La Pause Lecture

Des livres, des bouquins, des trucs avec plein de pages qui se tournent et qui se dévorent.

22 mai 2009

Ah... L'amûuuure !

calvettiGrâce à Suzanne, de Chez Les Filles, j'ai pu recevoir gratuitement un exemplaire de L'Amour est à la Lettre A, de Paola Calvetti. On y rencontre Emma, la cinquantaine, divorcée, qui hérite d'une librairie. Un jour, elle va découvrir un numéro de téléphone dans un livre, celui de Federico, son amour d'enfance. Va s'en suivre une relation épistolaire, quelques séjours à Belle-île, en Bretagne...

Oh mon Dieu ! Qu'est-ce que ça a l'air dégoulinant de romantisme ! Bah oui. Et franchement, j'ai adoré. Comme vous le savez, mon coeur se porte plutôt vers les histoires qui font mourir de peur, plutôt que celles qui vous font regretter d'être célibataire (pour l'instant). Mais ce roman, je l'ai fait durer, pour le plaisir. Chaque soir, c'est ma bouffée d'air. Je ne crois pas que c'était pour la relation amoureuse entre Emma et Federico, mais plus pour l'ambiance de la librairie Rêves & Sortilèges que l'héroïne a ouverte. C'est LA librairie de mes rêves (bon ok, ce serait plutôt une librairie spécialisée dans les romans policiers qui me plairait). Quand on entre dedans, il n'y a pas la vendeuse qui vient vous harceler avant même que vous ayez pu laisser courir vos doigts sur quelques couvertures : "Je peux vous renseigner ?" Non mais oh ! je viens m'acheter un bouquin, pas me faire osculter ! Et au fond, il y a le café, là où l'on peut faire une pause, discuter livres avec d'autres personnes sans pour autant avoir l'air sorti d'un monastère de moines copistes. Bref, on suit le parcours initiatique d'une toute nouvelle libraire, qui doit conjuguer sa timidité, son amour pour les livres, son aversion pour toute nouvelle technologie, avec son besoin de faire découvrir aux autres l'univers qui l'a construite, la lecture.

Et puis il y a la relation entre la petite libraire italienne divorcée et le grand architecte marié vivant à New York. Il y aura quelques nuits d'amours, mais surtout des lettres échangées pendant presque 4 ans. Ce livre aurait pu être ennuyeux, s'il n'avait été qu'épistolaire, mais ces écrits ont été entrecoupés de la narration d'Emma. La lecture de ce roman est pour moi une sucrerie à savourer, une très agréable pause lecture, et maintenant une longue liste de nouveaux livres à lire !

A voir, le site internet dédié au roman : Rêves & Sortilèges.

Posté par Emma666 à 11:58 - Littérature italienne - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 avril 2009

Quand le libraire fait la loi

libraireTout le monde en parlait, ou presque, dans la blogosphère. Le Libraire de Selinonte, de Roberto Vecchioni, raconte l'histoire d'un vieux libraire bizarre, nouvel arrivé à Selinonte, qui essaie de faire aimer les livres ses habitants, en organisant des lectures orales. Il y a aussi le jeune Nicolino, qui vient en cachette assister à ces séances désertées par la population.
Un soir, le local où le garçon découvre soir après soir les beautés du texte, disparaît dans les flammes. Seuls les pages des livres lus subsistent, s'envolant en emportant la parole. Dès lors, les habitants de Selinonte seront incapables de prononcer une parole.

Je ne vais pas me ranger à l'avis de tous. Je n'ai pas du tout apprécié ce livre. L'écriture est certes belle, mais le côté absurde d'un ptit vieux qui s'échine à lire à voix haute devant... personne, si ce n'est un gamin planqué, alors qu'il pourrait tout simplement ouvrir sa boutique et partager plutôt qu'inculquer, ça m'énerve. Les cours magistraux comme ça ne laisse pas le lecteur se plonger seul dans l'oeuvre que lui a choisi de lire, de faire seul la découverte du texte. C'est un égoïsme intellectuel que j'ai toujours eu du mal à supporter.
Enfin, le roman n'est pas exceptionnellement épais (125 pages), et un tiers est "mangé" par les citations des livres lus dans la librairie. Je trouve ça un peu gonflé de broder autour ensuite, paraphrasant la plupart du temps ce qui vient d'être dit pour l'expliquer.

Et dire que c'est un livre sur la perte du sens, il ne faut pas exagérer. On ne le voit que dans les dernières pages, et les sourds-muets se débrouillent bien pour commmuniquer ! Je dirai plutôt que c'est un livre sur l'intolérance. De la part des habitants pour la lecture, vis à vis de tous, et de la part du libraire même, pour moi. En gros, je n'ai pas trouvé ce livre aussi passionnant que les autres...

Posté par Emma666 à 08:04 - Littérature italienne - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 novembre 2008

Un petit recueil de nouvelles

J'avais un tout petit livre qui trainait sur mes étagères, et je me suis décidée à me plonger dedans : Dernier Noël de Guerre, de Primo Levi.

levi

J'avais déjà lu du même auteur Si c'est un homme, et j'avais déjà été frappée par la simplicité avec laquelle il évoquait sa survie dans les camps de concentration. Ce qui m'avait freinée à ouvrir celui-ci, c'était la nature des ces micro-nouvelles : quelques-unes naturalistes, d'autres surréalistes. En effet, tout commence avec le récit d'un banquet, où le personnage principal (que l'on a du mal à cerner au  début) est a priori un kangourou (oui ! oui !) qui ne se sent pas du tout à l'aise parmi les autres convives.
On navigue ensuite d'histoire en histoire : les unes relatant le passé de l'auteur ; Les autres étant des interviews d'animaux en tout genre (taupe, araignée, bactérie). On aurait pu se dire : "Mais comment je me suis retrouvé à lire ça ?"
Et pourtant, dans toutes ces nouvelles, de quelque nature qu'elles soient, le message est clair : on a le droit à la différence, chacun a le droit de raconter son histoire.

Un petit extrait tiré de la nouvelle qui m'a le plus touchée, celle d'un homme qui n'avait plus rien à perdre...

"Sans tourner la tête, le gars de Marineo chercha prudemment, à tâtons, la grenade et tout doucement, dissimulant ses mouvements derrière les secousses du véhicule, il en dévissa le capuchon de sécurité. L'opération se déroula sans difficulté, mais le gars de Marineo n'aurait jamais imaginé qu'il serait si difficile de remplir et de parcourir les dix dernières secondes de sa vie ; car il dut lutter durement, avec toute sa volonté et toutes son énergie corporelle, pour que le plan soit mené à terme selon son dessein. C'est uniquement à cela qu'il consacra ses derniers instants, et non à s'apittoyer sur son sort, à penser à Dieu, ou à prendre définitivement congé du souvenir de ses êtres chers[...]
A l'improviste, quelque chose jaillit de profondeurs jamais explorées, d'un recoin de son corps, de ce corp animal et rebelle qui se résout mal à mourir, et augmenta de façon démesurée quelque chose de sombre et d'ancien, d'inconnaissable, car sa montée arrête et supplante tous les instruments de la connaissance et du savoir. Le gars de Marineo sut, mais pas immédiatement, que c'était de la peur, et il comprit qu'il serait bientôt trop tard. Il se remplit les poumons pour se préparer à la lutte et tira de toutes ses forces sur le cordeau."

Posté par Emma666 à 18:26 - Littérature italienne - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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