1507-1

Un roman de Maxime Chattam, c'est toujours une nouveauté que j'attends avec impatience, malgré les dernières déceptions que j'ai eues... Il faut dire que cet auteur français a démarré sa carrière sur les chapeaux de roues, mais il fini par s'essouffler. Il a fait dans le gore inutile, puis s'est un peu trop assagi.

Là, avec Le Coma des Mortels, il a encore changé radicalement de style. Ce n'est pas un policier, ce n'est pas un thriller, ce n'est pas un roman qui abouti à un soufflé manqué. Maxime Chattam se livre à un tout autre genre d'exercice...

Pierre (mais il ne s'appelle peut-être pas Pierre en fait), est un gros looser qui décide de changer de vie après une rupture. On ne sait pas du tout ce qu'était sa vie avant, et d'ailleurs, à quoi bon ? Le fait est qu'il pense être maudit parce que tous ceux qui l'entourent tombent comme des mouches.

La structure du bouquin est assez bizarre. Le narrateur dit que l'on commence par la fin, quand le héro est sur une île paradisiaque. Mais au lieu d'avoir une histoire à rebours, c'est un peu en vrac que les chapitres arrivent, et on fait des allez-retours dans le temps. J'avoue avoir été pas mal perturbée par ce début chaotique, d'autant plus que Chattam reprenait ses mauvaises habitudes de métaphoriste en délire. Mais une fois qu'on a pigé le truc (quand je me suis dit : "oublie que tu lis un Maxime Chattam", ce qui était plutôt dur), on se laisse absorbé par sa lecture.
Pierre a l'air d'être profondément perturbé, à ne plus vouloir subir son ancienne vie, il prend les choses comme elles viennent sans trop se poser de questions, jusqu'à tomber parfois dans l'absurdité la plus totale.
J'ai eu comme l'impression de me retrouver devant un roman de Chuck Palahniuk, où tout est possible... Mais j'ai trouvé que Chattam n'allait pas encore assez loin. Les dialogues sont là, les situations, même sans être trop rocambolesques, sont là, le style, tout y est. Sauf que l'audace est encore un peu frileuse. Je ne lui demande pas de me sortir une scène trash porno ou gore, simplement d'aller jusqu'au bout de son fantasme, de ne pas avoir peur de choquer, de ne pas laisser le soin au lecteur de choisir la fin qui l'arrange...

Le Coma des Mortels n'est peut-être pas mon Chattam préféré, mais il m'a fait remonté d'un bon la pente de la déception !

Un immense merci aux Editions Albin Michel pour m'avoir redonné confiance dans mon auteur français chouchou !