenthèses à rallonge), et c'est assez facile et intéressant à lire.
L'écriture était certes agréable à apprécier... Mais la Petite anglaise en question... Arg ! chacune des pages me hérissait le poil ! Je la déteste tout simplement. Ce n'est vraiment pas le personnage qu'il me plaît à détester, comme les grands méchants vicieux et intelligents (comme par exemple le général allemand d'Inglorious Bastards... je l'adore). Non pas du tout. C'est plutôt le genre de nana égoïste au possible que je ne supporte pas.
D'abord, essayer de se conduire comme une parisienne type (voir une Vie de Pintade à Paris), de tenter de reproduire ses défauts, son égocentrisme... c'est la preuve que c'est une "petite tête". Elle arrive même à exagérer sur ses 2 heures de trajet intra-muros dans Paris (alors à moins d'une grève, je ne vois pas... parce que même à pieds, c'est presque impossible !) Ensuite, elle se plaint du fait que son mec, qui ramène la plus grosse partie de l'argent à la maison (bah oui, cette anglaise a voulu trouver le premier boulot qui l'aurait fait crêcher sur la rive Nord de la Seine), rentre tard le soir, soit crevé et bon à rien. Elle regrette également les allées et venues qu'elle doit faire pour aller chercher sa petite fille chez la nounou (et on souligne bien que celle-ci habite dans un quartier beaucoup moins chic que le sien, qu'elle n'est pas d'origine française...), les moments intimes qu'elle pouvait avoir avec son mec. Elle lui reproche d'ailleurs de ne l'avoir toujours pas demandée en mariage, mais en même temps elle s'est lassée de lui...
Alors elle raconte sa vie privée sur son blog, crachant sur le web toute sa rancune, au lieu de mettre les choses au clair dans la vie réelle. Et qu'on ne me dise pas qu'un blog c'est privé ! Si on ne veut pas que tous ses petits secrets soient révélés, il y a des journaux intimes, en papier (recyclé s'il le faut) pour ça !
Elle en profite pour faire la connaissance de James, un divorcé en mal d'amour à la sauce British. Et là... Elle envoie tout ballader : elle couche discrètement avec lui au bout de quelques jours, annonce ENSUITE à son Mr Frog qu'elle veut le quitter, envisage le mariage avec son nouvel étalon 1,5 mois après, et un bébé 2 mois après. C'est ce qui s'appelle avoir le feu au c...
Mais le pire dans tout ça, c'est les petits exemples d'égoïsme mesquins qui parsèment toutes les pages : elle enrage de voir Mr Frog essayer de garder un air guilleret devant sa fille au lieu de montrer sa tristesse, quand sa fille est malade, elle ne pense qu'à une chose : "C'est pas ce soir qu'il y aura du sexe", quand Mr Frog déménage, elle organise un pic-nic de sa petite blogosphère, n'éprouvant de l'inquiétude que pour l'arrivée de son nouveau matelas et de son nouveau mec le même soir...
Je la haîs. Littéralement.
Un petit extrait ? Vraiment ? Alors ça se passe quand elle incendie James car il est passé voir son ex. Elle veut en parler à sa meilleure amie Amy, mais celle-ci est malade et donc ne lui parle pas beaucoup au téléphone. Alors elle passe une très mauvaise journée au boulot, et décide de quand même aller la voir chez elle :
"Vu qu'elle habitait à Vincennes, tout au bout de la ligne 1, il s'agissait moins de passer que de faire un immense détour. Amy parlait avec enthousiasme de Vincennes, mais personnellement, ce quartier m'avait toujours évoqué un village de retraités bourgeois. "Elle a intérêt à être là", ai-je maugréé en sonnant à l'interphone du portail. J'avais fait un chemin épouvantablement long pour comprendre le sens d'une remarque désinvolte."
Voilà ! J'espère que ça ne vous décougera pas forcément de le lire !
En tout cas, un grand merci à Livraddict et aux éditions Calmann-Levy qui m'ont fait connaître le plus détestable des personnages littéraires !