Après La Fin du Monde, je me plonge encore plus profondément dans la jeunesse, avec L'Ile du Sommeil, de Fabrice Colin.

9782081247079

Eelian, faute d'avoir des freins qui marchent sur son vélo, se retrouve plongé dans le coma à la suite d'un accident. Il débarque sur Noctance une île peuplée de créatures étranges, où il fera la connaissance du grand cerf Elemm, l'Esprit de la forêt, Oloon, l'homme-loup aux airs de gentil grand-père, le Picancroque, l'épouvantail à la tête de citrouille, et Marvelle la fée végétale.
Mais son séjour sur l'île ne sera pas de tout repos : accompagné de ses amis, il va devoir délivrer le frère Ocre des griffes du Docteur Mortès...

Plus qu'une aventure, c'est une quête. Vous vous doutez bien de la fin, mais j'ai trouvé ce livre pour la jeunesse très... complet. Oui, bon, je m'exprime plutôt mal. D'abord, le thème : assez dur en soi (un gamin qui a du mal à émerger), j'ai même trouvé Noctance glauque comme monde des rêves (un peu dans le genre Histoire Sans Fin), inquiétante, avec des monstres et des types pas très sympas (comme le pirate Minuit-Moins-Une).
Et pourtant, je me suis vite laissée prendre au jeu de deviner la vérité cachée dans chaque nom, chaque révélation a un but bien particulier pour l'aboutissement de la quête.

Un livre pour enfant, certes, mais pour ma part, j'y ai vu pas mal de petits clins d'oeil (ou alors je me plante complètement) aux histoires de mon enfance : le sigle JHT pour Jeune Homme Triste qui m'a fait repenser au film Princess Bride avec les RTI (Rongeur de Taille Inhabituel), les personnages aussi loufoques que ceux qui accompagnent Atreyu dans l'Histoire Sans Fin, ou même... allez, j'ose : Clémentine ! (vous savez, la fillette à roulettes qui, la nuit, chasse les démons). Et pour finir, il m'a beaucoup fait penser au Livre des Choses Perdues de John Connolly.

Et voilà, Fabrice Colin maîtrise bien le monde des petits, ados et adultes. Il a bien compris qu'il n'est pas nécessaire de les prendre pour des endouilles à tout expliquer à la fin, comme on le voit malheureusement bien trop souvent (comme le méchant qui détaille son plan de conquête de l'univers, laissant au héros le temps de se démmerder pour s'en sortir). L'énigme n'est pas tout à fait résolue, mais qu'à cela ne tienne, Eelian a fait le bon choix. En y repensant plus tard, peut-être que le reste s'éclairera, ou se diluera dans les restes du rêve...

Tout ça pour dire que c'est un très beau roman, plein de mystères, qui plaiera autant aux plus jeunes qu'aux plus vieux !

Un grand merci à l'auteur et aux Editions Flammarion !