24 décembre 2009
Les motifs de l'Ombre
Voici le premier tome de la trilogie de la Ronce d'Or, écrite par J.V. Jones.
On y fait la connaissance de Tessa, une jeune américaine d'aujourd'hui, dont la vie est empoisonnée par un accouphène persistant. Les crises qui en résultent la prennent souvent en traître, ce qui l'empêche littéralement de mener une existence normale.
Après avoir enfilé une bague découverte par hasard, elle se retrouve propulsée dans un royaume totalement inconnu, dans la ville de Bay'Zell. Elle décide d'y rester quand elle s'apperçoit qu'elle n'a plus ce bourdonnement horripilant dans les oreilles. C'est là qu'elle rencontre Ravis, un balafré mercenaire (forcément pas trop moche...) qui, après l'avoir prise pour une prostituée (on ne porte pas de pantalon ici madame !), va la prendre sous son aile...
Bon, voici le résumé du début de l'histoire, il faudrait pas tout raconter. En effet, il y aura par la suite un prince revenchard, un vieux scribe maltraité, une couturière filoute, puis morte, des tueurs "bestiaux"...
J'ai beaucoup aimé ce livre. Chaque chapitre suit les aventures d'un des personnages, même si certains d'entre eux restent assez mystérieux... La narration n'en est que plus intéressante, puisqu'elle maintient un certain suspense à la Dallas (vous vous rappelez que l'on pouvait, lors d'un épisode, suivre une dizaine d'acteurs, et qu'un seul instant de leur vie s'était écoulé ?).
Les indices qui pourraient nous permettre d'en savoir plus (pourquoi Tessa s'est-elle retrouvée là ? qui sont ces tueurs étranges, etc) sont savamment distillés (comme c'est une trilogie, il faut savoir prendre son temps), et les informations, concernant notamment le métier de scribe, ses obligations techniques (comme la taille de la plume, la préparation des peaux, des peintures, etc) particulièrement bien fournis sans être pour autant indigestes.
Quant aux personnages, même si l'on sait tout de la personnalité de la jeune femme, assez limpide, il n'en est pas de même de ses 2 autres compagnons de route. Si elle a eu le don de m'énerver légèrement au début ("oh ! je peux me débrouillée toute seule ! Mais... je ne suis qu'une faible femme..."), d'autres personnages sont réellement attachants, comme l'assisant scribe Emith, et sa chère Môman.
Seul bémol, Ravis est l'archétype même du mercenaire : beau, le teint hâlé, la cicatrice qui lui barre la face (et qu'il a tendance à "machouiller", ce qui est réellement... pas terrible pour le côté sombre héro), les propos mystérieux, mais du courage à revendre... bref, ce cliché m'a un peu refroidit. Néanmoins ce fut une lecture agréable, et j'attends avec impatience la suite, "La Peinture de Sang", qui devrait paraître en février 2010.
Un grand merci à Livraddict et au Livre de Poche pour cette découverte !
Sahara Dévoilé
Ce livre décrit le périple du journaliste américain Wiliam Langewiesche à travers le désert Nord-Africain, D'Alger à Dakar. Il est passé par divers pays (Algérie, Niger, Mali, Sénégal), a emprunté les petites comme les grandes routes, a roulé, volé, marché...
En ces temps froids et humides, à la veille de Noël, rien de tel que ce documentaire géographique, politique et social pour faire remonter sa température corporelle.
Ici, on est bien loin du style journalistique auquel je m'attendais, celui qui est froid, distant, objectif, et tout à fait "grosse tête". William Langewiesche nous décrit les choses telles qu'il les a vues, vécues. Il y a l'injustice vis à vis de la condition féminine, le manque de soins apportés aux hommes comme aux objets, la fatalité ressentie face à l'immensité brûlante du désert, la fatalité du destin de ses habitants qui vivent la vie comme elle arrive.
Tous ses chapitres débutent par la découverte d'une personne, qu'elle soit riche ou pauvre, simple paysan, moniteur d'auto-école ou juge, qui prend sous son aile le journaliste pour lui faire découvrir "son Sahara".
Puis, après la petite histoire, cours magistralement intéressant sur la grande, les constats que le journaliste fait sur ses contemporains sahariens bouleversent complètement l'image que j'avais de cette contrée aride !
