16 novembre 2009
La prudence est la mère de la vaisselle
L'Hiver Indien débute avec le retour à la maison de Stud, un géant indien sorti de prison après avoir pris 3 ans pour coups et blessures. Il retrouve son frère Percy, qui, sans avoir atteind la trentaine, a dû sauter toutes les femmes des environs. Celui-ci, dans un délire alcoolisé, émet le désir de chasser la baleine, comme leurs ancêtres. OK. Pas de problème.
Ils recrutent alors Howard, un vétéran de la guerre du Vietnam qui cite des classiques comme Moby Dick, Dostoievski... Son fils, Dale, lui-même vétéran de la guerre du Golf. Greg, un autre géant, parti de la réserve, qui sculpte des arbres à la tronçonneuse pour y graver des icônes d'Elvis. Chris, un nymphomane qui a donné dans le New Age pour trouver ses conquêtes...
Ce qu'ils ont en commun ? Un goût sacrément immodéré pour l'alcool, les femmes, le risque. Ils sont indiens, paumés, et libres, mais vont être soutenus par toute leur communauté : si des déchets comme eux peuvent y arriver, alors c'est que tout est possible.
Ici, justement, c'est le maître-mot : possible. Rien n'est impossible. La liberté, on l'a d'abord dans le coeur. On s'en fout des autres, ceux qui veulent nous empêcher de réaliser le rêve.
J'ai adoré la lecture de ce livre. On est peut-être loin des grands espaces décrits dans L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, ou Légendes d'automne. Non, ici, on est en pleine réalité. La communauté indienne des Makahs décrite ici (située d'ailleurs dans les environs de Forks, et avis aux fans hystériques de Twilight : non, ce ne sont pas des loups-garous) est gangrénée par l'alcoolisme, le chômage, le laissez-aller de ses habitants.
Et ce sont ses pires membres qui vont sortir la réserve de son marasme. Malgré leurs arriérés, c'est leur naïveté qui m'a le plus touchée. Ils se comportent comme des enfants qui ne connaissent aucune frontière, aucun obstacle insurmontable.
Quand à l'écriture de Frédéric Roux, elle est crue. Il dit les choses telles qu'elles sont. Il appelle une bite une bite. Il ne camoufle pas la vérité, ne l'embellie pas du tout, et c'est ce qui fait de ses anti-héros des héros. L'humour valse avec le sinistre de la situation, un "je m'enfoutisme" que j'aprécie particulièrement.
Quand à la playlist du livre, l'auteur s'en est chargé. A la fin du bouquin, 3 pages lui sont consacrée, mélangeant country, rock, pop...
Un petit extrait :
"Ils avaient peut-être l'apparence de leurs ancêtre, mais ils en avaient seulement l'apparence : leurs maisons étaient surchauffées ; ils ne savaient ni ramer ni plonger, il y avait des machines partout autour d'eux pour leur permettre de ne faire aucun effort ; ils n'avaient même pas besoin d'apprendre à lire l'heure, un tas de cadrans électroniques l'affichaient ; ils se goinffraient de mauvaise nourriture. Ils lui ressemblaient : gras et sucrés. Ils ressemblaient à des porcs, ils n'aimaient pas le poisson ; ils n'en mangeaient pas ; ils buvaient de l'alcool ou du Pepsi Cola pour les plus sobres d'entre eux ; ils regardaient la télévision des heures entières et ils riaient lorsque les Indiens se faisaient exterminer en tournant autour des chariots ; ils écoutaient Jimmy Swaggart le dimanche matin et ils croyaient que les infirmes, filmés au ralenti à la fin de son show, étaient vraiment guéris."
Merci à Suzanne de Chez Les Filles, qui m'a fait découvrir un "so roots book" !
07 novembre 2009
L'art de conjuguer
J'ai fini le tome 2 des aventures de Jeanne et Thomas, Les Chevaliers du Subjonctif, d'Erik Orsenna.
Comme d'habitude, l'académicien a réussi à me faire croire que la conjugaison avait du bon, n'était pas si compliquée que ça.
Jeanne et Thomas sont toujours échoués sur l'Archipel des mots. Tandis que la jeune fille, tout en étudiant l'amour, devient l'assistante du cartographe officiel du dictateur Nécrole, son frère disparaît subitement et mystérieusement. Elle le retrouve sur l'île du subjontif, constamment changeante.
