Belle, Robin McKinley
Les contes revisités ? Je ne dirais pas que je suis fan, mais comme j'aime particulièrement La Belle et la Bête, que la couverture du bouquin était magnifique et le nombre de pages correct sans être flippant, je me suis jetée dessus.
Belle est la fille d'un riche importateur. Le jour où celui-ci est ruiné, toute sa famille et elle partent à la campagne tout recommencer à zéro. Son père, en revenant de la ville, se paume en forêt, se retrouve dans un somptueux château et est cajolé jusqu'au moment où il vole une rose pour sa Belle. Un monstre apparaît, lui demande de ramener une de ses filles en échange de sa vie. Le vieux aurait pu rester là, mais il choisit d'en parler à sa famille, histoire de voir si quelqu'un se porte volontaire à sa place pour rester auprès de la Bête. Évidemment, Belle (qui s'appelle en fait Honneur) y va. Sinon, ça se serait appeler Le Vieux et la Bête, et ça n'aurait pas vraiment fait fantasmer des millions de lectrices.
Le début avait vraiment l'air prometteur. On s'éloigne pas mal de la version Walt Disney, on ajoute beaucoup de détails. ça, c'était jusqu'à ce que j'arrive aux deux tiers du roman de 250 pages. C'est à ce moment-là que la bête fait son entrée en scène. L'auteur ne s'est pas foulée à la décrire, elle dit juste que Belle fait un bond en arrière.
S'en suivent une trentaine de pages de cour maladroite de la part du monstre, à coup de "voulez-vous m'épouser ?" quotidiens. Le temps d'une semaine, Belle retourne chez les siens, et la Bête, se laisse un peu mourir... Elle revient à temps pour lui dire qu'elle l'aime et ils se marient. Point final.
C'est tout ? Pas de baston ? Pas de Gaston ? Où est le suspens, bordel ? Où est l'essence même des contes de fées, cette essence qui vous fait croire que l'amour triomphe de tout ? (parce que je suis désolée, mais là, l'ennui a triomphé de ma lecture). Le dernier tiers du roman a été totalement bâclé. On va dire que l'auteur ne s'est pas vraiment foulée pour nous livrer un conte plus qu'emmerdant. On a même l'impression que Belle éprouve plus de pitié que d'amour pour la Bête, et que c'est pour ça qu'elle revient le voir. Et finalement, si on la laisse voir sa famille de temps en temps, où est le problème ? Il n'y a aucun enjeux là-dedans, pas de compte à rebours pour la Bête, pas de mort de papa pour la Belle. A mon humble avis, il manquait une centaine de pages au roman pour en faire une grande histoire. Et la description de la bête, bordel ! A part dire qu'elle a un gros poitrail, rien ne laisse imaginer à quelle point elle peut être flippante...
Bref, quand on trouve que le Walt Disney est bien plus complexe que le bouquin, c'est qu'il y a un sérieux problème !