Je ne m'imaginais même pas que l'on pouvait succomber à la soif en l'espace de quelques heures, que ses victimes en venaient à boire de l'essence pour survivre quelques instants de plus... Il est quasiment impossible d'être retrouvé vivant, perdu au milieu de ses milliers de kilomètres carrés, parcourus par seulement quelques pistes !
C'est étonnant de savoir qu'une chose qui pourrait être synonyme de désolation, de sécheresse, de mort, a pu développer de tels sentiments d'accomplissement, d'amour, de destinée héroïque de la part de ceux qui l'on visité, vécu.
Bref, un livre à lire absolument si l'on veut démistifier l'image romantique et désuette que l'on se fait du Sahara.
Un petit extrait qui illustre assez bien la philosophie des Sahariens :
"A l'intérieur de la ville d'El Oued, des aménagements importants ont été effectués. Les habitants balayent le sable et le transportent avec des pelles, mais au lieu de s'en débarrasser, ils l'invitent dans leurs maisons. Ils rendent leur courage plus doux avec ce sable, l'étalent en couches épaisses sur le sol puis le recouvrent de tapis tissés à la main, qui sont les plus beaux du Sahara. Inviter le sable ainsi chez soi leur évite de faire face à l'évidence : le sable entre partout, de toute façon. Ils disent que l'on peut se plaindre du fait que le pain crisse sous la dent, qu'il vaut mieux le mastiquer. Car mastiquer du pain au sable constitue une bonne discipline : cela apprend à être indulgent. Les gens de El Oued prient dans le sable et se lavent avec, suivant les rites. Une fois par an, ils sortent le vieux sable à la pelle puis, de la même façon, ils font entrer le nouveau. Ils épousent leur sort."
Merci à Livraddict et aux Editions Vagabonde pour cette bouillotte littéraire !
18 décembre 2009
Le Parlement des Fées, tome 2
Après le flop de la lecture du premier tome, sous les envouragements des Livraddicts, je me suis lancée dans la lecture du second tome, L'Art de la mémoire, de John Crowley.
On y retrouve Smoky, toujours désormais marié à Daily Alice, avec laquelle il a eu 4 enfants. C'est maintenant leur histoire que l'on va suivre, leur Destin, avec un grand D majuscule.
Et bien, cette seconde lecture ne m'a pas du tout réconciliée avec l'histoire. C'est toujours bordélique, il y a des voyages dans le passé, des changements de personnages (surtout que ça aide, quand le ptit dernier s'appelle comme l'arrière-grand-père !), et tout ça sans prévenir.
Je n'ai toujours pas réussi à piger se qui se passait réellement dans ce bouquin, alors que franchement, l'écriture est vraiment belle : les descriptions sont de toute beauté,... mais la narration, je suis désolée, reste du n'import quoi pour moi ! L'absurde a littéralement rejoint la réalité. Je m'attendais presque à apprendre à la fin que tout n'était que songe sous Ecstasy, tant impossible, trop imaginaire, farfelu était ces personnages, cette maison, toute leur vie.
Bref, mon oeil a lu, mais ma tête n'a pas compris grand chose. Tout a été survolé, rien n'a été assimilé pendant la lecture, tout est resté aussi nébuleux que l'histoire.
Donc, décidemment, ces livres ne sont pas pour moi ! Et franchement, je ne me vois pas, dans l'immédiat, essayer un autre roman, ou nouvelle de cet auteur...
En tout cas, un grand merci à Livraddict et aux Editions Points pour les 2 livres !
30 novembre 2009
Le Parlement des Fées 1
J'ai fini, ce matin, le premier tome du Parlement des Fées, de John Crowley : L'orée des bois.
L'histoire commence, ou se poursuit, avec Smoky, qui part retrouver sa fiancée Daily Alice, dans une maison complètement folle et chimérique.
Autant vous le dire tout de suite, je ne me suis pas du tout laisée embarquer dans le monde psychédélique de John Crowley !
Même si l'écriture est très belle, les descriptions magnifiques, et les personnages attachants (pour certains en tout cas), je n'ai pas réussi à m'imprégner de l'atmosphère qui se voulait, je crois, féérique et merveilleuse.