Le subjonctif est le mode du possible, du désir, de l'attente. Exemple : "je veux que Robert Pattinson aille chez le coiffeur". Ok, à partir de ça, voilà, c'est un joli mode, plein de poésie. Y n'empêche que c'est toujours coton de le conjuguer ! Franchement, ce n'est pas mon préféré. Moi, j'aime bien l'indicatif, c'est simple. Mais c'est toujours un plaisir de lire cette petite fable qui rend accessible le côté le plus noir de la langue française, avec ses jolies aquarelles, ses phrases pleines de poésie.
Mais personnellement, il ne m'a pas encore tout à fait réconciliée avec le traumatisme que j'ai subi face à une prof de français vieille, moche, et aigrie !
15 octobre 2009
Minuscules Extases
Voici un petit livre, de Denis Grozdanovitch, "commandé" par les Editions Robert Laffont pour leur nouvelle collection basée sur les plaisirs gourmands.
Forcément, avec un sujet pareil, j'ai sauté sur l'occasion quand BOB l'a proposé !
Et ce week-end, partie à la campagne dans un trou paumé, quelle ne fut pas ma surprise quand j'ai vu, à la petite librairie de Clamecy, à 15 km de là où je logeais, qu'une rencontre était orgnisée avec l'auteur le soir même !
Donc, c'était obligé, je me devais d'aller y passer la soirée. Au menu : lecture de quelques morceaux choisis du livre (par une cloppeuse à la voix façon Jeanne Moreau), et ensuite, blabla avec Grozdanovitch.
Pour ce qui est du livre en question, il regroupe des textes plus ou moins longs, des synesthésies (heureusement pour moi, l'auteur a expliqué ce que c'était !). Donc, c'est comme la Madeleine de Proust (que je n'ai pas lu non plus, donc j'étais pas aidée sur ce coup-là). En gros, tu la mange, et ça te rappelle tout pleins de bon ou mauvais souvenirs.
Denis a fait pareil pour ses histoires : le cassoulet lui rappelle comment il s'est lamentablement vautré en compétition de tennis, le chocolat chaud l'a aidé à surmonter sa première déception amoureuse...
C'est superbement écrit, tout en longues phrases, bourrées de propositions multiples, d'adjectifs et d'adverbes très recherchés. Je dirais quand même : heureusement qu'il ne fait que 130 pages !
Il s'est dit clairement auteur vivant du 19ème siècle. Mais surtout, ce que j'ai retenu, tout au long de ses histoires, c'est qu'il a été champion de tennis, squash et autres (difficile de l'oublier vu le nombre de fois qu'il le mentionne !), amateur de bonne chair, gamin à l'enfance a priori heureuse...
J'ai beaucoup apprécié cette lecture, comme un met savoureux à déguster.
Un petit extrait sur le whiskey :
"Bien que je n'aie jamais particulièrement apprécié cette boisson, j'avais à coeur de me mettre au diapason lyrique de Dublin et je dois avouer qu'après quelques gorgées d'amertume douceureuse, une sorte de chaud soleil voilé de brume commença de couler dans mes veines et d'irriguer mon coeur d'une sourde joie de virile insouciance. Cependant, la chanteuse - une plantureuse rousse entre deux âges, vêtue à la gitane d'une robe à volants multicolores sur laquelle scintillait une collection de gros bijoux bon marché - vint s'installer sur une petite estrade où l'attendait un accordéoniste et commença, d'une voix inespérément limpide et nuancée, à chanter quelques-unes de ces ballades irlandaises à vous fendre le coeur.
A ma grande surprise, je vis tous ces gaillards à casquette, dont beaucoup arboraient des visages burinés de vieux loups de mer ou de farouches partisans indépendantistes, commencer, les yeux humectés de larmes, de piquer légèrement du nez sur leur verre, puis de carrément sangloter comme des enfants au moment des refrains que la plupart reprenaient d'ailleurs en choeur, la voix étranglée par l'émotion."
