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10 janvier 2016

Roarrrr

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Le film, tourné en Panavision, s'ouvre sur un type qui ausculte des enfants Africains. Après avoir collé un pansement, il vire sa blouse blanche, enfourche sa moto et part, les cheveux aux vent. Visiblement, il aime faire la course avec des piafs, une girafe, des buffles et même des lions qui squattent à côté de chez lui. Il s'agit de Hank, un scientifique qui vit en pleine cambrousse avec une centaine de fauves en totale liberté. Sa famille le rejoint, mais celui-ci est parti en vadrouille et les félins se montrent vraiment envahissants.

Noel Marshall, le réalisateur, et Tippi Hedren voulaient faire un film pour les félins, pour expliquer qu'ils fallaient les protéger et les laisser dans leur habitat naturel...
Alors, comme tout bons hollywoodiens qui se respectent, ils ont fait venir une centaine de fauves aprrivoisés, mais non dressés, en tous genres mélangés (léopards, tigres, panthères, guépards, lions, etc.) dans un ranch aux Etats-Unis, et ont passé 6 ans à tourner un film où on les montrent agressifs. Et personne ne s'est dit que les Dents de la Mer n'avaient rien d'un spot publicitaire pour la SPA ?

Les acteurs s'en sont pris plein les dents. Tippi Hedren s'est brisé une jambe, Mélanie Griffith a dû subir, bien malgré elle cette fois-ci, de la chirurgie faciale, et John Marshall (frère du réalisateur et du décorateur) a même souffert de gangrène. Normal, il passe son temps à faire mumuse avec eux, à faire de grands gestes brusques, à faire semblant de grogner, à hurler... C'est marrant, parce qu'à voir les bandages apparaître et disparaître, on peut aisément deviner dans quel ordre les scènes ont été tournées.

Je me demande à partir de quel moment le caméraman passe de "wouhaou ! ça va donner une super scène" à "euh... Ça saigne... Ça saigne bordel !"

OK. Donc on a un scénario ultra simpliste, des lions trempés de faux sang, et des acteurs avec de vraies blessures. D'ailleurs, comment ils jouent, eux ? Le hic, quand on tourne avec des félins excités, c'est que les scènes de dialogues sont un peu crispées, ça n'est pas fluide. par contre, les expressions paniquées sont criantes de vérité. Les seuls passages où les comédiens font le boulot correctement (à part bien sûr quand un lion leur saute dessus et qu'ils n'ont plus qu'à fuir), c'est quand la magie du montage leur offre un peu de répis au milieu des scènes d'action.
Et quand on sait cela, nous balancer, à la fin du film, un générique dégoûlinant de mièvrerie, où l'on voit les humains en parfaite communion avec les fauves, ça relève de l'hypocrisie. N'oublions pas qu'on a eu droit à une heure et demie de vraie violence !

Finalement, quand tu en viens à te dire que même Massacre à la Tronçonneuse a un scénario bien plus abouti que ce film qui a eu pourtant droit à 6 ans de tournage, c'est que les producteurs sont particulièrement gentils, et le réalisateur totalement inconscient.
Je comprends que Roar aie fait un flop lors de sa sortie au cinéma, alors que c'est grâce à la connerie de ses créateurs qu'il est rentré dans la légende.

Le film, sorti le 20 octobre dernier, est édité par Rimini.

Je vous invite à retrouver, sur cinétrafic :

- http://www.cinetrafic.fr/top-film-aventure
- http://www.cinetrafic.fr/film-2016

Un grand merci à Nico, pourvoyeur de snuff movies has been !

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