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Presque un an après avoir vu l'adaptation théâtre à Bangor, j'ai eu la chance de pouvoir assister à celle de Paris...

Du 19 septembre 2018 au 6 janvier 2019, retrouvez Myriam Boyer dans l’adaptation théâtrale du chef d’oeuvre de Stephen King, Misery au théâtre Hébertot.

Présentation officielle :

Le personnage de Paul, tel un double de Stephen King, est un écrivain à gros tirage. Il est à un tournant de sa vie, souhaitant changer de registre, de style, de propos et mettre un terme à l’interminable saga à laquelle il doit son succès. Pour cela il vient de terminer un roman où il fait mourir son héroïne : Misery.

Mais un accident de voiture le met à la merci d’Annie, une lectrice psychopathe qui l’admire plus que tout. Elle commence par le sauver, le recueillir, le soigner mais bientôt elle le séquestre avec une rare cruauté et l’oblige à réécrire son roman comme elle l’entend.

Mon avis :

Misery est probablement le roman le plus facilement adaptable de Stephen King au théâtre. Deux comédiens (voire trois si l’on fait le choix de montrer ce qu’il advient du shérif), une ou deux pièces... un lit, un fauteuil roulant, et surtout, la machine à écrire. Si le paysage est facile à mettre en place, le casting, lui, est primordial.

Pour Paul Sheldon, si l’on peut reprocher à Francis Lombrail sa tendance à surjouer les passages où il doit exprimer sa douleur, on saluera tout de même les moments quasi-comiques où il envoie des piques à Annie Wilkes.
Myriam Boyer, au physique très proche de celui de Kathy Bates dans le film, a su insuffler son propre style au personnage le plus redoutable à jouer. Après une ouverture un peu "plate", elle alterne joie délurée, folie furieuse et totale dépression en toute fluidité. Difficile alors de détacher ses yeux de son jeu ahurissant.

La scène ne se compose que de la chambre de Paul... le reste de la maison ne sera que suggéré, par le biais d’un second étage flouté, ou d’un écran divisé en quatre, façon caméra de surveillance, lorsque le séquestré tente de s’échapper.
Si certaines scènes plutôt gores dans le roman ou dans le film sont ici édulcorées, des images projetés sur un angle de la chambre rendront toute la folie et la violence de cette situation oppressante.

Au final, adapter Misery au théâtre est un pari risqué, mais totalement réussi. Les Fans de Stephen King apprécieront la fidélité apportée à la pièce, et les vieux bourgeois parisiens vont s’encanailler malgré eux en allant voir ce qu’ils jugent d’habitude comme de la littérature de gare.

Fiche technique :

Une pièce de William Goldman d’après le roman de Stephen King
Adaptation française : Viktor Lazlo
Mise en scène : Daniel Benoin
Assistante à la mise en scène : Alice-Anne Filippi Monroché
Avec : Myriam Boyer et Francis Lombrail
Scénographie : Jean-Pierre Laporte
Costumes : Nathalie Bérard-Benoin
Lumières : Daniel Benoin
Vidéo : Paolo Correia