Pour la petite dédicace, je me suis légèrement énervée sur lui, car il refusait catégoriquement de lire du Muriel Barbery, la Gourmandise étant intéressante à lire si l'on parlait gastronomie. Je ne supporte par que l'on dise que l'on n'aime pas, si l'on a pas goûté !
Il m'a alors dit que je l'avais convaincu de le lire, et m'a laissée son adresse mail pour que je lui envoie d'autres titres de bouquins.
Quand il m'écrira qu'il a enfin lu la Gourmandise, je ne saurai comment lui dire que moi, je ne l'ai pas lu...
13 octobre 2009
Slasher book
Voici un petit roman que j'ai trouvé au rayon jeunesse. Il s'agit de Déroute Sauvage, de Guillaume Guéraud.
Lors d'un voyage scolaire, le car qui transportait une classe de 4èmes dans les montagnes pyrénéennes, à la frontière espagnole, bascule dans le vide. La plupart des passagers sont morts dans l'accident, mais le calvaire des survivants ne fait que commencer. En effet, ils sont chassés par des hommes armés, mais surtout complètement barrés.
L'auteur nous le dit dès le départ : ce livre est un hommage à Massacre à la tronçonneuse, Détour mortel, et La Colline a des yeux.
Oui, en effet, c'est un sacré hommage, car tout a été pompé sur ces films ! Tout commence toujours par un accident, une panne de voiture, ou simplement le fait d'être perdu. Ensuite, on croise la route de "rednecks", des dingues sanguinaires et consanguins qui vont tout faire pour vous rendre la vie impossible, au sens propre du terme. Les adolescents se font trucider un par un, toujours de la manière la plus dégueulasse qui soit (un des tueurs - très mais alors très balèze - arrache le haut du corps d'un des ados, coincé sous le car).
Bref, un livre bourré de clichés (comme par exemple le moment où les jeunes découvrent la maison des tueurs, cabane répugnante remplie de trophés de chasse en décomposition, où le ménage et la vaisselle ne sont jamais faits), d'incohérences flagrantes (désolée, mais un môme de 4ème - donc dans les 14 ans - gravement blessé de surcroît, qui ne chiale pas sa mère quand on l'embête et qui arrive à assomer un mastodonte adulte, ça n'existe pas), et de pâles copies de classiques (comme la fin à la "Marche ou crève" de Stephen King).
Mais surtout : pourquoi écrire un livre aussi violent à destination des adolescents ? C'est sûr que ça n'aurait pas intéressé des adultes. Mais la littérature jeunesse n'est pas une poubelle !
Comme vous le savez, j'adore les films d'horreur. J'en ai vu pas mal (d'ailleurs le dernier en date, c'était Pandorum, hier). En effet, j'ai vu Massacre à la Tronçonneuse, La Colline a des yeux... Mais franchement, ces films hyper-réalistes ne montrent que de la violence gratuite, malsaine, et sans grand intérêt (il n'y a même pas de scénario !). Et surtout, ça m'a toujours énervée que dans une forêt, la victime court tout droit au lieu de slalomer et de se planquer derrière les arbres !
06 octobre 2009
Celui qui n'aimait pas lire
Ce petit livre, écrit par Mikaël Ollivier, a vraiment été un délicieux moment à lire.
Ce sont quelques chapitres de sa vie, qui expliquent comment il a découvert la lecture, pourquoi il ne l'aimait pas, quel a été le déclic qui lui a permis de se lancer dedans à corps perdu...
Tout comme ses parents ont dû biaiser pour lui faire apprécier les livres, l'auteur utilise également ce subterfuge pour parvenir, à chaque "confession", à une conclusion tout à fait véridique : la lecture a fait de lui l'homme qu'il est aujourd'hui. Que ce soit par le cheminement des "et si..." dès les premières pages, où la naissance de l'art pictural dans les grottes préhistoriques, ces pages sont prétexte à une démonstration magistrale de l'importance qu'a eue pour lui les livres.
Voici quelques extraits que j'ai vraiment appréciés :
"Je fais beaucoup de fautes d'orthographe ; une belle collection de zéros rouges dans la marge de mes cahiers. Comme les adultes me disent que c'est en lisant que je vais faire des progrès, le peu de fois où j'ouvre un livre, je lis ses phrases pour l'orthographe de leurs mots que pour leur sens. Que raconte le livre ? je n'en sais rien. Par contre, je note qu'il est plein de ant que j'aurai volontiers écrit avec un e, d'une impressionnante collection de s pour les pluriels, de mystérieux doubles m ou n, de ph qui font f juste pour me faire perdre un point de plus en dictée. Comme si c'était possible..."