J'ai trouvé la narration un peu "bordélique". Il y a une trentaine de personnages au bas-mot, et l'on saute de l'un à l'autre, géographiquement, chronologiquement, et physiquement (parce que oui, il y a du sexe dans ce roman !).
On va commencer avec l'année N, celle où Smoky, tombé amoureux de la gigantesque Daily Alice, va se marier avec elle, après un parcours tracé par esprits qui lui ont ordonné de venir : à pieds, sans aide finacière, avec un vieux costume de marié (bon là, ça va encore). Ensuite, N-1, où l'on assiste à la première rencontre des deux amoureux. Retour vers le mariage. Et bond dans le passé (N-30 peut-être) pour en savoir plus sur l'histoire de la grand-mère de Daily Alice. Et retour dans le présent, puis on suit les périples d'Aubéron, fils de Smoky (N+18 genre, et tant quà faire, il porte le même prénom que son grand-père, histoire de faciliter les choses...).
Bref, vous comprendrez peut-être pourquoi je n'ai pas du tout accroché à cette histoire aussi déglinguée que la maison dans laquelle elle se déroule, que je n'ai pas pu m'attacher à ces êtres humains ou féériques (on ne le sait pas encore, et peut-être qu'on ne le saura jamais).
En tout cas, ça ne m'empêchera pas de retenter le coup avec le deuxième tome !
Merci à Livraddict et Les Editions Points pour le livre !
09 novembre 2009
Non mais qui souhaiterait ça ?
Comment se débarrasser d'un vampire amoureux. Encore une FILLE qui n'est pas sortie de chez elle depuis... 20 ans ? Les vampires ne sont plus ces chauves malingres, bossus, au regard pervers mais aux dents longues qui viennent vous planter les crocs violemment dans la carotide, et laisse gicler le sang tout en vous machouillant la gorge !
Non... Maintenant, ils utilisent les shampoings Loréal, sont glow in the light, ou ont l'air tout simplement normaux. Mais ils seront toujours des bêtes de sexe, physiquement parfaits (exit le look androgyne, place aux muscles façon tablette de chocolat parfaitement dessinée) et très intelligents, bien sûr. Et avez-vous déjà vu un vampire clochard ? Bah non ! Ils sont immortels, alors ils ont eu le temps de mettre quelques économies de côté. Vous voyez, ils sont loin d'être stupides.
Alors pourquoi, oh oui, pourquoi vouloir se débarrasser de l'un d'entre eux s'il tombe sous votre charme ? Il vous manquerait pas une case ? Vous n'êtes pas toute seule dans votre tête ?
Dans ce roman pour adolescent, écrit par Beth Fantaskey, Jessica est une enfant adoptée par un gentil couple de hyppies venus faire des recherches en Transylvanie, berceau des suceurs d'hémoglobine. Mais, à la veille de sa majorité débarque un roumain à qui elle a été promise étant bébé. Oh trop dur ! Il est... beau, il guérit façon Wolverine (en un tout petit peu plus longtemps), il est intelligent, il ne brille pas dans la lumière du jour. Il est surtout très arrogant, ce qui doit expliquer pourquoi Jessica le repousse au début du livre.
Mais dès lors qu'elle commence à ressentir des sentiments pour lui, le changement s'opère. Lucius (si c'est pas du prénom de vampire, ça !) devient distant, irascible, suicidaire. Il finit par se faire truscider par ses camarades de classe. Bien sûr, je n'en dirait pas plus, histoire de ne pas vous gâcher la lecture...
Pour ce qui est de l'écriture, la première partie est très "ado". Oh il m'aime... qu'il est beau ! Mais oh ça va ! je veux pas me marier avec lui, j'ai le droit de choisir (d'un autre côté il est vraiment très beau...). Tout ça teinté d'un humour assez décalé (comme par exemple le Guide à l'intention des jeunes vampires qui explique les changements pubères, les dents qui poussent...).
Quant à la deuxième partie, même si elle fait fortement penser à du Harlequin, on tourne les pages, difficile de s'arrêter, pour savoir ce qu'il advient du couple Jessica/Lucius !
Et pour finir : je trouve que la couverture française est bien plus jolie que l'américaine, non ? Par contre, le titre en VO est bien plus sympa !
