22 février 2009
C'est l'histoire d'un mec qui se ballade... et qui mange.
Cela faisait longtemps que je voulais le lire. Gourmande de nature (de coeur, de corps et d'esprit), je suis très attirée par la culture japonaise (mais n'exagérons rien, même s'il m'arrive d'aller au Japan Expo, ce n'est pas pour autant que je fais les concours de cosplay, et je ne fais de Free Hugs qu'aux supers bô gosses, specimen assez rare dans un lieu où reigne l'adolescence boutonneuse en pleine mue vocale).
Ce manga est une ode aux plaisirs de la dégustation culinaire. On suit dans les rues nippones les pas pressés de cet homme d'affaires, toujours à la recherche du moment délectable du repas parfait. Il goûtera tour à tour des sushis dans un bar à femmes, redécouvrira les saveurs d'antan dans un met tout simple...
L'auteur, Masayuki Kusumi. Le dessinateur, Jirô Taniguchi. Le scénario est épuré, les dialogues aussi, mais tout ce qui touche au repas est riche en détail de composition, sur le coût de chaque plat... Le dessin, quant à lui, est très réaliste. Que ce soit sur l'achitecture, les traits des visages, la nourriture elle-même... On est loin des mangas type shonnen (pour les gars) ou shojo (pour les filles, en fait l'équivalent made in Sushi de la Chick' List). Ici tout sert la poésie, simple, le haiku de la "bonne bouffe". Un excellent volume, assez proche de l'autre "Aya" pour l'amour de la cuisine, mais éloigné tout de même par le style et le regard posé dessus.
Je dédie ce billet à French Bento, le blog incontournable de la pause déjeunée originale, équilibrée et sans cesse renouvelée.
21 février 2009
La pause lecture royale
Parce que j'ai adoré le film "Queen", parce que je trouvais très intéressante l'idée de dévoiler au monde le côté humain de la tête couronnée anglaise, j'ai dévoré "La Reine des Lectrices", d'Alan Bennett.
L'idée de départ est assez simple : et si Sa Majesté découvrait les trésors insoupçonnés de l'univers littéraire ? Ce qui pourrait passer pour une délicieuse lubie devient un véritable calvaire pour ses subordonnés. Au questionnement froid habituel sur les transports, elle préférera demander à ses sujets leur dernière lecture. Elle harcèlera les politiciens pour savoir si oui ou non ils ont lu Proust, et, tout en gardant sa toute puissance, elle jettera une anarchie particulièrement studieuse sur le royaume so British.
L'écriture de Bennett est truffée de petites remarques ironiques, non forcément sur la Reine, intouchable dans la rigueur de ses défauts, mais sur son entourage, celui qui est censé régenter le royaume, qui ne laisse aucune part à la recherche exclusive de la culture. Des situations assez cocasses (comme par exemple le fait que le "page" de sa Majesté, celui qui va la guider au début de son parcours lectivore, privilégie les auteurs gay), une mentalité tout à fait anglaise (bien sûr que son chauffeur lit ! Il lit le Sun...), une royale mamie que finalement, on n'arrivera jamais à faire plier... Tout pour une pause lecture grandement réussie !
15 février 2009
L'élégance du Hérisson
Voilà quelques semaines que ma mère m'avait prêté ce livre. Elle me l'a mis dans les mains d'office, en m'affirmant que c'était LE roman. Ce que j'en avais entendu dire sur la blogosphère m'a confirmé le fait que ma maman n'avait pas perdu la tête en m'offrant un livre sur l'étude zoologique d'une espèce routière suicidaire.
Bon, ok, je n'avais pas lu le résumé derrière qui aurait pu m'aiguiller sur le chemin de sa lecture.
L'histoire, qui se passe au 7 rue de Grenelle, est celle de deux femmes. Ces deux narratrices aux milieus et aux générations totalement différents sont pourtant liées dans le fait qu'elles se cachent dans un monde qui n'est pas du tout prêt à admettre leur différence. Il y a Renée, la concierge, qui "se planque" pour lire de la philosophie, déguster les romans de Tolstoï, qui se passionne à écouter du Mozart, à regarder de vieux films, tout ça afin de ne laisser d'elle qu'une image stéréotypée de sa position... Et il y a Paloma, la brillante gamine de 12 ans, qui part à la recherche du moment parfait, celui qui lui donnerait enfin le goût de rester en vie.