"Il faut manger ta soupe. Il faut te laver les mains avant de te mettre à table. Il faut te brosser les dents avant de te coucher. Il faut dire s'il vous plaît. Il faut dire merci. Il faut mettre ta cagoule. Il faut manger des épinards. Il faut te coucher tôt. Il faut prendre ton sirop. Il faut manger du poisson. Il faut lire des livres...
La soupe, je sais à quoi ça sert : c'est pour grandir. Les dents, c'est pour pas avoir de caries. Le sirop, c'est pour la toux ; le poisson, pour le cerveau ; les épinard, pour le fer.
Mais les livres, c'est pour quoi ?
Pourquoi il FAUT pas manger de chocolat ? Pourquoi il FAUT pas mettre les doigts dans son nez ? Pourquoi il FAUT pas boire de coca à table ? Pourquoi il FAUT pas lire des BD ou regarder la télé ?
Pourquoi les livres sont-ils rangés dans la catégorie "choux de Bruxelles/eaux minérales" et pas dans la catégorie "bonbons/sodas" ?
Parfois, je me dis que l'on devrait interdire les livres aux jeunes pour les faire lire."
05 octobre 2009
Ami, entends-tu...
Voilà un livre pour la jeunesse que j'ai emprunté à ma bibliothèque municipale. La couverture, magnifique, avait attiré mon regard, et la 4ème de couverture m'a décidée à le prendre.
L'histoire (ainsi que la grande) se passe à Nantes, pendant l'été 1943. Félix treize ans, essaye par tous les moyens (certains vraiment idiots) d'impressionner Jacky, un copain d'école qui fait partie de la Résistence. Félix aussi veut mettre à l'épreuve son courage de jeune garçon naïf, et rejoindre l'armée des Ombres.
J'ai vraiment apprécié la lecture de ce livre de Béatrice Nicodème. Le ton est sombre, l'horreur omniprésente. Et on ne sait plus où l'on en est, exactement comme le héros. on commence à douter de tout le monde, à faire des suppositions qui seront sans cesse chamboulées. Des personnages humains, chacun à leur façon héroïque (comme par exemple le facteur qui intercepte les lettres de délation,...) qui doivent survivre malgré la faim, les bombardements, les raffles, l'occupation.
Voici un tout petit extrait, résumant bien la triste ironie du héro :
"Ma mère avait réussi à obtenir sans tickets un pâté d'abats de lapin qui sentait la paille et le placard moisi, avec un léger relent d'excréments de chat. Un régal, après deux semaines sans viande."
Voici une phrase que je ne souhaiterai jamais voir sortir de la bouche d'un enfant...
23 septembre 2009
La Venus D'Ille
Bon, je sais, je n'ai pas beaucoup posté ces temps-ci... Mais c'est que j'ai plein de bouquins en cours ! En fait, il faudrait peut-être que j'arrête d'en lire plusieurs en même temps, ça aiderait à poster plus régulièrement. Et faut, dire, je suis en pleine lecture des Veilleurs, et c'est long, et c'est dur... Mais ça vaut le coup. Pour l'instant. Je n'ai pas atteint encore la 100ème page, j'avoue.
OK, trève de plaisanterie, voici du lourd ! 82 pages, attention ! La Vénus d'Ille, Prosper (youplaboum) Mérimée.
L'histoire se passe il y a longtemps, dans une lointaine galaxie (je m'égare ?), celle de la France du Sud, à Ille, près du Canigou, en dessous de Perpignan (pour les nuls en géo, en bas à droite, collé à l'Espagne). Longtemps, c'est quoi... 19ème siècle ?
Bref, y a un type, parisien, qui descend chez M. De Peyrehorade. Celui-ci a découvert, enterrée aux pieds d'un Olivier, une statue antique en cuivre, représentant une femme. Elle est vraiment belle (torse dénudé, tant qu'à faire), elle n'a pas du tout le regard coquin, mais plutôt malin. Elle a l'air méchant, quoi. Et ça va se confirmer quand elle va buter le fils de M. de Peyrehorade, tout jeune marié.