04 novembre 2009
Eux aussi devaient cuisiner avec ce qu'ils avaient sous la main
Dans le cadre d'une lecture commune avec Livreaddict, je me suis motivée pour recommencer Le Cercle Littéraire des Amateurs d'épluchures de Patates, de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows.
Je l'avait abandonné, à la page 50, faute d'avoir réussi à rentrer dedans. Les romans épistolaires m'ont toujours gonflée.
Ici, on assiste à un échange de courriers post-seconde guerre mondiale entre Juliet, écrivain à la recherche d'inspiration, et des habitants de l'île de Guernesey. Elle apprend qu'ils ont fondé un club littéraire, celui des amateurs de tourtes aux épluchures de patates, ceci afin de planquer aux yeux des occupants allemands le fait qu'ils se délectés d'un cochon en période de disette.
Suite à ma première déconvenue, je me suis forcée à reprendre le livre en main, mais sans toutefois avoir le courage de le recommencer depuis le début (pour une LCA comblée par les arrivées de livres en pagaille pour diverses partenariats, 50 pages, c'est le mont Everest à escalader).
Et là, je n'ai eu aucun mal à apprécier cette lecture. Peut-être qu'avant, ce n'était pas le moment, l'instant idéal pour aborder cette histoire... pourtant il ne s'est passé que quelques semaines entre l'échec, et l'essai transformé.
Je me suis délectée de ce livre, le seul qui ait réussi (avec Beignets de Tomates Vertes) à me faire passer des larmes au rire en l'espace d'une dizaine de pages.
Ces lettres sont baignées d'une belle simplicité, que ce soit la vieille harpie qui dénonce les petits travers de ses voisins, ce pour quoi on ne les aime que plus, le fermier timide qui aime lire du Charles Lamb allongé dans son foin...
Tout tourne autour du mystère qui plane sur le destin d'Elizabeth, fondatrice du club, arrêtée par les Allemands pour avoir protégé un travailleur juif, elle, qui a aimé un officier allemand et qui a eu une petite fille avec lui, désormais élevée par tous les insulaires.
Aller, une petite lettre pour vous faire saliver :
"Chère Miss Ashton,
On m'a parlé de vous. J'ai jadis appartenu au cercle littéraire en question, mais je parie qu'aucun d'eux ne vous a parlé de moi. Je n'ai jamais lu d'auteur mort. Je n'ai lu qu'une oeuvre : la mienne. Mon livre de recettes de cuisine. J'ose prétendre que mon ouvrage a fait couler plus de larmes que tous les romans de Charles Dickens réunis.
J'avais choisi de leur lire un passage sur la manière correcte de rôtir un cochon de lait. "Beurrer la petite carcasse et laisser les jus de cuisson s'écouler et faire grésiller le feu", ai-je lu de telle sorte que vous pouviez sentir le cochon rôti et entendre sa chair craquer sous la dent. Je leur ai décrit mes gâteaux à cinq couches - contenant une douzaine d'oeufs -, mes bonbons au sucre filé, mes crottes en chocolat parfumées au rhum, mes génoises à la crème onctueuse. Des pâtisseries confectionnées avec de la bonne farine blanche, et non avec la farine noire grossière ou les graines pour oiseaux écrasées que nous utilisions à l'époque.
Eh bien, croyez-le ou non, ils n'ont pas pu le supporter. L'évocation de mes mets savoureux les a poussés à bout. Isola Pribby - qui de toute façon n'a jamais eu aucun savoir-vivre - s'est écriée que je la torturais et m'a menacée de jeter un sort à mes casseroles. Will Thisbee m'a souhaité de flamber en enfer, comme mes cerises "jubilé". Puis Thompson Stubbins a commencé à pester contre moi et il a fallu que Dawsey et Eben s'y mettent à deux pour m'entraîner en lieu sûr.
Eben m'a appelée le lendemain pour s'excuser de leurs mauvaises manières. Il m'a demandé de me rappeler que la plupart des membres du Cercle se rendaient aux réunions juste après avoir dîné d'une soupe de navets (sans os à moelle), ou de patates à demi cuites sur un plat à four (ne disposant d'aucune graisse pour les frire). Il en a appelé à ma tolérance et m'a priée de leur pardonner.