C'est un livre absolument magnifique, tant par son contexte, le déroulement de l'histoire, que par les mots. Son auteur, Muriel Barbery, agrégée de philosophie, a raconté deux personnages bouleversants, "élégants".
C'est vrai, je l'avoue, j'ai dû regarder pas mal de fois dans le dictionnaire la signification de certains mots utilisés. Mais justement, c'est là où ce n'est plus un simple roman, mais tout une littérature de l'exception, celle de Renée et de Paloma.
J'attends avec impatience - et ma maman également - l'adaptation cinématographique de ce livre, avec, dans le rôle principal Josiane Balasko (sortie prévue pour le 7 octobre 2009).
13 février 2009
La ronde des jeux
Oulà ! ça cogite sévère avec ces jeux organisés sur la blogosphère :
- Les Dragons prennent le pouvoir chez Emmyne,
- Les fanatiques de Jane Austen peuvent gagner ses adaptations télé ici,
- Fashion veut nous faire craquer un code pour découvrir le titre d'un livre.
Tous à vos claviers !
Il était une fois en Chine...
Oui, je sais, je vous avais promis ce billet pour hier, mais, après mon cours de guitare, mon prof a décidé de m'inviter au restaurant (et ce n'était pas pour ma prestation formidable)... Comment refuser cela à d'aussi jolis yeux bleus ? Comme je suis rentrée à pas d'heure, j'ai repoussé la rédaction de cet article à ce matin... tard.
Donc ! Je me suis inscrite, il y a quelques temps, au Swap Littérature Asiatique. Le hasard, qui fait décidément bien les choses, a désigné Alex comme étant ma swappeuse.
Comme d'habitude, j'ai déballé mon colis hier matin au boulot, mais cette fois-ci, le côté infiniment périssable d'un des cadeaux m'a poussée à le prendre en photo sur les lieux du crime.
Le colis encore entier, vous remarquerez le foutoir discrètement repoussé sur la droite du bureau.
L'intérieur du colis, avec la carte "Geisha" d'Alex.
L'objet du déli hautement culinaire... des douceurs indiennes à la noix de coco qui n'ont même pas eu le temps de passer au four comme recommandé. Une texture moelleuse, et un goût légèrement sucré... Alex, je peux avoir la recette steuplé ?
Une énorme fleur de lotus en tissu et un marque-page fait main. Ce que l'on ne peut pas voir sur la photo, c'est qu'il y a de la rosée sur les pétales de la fleur, et des paillettes sur le marque-page.
Un jardin zen (galets, bougie, sable, cocotier, coucher de soleil... je m'emporte là !) et des boissons au lychee et à la mangue (il n'en reste plus qu'une).
Les livres : Le Passage de la Nuit, de Haruki Murakami (ça tombe bien, je voulais le lire celui-là ! J'ai failli l'acheter avant-hier, mais je me suis retenue d'acheter tout livre asiatique...) et Le Sabre des Takeda, d'Inoue Yasushi (la nana délurée que je suis n'a pas pu s'empêcher de fantasmer sur la demi-silhouette de la couverture, jusqu'à lire le résumer derrière, qui la présentait comme étant "Yamamoto Kansuke, décrit comme nain, borgne, boiteux, de teint noir et marqué de petit vérole, devenu le stratège génial et secret du clan des Takeda". Ok... on comprend mieux maintenant pourquoi on ne le voyait pas en entier... et on ne regardera plus la couverture d'un oeil lubrique.)
En tout cas, Merci Alex !
09 février 2009
Je te montrerai ton effroi dans une poignée de poussière
Dans le cadre... d'aucun challenge (et oui ! ça m'arrive !), je me suis payée un ptit livre pour ados... Enfin, c'est ce que je croyais.
Dans un futur très très proche, les diverses rivalités entre les puissances mondiales mènent à des bombardements continus sur toutes les plus grandes villes du monde. Une pluie de bombes atomiques déferlent sur la population qui n'a pas eu le temps de voir venir la fin...