Pourquoi ai-je parlé du Parisien ? Bah parce que c'est lui le narrateur, et le seul type à peu près sensé de l'histoire. C'est lui qui découvre que la statue est vraiment vilaine...
Mon résumé est court ? Et alors, c'est une nouvelle ! Et puis je peux résumer n'importe quoi en une seule phrase !
exemple : "Non ! Jack ! Ne meurs pas, je t'aimeu ! PLOUF." (c'était Titanic... c'est nul, je sais)
Bref, une nouvelle à lire quand on se dit qu'on est une bête en littérature fantastique, mais qu'on a lu que Twilight et Anita Blake (ce n'est pas mon cas, je vous rassure).
Et petite photo du paradis terrestre qui m'a donné envie de me replonger dans ce livre, aux Orgues d'Ille sur Têt :
07 septembre 2009
La grammaire est une chanson douce
Voici un petit livre que je ne regrette pas d'avoir acheté ! C'est une sorte de fable, d'Erik Orsenna. Il y a Jeanne, et son frère Thomas qui se retrouvent échoués sur une bien étrange île. La tempête qui a fait sombrer leur bateau leur a également ôté la parole. Ils vont être guidés par Monsieur Henri et son neveu à travers les lieux insolites de l'île : le marché aux mots, la cabane de la vieille qui redonne vie aux mots, la ville des mots, l'Hôpital des mots, l'usine la plus nécessaire de toutes les usines...
Ce "conte" est une ode, à l'amour des mots. Ils sont vivants, éprouvent des sentiments... Ils sont nécessaires à l'expression, mais ne doivent tout de même pas être utilisés à tort et à travers. On peut s'amuser avec, ils peuvent blesser, réconforter, faire "recommencer l'amour".
Bref, j'ai adoré !
Quelques petits passages savoureux :
"Les habitants s'étaient fait nettoyer de tous leurs mots. Ils ont cru qu'ils pourraient vivre dans le silence. Ils n'ont plus rien nommé. Mettez-vous à la place des choses, de l'herbe, des ananas, des chèvres... A force de n'être jamais appelées, elles sont devenues de plus en plus maigres, et puis elles sont mortes. Mortes, faute de preuves d'attention ; mortes, une à une, de désamour. Et les hommes et les femmes, qui avaient le choix du silence, sont morts à leur tour. Le soleil les a desséchés. Il n'est bientôt plsu resté de chacun d'entre eux qu'une peau, mince et brune comme une feuille de papier d'emballage, que le vent, facilement, a emportée."
"Je mis du temps à les repérer, dans le formidable désordre. Soudain, je les aperçus, "être" et "avoir". Oh, commes ils étaient touchants ! Ils cavalaient d'un verbe à l'autre et proposaient leurs services : "vous n'avez pas besoin d'aide ? Vous ne voulez pas un coup de main ?"
"Les vrais amis des phrases sont comme les fabricants de colliers. Ils enfilent des perles et de l'or. Mais les mots ne sont pas seulement beaux. Ils disent la vérité."
Ce livre a été lu sans musique. Les mots se sont suffis à eux-mêmes.
03 septembre 2009
Cher journal...
Aujourd'hui, j'ai eu la stupide idée de feuilleter un certain magazine littéraire parlant de la rentrée. Et je suis allée faire du shopping. 10 livres. Oui, 10. Mon porte-feuille a craqué, ma carte-bleue fondu... 10 livres, putain ! Je me vois bien mourir à 82 ans, seule, puant au fond de mon appart, à me faire bouffer par mes 8 chats (bon ok, j'en ai qu'un, mais elle me regarde d'un drôle d'air en ce moment, je vous jure !).
Mouhaha ! trève de plaisanterie, maintenant, vous êtes au courant, je suis folle, une cause perdue. En fait, c'est vrai que j'ai acheté 10 livres, mais, attention, aucun n'a dépassé les 15 €, quand même ! Et puis je ne me sortais pas de ma lecture en cours, l'Ombre du Vent...
