Pêcher n'est pas un vilain méfait
Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas ouvert un livre de chez Gallmeister (bien longtemps aussi que je n'avais pas publié de chronique ici, alors que la matière ne manque absolument pas, seulement le courage de me poser 20 minutes pour écrire).
OK, je n'ai pas non plus choisi de vous parler d'un pavé :
John Gierach est un écrivain-pêcheur (mais qui ne fait pas de bêtises) : c'est-à-dire que, plutôt que de vous raconter une jolie petite histoire, avec des gens costumés, des femmes intelligentes, qui ne la ramènent pas trop, histoire de facilement trouver un mari (parce que, bizarrement, c'est le thème de 95 % de la littérature - les 5% restants servant à parler du mal-être profond des gens, de la fin du monde, ou de meurtres sordides, quand les auteurs ne mélangent pas tout ça), il va parler de sa passion de toujours : la pêche.
C'est en ça que ce livre m'a plu. Il n'est pas prise de tête : tu t'installes gentiment au bord d'une rivière, tu sors ta Royal Coachman, et tu cherches le coin parfait, le coin que seuls quelques rares instruits connaissent. Tu dois préalablement demander la permission au propriétaire de ce précieux coin d'y pêcher, au risque de t'en voir refuser l'accès.
Là-bas, les Truites... est un recueil de textes sur cette quête du coin idyllique, celui où tu risques de tomber sur des serpents mais aussi sur des poissons à la taille plus qu'honorable.
Voilà, ce n'est pas un livre qui raconte une histoire, mais vous pousse à prendre le temps de pêcher une truite.
Sur ce, je vous laisse, je vais aller déterrer quelques vers...