On suit parallèlement la survie de quatre adolescents, dispersés aux quatre coins de la Terre, mais qui pourtant sont liés par un destin hors normes : Jim, jeune américain promis à un brillant avenir de footballer ; Hafsa, une ancienne terroriste egyptienne ; Xian, champion international d'échecs ; et François, l'archétype du premier de la classe, un jeune homme bien sous tous rapports.
On se dit : des adolescents survivants, ça doit donner... Ouai ! Fiesta tous les soirs ! Eh bien en fait, l'auteur, Fabrice Colin (qui nous a déjà fait réfléchir sur les génocides avec "Memory Park"), dépeint le chaos avec des mots justes, simples, comme il se doit : émeutes, incompréhension, pillage, viols... Loin de ne raconter que de petites aventures de jeunesse, son écriture, sombre à souhait, pousse le lecteur à se poser la question : faut-il les laisser en arriver là ?
D'ailleurs, en postface, il détaille les effets d'une guerre nucléaire : l'impact des explosions, l'effet des radiations, le froid de l'hiver nucléaire...
Bref, un roman à lire absolument, un appel lancé à la nouvelle génération.
PS : à noter, une suite viendra à "La fin du Monde", elle s'intitulera "Après".
PPS : le titre du billet est tiré du poème "La Terre vaine" de T.S. Elliot, cité dans le roman.
Les articles de Sandrine et Goldeneyes.
05 février 2009
Mais où est passée cette magie bord... !
Il était disponible à ma bibliothèque municipale, bizarre....
Pour vous résumer : Londres, 19ème siècle. La magie Londonienne est enfouie sous des théoriciens frileux et procéduriers, jusqu'au jour où Mr Norrell, un magicien solitaire, plongé dans ses bouquins, en fait une démonstration grandiose. Dès lors, il deviendra le maître seul décideur en matière de sorts, enchantements et autres. Un jeune artistocrates, Jonathan Strange se lance par hasard dans la pratique hasardeuse de la magie et devient son élève. Guerre contre la France, petites querelles entre le maître et son disciple,...
Tout le monde en parlait comme étant le Harry Potter pour adulte (hein ? Non mais franchement ! Harry Potter, c'est aussi pour les adultes ! Ce n'est pas parce que le héros est un enfant que c'est de la littérature pour gamins !), le nouveau Tolkien à la sauce Austenienne,...
Bon, sans déconner, est-ce que ces journalistes ont réellement lu le livre ?
Certes oui, il est bien écrit, Susanna Clarke a truffé son roman de détails historiquement corrects, elle maîtrise l'anglais 19ème à la perfection, du moins quand la traductrice n'y met pas du sien avec des "temps pourris", des définitions de guerilla (c'est vrai qu'on ne sait pas ce que c'est, textuellement "une petite guerre", merci !), des anotations bidons du genre : parce que cette nana-là est en blanc, c'est un parallèle avec un personnage de Jane Austen qui est en blanc (hein ?!).
Mais si on passe au-dessus de la beauté du texte et que, comme moi, à la moitié du pavé on laisse tomber la lecture des notes qui bouffent certaines fois la totalité de la page, on se retrouve balladé de petites histoires sans queue ni tête à la grande histoire, qui aurait pu être passionnante dans ses batailles, si elle n'avait pas été traitée de manière si ennuyeuse. J'ai trouvé les personnages aussi plats que la narration, et franchement, je n'en reviens toujours pas d'avoir lu ces 846 pages (et oui, je les ai comptées et digérées ces pages !) en espérant jusqu'au bout un sursaut d'action, de sentiment, un TADA ! qui aurait largement valu cette torture so British !
Les autres avis : sur le Biblioblog et de Karine.
Le site officiel français : http://www.jonathanstrange.fr
Le site anglais : http://www.jonathanstrange.com/
PS : une adaptation cinématographique serait en cours d'écriture, et les Studios New Line Cinema aurait engagé Christopher Hampton ("Liaisons Dangereuses", Carrington") pour la réalisation.