C'était au-dessus de mes forces. Ils m'avaient insultée. Il n'y avait aucun véritable amoureux de littérature parmi eux. De la pure poésie dans une casserole, voilà ce que je leur offrais. Je crois qu'ils s'ennuyaient tellement avec le couvre-feu et les autres vilaines lois nazies que ce cercle n'était qu'un prétexte pour passer une soirée dehors. Ils ont choisi la lecture comme ils auraient pu choisir autre chose.
Je veux que votre article rétablisse la vérité sur ces gens. ils n'auraient jamais ouvert un seul livre si Guernesey n'avait pas été OCCUPEE. Je pèse mes mots, vous pouvez me citer.
Je m'appelle Clara S-A-U-S-S-E-Y. Trois S en tout."
Une lecture cocooning à déguster accompagnée d'un thé ou d'un chocolat chaud. Avec des muffins, évidemment.
31 octobre 2009
La relecture des malheureuses aventures de Vous-savez-qui...
Je me suis inscrite avec empressement au challenge Re-Reading Harry Potter, organisé par Bursar et Cachou.
Il s'agit de relire chaque Harry Potter pour le dernier jour du mois. Il était normal de commencer par le premier (sans déconner ?) pour Halloween : Harry Potter à l'école des Sorciers.
Je vais pas vous résumer le livre, il n'y aura qu'un vieux taulard sortant de prison depuis peu qui ne connaîtrait pas !
Bon aller, je suis gentille, je vais vous la faire courte : Harry Potter, a réussi on ne sait comment à détruire le méchant à la Dark-Vador qui a trucidé ses parents. Et tout ça bébé ! Il est confié aux mauvais soins de sa tata et de son tonton, jusqu'à l'âge de 11 ans. Là, il apprend qu'il est un sorcier appelé à venir suivre des cours à l'Ecole de Poudlard.
Le héros : un gringalet bruns aux yeux bleus et myope. Jamais bien coiffé.
Ses 2 amis : une petite chieuse bécheuse aux cheveux ébourriffés, un rouquin pauvre, dernier né de 7 frères et soeurs (tiens tiens !) mais vachement doué aux échecs (ce qui va être décisif).
Ses ennemis : son gros cousin Dudley, gros, bête et méchant ; Malefoy, un sale gosse décoloré ; Rogue, un prof tendance gothique mal dans sa peau, et Voldemort, "The Serial Killer".
Le lieu : Poudlard, Ecole de Sorcellerie. immense château aux multiples bâtiments, aux escaliers casse-gueules et casse-têtes, aux profs sévères et injustes. Un vrai dangereux plaisir d'y étudier, quoi.
Ce livre distille du rêve entre ses pages. Comme quoi on peut avoir une vie bien pourrie, sordide, minable, et découvrir que l'on est un héros, que l'on a un don particulier, que l'on est riche, et que l'on va quitter l'horreur d'une vie pitoyable pour vivre de grandes choses dans un lieu magique, hors du commun.
C'est pour ça que Harry Potter a su conquérir autant de fans, je pense. JK Rowling a su créer tout un univers, utiliser une mythologie pré-éxistante et se l'approprier complètement pour enchanter ses lecteurs. Comme George Lucas avec Star Wars, on ne compte même plus les objets dérivés, les films, les jouets, les figurines, les fournitures scolaires, le parc d'attraction qui va ouvrir ses portes courant 2010...
Un premier tome pour les enfants d'une dizaine d'années, mais dont la plupart des lecteurs seront plus âgés, attirés irrémédiblement par cette école extraordinaire aux buffets monstrueux, aux cours plus que passionnants. Bon ok, on y risque sa peau, mais est-ce que ça ne vaut pas le coup ? On y attend toujours la rentrée avec impatience, acheter ses fournitures devient une véritable séance de shopping de rêve, pour preuve, la liste de courses :
1 baguette magique
1 chaudront (modèle standard en étain, taille 2)
1 boîte de fioles en verre ou en cristal
1 télescope
1 balance en cuivre
Les élèves peuvent également emporter un hibou ou un chat ou un crapaud
C'est bizarre, mes rentrées scolaires étaient beaucoup plus ennuyeuses !
