Dans le cadre du challenge élizabéthain, organisé par Isil et Cryssilda, une lecture commune a vu le jour. Il s'agissait de lire la pièce Faust, non pas de Goethe cette fois-ci, mais de Christopher Marlowe.

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Faust est docteur... en presque tout : médecine, théologie, etc. Et maintenant, il s'emmerde un peu, et veut en savoir plus. Sur quoi ? Sur ce qu'il y a au-delà des cieux, des anges, de Dieu. Et il conjure le démon. Un des serviteurs du Diable, Méphistophélès, débarque à Wittemberg, où loge Faust. Celui-ci lui propose un marché : en échange de 24 ans (qui passent en quelques pages) de bons et "loyaux" services, il offre son âme immortelle aux tourments de l'enfer.

Eh bien, une fois n'est pas coutume, j'ai beaucoup aimé cette pièce ! Ok, je ne l'ai peut-être pas lue comme il aurait fallu, en béate admiration devant la beauté de la langue et littérature anglaise. Au lieu d'une tragédie, j'y ai plutôt vu une comédie (et non, je l'ai lu à sec, totalement sobre de corps et d'esprit).
Les critiques y pleuvent : on ne touche pas à la sacro-sainte religion, sous peine de damnation éternelle, à ne pas occuper son corps (pensez mariage, boulot, travaux de la ferme), l'ennui pousse au vice, l'orgueil est a priori un attribut exclusivement féminin, etc.

Faust est un docteur comme je n'aimerai pas croiser : d'abord, il parle tout seul. Et beaucoup. Ensuite, le seul truc un peu fou qu'il ose faire, avec tous ces pouvoirs, c'est de s'inviter incognito à la table du Pape. Et pour finir, il nous balance, comme ça, après une super tirade, des phrases toutes courtes, qui m'ont fait éclater de rire (et il faut vraiment le faire) :
"Du péché, la mort est le salaire : c'est dur." (et si vous pensez que c'est la faute à la traduction... "The reward of sin is death : that's hard.")
Sans compter les didascalies qui nous indiquent, comme ça, l'air de rien : Un démon entre. Et moi, je m'imagine un type rentrer sur scène, costumé comme Dracula, et, sans effet spécial, il rentre par la porte quoi. 

Je sais, je n'étais absolument pas dans le bain. J'ai honte. Il faudra qu'un jour, je l'étudie un peu mieux qu'un énième dessin animé de Walt Disney.

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