bragg1Dans ce petit livre, écrit par Tom Wolf (à qui l'on doit notamment Le Bûcher des Vanités, ou Moi, Charlotte Simmons), on suit la production d'une émission de télé nationale américaine, Day & Night.

En Caroline du Nord, dans une base d'entraînement des Rangers, un jeune soldat homosexuel a été battu à mort. L'équipe de télévision mène sa propre enquête et découvre que les responsables sont trois autres jeunes Ranger. Ils décident de leur tendre un piège (d'où l'embuscade). Après avoir filmé une discussion où ils avouent le meurtre, ils vont essayer de les confronter à leur propos.

Ici se rencontrent deux débas : le premier sur les droits des homosexuels à combattre aux côtés des hétéros dans l'armée, l'intolérence des "bouseux" rednecks envers eux, la violence engendrée par des propos homophobes, etc.
Ensuite, il y a les dérives de la télé-réalité, qui n'hésite pas une seule seconde à déformer la réalité pour emmener le public dans leur sens.
Quand les culs-terreux rencontrent les hautes sphères télévisuelles, qu'est-ce que cela donne ? Bah pas grand chose. Les trois militaires ne vont pas plus que ça s'énerver, malgré l'effort que fait la présentatrice pour les pousser à bout. Comme quoi, qui est le pire dans tout ça ?

La narration est menée du point de vue du producteur de l'émission Irv Durtscher, qui, malgré son métier et la vérité qu'il participe à déformer, reconnaît ala supériorité d'un petit groupe de soldats sur l'intelligence maligne de la télé.
Les dialogues sont doubles : ceux prononcés par les télécrates, plutôt simples à comprendre, rarement orduriers, et ceux des 3 militaires, ayant besoin de doublage pour être compris, truffés d'insultes et de contractions à la limite de l'humanité.
Ces dialogues ne sont pourtant pas gênant dans la lecture des quelques 150 pages qui composent cet instant audiovisuel, ce témoignage de la barbarie humaine (allez savoir laquelle des deux, d'ailleurs).

Un livre agréable à lire, mais qui ressemble plus à un épisode de chronique sur la production audiovisuelle plutôt qu'un vrai roman, ou même une nouvelle.

Un grand merci à BOB et aux éditions Robert Laffont pour avoir ouvert le débat !