Maman

Présentation de l’éditeur :

« Je n’ai jamais ressenti de ta part un amour absolu. Les termes affectueux que tu emploies à mon égard sonnent faux. Pourtant je t’aime, comme chaque enfant aime sa maman.
2009. Deux ans déjà que tu te bats contre ce satané crabe et la fin approche. C’est la première fois que je te vois si démunie. Tu me demandes inlassablement de te pardonner.
Sois tranquille, maman, je te pardonne enfin. Tu es absoute. Grâce à tout ce que j’ai appris à tes côtés, je sais transformer l’ombre en lumière. »

Dans ce récit en forme de lettre à une mère fantasque et distante, Gabrielle Lazure raconte son enfance au Québec, ses parents séparés, la drogue qui faillit lui être fatale, son départ vers la France pour exercer le métier de mannequin, puis d’actrice, ses rencontres dans le milieu du cinéma... et son envie d’être mère à son tour. Différemment.


Mon avis :

Dans cette autobiographie, Gabrielle Lazure nous parle de sa mère, des années de vie commune avec son père sur quelques pages, puis de son quotidien de fille d'une femme divorcée.
Difficile de qualifier de maternelle cette relation avec celle qui fera passer la plupart du temps sa vie spirituelle en priorité. La mère ne voit rien (sa fille se fait agresser sexuellement à plusieurs reprises par son  demi-frère), n'impose aucune règle, se tripote même devant elle, et la future actrice testera donc la plupart des aventures illicites, dangereuses ou simplement stupides. Et tout cela à un âge bien trop précoce...
Deuxième partie du livre : Gabrielle Lazure traverse l'Atlantique pour lancer sa carrière de comédienne et de mannequin. Si la mère est physiquement absente, son ombre plane sur les déboires de sa filles.

Sous couvert d'une lettre adressée à sa génitrice mourante, l'auteur nous livre un parfait exemple de "name dropping" (un lâché de noms célèbres). Chaque chapitre a son lot d'aventures amoureuses avec telle ou telle star (une nuit avec Jack Nicholson, Richard Gere est trop intense avec son bouddhisme, Martin Sheen trop traditionaliste, etc.). Elle devient l'amie des plus grands, passe son temps à boire du Champagne et à galérer toutefois à payer ses factures.
Elle râle sur les Français trop coincés, sur Paris qui manque de restaurants végétariens (et on la lit en train de cuisiner une dinde quelques pages après), le mannequina qui traite les femmes comme des objets, alors que le cinéma est un art noble.

En bref, Gabrielle Lazure déballe tout, et au bout de 284 pages, le lecteur finit par se lasser de ce "moi je", de ce déluge de plaintes, et a plutôt l'impression de consulter le bottin mondain...