La Pause Lecture

Des livres, des bouquins, des trucs avec plein de pages qui se tournent et qui se dévorent.

02 mai 2009

La Vague

vagueEncore pour mon esprit un peu tordu, je me suis achetée "La Vague", de Todd Strasser. Peut-être parce que j'avais été intriguée par le film "American History X" (ou les muscles d'Edward Norton, plutôt...), et le neo-nazisme. Bref, quand j'ai vu la bande-annonce du film que j'ai raté au cinéma, je n'ai pas longtemps hésité pour m'acheter le livre.

Tiré d'une histoire vraie, il raconte comment, aux Etats-Unis, dans la fin des années 60, en quelques semaines, un prof d'histoire sympa, jeune et dynamique, a monté une petite expérience dans sa classe. Dans le but d'expliquer l'embrigadement dans les jeunesses hitlériennes, il a développé la motivation hors normes de ses élèves envers une nouvelle forme d'idéologie : La Vague. D'aord perçue comme un jeu, elle va devenir bien plus que cela : une véritable petite dictature au lycée.

Le slogan : "La Force par la Discipline, La Force par la Communauté, La Force par l'Action". Les adolescents ont maintenant de bonnes notes, se soutiennent entre eux, s'entraident, n'excluent plus les associaux de la classe, le paradis quoi... Puis, l'uniformité, la disparition du libre-arbitre, la persécution de ceux qui refusent La Vague.

Et voilà ! un petit régime fasciste s'installe, sans qu'on l'ai vu venir...

C'est un livre (je ne dirai pas roman) assez court (c'est dingue la taille des lettres dans l'édition que j'ai choisi, je ne suis pas une grand-mère !), qui développe, sans fioriture, le parcours initiatique de ces élèves influençables (personnellement, ce n'est pas mon prof de latin de seconde, franchement ennuyeux, qui aurait réussi à me faire faire ça !). Car il s'agit bien d'une initiation, ce livre est devenu un manuel d'histoire en Allemagne, paraît-il. Il suffit d'avoir l'air sympa pour que tout le monde vous écoute, vous suive, à une période où, justement, les jeunes gobent tout... M'est avis que si Zac Effron s'y mettait, pas de doute, on le suivrait toutes !  C'est un bon exemple de manipulation mentale. Il n'y a qu'à voir les ptites midinettes qui se mettent à chialer ici (59ème seconde) :
http://www.nrj.fr/loisirs/news-people/0/zac-efron-affole-ses-fans-paris-video-188892.html

Personnellement, j'ai bien apprécié cette lecture, pour moi, essentielle dans l'éducation des jeunes. Et la fin devait forcément être brutale pour les faire sortir de leur dangereuse transe. A recommander à tous les ados d'aujourd'hui !

Posté par Emma666 à 13:09 - Littérature allemande - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 septembre 2008

La métamorphose, ou l'art de devenir un grand nuisible.

Dans mon aventure pour rattraper mon retard en littérature "classique", je me suis procuré à la bibliothèque de ma ville, en plus du DVD de "School of Rock" (et oui on ne se refait pas - ma chère biblio prête aussi des vidéos !), "Les 1000 livres qu'il faut avoir lus".
Après un rapide décompte, fière de moi au début (surtout quand j'ai vu la page dédiée à "Anna Karénine"...), j'ai vite déchanté à la vue du résultat final : sur 1000, j'en ai lu... 37. oui, 37. Même pas 5%. Alors j'ai listé ceux qu'il me manquait, à la recherche de celui qui me ferait oublier les 1000 pages d'"Anna Karénine" (mais non ça ne m'a pas traumatisée !) : "La métamorphose" de Kafka. Allez zou !

kafka

Il a été assez rapide à lire, celui-là. Passées les premières petites nouvelles, assez incompréhensibles et décousues (juste des extraits de journée, des pensées "balancées" sur le papier), je me suis attaquée à LA METAMORPHOSE. Le livre dont tout le monde parle partout : à la fac, chez le libraire, dans les cafés branchés, et même dans "Gilmore Girls"...

Un jour, Gregor Samsa, qui vit encore chez ses parents la trentaine passée, se réveille dans la peau d'un cancrelat. Comme ça. Sans raison apparente, sans qu'aucune bestiole dégoutante et radioactive soit allée le mordre dans son sommeil pour le transformer en super beau gosse qui grimpe aux murs pour sauver de jeunes demoiselles en détresse et... (Stop ! on se calme Emma !)
Il vit désormais reclus dans sa chambre, et seule sa soeur ose venir lui donner à manger et faire le ménage. Avec son corps énorme, noir, et ses petites pattes velues toutes fragiles, vous imaginez bien qu'il répugne tout le monde... Maintenant, on passe tous les petits détails qui ne sont que broutilles pour un humain ordinaire et qui deviennent le mont Everest à escalader en Converses et jeans troués pour cet insecte géant... A la fin, il se laisse mourir, et sa famille s'en fiche. Royalement. Il avait subvenu à leurs besoins jusqu'à sa métamorphose, et après sa mort, ses parents feraient presque la fête !

J'aime bien le style de Kafka. il fait dans le simple, sans les mots bac+4 qui rendent difficiles la lecture quand on doit aller chercher dans le dico toutes les cinq minutes. Il sait inspirer de la pitié pour son "héros", de la révolte que lui-même n'arrive pas à exprimer. on cadre tout de suite le décor, on rentre immédiatement dans l'histoire, face à la brutalité de la métamorphose et de sa chute.

Bref, la moralité que je tire de cette fable, c'est qu'il vaut mieux partir de chez ses parents jeunes, qu'ils vous regrettent un peu, plutôt qu'on en arrive à l'autre extrémité : où votre présence les dégoûte au point que votre départ les soulage !

Ce livre serait pour moi à comparer avec "L'homme qui rétrécit", de Richard Matheson, où cette fois-ci, tout se fait dans la durée. Ce n'est pas un changement brutal, rapide à accepter comme dans "La métamorphose", mais un manuel de survie en milieu grandement hostile : cela va de la raillerie des autres à l'encontre un homme devenant petit, nain, puis liliputien, à l'épreuve journalière qu'il doit affronter quand il ne fait plus que quelques millimètres de hauteur.

Et vous, qu'en avez-vous pensé ?

Posté par Emma666 à 15:15 - Littérature allemande - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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