Après toute cette orgie de lectures enfantines et BDèsques, j'ai décidé de m'assagir un peu, et de lire un roman pour adulte. Oui, oui... Interdit aux moins de 18 ans.

snuff

De Chuck Palahniuk, j'avais déjà lu Choke et Fight Club, évidemment (avec ce petit quelque chose de philosophique que j'essaie d'appliquer à la vie de tout les jours. En pétant la tronche de tout le monde. Enfin presque).

Avec un titre comme ça, je m'attendais à quelque chose de plutôt trash. En lisant le résumé, j'ai su que ce serai bien pire. Je n'ai pas été déçu. Autant vous dire que les mémés m'ont regardée d'un sale oeil quand j'ai sorti le bouquin en plein milieu du parc. La couverture a ce petit côté cochon que je me plaît à assumer en public. Heureusement, elles ne m'ont pas demandée de quoi ça parlait ! Même si j'aurai adoré les choquer... D'ailleurs, comment des grands-mères savent-elle ce que veut dire Snuff ? Bande de vieilles cochonnes délurées !

Une pornostar, Cassie Wright, décide de finir sa carrière en beauté en s'enfilant 600 types de tous horizons le temps d'une nuit. Elle sait déjà qu'elle ne sortira pas de là vivante.


4 narrateurs :
-  le n°72, acteur viré d'une série à succès pour un scandale dont on ne sait pas grand chose au début. Il ne quitte jamais un ours en peluche couvert de fausses dédicaces de stars.
- Le n°137, à peine majeur, il espère rencontrer pour la première fois... sa môman.
- Le n°600, hardeur has-been, l'enflure qui aurait poussé Cassie à faire du porno, en la droguant pour sa première vidéo.
- Sheila, la régisseuse, qui s'occupe de l'organisation du tournage, et accessoirement, vend du viagra aux prétendants.

La salle d'attente se vide au fur et à mesure, on patiente et on en apprend beaucoup, et même un peu trop sur le monde du porno crade (comme ce gang bang géant, où l'instigatrice n'a pas pu finir sans se mettre de la glace entre les jambes).

Ok. Je crois que c'est le livre le plus répugnant côté sexe que j'ai pu lire. Après ça, vous vous désabonnez de Youporn, Redtube, et autres joyeux canaux de ce genre. Les détails les plus dégueux ne nous sont pas épargnés, on a l'impression d'y être tant tout y est décrit (la délicieuse odeur du sperme rance au petit matin).

Pourtant, à le voir, Chuck Palahniuk a plutôt l'air sympa et sain d'esprit. Mais en fait, c'est un romancier qui a une sacrée paire de c..., qui n'hésite pas à emmener le lecteur dans les recoins les plus sombres et glauques de la société, à défier les auteurs bien pensants qui javellisent leur prose.
Ce bouquin donne la gerbe, mais ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas été happée par un roman, que franchement, je le classe dans la catégorie des donneurs d'upercut !