16 mai 2009
Au pays des Yôkaïs
Oui, je sais, e vous avais promis un billet littéraire avec un beau gosse, mais je ne sais pas ce que j'ai en ce moment, je lis au ralenti. Je ne dépasse que rarement 5 pages le soir. Il doit y avoir une explication : soit c'est parce que, habitant à 300 m de mon boulot, je ne peux donc pas lire des heures dans les transports en commun. Soit alors, ce n'est pas une bonne idée de lire une dizaine de livres en même temps.
Enfin ! Chose n'est pas coutume, ils ont enfin acheté une bonne BD à ma bibliothèque : NonNonBâ, de Shigeru Mizuki. Loin des mangas habituels, nous découvrons ici tout le folklore japonais au début du siècle dernier. L'auteur a décidé de raconter tous les petites choses qui ont peuplé son enfance dans un petit village de bord de mer.
NonNonBâ, est une petite vieille (comme on en voit souvent dans les bandes dessinées japonaises) qui, à la mort de son mari, part vivre dans la famille de Shigeru. Elle va faire découvrir au petit garçon l'univers des Yôkaïs, des créatures surnaturelles qui partagent le monde des humains. Il y a Nurikabé, le Yôkaï qui barre le chemin lorsque l'on est pressé, Enra-Enra, qui prend une figure horrible quand on a peur...
Toutes ces superstitions vont faire du garçon un artiste qui va raconter ses petites aventures, chagrins, et joies au quotidien.
Mais ce n'est pas seulement un beau livre pour enfants, c'est également une photographie à l'instant T, de l'entre-deux guerre dans le Japon rural. Les enfants pouvaient mourir d'une simple maladie, les petites filles vendues aux maisons de geishas, les personnes âgées travaillant pour avoir de quoi manger...
Tout y est simple, poétique, et tout à fait vrai : "Ce qui compte vraiment, c'est d'accumuler les trésors de l'instant qui passe".
J'y ai même appris qu'une simple chose, montée à l'envers dans une maison, porte malheur ! Et moi qui ai remonté ma serrure à l'envers après mon quasi-cambriolage !
22 février 2009
C'est l'histoire d'un mec qui se ballade... et qui mange.
Cela faisait longtemps que je voulais le lire. Gourmande de nature (de coeur, de corps et d'esprit), je suis très attirée par la culture japonaise (mais n'exagérons rien, même s'il m'arrive d'aller au Japan Expo, ce n'est pas pour autant que je fais les concours de cosplay, et je ne fais de Free Hugs qu'aux supers bô gosses, specimen assez rare dans un lieu où reigne l'adolescence boutonneuse en pleine mue vocale).
Ce manga est une ode aux plaisirs de la dégustation culinaire. On suit dans les rues nippones les pas pressés de cet homme d'affaires, toujours à la recherche du moment délectable du repas parfait. Il goûtera tour à tour des sushis dans un bar à femmes, redécouvrira les saveurs d'antan dans un met tout simple...
L'auteur, Masayuki Kusumi. Le dessinateur, Jirô Taniguchi. Le scénario est épuré, les dialogues aussi, mais tout ce qui touche au repas est riche en détail de composition, sur le coût de chaque plat... Le dessin, quant à lui, est très réaliste. Que ce soit sur l'achitecture, les traits des visages, la nourriture elle-même... On est loin des mangas type shonnen (pour les gars) ou shojo (pour les filles, en fait l'équivalent made in Sushi de la Chick' List). Ici tout sert la poésie, simple, le haiku de la "bonne bouffe". Un excellent volume, assez proche de l'autre "Aya" pour l'amour de la cuisine, mais éloigné tout de même par le style et le regard posé dessus.
Je dédie ce billet à French Bento, le blog incontournable de la pause déjeunée originale, équilibrée et sans cesse renouvelée.

