Conversion, de Katherine Howe
Colleen, Deena, Emma et Anjali sont en terminale dans le prestigieux lycée St Joan. Colleen est sur le point d’être acceptée à Harvard et ne pense plus qu’à cela. Un jour de janvier, une de ses camarades est prise de convulsions. Très vite, d’autres élèves présentent d’étranges symptômes : perte de cheveux, paralysie, quintes de toux... La presse s’empare de l’affaire, un vent de panique souffle sur St Joan. Mais pas question pour Colleen de se laisser déstabiliser : elle doit travailler sur la pièce Les Sorcières de Salem, d’Arthur Miller. Et ses recherches la mènent en 1692, au moment du procès des sorcières de Salem, à la rencontre d’Ann Putman qui fit semblant d’être ensorcelée... Les époques se croisent, les drames se nouent. Qu’arrive-t-il aux élèves de St Joan ? Et si la réponse se trouvait dans le passé, trois siècles plus tôt... ?
Le thème, celui des sorcières de Salem, m’intéresse au plus haut point. J’ai toujours cru à un phénomène d’hystérie collective associée à la stupidité de personnes méchantes et jalouses qui a abouti au meurtre de près d’une vingtaine d’innocentes.
Alors quand c’est une spécialiste de la question qui se lance dans la fiction en en faisant un parallèle avec aujourd’hui, prenant pour cadre un lycée d’élites, autant vous dire que j’étais déjà pratiquement conquise.
Ce roman, je l’ai littéralement dévoré. Quelques heures après l’avoir commencé, j’en tournais la dernière page.
Pourquoi ? Parce que l’auteur s’est vraiment concentré sur l’affaire de ces lycéennes frappées par ce mal étrange (troubles du langage, paralysie des membres inférieurs, chute des cheveux, etc.), sans pour autant tomber dans l’histoire d’ado typique (comprenez : il n’y a pas d’amourette qui occupe les 75 % de l’intrigue). Quant aux chapitres concernant la confession d’une des principales accusatrices des Sorcières de Salem, c’est à vous donner froid dans le dos...
Sans donner totalement dans le fantastique, Katherine Howe laisse la part belle à l’imagination pour trouver la solution. Même si l’ergot de seigle est l’explication qui a finalement été trouvée pour les lycéens qui ont été touchés (l’auteur a écrit le roman avant cette découverte), on ne peut pas s’empêcher de penser que le diable, à Salem, était plutôt du côté des accusateurs que des sorcières...
Un grand merci aux Editions Albin Michel pour m’avoir donné envie de me replonger dans la pièce de Miller, et dans l’histoire du petit village de Salem, Massachussets, en m'attaquant aux autres livres de Katherine Howe.
