Jane Hicock, dit Calamity Jane
Voilà, j'ai fini le tout premier des livres que j'ai commencés dans le cadre du challenge ABC 2009 (et oui, j'en lis plusieurs en même temps, un pour chaque humeur du jour), Lettres à sa fille, de Calamity Jane.
Le peu que je connaissais de la vie de Calamity Jane se résumait à celle d'une hors-la-loi qui avait participé au Buffalo Bill Wild West Show (rien à voir avec Disney, ni les restaurants, mais plutôt avec La Petite Maison dans la Prairie, les bons sentiments et la félicité en moins). A la lecture de ces quelques lettres qu'elle a adressées à sa fille post-mortem, j'ai découvert le côté simple, bon, d'une femme seule, forte, au Far West. Bien qu'elle n'ai eu qu'une fille, elle a aidé de nombreuses personnes, élevé des enfants abandonnés qu'elle a croisés sur son chemin. Tour à tour bonne joueuse de poker, conductrice de diligence, cavalière pour le spectacle de Buffalo Bill, elle a pu gagner l'argent pour payer leurs études, participer de loin à l'éducation de sa fille qui a été adoptée dès sa naissance.
Son écriture, bien qu'étant celle d'une femme n'ayant eu que peu d'éducation (elle commençait tout juste à apprendre à lire en rédigeant la première lettre), est honnête, directe, chargée de l'histoire violente et rude de l'Ouest américain. Ces lettres m'ont parfois troublée, la dernière, particulièrement, m'a émue :
"Je suis malade et n'ai plus longtemps à vivre. J'emporte de nombreux secrets avec moi, Janey. Ce que je suis et ce que j'aurai pu être.
Je ne suis pas aussi noire qu'on m'a dépeinte. Je veux que tu le croies.
Mes yeux m'ont privée du plaisir que je pouvais prendre à regarder ta photo. Je ne peux plus voir pour écrire. Je dois te dire quelque chose. Si jamais tu viens ici, répare ma vieille maison et ne manque pas d'aller trouver le général Allen, de Billings. C'était un bon ami.
Il y a quelque chose que je devrais te confesser, mais je ne peux tout simplement pas. Je l'emporterai dans ma tombe : pardonne-moi et songe que j'étais solitaire."
J'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture, courte, mais vraie.