Pas de pouvoir, pas de responsabilités
Ce qu'il y a de bien, lorsque l'on part pour quelques semaines à Québec, c'est que, mis à part le fait d'avoir un énorme choix de chips, sauces et autres crasses, on peut voir des films légèrement en avance par rapport à nos amis restés en France.
Ça faisait bien longtemps que j'attendais sa sortie... Kick-Ass !
Dave Lizewski est un ado fan de comics, un geek looser qui se fait racketter à la sortie des cours et qui n'arrive pas à attirer l'attention des filles. Rien de bien original jusqu'à présent. Quand il se demande pourquoi personne n'a jamais essayé de devenir un super-héros dans la vraie vie, il ne réfléchit pas une seule seconde aux raisons suivantes : pas de supers pouvoirs, pas de millions à claquer dans la révision des 20 000 de sa Batmobile... Donc, il se commande une combinaison verte moulante, chausse ses Caterpillar, et va se faire défonser le portrait joyeusement.
Après Watchmen, je me suis découvert une passion pour les films qui mettaient à mal le mythe des Supers Héros. Ici, le topic est plutôt différent, pas de pouvoirs magiques dûs à une naissance heureuse ou à une exposition à des radiations, pas de mec tout bleu qui se ballade à poil et désintègre ses vieux potes par surprise. Non...
Des bons sentiments, certes : c'est mal de se voiler la face quand d'autres se font attaquer (comme un vieux grabatère en fauteuil roulant à qui on a piqué ses roulettes et 100 dollars, maigre pension à dépenser à la fin du mois, que l'on a pris pour un clodo bourré pendant 5 heures avant de ce rendre compte que ce type avait besoin d'aide - on reprend sa respiration - dixit les infos québécoises).
De la grossierté : oh, oui que c'est bon ! Pas de langage châtié, on n'est pas au pays des Bisounours, ni dans la piaule d'Hélène et de ses garçons.
De la musiaue au'elle est bonne : on reconnaîtra notamment la musiaue de 28 Jours plus Tard, Prodigy, Mika, les Hit Grils, Elvis Presley...
De l'action : principalement menée par une fillette d'une dizaine d'années ahurissante, qui n'hésite pas à grimper sur les épaules d'un malfrat pour lui coller deux bastos en haut du crâne.
Des jeux de mots et autres clins d'oeil qui transportent ce film loin des comédies et parodies pour ado bon marché.
Concernant les acteurs/personnages : Aaron Johnson joue bien les loosers malgé une musculature plus sportive que chétive, Nicolas Cage est génial en Big Daddy touchant un brin dérangé, les méchants pères et fils ont de bonne têtes à claques, et la petite Hit Girl est aussi mignonne que flippante.
Bref, je ne m'étendrai pas sur le côté psy de la chose, le fait qu'un ado fortement perturbé finit par mûrir un grand coup, et perdre sa virginité par la même occasion : c'est pas pour ça que je suis allée voir ce film. Les stéréotypes ne sont là que pour se faire défoncer le portrait, un peu comme Dave. Dave n'a pas le courage de sauter d'un toit à l'autre, son pote a besoin de fumer un joint parce que se retrouver en face de méchants, ça peut impressionner, il ne passe pas à travers des fenêtres en les brisant...
Je ne parlerai pas non plus de la critique de la société actuelle, des abus de Facebook, Youtube, My Space ou autre. On s'en fout, et d'autres personnes le feront bien mieux que moi. Les gens doivent croire de nouveau aux héros, qu'ils soient supers, ou non.