Alors voilà. Et ce soir, bah tiens, pour assumer cet achat plus que compulsif, je me devais d'en lire un. Mon choix s'est porté sur l'adaptation roman du film LOL.
Bon l'histoire, pour résumer (car c'est à peu près sûr que tout le monde en a entendu parler), c'est : putain trop de la balle, je vais retrouver mon keum. Arg ! il s'est tapé une tepu pendant les vacances, quelle râclure, pourquoi la vie est trop injuste, c'est juste n'importe quoi... Oh c'est qui ce bô gosse ? ouah je crois que je l'aime, à vie... Mais Mmân, pourquoi t'es relou !?!!!!!!! (profusion des points d'exclamation) FIN.
Ok, j'exagère un peu... 4 lignes de blabla d'adolescente... alors que le bouquin nous en sert 160 pages.
Bon c'est pas le livre du siècle, ça non, peut-être le film (il faudra que je le vois un de ces 4). Sincèrement, les textes ne me font pas penser à une adolescente de 15 ans, car je sais qu'elle parlerait pire que ça (ce que je suis méchante !). Y'a même des ptis dessins, comme c'est mignon ! C'est du Cathy's Book, mais en moins bien, vu que LOL, elle sait pas dessiner, pas de bol. En fait, le seul truc qui m'a touchée, c'est la lettre que sa mère lui écrit pour s'excuser d'avoir lu son journal intime (bon d'accord, Lola, moi aussi je te demande pardon de l'avoir lu ! Sûr... je ne le referai pas). 9 pages qui ont presque réussi à m'arracher une larme vers la fin. Aurais-je enfin tourné la page de mon adolescence ? C'est vrai, je ne craque plus sur Titanic, ni sur la Boum, ni même sur Dirty Dancing (enfin si un peu, sur celui-là). Maintenant, à moi Gladiator, Docteur GI Joe et Daniel Craig ! Exit les ados boutonneux en pleine mue, bonjour les hommes, les vrais mâles, les bêtes sauvaaaaaaaaaaaaages !
La bloggueuse vous prie de bien vouloir accepter toutes ses excuses pour ce petit excès...
Ptit bouquin à lire en écoutant l'album de Coeur de Pirate (et en plus, je vous mets dans l'ambiance depuis quelques billets, ne me remerciez pas, je n'ai que ça à faire... Où sont les hommes ?!)
01 septembre 2009
Il faut savoir improviser
Grâce à Suzanne, de Chez les Filles, et aux Editions du Seuil, j'ai reçu le livre Nouveaux Indiens, de Jocelyn Bonnerave. Le narrateur est A. L'anthropologue, qui fait un séjour à l'Universtié de Berkley pour observer les étudiants d'un séminaire axé sur l'improvisation en musique. Il va, par la même occasion, enquêter sur la mort de Mary, une jeune anorexique, et tout ça sur le fond de la ré-élection de George W. Bush.
Même si le style de l'écriture se prêtait bien au côté anthropologique de l'histoire, il m'a profondément gênée pour y rentrer. Les phrases sont remplacées par des bribes, prises de notes balancées, éparses. Les personnages sont à peine présentés et il m'a été difficile de les retenir pour la suite. Toute la première partie du livre est ennuyeuse, alors que la deuxième est carrément crade : on y cause cannibalisme, scatophilie...
Bref, un livre assez dérangeant,et ce qui m'a confortée dans l'idée que ne l'avais pas apprécié c'est surtout... oh oui, surtout, parce que le narrateur dit ceci : "Je jette un coup d'oeil aux quotidiens américains : la mort de Christopher Reeve fait les gros titres, à côté du face-à-face Bush-Kerry. Pour bon nombre de terrien, Christopher Reeve, c'était Superman. Après avoir volé dans les airs grâce aux trucages d'Hollywood, l'acteur avait fait une mauvaise chute de cheval et s'était retrouvé cloué au sol, en fauteuil roulant. Durant le week-end, il a succombé à un truc banal. Qu'est-ce que ça peut bien me foutre ?"
Je sais que c'est un avis totalement arbitraire, mais j'en ai rien à faire, on touche pas à Superman !
Livre lu en écoutant : In Rainbows, de Radiohead.
1 livre lu / 7






