La Prophétie du Gris
Grégor a onze ans, deux petites soeurs et vit à New York, dans un tout petit appartement, avec sa mère et sa grand-mère. Son père a disparu deux ans auparavant, sans laisser de trace.
Un jour où il doit garder sa plus petite soeur, surnommée Moufle, il se fait avaler à sa suite dans un conduit d'aération du sous-sol de l'immeuble. Après une longue chute, ils se retrouvent tous les deux sous terre, dans un monde où les humains sont pâles aux yeux violets, où les animaux sont énormes et parlent.
Grégor serait le guerrier dont parle la prophétie, celui qui ramènera la lumière dans le royaume. Grégor, s'il n'y croit pas vraiment, joue le jeu pour pouvoir retrouver son père et rentrer chez lui avec Moufle.
Suzanne Collins, que l'on connaît plutôt pour sa trilogie Hunger Games, où règne la violence et l'injustice, signe ici un roman pour des lecteurs plus jeunes, mais sans pour autant les prendre pour de naïfs petits enfants. L'histoire de Grégor est dure, ses réactions sont justes et surtout humaines. Il ne veut pas devenir un héros, il veut juste rentrer à la maison.
Si le thème m'a beaucoup fait penser à Alice au Pays des Merveilles, Arthur et les Minimoys ou encore Coraline, les enjeux en sont beaucoup plus importants que les caprices d'un enfant. Grégor, déjà bien mûr pour son âge, devra faire face à la mort, à la trahison et au désespoir. Et Moufle... ahhh ! Moufle, je l'adore ! Elle est trop mignonne, et je pense que la suite de leurs aventures lui laissera encore la part belle.
Dans ce roman, les personnages principaux n'ont pas forcément de caractéristiques sur-humaine, un courage à tout épreuve ou une gentillesse extrême. Tout est juste, comme l'écriture de Suzanne Collins l'a souvent démontré. Les héros ne sont pas des supers-héros, ils font seulement ce qu'ils ont à faire. Pas de fioriture, ni de grand discours, il faut seulement s'en sortir.
Bref, un livre assez impressionnant et passionnant, même pour des adultes !
Je remercie tout particulièrement Cécile, de Black Moon pour m'avoir fait comprendre que chez les petits aussi, il pouvait y avoir de grandes choses.
