Terreur
Voilà, deux jours avant de repartir de Québec, j'ai fini le cube de Dan Simmons. Je n'avais emporté qu'un seul livre pour mes vacances, mais j'avais vu gros (1050 pages). Et je pensais le laisser au Canada, allégeant de ce fait ma valise pour la remplir de vin de glace et autres cadeaux à ramener. Erreur fatale. Même si je vais galérer pour fermer ma valise, je le remporterai chez moi. Car j'ai adoré ce livre.
1845 : deux navires de la Royale Navy, l'HMS Erebus et l'HMS Terror, menés respectivement par les capitaines Franklin et Crozier, font route vers le grand nord arctique, pour trouver une voie au Pôle Nord. Deux ans plus tard, les bateaux sont toujours coincés sur la banquise, pris au piège de glaces qui ne veulent pas fondre, même en été.
Les réserves de nourriture s'épuisent comme les hommes, ravagés par le scorbut. Et pour corser le tout, une créature massacre petit à petit les marins.
1050 pages d'engelures, de vomissements et de dents qui tombent. Un roman parfait pour un voyage au Canada, n'est-ce pas ? Mais j'ai eu du beau temps, jusqu'à l'arrivée de l'ouragan Sandy (le volcan Islandais n'avait pas réussi à m'empêcher de revenir chez moi, alors ce n'est pas une petite garce de tempête qui va le faire cette fois-ci ! Remarquez, la dernière fois, j'avais demandé aux matelots de la Jeanne d'Arc, en escale à Québec, s'ils voulaient bien rapatrier une française chez elle. Ils avaient dit oui, mais 2 mois et demi pour arriver à Brest... Cette fois-ci, si la Jeanne d'Arc aurait encore navigué, pas sûr que je me serais embarquée dans cette galère après avoir lu le livre !)
C'est le meilleur roman de Dan Simmons que j'ai lu. Bon ok, j'en ai pas non plus lu des tonnes : Ilium, L'Echiquier du Mal, Nuit d'Eté, Les Fils des Ténèbres, Les Chiens de l'Enfer.
Tiré d'une histoire vraie (ben oui, les Anglais ont vraiment "perdu" les deux bateaux et leurs équipages), je n'ose même pas imaginer la somme de toutes les documentations que l'auteur a dû étudier pour écrire un roman si détaillé. Ne serait-ce que pour les effets du scorbut, le réalisme pousse à la gerbe !
D'ailleurs, à la fin du pavé, de longues pages sont consacrées à la bibliographie dont s'est servi Dan Simmons. Et dire qu'il en sort souvent des romans... c'est hallucinant la force qu'ils déploient sur le lecteur ! J'ai été frigorifiée, terrorrisée, écoeurée, triste, étonnée. C'était un sacré livre.
PS : n'oubliez pas de participer pour gagner des places pour aller voir Les Paradis Artificiels !