Pour Harry, c'est découvertes et aventures à chaque chapitre : répartition dans les différentes maisons de Poudlard (Gryffondor pour lui, exemple de courage), attaque de Troll, "dressage" de dragon, triomphe au Quidditch, jeu et phénomène national chez les sorciers, recherche de la Pierre Philosophale, affrontement avec Voldemort, et... retour chez son oncle et sa tante.
1ère année terminée. Que nous réserve la suivante ?
22 octobre 2009
Le chat de bibliothèque
Voici un livre dont j'avais entendu parler sur quelques blogs. J'ai eu du mal à le trouver, et il m'est tombé dans les mains par hasard.
Il s'agit de Dewey, écrit par Vicki Myron, avec la collaboration de Bret Witter.
Autant vous le dire tout de suite : c'est une histoire vraie. Le 18 janvier 1988, journée la plus froide de l'année, à Spencer en Iowa, Vicki, directrice de la bibliothèque municipale, se rend à son travail. Elle entend des gémissements dans la boîte où l'on rend les livres après la fermeture. C'est là qu'elle trouve, blottis derrière les livres pour se protéger du froid, un chaton roux au yeux verts.
Le chaton va être officiellement adopté par la bibliothèque, et devenir une légende...
Dewey Read More Books (tel était son nom) y a vécu 19 ans, et, par sa seule présence, a su réconforter les gens qui en avaient besoin. Il était juste là, la plupart du temps en train de se faire trimballer sur le chariot à livres, ou dormant sur une étagère, la patte dans une boîte de fiches.
N'est-ce pas qu'il a l'air tout mimi ? Pour ce qui est du bouquin lui-même, un vrai plaisir à lire ! Le maître-mot de la narration, c'est "prendre son temps". Ne serait-ce que le premier chapitre, où l'auteure a fait une sorte de zoom, depuis l'ensemble des Etats-Unis, jusqu'à cette petite ville de Spencer, et ensuite nous ballade de point d'intérêt en petites anecdotes sur la vie de Dewey.
Je ne sais pas pourquoi, mais c'est le genre de petite histoire (un peu comme "Une histoire Vraie", le film de David Lynch) qui me réconforte.
En tout cas, préparez vos mouchoirs, car ce livre m'a tirée plus d'une larme !
Un ptit extrait ?
"Voilà que débarquait ce chat de gouttière, laissé pour mort dans une boîte glaciale, seul et terrifié, mais qui s'accrochait à la vie. Il avait survécu à cette nuit obscure, et cet événement terrible fut la meilleure chose qui lui soit jamais arrivée. Il ne perdit jamais confiance, quelles que soient les circonstances, ni son goût de la vie. Il était humble. "Humble" n'est peut-être pas le bon mot, c'était un chat après tout, mais il n'avait rien d'arrogant. C'était peut-être la confiance de celui qui a échappé à la mort, la sérénité que l'on trouve lorsqu'on est allé tout au bout, au-delà de l'espoir, et qu'on en est revenu. Je l'ignore. Tout ce que je sais, c'est que, à partir de l'instant où nous l'avions trouové, Dewey s'était mis à croire que tout irait bien. Et par sa seule présence, il en persuadait les autres."
08 octobre 2009
Il ne doit en rester qu'un
Parce que j'ai adoré Battle Royale, Running Man, Marche ou crève, et Highlander (mais seulement le film, ho !), je n'ai pas hésité à me procurer Hunger Games, de Suzanne Collins.
Dans le futur (quand même pas mal éloigné), il ne reste des Etats-Unis que le Capitole (la grosse méchante capitale) et 12 districts, qui avaient essayé par le passé, de se révolter, en vain. Bref, pour leur apprendre qui est le chef, le Capitole, tous les ans, organise un jeu appelé Hunger Games. On chois au hasard deux ados (une fille et un garçon) dans chaque district, et on les oblige à s'entretuer (jusqu'à ce que mort s'en suive, au moins...) jusqu'au dernier.
La narratrice, s'est Katniss, une dure à cuire de 16 ans qui prend la place de sa petite soeur dans l'arène.
Bon ok, les héros sont des ados, ya des sentiments, de la "rebllitude"... mais pour ma part, je ne le classerai pas forcément dans la section jeunesse. C'est quand même glauque, sanguignolant, totalement injuste. Et oui, je vous l'avoue, j'ai pleuré à certains passages (deux pour être exact).
J'ai dévoré ce livre. Je me suis couchée deux soirs de suite à une heure indécente... J'ai lu en cachette au boulot, et ai même quitté plus tôt (ouai, j'ai un travail cool niveau horaires) pour pouvoir me replonger dedans. Cela faisait un sacré moment qu'un livre ne m'avait pas fait cet effet-là !
J'ai toujours aimé les histoires de survivor. Je me souviens avoir lu en une après-midi "Marche ou crève de Stephen King", je devais avoir dans les 15 ans, et avais été profondément marquée par le réalisme de l'écriture. Le fait de s'attacher à un personnage, de le voir mourir ou perdre tous ses compagnons d'infortune.
Un petit extrait de Hunger Games ? Le voici :
"Mais il s'est produit un changement quand je me suis avancée pour prendre la place de Prim, et on dirait désormais que je suis devenue quelqu'un de précieux. Une personne, puis deux, puis quasiment toute la foule porte les trois doigts au milieu de la gauche à ses lèvres avant de les tendre vers moi. C'est un vieux geste de notre district, rarement utilisé, qu'on voit parfois lors des funérailles. Un geste de remerciement, d'admiration, d'adieu à ceux qu'on aime."
C'est ici que j'ai pleuré la première fois...
PS : Vous pouvez vous rendre sur le site du livre, la bande-annonce y est assez angoissante.
PS : la suite sort en mai 2010 !
11 septembre 2009
Bon appétit bien sûr !
Je viens juste de finir Julie & Julia, le livre écrit par la blogueuse Julie Powell.
A la veille de ses 30 ans, Julie, secrétaire, décide de donner un sens à sa vie en réalisant les 524 recettes du livre de Julia Child, L'Art de la Cuisine Française. Et cela, en un an. Elle tiendra la chronique de ses déboires culinaires sur son blog, le Projet Julie/Julia.
Voilà pour le topic de départ. Au début, tout le monde la croit un peu barje, mis à part son mari, et sa meilleure amie. Sa mère pense qu'elle fait sa crise de la trentaine (ce qui est tout à fait vrai !) et que jamais elle ne viendra à bout du livre. Faut dire que rien qu'à lire le nom d'une des recettes - canard désossé et farci cuit dans une croûte de pâte (5 pages de recette dans le livre, ouch !) - on angoisse déjà...
Bref, j'ai eu plusieurs crises de fou-rire, notamment quand elle essaie de tuer un homard de la manière la plus douce possible, et que l'agonie dure un très long moment, ou quand elle s'y reprend à maintes reprises pour faire sauter des crêpes...
Et là où l'on se reconnaît dans son écriture, nous, les blogueurs, c'est dans ses nombreuses parenthèses, ses écarts qui durent des lignes et des lignes, son langage fleuri, sa manière de passer du coq à l'âne, chose qui ne m'a pas du tout dérangée dans la lecture du livre, sa passion pour Buffy et les jeux vidéos, son intérieur bordélique (ok, là c'est seulement pour moi que je parle).
Voici un passage bien alléchant :
"Je ne sais pas exactement quand j'ai découvert que l'acte culinaire, en particulier s'il s'agit d'une recette complexe ou vraiment difficile à réaliser, recèle des possibilités inattendues de sensations gustatives aussi bien que sexuelles. Si vous ne faites pas partie, comme nous, des dépravés culinaires, il est impossible d'expliquer ce qu'il y a de si alléchant à éviscérer des os à moelle, à trancher des homards, à confectionner un gâteau de noix de pécan à trois couches, et à le faire pour quelqu'un, offrant ainsi à l'autre des délices gustatifs chèrement gagnés dans le but de mériter des plaisirs d'un autre genre. Chacun sait que certains aliments sont aphrodisiaques lorsqu'on les mange. Ce qu'on dit moins, c'est que d'autres peuvent produire le même effet quand on les prépare. Je trouve plus érotique, en guise de préliminaires, de livrer bataille à une pâte à brioche récalcitrante que de me faire déposer une jolie fraise dans le bec."
A noter que l'adaptation sort au cinéma le 16 septembre, avec Merryl Streep dans le rôle de Julia, et Amy Adams (Il était une fois), dans le rôle de Julie. Vous pouvez mater la bande-annonce ici !






